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Nonne, sexe, moine et rock
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catégorie : Non classé
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…Tel est le titre du révolutionnaire troisième album de Nina Hagen, réalisé en 1983. Il s’agit également de son premier opus interprété quasi exclusivement en langue anglaise. C’est d’ailleurs certainement le premier album grâce auquel Frau Hagen a pu se faire davantage connaître de l’autre côté de l’Atlantique. A jeter un œil sur son succès actuel aux Etats-Unis, on peut en déduire que NunSexMonkRock a pu en séduire plus d’un…même si cet album reste le plus obscur, extravagant, excentrique et insaisissable de toute la carrière de la diva.
En effet, ce n’est pas cet album précis que je conseillerais à quelqu’un qui n’aurait jamais entendu la voix de Nina Hagen. Ses deux précédents album, dans l’esprit punk / rock, sont, à mon avis, bien plus abordables que celui-ci, qui reste toujours inqualifiable et indéfinissable. NunSexMonkRock serait il un monumental hybride musical ? …Pourquoi pas ?!
Ce qui est certain, c’est que cet album fait preuve d’une créativité absolument époustouflante, y compris plus de 20 ans après sa réalisation. Ce qui est fascinant avec NunSexMonkRock, c’est qu’en l’écoutant, nous avons toujours la sensation de le découvrir pour la première fois…impression plus que magique.
Par ailleurs, il s’agit d’un album « prophétique » qui s’ouvre sur le sombre morceau « AntiWorld » dans lequel l’artiste oppose la science à l’Eglise, tout en offrant quelques notes du « Bolero » de Ravel au début, puis quelques notes de « Third Stone From the Sun » de Jimi Hendrix, davantage au milieu du morceau.
« Smack Jack » dénonce l’addiction à la drogue, plus précisément à l’héroïne, qui frappe aussi bien l’Est que l’Ouest de l’Allemagne des années 1970 et 1980. D’un point de vue mélodique, la ligne de guitare peut évoquer celle que Keith Richard des Rolling Stones a employé sept années plus tôt sur la titre « Terrifying ».
« Taitschi Tarot » se moque de cette obsession que les gens peuvent éprouver pour les religions orientales…chanson courte et surprenante sur le plan musical, Nina y employant un style vocal évoquant un accent chinois.
« Dread Love » en quatrième piste est un hymne aux joies apportées notamment par la pratique de la masturbation.
« Future is Now » se moque des déclarations futuristes pompeuses. Nous pouvons y découvrir les incroyables variations de la voix de l’artiste.
« Born in Xixax » est un clin d’œil à l’Union Soviétique…l’atmosphère sinistre du morceau est particulièrement captivant. Comment rester de marbre et insensible en écoutant les paroles 'he knows that Mr Brezhnev is planning a reunion' que Nina murmure d’une voix enrouée, à en donner la chair de poule ?
« Iki Maska » est pour moi l’un des plus grands morceaux de l’album, peut-être le plus punk de tous. Il s’agit en quelque sorte d’une composition plus « régulière » puisqu’elle réemploie toujours la même rythmique. La prouesse vocale de Nina Hagen y est mémorable, tout à la fois puissante, aigüe, très grave, punk, frisant parfois les ultrasons. A écouter de toute urgence ! Impossible de vraiment comprendre les paroles mais le mélange de la langue allemande avec la langue anglaise inspire beaucoup…et, il faut l’avouer, ce mélange de sonorités a quelque chose de schizophrène, en quelque sorte.
« Cosma Shiva » est le prénom de la fille de Nina Hagen, récemment née à la sortie de cet album. Un beau morceau, également impressionnant vocalement, qui fait place à des révélations, manifestations et conceptions divines, tout comme « Dr Art » et « UFO » qui clôt l’album.
NunSexMonkRock met en avant l’énergie de l’artiste…un album d’une force rare et unique. La diva n’hésite à aucun moment à enregistrer toutes ses pensées par le biais de la musique. Ce troisième album fait preuve d’une puissance fascinante. Son obscurité le rend encore plus mystérieux et insaisissable et chaque nouvelle écoute offre de nouvelles découvertes. EMOUVANT!
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Voici les 4 dernières réactions à ce commentaire
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 16/01/06 à 00h34
Merci en tous les cas pour ta très bonne analyse de cet album...ce fut un régal pour moi que de lire tes impressions! Merci encore!
Des siècles que je n'ai pas réécouté Madame Hagen... Pas impossible que je m'y colle.

Bonne soirée. Amicalement. Louise
sont en effet d'excellents albums de notre diva! En tous les cas, ils comptent beaucoup dans ma culture et mon environnement musical. Leur découverte, lorsque j'étais plus jeune, a été plus qu'une simple révélation pour moi.
Dans les albums récents, Bolide, je te conseille également "The Return of the Mother" qui date de 2000....très bon! Avec une voix plus grave, des paroles au sujet de la religion toujours, des textes engagés... La chanson du même nom que l'album est d'une grande puissance. Très séduisant!
 10/01/06 à 18h09
bien sur, je voulais dire qu'il s'agissait du prénom de la fille de Nina Hagen! Et non de la chanson!