Le troisième album du Velvet Underground, groupe étalon du rock électrique et lysergique, était un disque de ballades apaisées. Le troisième album de Black Rebel Motorcycle Club, poulain du nouveau rock, est un disque de ballades apaisées. La comparaison s’arrête ici. Howl n’entrera sans doute pas dans l’histoire du rock. Mais c’est l’album qui ouvre une porte et laisse entrer le soleil dans l’univers jadis sombre, poisseux et confiné de Black Rebel Motorcycle Club.
Pour cause de cheveux gras dans des yeux vitreux, de vêtements noirs et déchirés (voire sales) et d’excès en tout genre (drogues, électricité, belles gueules), Black Rebel Motorcycle Club s’est retrouvé dès son premier album dans le même panier que The Strokes ou The Kills. Le temps de ses deux premiers albums, le trio californien a dérivé dans le triangle des Bermudes du rock noisy, là où les drogues sont gratuites, l’attitude primordiale et les chansons souvent perdues dans la tempête sonique.
Pour Howl, le groupe débranche ses amplis et soigne le songwriting, les nuances, l’émotion. Black Rebel Motorcycle Club n’a jamais été un groupe en The. C’est un groupe en Black, comme le blues, auquel il s’essaie parfois ici avec un naturel et une modestie inattendus. Ces gars ne sont pas des enfants de chœur, mais ils aiment le gospel et s’en inspirent. Un peu moins sous l’influence de Spiritualized ou de The Jesus & Mary Chain, ils assument leur californialité et jouent des trucs folk psyché que même un vieux hippie de Bolinas, il peut triper dessus. Ça roule toujours, ça fait moins de bruit et c’est plein de drogues, , plutôt douces que dures : on dirait le Tour de France, pour une étape spéciale sur Haight-Ashbury.
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jimipage
publié le 7 sept. 05