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La mauvaise foi
 La mauvaise foi
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catégorie : politique / social
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En opposant la mauvaise à la bonne foi, on en obtient un premier sens. La bonne foi cela semble en effet plus simple : c'est l'honnêteté intellectuelle en son acception la plus noble, mais c'est tout d'abord une sorte de franchise spontanée qui cherche à être reconnue, où peut même entrer une part de naïveté. On dit souvent qu'on est de bonne foi justement pour protester de ses bonnes intentions; par exemple on peut se tromper de bonne foi et donner des indications fausses à qui vous pose une question.

Pour juger de la bonne ou de la mauvaise foi, c'est en effet l'intention qui compte. Alors la mauvaise foi serait essentiellement une attitude fausse où, derrière une façade présentant toutes les marques de la franchise, seraient dissimulées par les calculs complexes d'un esprit habile des intentions visant à tromper.

On reconnaît bien dans cette définition quelques spécimens d'individus de mauvaise foi, auxquels on ne s'étonnera pas que soient identifiées toutes les figures populaires du méchant, je veux dire de celui qui n'entre en relation avec nous que pour nous abuser : le paysan madré, le bourgeois indifférent à la misère du peuple, le religieux hypocrite, le patron exploiteur, le politique défendant les seuls intérêts d'une caste, et même l'intellectuel, la belle âme qui tient à maintenir ses privilèges aristocratiques, sans excepter bien sûr le vil séducteur des jeunes filles honnêtes.

Oui, tous ces gens-là existent, ou ont existé; on les rencontre encore mais il faut le reconnaître dans des circonstances particulières. Ce sont soit lors d'affaires crapuleuses ou criminelles, dont sont certes remplis les journaux mais qui nous touchent rarement (je ne parle pas d'éventuelles conséquences financières de ces affaires mais de relation de personne à personne), soit de façon fort atténuée dans le jeu ordinaire des relations sociales. Ainsi quand un brocanteur discute avec nous d'un prix, ou qu'un homme politique, dans un débat télévisé, use de toute sa rhétorique pour confondre son adversaire.

Nous sommes plus ou moins sensibles à cette dernière forme de mauvaise foi mais on ne peut pas dire que nous sommes vraiment dupes : elle fait partie des procédés que tous nous usons plus ou moins les uns envers les autres pour infléchir la volonté d'autrui. Ce qui me paraît remarquable d'ailleurs, c'est justement que cette duplicité a d'une certaine façon été intégrée au jeu social pour lui donner plus de richesse. Ainsi, qui pourra dire qu'il n'a pas usé de ce condamnable moyen pour conquérir les faveurs de certaines amies, et que celles-ci, s'en rendant parfaitement compte, n'en ont pourtant pas été défavorablement disposées à son égard ?

Non, soyons sérieux, la mauvaise foi est assurément un défaut, souvent même un vice, mais rarement une faute. Ce que je veux dire c'est qu'elle n'est une faute que lorsqu'elle est le fruit d'une volonté fermement établie de léser gravement autrui, et que cette volonté ne se rencontre heureusement pas si fréquemment.

Là où je veux en venir, c'est que la mauvaise foi, le plus souvent, loin de s'appuyer sur un calcul qui germerait au sein d'un esprit perverti et retors pour tromper autrui, est le résultat d'une rétraction de la conscience visant à se tromper soi-même pour éviter de faire face à ses limites, à ses tares. Autrement dit la mauvaise foi, plus que de leur méchanceté, est le témoin de la bêtise des hommes.

Pour s'en convaincre, il n'est besoin que d'en revenir au sens qu'on a premièrement envisagé pour la bonne foi et de lui opposer d'autres conduites contraires. D'ailleurs, relativement à l'acception que j'ai critiquée pour la mauvaise foi, je pousserai la contradiction jusqu'au bout, y compris dans les moyens employés à fins de démonstration, en me refusant de faire appel à des témoins de bonne ou de mauvaise foi autres que moi-même.

Quand je suis de bonne foi, et c'est le cas notamment lorsque je m'adresse à des personnes que j'apprécie et vis-à-vis de qui les questions d'amour-propre sont réduites à la plus faible part, j'exprime ce que j'ai dans l'esprit et ce que j'ai dans le cœur (ce qui est la même chose sans doute), en me livrant tout entier, autant qu'il est possible, et les portes toutes grandes ouvertes. C'est je crois exactement le sens de la référence à la « bonne foy » qui figure au début de l'adresse au lecteur qu'écrit Montaigne en nous livrant ses Essais.

Au contraire, lorsque, pris au dépourvu sur un sujet que je maîtrise mal, je me trouve court, ou pour tout dire bête, devant un contradicteur, notamment quand son ton, ses manières ou son esprit me déplaisent, et que malgré tout, à tort ou à raison, je tiens à ma façon de dire ou de faire, il m'arrive d'employer de façon dévoyée les moyens logiques qui sont à ma disposition comme autant d'armes de pure rhétorique, et cela, non pas tellement pour développer posément une stratégie, mais l'esprit empli de confusion, et par suite de colère et de honte, parce que je sais que tout mon art ne dissimulera pas l'indigence de mes piteux procédés. Et alors là je suis de mauvaise foi.

Mais il y a pire - je souhaite que tous en soient convaincus pour éviter d'en arriver là - et c'est me semble-t-il la réalité ultime de la mauvaise foi. Lorsque, dans la situation que j'ai décrite, nous nous débattons péniblement avec des demi-raisons et des raccourcis approximatifs, faisant appel à nos dernières ressources, nous trouvons là au fond de nous l'une de ces armes qu'ils ne faudrait utiliser qu'en toute dernière extrémité, parce qu'elle nous frappe tout autant nous et même plus gravement que notre adversaire, c'est celle qui consiste à changer ce qu'on croit être vrai et à adopter en conscience nos raisons spécieuses pour mieux être convaincu de ce qu'on dit. Alors on combat avec plus de fougue comme on ment avec plus d'assurance mais l'on se perd, parce que la foi qu'on adopte n'est plus la nôtre.

Ma conclusion, c'est qu'il faut instruire chacun dans l'art et d'être exigeant envers soi-même, et d'être exigeant envers autrui. Ainsi armés les hommes n'auraient plus d'intérêt à recourir à la mauvaise foi, comme on voit dans le règne animal que les individus les plus dangereux n'ont pas coutume d'agresser inutilement leurs semblables. Alors les causes défendues le seraient en toute clarté, relativement aux intentions du moins, et l'on pourrait juger chacun à la valeur de sa cause.
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Voici les 34 dernières réactions à ce commentaire
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Rédacteur
 26/07/08 à 06h40
-Pas d’exemple à la pensée ouverte
C’est un état d’esprit c’est tout et si exemple y a je l’ai déjà donné : les aborigènes

-Quand je parle d’entrainement, je parle d’éducation et de la sienne à soi

On ne peut jamais jamais jamais connaître les intentions de quelqu’un

Et éduquer à reconnaître la mauvaise fois chez les autres : la tu es à coté de la plaque : on peut faire certaines choses au niveau de l’éducation mais jamais tu ne sauras les véritables intentions de quelqu’un voir tu verras le mal la ou il y a le bien

-Je dis simplement que le mal séduit la foule conne et hypnotisée de manière générale et que c’est une fonction dont il faut avoir conscience
Perso, le mal n’exerce aucune fascination sur moi

Le mot juger revient beaucoup chez toi beaucoup

-Force des habitudes ???
C’est pas du tout mes propos ! je dis que nous prenons des habitudes avec notre conscience face à la vie et après tu me dis il ne faut jamais renoncer ? à quoi ? A être con ? ... je renonce c'est déjà écris

-Art et mensonge ????? je ne parlais pas des gens qui font des œuvres d’art ...

- Pouvoirs etc : ya que la ou je suis d’accord


je renonce à réexpliquer
sentiment d'avoir été lu en diag

l'essentiel de ce que je disais c'est dévellopper qualité de coeur
personne a rien vu c'est passé à travers

reviendrai plus
 25/07/08 à 14h32
Cela me paraît très juste. Dans le mécanisme de l'existence humaine il y a du jeu, ce qui suffit pour que se déploie le libre arbitre, de la même façon que sur un voilier on peut avancer face au vent.
plan, pas de déception!
 25/07/08 à 12h45
J'espère que vous avez été trompé plutôt moins que plus.. Pour qui se réclame des sophistes ! Sourire...
Avant tout être lucide avec soi-même, chercher à l'être en prenant conscience de ses déterminismes pour que le je/jeu soit possible, y compris au sens de jeu d'un mécanisme.
des causes perdues .....
sa "reconquista", admettre une faiblesse factuelle, peut-être passagère, se renforcer, ....pas si facile, OK.
En politique, tout le problème de la démocratie. Ai voté FM, JC, NS, ai été trompé à chaque fois plus ou moins consciemment. EN 58, parmi les partisans de l'Algérie française qui ont ramené de Gaulle, combien s'abusaient, s'aveuglaient, "whisfull thinking"! Après contre-pouvoirs, la rue, ....
En amour, aussi, on veut croire que ....
 25/07/08 à 12h24
La foi dont il est question correspond à l'assurance donnée d'être fidèle à une promesse, même si elle est implicite, pas forcément en une manifestation transcendante. Je suis d'accord avec Nathalie : il y a des actes et des conséquences. Une promesse trahie ne doit pas être considérée comme un fait accompli.

Par ailleur, que les « illusionnistes » soient éminnement néfastes, j'en suis d'accord, mais il n'est pas si simple d'être lucide. Il y a des mécanismes psyxhologiques; il est bon de les étudier.
 25/07/08 à 12h12
Comment exprimer un désaccord qui nous cause une souffrance sans avoir l'air de reprocher à l'autre son attitude ? Pour moi c'est un écueil. Je demande qu'on m'excuse si je ne l'évite pas.

L'amour n'est pas toujours aveugle, c'est vrai, quand on peut prendre la mesure des réalités et des attentes. Les deux en même temps, ce n'est pas toujours simple; il y faut une entente singulière. Quand j'aime une fois, j'aime pour toujours, alors ce n'est peut-être pas de l'amour. Oui pour la tendresse moqueuse et taquine !
 25/07/08 à 12h06
Verbiage psycho-moralisateur : cinglant sans doute, mais pertinent ? Combattre la mauvaise foi dans la discussion est sans doute vain et de peu d'intérêt, à nous de ne pas être dupes en effet. Mais quand des décisions sont prises, des actes posés, on n'est plus dans le verbiage. Que faire alors quand on n'est ni dupe, ni imbécile ? Il n'y a pas que l'honnêteté avec soi-même.
mais je sens...
Faire un travail sur soi, être honnête avec soi-même... le projet d'une vie.
 25/07/08 à 11h56
Par quoi faut-il commencer : être de bonne foi avec soi-même ou bien avec les autres ? - lucidité ou bien honnêteté ? Ce n'est pas contradictoire mais ce n'est pas pareil; c'est dire que s'attacher trop à l'une peut aussi faire diverger les deux.

C'est pour quoi je crois qu'il faut s'appliquer à avancer sur deux fronts en même temps, en passant de l'un à l'autre; ou alors : s'orienter à l'aide de ces deux points de visée, mais en marchant sur la terre ferme de l'expérience. Pour moi, il ne s'agit pas d'être irréprochable mais, lorsqu'on se conduit mal, de se racheter au-delà de ce qui est attendu.
 25/07/08 à 11h53
Ni plus dangereux. Car cela peut devenir vrai pour l'un... ou pour l'autre...
raison, seule la foi en Dieu compte. Et la raison a peu à y voir.
Tout le reste, bonne ou mauvaise foi, ressort du verbiage psycho-moralisateur.
Les seuls honnêtes envers eux, sont les sophistes, ils ne s'abusent ni sur eux ni sur la nature humaine - et sont moins néfastes que les illusionnistes.
 25/07/08 à 11h44
Je n'ai bien sûr aucune envie de défendre l'ascétisme des sentiments...

L'abandon à l'émotion est souvent beau et toutes les décisions prises dans cet état ne sont pas condamnables, heureusement !
Mais l'appel à l'émotion dans un discours de mauvaise foi peut être particulièrement pervers quand il sert à justifier une décision qui est donnée comme la seule possible, à moins d'être un misérable sans-coeur. Je pense notamment à la sphère politique, mais cela vaut également dans les rapports privés (par exemple dans la recherche de la culpabilisation de l'autre).

En amour, je ne suis pas certaine que nous parions toujours l'autre de plus de qualités qu'il n'en a. Certes on s'exagère sans doute un peu ses mérites, mais le vrai amour est-il aveugle ? L'aveuglement, c'est la méconnaissance de l'autre. Qui aime-t-on alors ? L'amour peut-être, mais pas l'autre.. On est amoureux quand on connaît ses défauts, ses faiblesses et qu'on les aime et leur trouve du charme. D'où une tendresse moqueuse, taquine...
Quant au jeu sur sur le "Je t'aime. Tu m'aimes ?", il n'y a pas plus charmant... ni plus dangereux... Dis, tu m'aimeras toujours ? Dis-le moi, même si nous savons que ce n'est pas vrai...
« Il est presque inconcevable à l'incrédule qu'un homme instruit, calmement attentif, capable de s'abstraire de ses désirs ou de ses craintes imprécises (ou qui ne leur attribue de signification qu'individuelle, organique et presque morbide), capable aussi de s'entretenir nettement avec soi-même, et de bien séparer les domaines et les valeurs, ne rejette pas aux légendes et aux fables tous ces récits de bizarres événements immémoriaux ou improbables qui sont essentiels à l'autorité de toute religion, ne s'avise de la fragilité des preuves et des raisonnements sur quoi les dogmes se fondent, ne s'étonne jusqu'à la négation, en constatant que des révélations, des avis d'importance littéralement infinie pour l'homme, lui soient offerts comme des énigmes dangereuses à la manière du Sphynx, avec de si faibles garanties et dans des formes si éloignées de celles qu'il a coutume d'exiger des choses vraies. [...] Il n'y a point de doute que la foi existe; mais on se demande avec quoi elle coexiste dans ceux chez qui elle existe. »
Valéry
 25/07/08 à 11h25
ersilie
Apprendre à se connaitre et comprendre quelles attitudes nous pousse à telles reactions. Savoir accepter mais aussi savoir opposer un refus, à soi, aux autres.
Pfff, déjà être de bonne foi avec soi...vaste travail...
reste est tortillement de l'esprit.
Sinon, Loysel disait "en mariage trompe qui peut", élargissons cette proposition, restrictive, à tous domaines : ne sont trompés que les dupes plus ou moins volontaires, et les imbéciles - pas de pitié, vive les sophistes.
Au risque de paraître plus élitiste que je ne le suis, je crois qu'il existe chez certains, à la façon des artistes pour l'objet qu'ils se proposent, une capacité de s'abstraire de ses déterminismes psychologiques, en tous cas hors de la sphère des relations humaines les plus intimes.

Quand au regard d'autrui, il est parfois plus neutre, mais jamais il ne pourra remplacer le travail sur soi-même, là où il faut souffrir pour se détacher.
 25/07/08 à 10h55
Nous pouvons tous, ou presque tous, nous laisser prendre par l'émotion, jusqu'à refuser de voir certaines réalités. Il ne s'agit pas pour moi de défendre un ascétisme des sentiments qui éviterait complètement cela, et d'assécher certains mouvements de l'âme parmi les plus beaux.

Lorsque nous sommes amoureux, nous parons l'autre de plus de qualités qu'il n'en a. Je ne crois pas que ce soit tellement dommageable si nous restons lucides malgré tout, pour ne pas aller trop loin. S'il s'agit d'un jeu entre personnes qui ne sont pas dupes, pourquoi pas un peu de cette mauvaise foi charmante ? - Je t'aime, - tu m'aimes ? - pas vraiment, mais pourquoi ne pas le dire quand même ?

Là où c'est grave, c'est lorsque notre émotion s'applique à des considérations de bas intérêts, d'amour-propre, ou lorsque nous prenons des postures politiques valorisantes. Je ne supporte pas l'indignation des politiciens qui refusent de prendre en compte la complexité des rapports sociaux. Oui, j'accepte d'être considéré comme un monstre de cynisme plutôt que de consentir à cette mauvaise foi-là.
 25/07/08 à 10h31
oui, on peut être sincère et dans l'erreur .

Peut on être objectif sur soi-mëme ? La notion d'interet conscient ou inconscient entre en ligne de compte non ? Narcissisme , projection , défense , tout peut fausser la bonne foi ...

Le regard d'autrui est il plus neutre ?
En tous cas il y a beaucoup de choses dans ce que tu dis. J'en reprends quelques-unes.

Entraînement à la bonne foi. - Je pense que tout s'entraîne mais ici je préférerais dire qu'on peut éduquer à reconnaître la mauvaise foi, à ne pas se laisser abuser par elle, ni chez les autres, ni chez soi-même.

Séduction du mal. - Des personnes qui font du mal, y compris à nous-mêmes, que l'on peut juger mauvaises d'une façon ou d'une autre, exercent parfois sur nous une fascination, voire un attrait. C'est une faiblesse sans doute compréhensible mais qui me heurte particulièrement. Je crois qu'il faudrait en tenir compte très tôt dans nos vies.

Force des habitudes. - Il ne faut jamais renoncer, ni à être jeune et idéaliste, ni à juger durement quand il le faut. Le critère : ne jamais se laisser aller vers le bas.

Art et mensonge. - Je crois qu'on peut faire des oeuvres dignes d'admiration aussi bien en s'appliquant à une vérité extérieure, ou disons à une réalité qu'on cherche à distinguer, qu'à un mensonge intérieur, qui est une réalité aussi.

Contre pouvoirs. - Je crois en effet que nous avons aussi un pouvoir individuel les uns à l'égard des autres, non pour simplement rappeler à l'ordre, selon des conceptions morales étriquées, mais pour manifester ce qui nous semble défaillant et surtout encourager à aller vers le haut.
ceux qui ont un impact sur la vie humaine et la planète
etc
ya pas moyen
non négociable

et ça me parrait bien être une conséquence collective d'un travers individuel finalement bien acceptée, toléré comme tu le dis "au jeu social" ...
 25/07/08 à 07h32

une bonne foi s'entraine ...

infléchir une volonté ... duplicité : le mal séduit aussi ... les sociétés des hommes ...

et les degrés dans la volonté de léser c'est pas innocents non plus ... toujours une causalité dans le sens de notre rapport à la vie, manière dont une cause agit, conscience de cause première et spectacle du monde par voie de conséquence

ah la rétractation de la conscience !! les demis raisons ! mdr ! ou la pensée amputée de son job !
quel type de mémoire fabriquons nous et avec nous même ?

la bonne ou la mauvaise voix / voie
à un niveau plus profond, on sait avec soi même on l'on en est, à quoi on joue
après on prend des habitudes, bonnes ou mauvaises

histoire de cœur
la qualité d’un cœur

la conscience c'est une habitude que l'on prend : c'est à dire est ce que l'on a la culture ou la pratique ou la spiritualité ou le sport de,
c'est à dire quel type d'habitude avons nous pris avec notre conscience : est ce que c’est une conscience ouverte dans le sens ou tous peuvent venir y regarder, stytle culture Aborigènes ou est ce un type de conscience fermée, donc "contrainte" ; la pensée marchandise ...

parce que le calcul c'est restreindre et c’est le contrôle;
une attitude intérieure ouverte implique de renoncer à ses propres stratégies personnelles

et ouvre la porte d’autres niveaux, pratique de consciences…

nous tentons de faire exister ce que l'on VEUT être vrai pour soi en 1er ! quel responsabilité si on y regarde bien ! et à quoi participons nous et, à l’instant de notre dernier souffle, comment ne pas nous voir en face enfin et trop tard!! ?

nos esprits sont tous en ligne de mire
ils se voient tous ... fondamentalement
certains voient mieux que d’autres…

s’instruire dans cet art ?
et comment ne plus se mentir à soi même comme un artiste perfectionne son trait et communique alors son talent

nous sommes des contres pouvoirs l’un pour l’autre ;
le début d’une démocratie !

heu, aussi, la mauvaise foi on y participe en y étant, de mauvaise foi, ou en y étant pris émotionnellement dedans si on la subit …

et puis ya la bonne mauvaise foi ! rires
Combien cela est vrai aujourd'hui... Cet appel incessant à l'émotion pour balayer la pensée. Comment ? Vous osez réfléchir devant ces faits qui doivent seulement vous indigner. C'est vous le monstre.
C'est en effet pour moi l'effet le plus ordinaire de la mauvaise foi. Lorsque mon argumentation, si je la suppose de bonne foi, ou sur un autre plan un désir dont l'expression me paraît légitime, sont récusés dans leur existence même, comment ne pas être démuni quand on veut rester soi-même ?

Le plus souvent, c'est la bêtise qui me paraît déterminante, dans sa version librement consentie de renoncement aux exigences élémentaires. Certes la rhétorique se prête aux manœuvres des pervers, mais c'est l'autre extrême qui me paraît plus dommageable, parce que plus général, notamment l'abaissement du discours où la raison est disqualifiée face à l'émotion.
 25/07/08 à 02h12
... rend toute discussion impossible. Dans une dispute au sens ancien du terme, ce qui importe c'est de pouvoir convaincre ou de pouvoir être convaincu, même si chacun reste finalement sur ses positions. S'il y a mauvaise foi, la mienne ou celle de l'interlocuteur, le débat est mort-né. Il ne sert à rien de réfléchir et de répondre à une argumentation de mauvaise foi, on ne peut que s'épuiser. La frustration de cet accès refusé à la pensée peut faire perdre patience aux plus patients. La mauvaise foi nie l'interlocuteur, et de cette blessure peut naître une colère, parfois (souvent ?) recherché par celui qui est de mauvaise foi. Il ne cherche pas toujours à duper, il peut aussi chercher à disqualifier le discours de bonne foi de l'autre en le faisant sortir de ses gonds. C'est donc cet autre qui aura abandonné le terrain de la discussion et l'interlocuteur de mauvaise foi aura beau jeu.
Faut-il amenr à la conscience nos pires souhaits ? On peut bien défendre l'idée théorique que si l'on est conscient de nos perversions, c'est qu'on n'est pas si pervers que cela. Et pourtant si nous avons tant peur de les affronter, n'est-ce pas que l'on craint le passage à l'acte ? Cela s'est vu, au moins en apparence. Le débat me semble complexe.
 25/07/08 à 01h17
lacdegarance
C'est un point qui me tient à coeur : on peut toujours lutter pour amener à la conscience les pires souhaits dont on est capable, ou les satisfactions les moins avouables. Si l'on reste en deça de cette connaissance, c'est, à moins d'avoir un esprit limité, volontaire. Donc condamnable.
Nous avons notre libre-arbitre. Nous ne sommes pas obligés au courage moral, mais il nous est possible.
Je suis d'accord avec toi mais avec une réserve. Si nous récusons ce que nous tenions pour vrai en le faisant passer sous la barre de la conscience, pour ne pas souffrir d'une double injonction, typiquement entre notre intérêt et notre jugement droit, alors nous sommes responsables.

Mais si nous avons intégré depuis longtemps une "bonne foi de mauvaise foi", nous ne sommes plus libres et donc plus responsables (tout en étant malgré tout condamnables). Certes nous le sommes toujours, parce que nous l'avons été, et que cela doit toujours affleurer, mais ne sommes-nous pas aussi victimes désormais de notre inconscient ?
 25/07/08 à 00h48
lacdegarance

Ce dont tu parles à la fin de ton texte, c'est ce que je nommerais "être de bonne foi de mauvaise foi", la pire façon d'être de mauvaise foi, mais aussi la plus efficace.
Quand on me dit "Mais il ne l'a pas fait exprès, il ne s'est pas rendu compte", je réponds "Si, il a fait exprès de ne pas faire exprès". L'inconscience n'est pas une excuse, c'est souvent une stratégie. La parure de la bonne foi convient si bien à la mauvaise foi, que quelqu'un qui proteste de sa bonne foi mérite objectivement notre propre doute. C'est s'il doute lui, que l'on a moins de risque à lui attribuer notre confiance.