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Et vous? mai 68 ça vous rappelle quoi?
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catégorie : tranche de vie
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J'avais posté ça dans le forum, on me dit que ça peut faire l'objet d'un commentaire : pourquoi pas?


Mes souvenirs de cette période sont bien ancrés dans ma mémoire

L'un deux c'est en 5 ème au printemps une dissertation à faire en classe le sujet :

Observez les nuages et racontez une histoire.....

Cette année-là mon professeur de français Mademoiselle Baumgarten était merveilleuse, la bretelle de soutien-gorge qui tombait toujours sur une épaule, son chignon haut sur la tête avec des cheveux qui en sortaient dans tous les sens et son enthousiasme à nous donner des cours de grammaire en faisant des dessins fabuleux avec des craies de couleur sur le tableau noir....

Cette année-là j'ai eu mon premier et dernier prix de toute ma scolarité : un magnifique livre sur l'Inde avec plein de photos et une dédicace de mon prof me souhaitant de voyager à travers le monde et de voir tous les oiseaux, tous les couchers de soleil et toutes les merveilles du monde....
C'était une femme-poète qui avait déjà publié des petits recueils ...


Le soir j'écoutais Europe 1 avec les reportages de François Jouffat et je tremblais pour mon frère, ouvrier en grève, qui était au Quartier Latin dans la fumée des lacrymos....

J'ai eu 13 ans en septembre...


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Rédacteur
 22/08/08 à 14h18
je venais de quitté maternel sup et je chantais sur le chemin sinueux du retour béni à la maison ,en tenant ma maman par la main , chantait c'est peut-dire , je scandais ma comptine appris quelques heures auparavant , attedns , si j'me rappelle bien, par coeur oui , ça faisait comme ça : "une souris verte , qui courait dans l'herbe , je l'attrape par la queue , je la donne à ces monsieurs , ces monsieurs me disent , trempez _la dans l'eau , et ça fera un escargot tout chaud "....
Tu comprends mieux maint'nant mon traumatisme post-soixant' huit art tardif de cénobite patenté ...
Oubli réparé...
Pour moi, les premières c'était décembre 86, contre Devaquet, mes frères ont vécu celles contre le CIP en 94.

Vous savez ce qui manquait en 68? Internet.
Genèses aussi en a écrit, un, et tout çà nous fait une collection de témoignages magnifiques.

http://www.pointscommuns.com/derriere-la-vitre-commentaire-lecture-67981.html
Résister c'est créer!
J'y crois encore à l'an 01 et tout reste à continuer. Le s ainé-e-s ont ouvert-e-s la brêche, y'a plus qu'a pousser la porte et sortir du salariat. Créer sa structure économique collective et sans patron c'est encore possible, difficile sans capital, mais on est pas tous -tes précarisé-e-s, alors qu'attendons nous pour y aller ? hmmm ? la fin du Sarkoland ? le retour des socialos au pouvoir ?

En 68 on disait "on commence par renoncer à l'impossible puis on finit par renoncer à tout le reste". Mermet à raison, Gorz et Marx avaient raison, l'impossible est possible. L'utopie sinon rien. J'ai passé 17 années dans le refus du salariat. 17 années de m..., de RMI, de taf sans avenir, mes "blackean years" comme disait Patti ... Aujourd'hui tout est différent pour moi et j'attend les frangins et frangines qui voudront se lancer dans une alternative radicale, mais plus personne n'ose plus quitter son taf salarié.

Alors si un projet de SCIC (SCOOP culturelle) ou même d'asso 1901 vous branche, pour faire des ateliers créatifs, une cantine végétarienne autogérée à prix libre (pour ceux-celles qui ont pas les moyens), une AMAP (pour ceux-celles qui veulent plus de la malbouffe Supermarket) et une repaire des amis de "Là-bas si j'y suis" (pour ceux-celles qui veulent se rencontrer dans un but d'entreprise conviviale concrète bien motivé pour se marrer comme des baleines en tentant réellement de refaire le monde localement comme en 68) qu'ils-elles me laisse un message. Je vous attend. J'ai des moyens, des outils, une compagne à présent, mais seuls on y arrivera jamais à 2.

On va pas passer notre vie devant des écrans à raconter les rêves qu'on n'osera jamais réaliser, non ? où sont passés les gars et filles de 68 ? il crèvent de leurs nostalgie dans quelque sombre campagne, avec une bande de potes et leurs gosses.

Je voudrais tant vivre ce qu'ils-elles ont vécu. J'avais 3 ans en 68 ... saleté d'années où l'individualisme et la peur installé par les capitalistes depuis 1973 ont fermés les désirs d'émancipation sociaux des gens. Enrageons nous ! vivons sans temps mort ! voilà ce qu'on disait en 68 dans la lignée du livre de Gébé.

Ton texte, LN66 me fait penser à tout ça, et au reste. L'émancipation et la liberté économique, rien d'autre ne compte plus aujourd'hui. Sortir des rangs.

"Ni dieu ni maître" disait Ferré, "Waiting for a friend" nous hurle encore les Stones du haut de leurs 65 piges ... attendons pas qu'y ai plus aucun enfant du baby-boom de cet âge d'or pour prendre le relais.

Vive mai 68 et ses "régénéré-e-s" , vive le summer of love et la mouvance hippie, éternellement !

Love épices et coquilles d'oeufs à vous toutes et vous tous !
faramineux de réactions...
Vive Mai 68

Pour les notes ça reste honnête....

Merci Christel pour ton témoignage
Agrion je vais aller voir cette affiche
C'était un tube à cette époque... On ne parlait pas encore de clip mais de scopitone...

http://fr.youtube.com/watch?v=6yvDVnVPZhU
Je l'ai retrouvée....sur e.bay, snif !
 15/03/08 à 23h37
Lafantaisie
j'avais 13 ans, et en mai, je faisais ma communion solennelle à Grenoble. Si, si!
Cette année là, mon grand frère m'a emmenée voir "IF" au cinéma.
J'étais bluffée. J'allais aimer me révolter, j'allais aimer le cinéma.

Après la communion, il y a eu un mois sans lycée. Plus de pension non plus. Et des grandes vacances de printemps comme jamais plus. C'est si beau le printemps!
Bien plus que le mois d'aout!


 15/03/08 à 22h48
tu constateras que ta note baisse
pcc est au mains du grand capitalisme
et a la fois c'est horrible.....
pour une période qu'ils ne connaitront jamais ...j'ai l'impression.......
68 que du bonheur...heuphorie...
Je le note, je l'avais oublié...

Les gens sont endormis par leur vie matérielle et l'esclavage du boulot....

Du pain et des jeux et tout va bien...
... souvenir de longues, trop longues, interminables vacances qui me privaient de mes copines d'école...

... quelques années plus tard, enfin l'âge pour battre le pavé moi aussi... et des raisons de manifester, dans les années 70, y en avait !

Retrouvé récemment dans mon vieux cartable en cuir, une pochette cartonnée de mes années lycée où était écrite en grosses lettres (parmi d'autres slogans anarchistes) cette citation de mai :

"nous ne voulons pas d'un monde où la certitude de ne pas mourir de faim s'échange contre le risque de mourir d'ennui".

Y en a toujours autant des raisons de manifester aujourd'hui, p'têt même plus qu'à cette époque-là... mais les temps ont décidément bien changé... Dieu comme je la vomis cette époque-ci !
Je sens que je vais y refaire un tour...pour fêter ça...dans le rire, la joie...et surtout le refus de renier tout ce qui me donne envie d'être vivante!
c'est peut-être pour ça que certains veulent liquider mai 68, trop de libertés prises, le refus de toute autorité...
A l'heure du fichier ADN pour la moindre peccadille...il est primordial de mettre en avant
la désobéissance civile quand les lois ne correspondent pas au bien public
Et puis ce slogan illustrant le retour à la normale des moutons ...

"La perspective de jouir demain ne me consolera jamais de l'ennui d'aujourd'hui"


En plein dedans...Follement, militante ébouriffée...Manifs, traversées de Paris à pieds, AG, nuits à la Sorbonne...avec les Katangais (ma mère était folle de peur!!)...Plutôt genre mao-spontex...avec un groupe de nanas...nous refaisions le monde, et délirions chez "Germaine", petit boui-boui derrière Censier...
Ces années (j'avais commencé dès 1965 au lycée avec les premiers groupes de lycéens en rébellion...), jusqu'à la fin de mes études (1974)...ont croisé ma révolte, ont fortifié mon anti-conformisme...
Vie ardente, pleine d'espoir et...d'illusions (mais on ne le savait pas...), engagée à fond, intolérante, excessive, passionnée...
Liberté aussi... luttes féminines...Exister, être...
Oui, au delà de toutes polémiques (historiques, politiques, sociologiques...), je sais que j'ai eu de la chance d'être là, à ce moment-là...
Je sais que mes enfants, lorsqu'ils avaient cet âge-là....vivaient dans un autre monde, beaucoup plus dur, triste, pauvre...et je regrette qu'ils n'aient pu vivre cet "déraison"....elle appartient, elle est faite pour "quand on est jeune"!!
Je me suis calmée depuis.... mais, je sais d'où vient mon refus de l'autorité (pouvoir, hiérarchie..), mon envie de provoquer et secouer les cocotiers, mon indépendance forcenée...

Mon grand regret : n'avoir jamais été arrêtée....Faut dire, que j'étais jamais au 1er rang...et que je courrais vite...mais qu'est-ce que le coeur battait!!...et finalement, faut le reconnaître...sans grand danger!
 15/03/08 à 14h56
themroc
 15/03/08 à 14h48
j'ai adoré ce film et aussi dans la même veine à ne pas manquer il y a "Themroc" qui passe sur Arte vendredi prochain à 23H30
 15/03/08 à 13h28
Super, en effet, toutes ces réacs qui racontent des petits bouts de l'époque. Des petits bouts "subjectifs" qui, au fond, en dressent un portrait fidèle...
une chanson que j'aime bien...

http://youtube.com/watch?v=zFewhagzS-0
 15/03/08 à 12h23
c'est le père Debré qui a perdu sa loi
qui gueule au ministère pour avoir des soldats
ce sont les étudiants qui lui ont répondu
Ta loi, le père Debré, tu l'a dans le c.....
le tout sur l'air de "la mère Michel"
souvenirs, souvenirs.....ça ne nous rajeunit pas ça pfffffff
en a remis ça pour Fontanay mais là on a perdu .... ;-(((((
 15/03/08 à 11h47
Tous ces souvenirs font revivre un peu la période....

Je suis surprise et peu habituée à autant de réactions maintenant je me suis faite débordée et je ne peux pas répondre à tout le monde sous peine d'y passer plusieurs heures...

Merci folleavoine, bernard59, catamalo et tous les autres

Mon mai 68 à moi j'ai du attendre mai 73 et la vilaine loi Debré pour le faire...
et on a gagné!
de ma mère qui pensait que l'on allait se faire tuer .... ,o)))
Vent de révolte qui pour moi marquat le début de ma période d'adolescence révoltée.
Enfin on a pu aller au collège en pantalon et bruler les blouses obligatoires ... ben quoi y'a pas de petites révolutions non ? )))
 15/03/08 à 10h57
ou j'ai voyagée en Europe et aux US avec mes parents.....j'avais 11 ans
En France, on m'a expliqué le pourquoi des manifs et des grèves avec un immense respect pour ce peuple qui osait, la ou d'autres n'osaient pas
Mais mon souvenir le plus poignant cet année la, c'est Prague....nous avons pris le premier train après le retrait des soviètiques pour nous y rendre....voir cette ville sublime criblée de balles, ce peuple qui fêtait(discretement) les militants tués....1968 a été l'année de mon éveil politique5
 15/03/08 à 08h16
ça c'était de l'affiche !

Mai 68, la libération de l'affiche...
Assez fière aussi de l'atelier sérigraphie monté à la hâte dans l'école bes B.A., où, nuitamment, nous avons imprimé nombre de belles affiches : c'est à l'Ecole de Grenoble qu'on doit la célèbre " laissons la peur du rouge aux bêtes à cornes", superbe assemblage de taureaux superposés au pochoir, dans divers tons de rouge, et qui n'est pas sans rappeler Lascaux....
alors, 68 :

- j'allais voir la télé (on l'avait pas à la maison) chez ma copine Josette, dont le père était flic et de gauche, et on s'engueulait/discutait des heures. "CRS-SS" lui restait en travers de la gorge. Tout le monde écoutait la radio tout le temps, mais moi ça me faisait un peu flipper à cause du souvenir encore frais de la guerre d'Algérie.

- Engueulades aussi avec les aînés : j'aurais voulu lancer la grève au collège, mais on était supposées "manipulées", fallait rester sages, merde ! Heureusement les profs ont fini par s'y mettre. En attendant on semait le souk dans les cours. Et on loupait plein de réunions très excitantes au lycée de garçons (pas de fac dans ma ville) ou à la bourse du travail.

- mais le jour de la grande manif, drame cornélien : après plusieurs années de négociations, j'avais obtenu le droit de me faire faire des anglaises (depuis que je louchais sur celles d'Angèle), trois heures de fer à friser... et il fallait se rendre à l'évidence : c'était un fiasco, ma mère avait raison c'était monstrueusement cucul, jamais j'allais oser sortir comme ça !!!!
Bon j'ai fini par planquer le tout sous un foulard. J'allais quand même pas rater la manif pour de minables raisons d'apparence, on a sa dignité !

- à la maison le soir ça faisait QG, réus permanentes, faites chauffer la colle, ronéo à la cuisine, et dans la chambre des garçons, linographie pour les affiches. Rédactions de tracts, discussions, clopage frénétique, hébergement de camarades étudiants venus porter la bonne parole au fin fond des provinces reculées, ah qu'est-ce qu'on s'amusait (Petite pensée émue pour Jaky, qu'était le plus beau - bien que je fusse déjà un vrai cœur d'artichaut).

- puis, l'été... Cette grande maison où nous étions supposés faire un très classique "camp d'ados" avec atelier pompons et danses folkloriques. L'effervescence militante, la guitare de Gérard, la radio toujours avec Prague maintenant...
et les siestes tendres dans les dortoirs déserts, pendant que la bande était partie se baigner au lac, avec Dominique, qui avait vingt ans, qui était douce, attentive et drôle, dont la bouche sentait le miel, et que de nos jours on poursuivrait sans doute, comme horrible pédophile (j'avais 13 ans). Ah oui, c'était bien d'avoir treize ans en 68.
 15/03/08 à 06h54
c'était Jean-Claude qui gagnait 3 médailles d'or quand même; et puis l'année officielle de la naissance de Carla Sarko
des copains dans le plâtre après que les matraques aient volé bas...nos yeux de lapin albinos après les lacrymos et les discussions sans fin dans les amphis... ...Souvenirs,souvenirs...et la musique par dessus tout,amoureuse d'un bassiste...
Merci LN !
 15/03/08 à 05h06
PaulTergeist
J'aime bcp l'ambiance de cet espace comm' + réacs.

(j'ai fait une faute à Cohn-Bendit - sorry !)
 15/03/08 à 03h21
c'était mai-juin 2003. Le plus fort des manifs contre la réforme des retraites version Raffarin, énormes manifs, accrochages avec la police, mais aussi avec la CGT qui couvrait les flics. Canons à eau, poubelles enflammées, arrestations de copains et tabassages dans la rue et dans les postes de police.

Des lacrymos, encore des lacrymos, dans ma tronche et dans celle de mon amie, qui était enceinte sans le savoir encore.

Pas glorieux, trop de violences, trop d'efforts pour pas un rond. Et après, le début d'un grand sentiment de défaite qui a plané sur les mouvements sociaux ultérieurs.

mai 68 ? j'avais encore 3 ans pour planer dans le cosmos, avant de naître sur terre.
 14/03/08 à 23h54
J'étais encore une petite graine dans les bourses de mon père
voilà ce que me rappelle 68.
l'incompréhension de ne pouvoir aller à l'école.
le boulot de mon papa où les gars causaient et jouaient au boule.
c'était une usine occupée, mais à 7 ans j'ai retenu que ça.
neottie a cet age on découvre.......
qui sont néees avant 68. Ben ouais vous faites jeunes comme elle dit Fun'. Mais bon vous êtes pas trop jeunes parce que vous pouvez raconter vos "mai 68" ayaaaa je plaisante, continuez.

Non c'est intéressant en vrai, moi ça me gonfle les mai 68 des personnalités médiatiques qui croient tout savoir parce que c'étaient des icones ou intellos du moment. C'est bien mais à force ça fatigue.

Voilà
Toi aussi, grave cas de discalculie !!
et de mon prof (particulier pour cause de grave nullité) qui ne pouvait pas s'assoeir, à cause des coups de matraque reçus à la dernière manif...
 14/03/08 à 22h48
... même que ma photo de classe est sur copainsdavant...

Pendant les grèves j'écoutais Ménie Grégoire à la radio. Sur les ondes on entendait Julien Clerc, "La cavalerie", Serge Reggiani "Le petit garçon" et "My year is a day" par les Irrésistibles. On saurait plus tard que la chanson était de William Sheller.

Deux mois après j'embrassais un garçon pour la 1ere fois, ou peut-être l'inverse... bref on s'est embrassés.
40 ans après, je crois que l'héritage le plus marquant, c'est la libération des moeurs.
 14/03/08 à 22h38
PaulTergeist
et je comprenais pas grand-chose mais j'aimais bien l'atmosphère. QQ chose dans l'air. Des problèmes pour se procurer des clopes. Fallait faire 15 bornes. Geismar-Sauvageot-Kohn-Bendit à la télé. Mouvement du 22 mars. Gonflés, les jeunes ! Papa en grève. Frangin en grève.
C'était aussi la guerre du Viet-Nam. Bizarrement, j'étais plutôt pour les Ricains, contrairement aux copains du collège. Non, décidément, je comprenais pas grand-chose.
un toubib de gauche lui a avancé un mois de salaire...
 14/03/08 à 21h49
Arba
Donc, j'étais déja salarié(pion) déja en fac, et déjà un peu sensibilisé(car 68 a commencé en 67: les énormes manifs contre les USA (US Go Home peint sur
les murs), en Allemagne l'assassinat de Rudi Dutscke(Rudy le rouge)et j'étais relégué dans un collège d'une ville moyenne du Pas-de-Calais: Saint-Omer...

C'est là que mai 68 m'est arrivé... j'allais à Lille de temps en temps, et en revenant je racontais ce que j'avais vu, inimaginable à Saint Omer!

Quand même le vieux Durand (ARCOPAL vous connaissez!) y a connu la première grève de l'histoire de sa société paternaliste qui était déjà LA grande entreprise de l'audomarois.

Le PC était à la manoeuvre, il n'y avait pas d'universités, donc les AG étaient peuplées d'ouvriers, de bateliers et les RG venaient dire, dans les AG, aux responsables locaux: "nous vous savez, on fait notre boulot pour de Gaulle, mais on n'est pas contre vous, si vous arrivez au pouvoir, on sera avec vous".

En 68 j'ai aussi goûté à la libération sexuelle qui, liée a l'amour qui nait dans ces grandes occasions, a fait de moi un heureux papa en 1969 ( ni pilule, ni IVG à l'époque), et un homme (?) marié en octobre car à cette époque, quand on avait "fauté", on "réparait". J'ai du publier les bans en compagnie de mon père, car je n'avais pas encore 21 ans ( majorité à l'époque) par contre pour la cérémonie j'ai pu me passer de lui, car j'étais devenu majeur 10 jours avant)

Depuis, je n'ai jamais cessé de militer à gauche, (dans toutes les chapelles), et beaucoup dans les syndicats...

Non, rien de rien, nooon, je ne regrette rien...
 14/03/08 à 21h19
Mais Prunelle a des excuses, faut dire qu'on fait tellement jeune !
 14/03/08 à 21h04
 14/03/08 à 20h59
on pouvait entrer à la fac et suivre les AG, au lycée c'était pas assez virulent (lycée de filles oblige) alors la mixité !!!!!!!! Un monde nouveau...
Après les AG où les altercations se suivaient et se ressemblaient, avec la copine, nous déposions les solex à la sortie de la ville et faisions du stop pour passer l'après midi à la plage.
Rentrée après 19h, la réception était sur le trottoir devant la maison ..
Engueulade de l'angoisse crée ...Mais quelle école buissonnière !
 14/03/08 à 20h56
tu sais ce qu'elles te disent les personnes actives de ce site ?

nanméooooo !
pour vos souvenirs qui tous expriment bien le moment..

Tu as raison Prunelle, cela fait déjà 40 ans...

La peinture d'une fresque dans une usine occupée de Grenoble, en compagnie des ouvriers en grève, des autres étudiants des Beaux-Arts et sous la fantastique direction d'Ernest Pignon-Ernest.
Et ça, " On" ne peut me l'enlever, même si le mur a été rasé depuis et l'usine fermée, comme de bien entendu.
Ce fut surtout un grand moment de rêve collectif.
" On" s'est vite chargé de nous ramener aux terribles pépins de la réalité.
 14/03/08 à 19h27
tu peux pas la fermer de temps à autre, plutot que de te répandre en conneries ? ça nous ferait des vacances !
 14/03/08 à 19h26
de voitures aux stations d'essence car il y avait pénurie de carburant...
une espèce d'énorme pantin représentant De Gaulle et suspendu au-dessus de la porte d'entrée d'une aciérie à Saint-Chamond, un peu comme le couramiaud, cet énorme chat confectionné que l'on transportait sur un char et que l'on brûlait sur la grand-place pendant le Carnaval...
à Manufrance où il était salarié et des drapeaux rouges et noirs flottaient aux façades des bâtiments, les gens n'arrêtaient pas de parler, de faire des réunions, on sentait une effervescence partout, je ne comprenais pas grand-chose à ce qui se passait mais j'étais là...
 14/03/08 à 19h08
En 68, je rêvais - comme en 67 et en 69...
Le lycée était fermé donc je vagabondais toute la journée, je me souviens de la fête foraine, fermée, mais les monstres du train fantôme me fascinaient, je rêvais...
Je ne suis retournée en classe qu'une semaine après la ré-ouverture du bahut... J'ai redoublé ma 6e!
 14/03/08 à 19h04
Moi, j'avais 13 ans tout juste et j'étais déjà dans la rue avec les anarchistes à l'époque, histoire de passer ma crise d'ado à gueuler contre le monde entier. Je n'avais aucune peur, une vraie tête brûlée ! Faut dire que j'étais amoureuse de mon prof de français qui était anar, c'était une bonne raison, non ? .... Inutile de dire que chez moi tout le monde s'inquiétait...
bises à toi, LN
sinon c'est bien ses souvenirs je trouve.
"J'étais très jeune, adolescente, à cette époque et vivais en province entre Saint-Etienne et Lyon, une région plutôt ouvrière. Le souvenir que j'en garde et qui ne m'a jamais quitté est que les gens se sont parlé et que cela a été une grande bouffée d'oxygène et de fraternité pendant plusieurs semaines dans les lycées, dans les universités, dans les usines, dans les bureaux, la France était paralysée par le peuple qui est descendu dans la rue et le gouvernement en place a été ébranlé. Il y a eu un formidable élan de la base, les gens vieux, jeunes avaient oublié leur différence et c'était une formidable fête qui a ensuite dégénéré et a été matée dans la violence.
Tout a été repris par les politiques et ensuite tout le monde est rentré dans le rang. Mais tu as beaucoup de renseignements sur le sujet si tu vas par exemple sur le site internet de l'INA.
Merci à toi de t'intéresser à cette époque qui est loin d'être morte pour ceux qui l'ont vécue."

Ce qui importe c'est ce que nous sommes aujourd'hui et quel sens nous donnons à notre vie. En ce qui me concerne, je pense être toujours un peu rebelle, moins en colère (eh oui l'âge mais il n'y a pas que çà) mais je me pose toujours autant de questions sur le monde dans lequel je vis, rien n'est immuable...
cette histoire de 40 ans...
Moi non plus je ne pensais pas au 69 un an avant, tout juste si j'avais expérimenté le baiser avec la langue dans la bouche...
Merci jehhess, chacun a vécu son mai à sa façon.... Tout le monde n'était pas dans la rue avec des pavés....
 14/03/08 à 18h04
cacahuetetpataugas
Qu'est-ce-que vous voulez ! ... Qu'y peut-on ! Il faut s'attendre à tout en fait sur pcc vous savez ...A tout... Ou rien.... Aussi. Peut-être. Mais c'est bien aussi.
Tout peut être intéressant ma foi...Après tout...
Si j'osais, ... allez, osons ! qui m'a dit dernièrement : "Vivre, c'est oser" - zeus - (celle-là, je ne la connaissais pas encore figurez-vous...tellement tellement de choses inconnues de moi ! (ça, ça fait quand-même peur !)mais la vie n'est-elle pas meeeeerveilleuse ? ... Ah oui, il n'y a aucun doute là dessus ! - et dire cela, pour le petit être plein de doute que je suis... -
Je m'égare un peu... mais j'allais dire (allez ! je sens bien encore que
cela va ....conforter une personne sur son idée qu'il pourrait éventuellement se faire de moi, allez savoir... (si il exite même !) alors que... je ne pense bien évidemment pas "qu'à ça", mais le sexe est malgré tout indispensable... Enfin, il me semble...)
Oui, donc, j'en viens à ceci qui m'a fait venir écrire mes débilités à c't'heure : en 68, .... eh bien... je ne pensais pas encore au 69 !!!
Oh, schoking cacahuète !
Et devant tout ce monde !
Exhibitionniste en plus du reste ? ... de la connerie monumentale, et tout le
bataclan ???
Ah là là, misère des misères....
Me pardonnerez-vous jamais LN ?
Vous savez, je suis légèrement facétieuse.
Bien à vous !
 14/03/08 à 17h52
vidépleins
mes parents étaient morts de trouille " ça va être la guerre civile " ! et moi je jubilais , comme une revanche de la jeunesse contre l'ordre, le paternalisme , une forme d'explosion spontannée , exaltante , pleine de promesses .
D'autres valeurs que le capitalisme allaient sortir !

J'ai suivi de prés le mouvement communautaire qui a suivi, et l'ai expérimenté ...

Epoque sympa !
 14/03/08 à 17h43
né le 13 mai 1968
actu: allée flora tristan
A babord Toute
Elections municipales Pessac : Liste anticapitaliste et solidaire 8,67%
On continue
 14/03/08 à 17h28
chsais pas comment vous faites vous autres, pour pcciser au boulot, ici, ça réveille le téléphone qui avait pris ses RTT, j'peux même pas lire tranquille les comm du jour!!! un comble!!!
 14/03/08 à 17h26
presque 18 ans à l'époque...comme il était impossible d'entrer dans le lycée, j'allais me balader en vélo au bord de la Loire, superbe en mai, ou je bouquinai dans le jardin au pied du rosier
bref, de beaux souvenirs
vous faisiez quoi et vous aviez quel âge en 68?

Merci affilante c'est un peu ce genre de témoignage que mon commentaire appelait....

Encore bon anniversaire!

 14/03/08 à 16h35
1968, c'était mon n°de matri quand j'étais au Prytanée...


- - - - - - - > désolée, LN, je sors
(je te mets 5, pour me faire pardonner?)
 14/03/08 à 16h33
 14/03/08 à 16h31
incorrigible
C'est quand Monsanto a inventé le Gaucho ?
Fallait y penser à ce nom !
Ben voilà au moins un crime du capitalisme éclairci... Merci Mr Lacan.


 14/03/08 à 16h23
PaulTergeist
Aragorn était pas né et j'étais pas encore en fac à Grenoble.
 14/03/08 à 16h21
D'un sac translucide (rarement) et de d'une boule qui se baladait autour de moi.

En clair, j'étais encore dans les couilles de mon père.
voyage en Italie ! Ma copine et moi sommes parties en 4l, avec peu d'argent et beaucoup de rires, nous étions libres, toutes communications avec les parents étant impossibles....et plein de choses super vécues là-bas...Merci de les revivre un instant...
... dans le ventre de ma môman. Mais elle, elle avait bien la trouille, elle habitait en banlieue et elle entendait parfois des explosions qui venaient de Paris.