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à mon frère,qui n'avait pas trouvé de place dans ce monde...
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catégorie : création littéraire
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Ce poème- que vous lirez peut-être ensuite - a été écrit il y a 26 ans. Je l'ai retrouvé ce matin en triant, en rangeant mes papiers. Depuis quelques semaines, je ressens le besoin de faire le ménage dans les différentes pièces de la maison que je vais devoir quitter.Donner un grand coup de balai pour me permettre, enfin, de ne plus avoir à regarder des objets auxquels je tenais tant mais dont il va bien falloir se détacher, m'extraire d'un environnement qui pèse beaucoup trop sur mon "affect" et m'empêche d'agir, de redevenir moi-même, c'est à dire un peu plus réaliste, accordant le moins possible d'importance au côté sentimental des choses. Mais ce remue-ménage ne suffira évidemment pas si je ne l'entreprends pas aussi dans ma tête. Car il me faut - pour arriver à avancer, à progresser, à cesser de régresser - me reconstituer et régénérer complètement ma vie intérieure. Faire "le tri" en quelque sorte et parvenir dans le meilleur des cas à extirper tout ce qui encombre inutilement ma tête.Comme beaucoup hélas, mon plus grand ennemi est à l'intérieur de moi. Alors, sans plus tarder, j'ai décidé de ne plus jouer "à faire semblant". Pour vivre autrement, je vais devoir - une fois de plus - " tourner la page" -, comme le chante si bien Claude Nougaro...
S'il vous reste un peu de temps, lisez ensuite le petit poème qui suit. Je n'en suis pas l'auteur. Mais je voudrais rendre hommage à ma Mère qui l'a écrit alors que mon frère venait de mettre fin à ses jours. Ce matin, j'ai pleuré - comme en 1981 - en le relisant mais cela m'a fait du bien... Depuis qu'ils vivent là-haut dans un monde sans doute meilleur , ils me manquent beaucoup, comme tous les êtres chers qui disparaissent et qui laissent toujours un vide impossible à combler. Ce qui me réconforte, c'est de savoir qu'ils ont sûrement trouvé un petit coin sympa près d'une étoile et surtout un soupçon de bonheur, ce bonheur qui leur avait tant manqué sur terre.
Alioth - 04 oct 2007-

Ton coeur était une fleur d'Ajonc...

Qui aurait pensé, mon bébé nu sur la table
Mon tout petit dans ton berceau fleuri de zéphir,
Que la vie te deviendrait un jour si insupportable
Qu'à des roues d'acier tu donnerais ton dernier soupir.

Qui aurait pensé mon petit bonhomme
Lorsque tu "lisais" ton livre sur Napoléon
Que tu deviendrais, entre deux trains, entre deux sommes,
L'esclave des ordinateurs et des néons.

Il faut savoir mon petit soldat, mon grand enfant
Que si parfois j'ai ignoré ton coeur contrit
Qu'avant ton départ, bien avant,
Le mien en fut souvent triste et meurtri.

Paulette Boulanger - Dax, le 13 Mars 1981
réactions : 13
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Voici les 13 dernières réactions à ce commentaire
 Date
Titre (cliquez pour lire)
Rédacteur
 16/12/07 à 11h45
Oser exprimer son ressenti , sa souffrance, et la bataille qu' on livre au quotidien....
Oser avouer qu'on est un homme qui sait pleurer....
C'est montrer qu'un être humain est très fragile, mais qu'une nouvelle page de sa vie peut le rendre fort et qu'on le trouve si attachant d'avoir osé l'exprimer ainsi. On a envie d'avoir un tel ami....
 08/12/07 à 10h56
affilante
je viens de lire ce merveilleux poême de votre mère, je viens de le lire.....merci
étrange comme "tourner une page" parait dans la tête de beaucoup, comme si on laissait définitivement derrière soi la page précédente. Je le ressens comme une envie aussi de découvrir la suite, qui s'écrira sur les pages suivantes. Peut-être (sûrement même!) reviendra-ton en arrière relire les pages précédentes... on l'espère avec tendresse ou un peu moins d'amertume. Avec souvent des questions qui resteront sans réponses.
"Tourner la page" c'est choisir ce que l'on fait avec ce qui nous arrive et ça c'est forcément courageux. Bravo et belle nouvelle page à écrire...
 05/10/07 à 08h14
Tethys
"Tourner la page" ne veut pas dire grand chose. On revient toujours à feuilleter certains livres!
Vider, quittter une maison encore "habitée" de souvenirs...les objets qui font écho à des moments de notre histoire...C'et très douloureux...(j'ai eu à le faire !).
Il parait que c'est salutaire...et qu'on ne peut avancer que si notre sac n'est plus alourdi par le passé. Il faut "vider son sac"..faire le deuil...
En même temps si l'on arrive à penser "à eux" avec tendresse et sans chagrin (il faut du temps) c'est un hommage à leur passage ici bas.
Courage
... sur une être qui est bien vous mais dont vous avez désormais choisi le cheminement. C'est vachement courageux ! Et, parti comme vous l'êtes, je ne doute pas que ce soit fructueux ! Un homme qui sait pleurer - et ose le dire - sait rire aussi.
Amitié
C'est vrai que c'est quelque chose que l'on découvre tout seul... Personne ne nous met en garde, l'enfer c'est rarement les autres, mais nous, qui faisons les mauvais choix, et qui ensuite manquons de courage pour les assumer. Je ne disais pas cela pour votre cas particulier Alioth mais parce que je l'ai découvert en analysant mon parcours. Hélas la souffrance n'est pas évitable, la dureté des évènements ne peut que nous meurtrir, mais vous retrouverez le goût des êtres et des choses puisque vous avez décidé d'agir !
Amicalement,
Marie
 04/10/07 à 16h17
Bonne chance et bon courage, alioth, dans votre démarche.
Bien sincèrement
 04/10/07 à 15h32

C'est vrai que ce que nous faison de notre maison est un symbole de nos profondeurs, en tout cas c'est vrai pour moi aussi.
 04/10/07 à 14h37
Très émouvant. J'aime beaucoup le poème de Paulette.

"Qui aurait pensé, mon bébé nu sur la table
Mon tout petit dans ton berceau fleuri de zéphir,"
 04/10/07 à 14h09
d'avoir eu envie de nous le faire partager, c'est beau, triste, digne.....