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De la violence esthétique
 De la violence esthétique
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300 ne fait pas l'unanimité, comme tout objet cinématographique qui se veut hors-norme et un peu "coup de poing". Déformation historique, fable ou anti-fable mensongère, contenu xénophobe ou non, on a vite fait de passer à côté du message Nietzschéen véhiculé par Franck Miller et que je vais tenter d'expliquer dans les lignes qui suivent.

Souvenez-vous du débat à propos du contenu fascisant de Fight Club. Aujourd'hui plus personne n'ose accuser Chuck Palanhiuk de fasciste car la pillule est passé : le grand verre d'eau amer de la vie est venu rappeler à quel point cet auteur d'anticipation sociale est visionnaire.

Je pense qu'il en va de même pour 300 : beaucoup n'ont pas bien compris que 90% du film est effectivement une LEGENDE racontée oralement aux descendants de ces 300 spartiates qui se sont effectivement sacrifiés pour défendre leur idée de la civilisation.

Il est donc tout à fait normal que des "barbares" y soient représentés comme des monstres dégénérés. Si l'on voit ces ordes monstreuses comme non humaines, c'est aussi pour montrer l'autocratie élitiste de la cité grecque, et a fortiori de Sparte !

Peu importe le vrai ou le faux dans cette légende, ce qui compte c'est de galvaniser les troupes. Que le message des 300 résonne dans le monde entier pour défendre un point de vue inédit jusqu'alors et né dans ce berceau de la civilisation européenne : penser par soi-même (la liberté), debout par la raison (la philosophie), sans référence aux dieux (l'athéisme) sans allégence aux rois (la démocratie) autres que ceux que l'on a choisi.

Le monde de Miller c'est du sang de la sueur et des larmes, du desespoir et le non-sens de la vie à chaque page. Dans un pays comme les USA où l'on pêchait par excès de confiance en soi, la démarche est louable. Je pense qu'avec 300 Miller a compris que l'Occident, surtout depuis le 11/09, doutait de lui-même, de son bien-fondé, de ce que l'on doit garder ou rejeter de notre civilisation décadente.

Bien sûr il faut toutefois modérer le propos car ce n'est qu'un film et qui plus est un film de guerre volontier partisant : à l'époque l'empire Perse rétribuait ses guerriers et mercenaires pluriculturels quand les cités grecques comprenaient 37% d'esclaves, Sparte était, contrairement à Athène, une monarchie et non une démocratie. La "pédérastie", malgré un sens très différent de celui d'aujourd'hui, était aussi répandue que dans le reste de la grèce. L'époque achéménide est considérée comme l'âge d'or de l'empire Perse, preuve en est le Cylindre de Cyrus sur lequel est écrit un discours du roi perse éponyme qui peut être considéré comme une ébauche de droits de l'homme où notemment la liberté de culte est autoisée.

Mais malgré tout, les autres critiques me paraissent éronées et sans fondement. La réfléxion de Miller porte réellement sur ce que l'on garde ou non de l'héritage des combats de nos ainés : s'il ne doit rester que la liberté, la tolérance religieuse et la volonté de vivre en paix les uns avec les autres alors en effet on ne doit pas rougir de défendre jusqu'à la mort le noyaux dur de notre civilisation.

Que le message DE PAIX ET DE LIBERTE des 300 reste à jamais gravé.
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Voici la dernière réaction à ce commentaire
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Rédacteur
 13/06/07 à 16h52
commissaire-juve
un p'tit 5? allez moi j'ai bien aimé,c'est à voir.
"Commissairement"
O.