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C'est le premier BHL que je lis. Il faut dire que jusqu'ici je charriais souvent mon beauf (qui s'y connaît en philo et qui est fan de la première heure) sur BHL, sans pouvoir avancer autre chose que les critiques ambiantes (Clayderman de la philo, plagiat, etc.). Je me suis dit que c'était l'occasion de découvrir la plume de cet auteur (je ne lis jamais ses blocs-notes du Point à la moralité exaspérante), même si cet ouvrage n'est pas à proprement parler un ouvrage philosophique.

L'accueil de ce livre a été partagé, entre grands supporteurs ("nouveau Tocqueville") et grands détracteurs (il n'a rien compris). Je ne sais pas si cette polémique explique le succès en librairie de cet essai, de bonne facture certes mais pas appelé à un destin séculaire.

Pour ma part je n'ai pas reconnu les Etats-Unis que je connais dans ce bouquin. Et cette tentative d'analyser une société me paraît vaine, les impressions d'un voyageur dilettante ne peuvent être qu'anecdotiques (même les études sociologiques les plus poussées ne donnent qu'une image très partielle et partiale d'une réalité protéiforme).

Ce qui m'a frappé dans ce livre, qui est en grande partie descriptif, c'est l'absence de sens autre que la vue. BHL voit avec ses yeux et intellectualise avec sa tête et basta. On a l'impression qu'il visite un aquarium derrière sa vitre.
De même ses interviews sont assez pathétiques: 5 mn avec Kerry, 30mn avec Sharon Stone, 10mn avec une lap dancer qui ne pipe pas mot, etc. Tout ceci reste trop superficiel et en dehors de l'humain. Pour vraiment comprendre les américains, je vous recommende le livre "Gig: American talk about their jobs". Une série d'interviews superbes qui vaut toutes les analyses de tous les philosophes du monde...

Et puis donc il y a les analyses de BHL. Celle sur la "muséification" est particulièrement exaspérante: que BHL se balade un peu dans la France profonde et il verra que la France et les US ont plus en commun qu'il ne pense. Il a quand même le mérite d'aller à l'encontre d'idées reçues: en particulier sur la fameuse sécurité sociale inexistante. Il reprend certaines théories déjà présentées (le dynamisme des églises expliqué par la libre concurrence), en revanche certaines prêtent à sourire (les deux voies sur autoroute = symbole de l'égalité américaine...). Au final on n'est pas loin d'un Emmanuel Todd.

Alors bien sûr il reste les références et anecdotes culturelles/livresques sur les différents lieux traversés, mais rien que google ne puisse trouver.


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