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Un corps dansé
 Un corps dansé
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catégorie : tranche de vie
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Ce que je voudrai raconter ici concerne une sorte de retour réflexif (qui m'a occupé une bonne semaine) sur ce que la danse a pu représenter pour moi. Ce regard ne prétend pas englober les mille et une façons dont la danse ou plutôt les danses peuvent se vivre. Par contre, il me rend curieux de vos propres expériences en la matière.

Mon plus vieux souvenir avec la danse remonte à mes dix ans à la suite du premier déménagement familial qui m'ait vraiment marqué. Nous venions de quitter un immeuble HLM pour une maison. Toute la famille se retrouvait là. Je quittais un ami avec lequel nous nous inventions des aventures fabuleuses. Je ne me sentais pas spécialement seul mais, disons, un peu bizarre. Ce nouvel espace de vie ne signifiait encore rien pour moi, je m'y déplaçais un peu comme on pourrait se déplacer dans un musée un jour de fermeture au milieu d'objets qui devaient certainement vouloir dire quelque chose mais dont le sens échappait. Je faisais mes premières rencontres à l'école et dans cette citée résidentielle, je jouais avec mes nouveaux copains, mais je n'avais pas encore d'ami. Il manquait en quelque sorte, ce qui donne du sel à la vie.

Quelques semaines après notre arrivée, j'approchais une chaise de la fenêtre de ma chambre au premier étage et je montais dessus. La fenêtre donnait sur la rue et les autres enfants du quartier jouaient. C'était le printemps, je soulevais mon tee-shirt et j'appliquais ma poitrine contre la fenêtre froide. Cette sensation du froid sur ma poitrine et particulièrement sur mes tétons me procurait une sensation très érotique, une excitation un peu similaire à celle que l'on peut éprouver lorsque l'on rentre dans la mer un peu froide. Les enfants de la rue me regardaient. L'un d'entre eux me montrait du doigt. Je les voyais, mais mon esprit demeurait immobile derrière cet écran de verre. J'étais à mon corps qui se manifestait à eux, j'étais à cette sensation érotique ou plus précisément auto érotique. C'est ce moment qui pour moi fut une première danse, je ne l'avais pas compris alors, je n'avais pas compris pourquoi j'avais ressenti le besoin impérieux de faire cela, mais ce qui reste très net dans ma mémoire, c'est que j'exprimais mon corps, je ressentais le besoin de l'exprimer dans un espace vidé de sens, un espace débarrassé des échanges de la vie ordinaire comme peut l'être la scène pour un danseur.

Il se passa près de 8 ans ensuite sans que le monde de la danse ne m'occupe particulièrement. Enfin, à peine avais-je dix huit ans que je devenais un assidu de boîte de nuit. Mon meilleur ami de l'époque était presqu'aussi accroc que moi, du moins, il aimait beaucoup nos sorties. Et puis, en ce début d'années 80 où le disco faisait rage, la boîte où nous allions passait de la musique qui me plaisait : du rock, du punk, de la funk enfin, des trucs qui pouvaient vraiment se danser autrement que dans une gestuelle de métronome. Après quelques mois, nous y allions du jeudi au samedi soir. Nous étions souvent les premiers à danser, j'avais souvent la tête baissée pour me soustraire au regard des autres, mais je vivais intensément les mélodies dans les gestes de mon corps oubliant parfois le rythme qui les soutenait. Il y avait des filles dans les boîtes, elles m'attiraient, elles me faisaient peur aussi, la danse me possédait trop, mon corps était si puissamment auto-érotisé que le seul contact envisageable avec une femme aurait pris l'allure d'une fusion apocalyptique. J'étais inaccessible, et puis, j'étais persuadé que je ne plaisais pas alors, à quoi bon chercher un plaisir plus charnel que celui que j'éprouvais en dansant.

Au fil du temps, ma gestuelle s'approfondissait, l'espace de la danse m'appartenait de plus en plus, je faisais corps avec lui.

Un jour, j'engageais une danse sur le tempo des mots de Barbara : « un beau jour... » je devenais un aigle noir. Le poteau d'un endroit sombre de la boîte ou nous étions devenait l'arbre où elle s'était endormie. La voix cristalline et profonde de Barbara électrisait les nerfs de mon corps qui se mouvait dans l'espace avec une sorte de puissante lenteur mêlée de petites accélérations. Mon corps n'était plus que sensualité. Mes bras étaient des ailes. Ces ailes se ployaient amoureusement à contre sens pour venir caresser l'arbre que je m'étais choisi. Je m'élevais, je redescendais dans des tournoiements qui suivaient la voix de Barbara. Il y avait aussi toute cette lumière noire dont je me sentais envahi. Lumière invisible, mais tellement présente que je crus l'espace d'un instant qu'elle allait m'emporter pour se condenser en un diamant bleu.

Un autre jour, alors que je m'étais laissé entraîner dans toute la violence d'un morceau de Hard Rock (Van Halen je crois), je ne m'aperçus pas que toutes les personnes de la boîte de nuit avaient quitté la piste. Je ne m'en aperçus qu'à la fin du morceau lorsqu'ils se mirent à m'applaudir. Un peu gêné, et persuadé de m'être donné en ridicule, je m'éloignai. Petite estime de soi quand tu nous tiens.

Ma vie de danseur se déroulait sans que jamais ne me vienne l'idée d'en faire un métier, ni même de me sentir autorisé à fréquenter le milieu de la danse.

Arrivé à 21 ans, je rencontrais ma première vrai danseuse. J'étais parti seul en vacances pour une sorte d'errance qui m'avait fait traverser Limoges où je rencontrais des musiciens tahitiens auprès de la gare ; à Sarlat où je passais une nuit enivrée et déclamatoire avec un peintre ; Toulouse où j'errai avec les clochards de la ville me joignant à eux pour dormir dans la gare et être réveillé pour la première fois par la police ; Arles et les Saintes Marie de la mer où je rencontrais un homosexuel heureusement pour moi peu entreprenant ; puis Avignon où je rencontrais une drôle de fille qui voulait à tout prix que je la courtise et qui s'éloignait dès que je l'approchais trop.
A Avignon, après une nuit presque blanche, je prenais le train pour Paris. J'étais sale, fatigué et je rejoignais ainsi le wagon restaurant pour me prendre un café. Il y avait là une femme, je m'asseyais non loin d'elle et nous avons commençé à parler. Il devait y avoir plusieurs heures de train avant de rejoindre Paris et nous ne nous sommes pas arrêtés de parler. Elle était danseuse, et nous dansions dans l'étreinte de nos mots et de nos regards brillants. Arrivés à Paris, nous continuâmes cet échange jusqu'à ce qu'un arrêt de métro vienne nous séparer. Elle m'offrit ses lèvres et un freinage brusque de la rame transforma ce qui aurait dû être un baiser savoureux en un effleurement délicieux. J'éclatais de rire et la saluait.
L'après midi, j'allais assister à sa représentation et le soir, je me retrouvais, en compagnie de la troupe, dans un grand appartement parisien. Ce n'était pas mon milieu, dans cette eau de la bourgeoisie, j'étouffais. Elle m'invita à aller prendre une douche, mais je me sentais si fatigué et je craignais terriblement de comettre une faute impardonnable dans ce milieu que je ne comprenais pas. Alors, je lui dis que je ne voulais pas déranger et je restais dans ma crasse. Crasse dont l'ampleur devait beaucoup à mon seul esprit. Tous ensemble, nous regardâmes la télé et je me calais bien au fond d'un fauteuil tandis qu'elle s'installait sur le canapé. Elle posa ses jambes sur mon accoudoir et se caressa les pieds avec une sensualité qui me remua tout le corps. Le film m'échappa totalement, mes mains fourmillaient du désir de la caresser. Je devais les retenir. Elle assumait totalement de vouloir me séduire, mais la pression était trop forte pour moi, mon corps trop arqué, trop auto-érotisé admettait mal les surcharges supplémentaires. Je ne savais pas répondre, et surtout, je ne me sentais pas assez propre pour une étreinte amoureuse. Un peu déçue, elle me salua en souriant. Le lendemain matin, quand je me réveillais, elle n'était plus là et je ne la revis jamais.

Où en étais-je ? j'ai perdu le fil.
Ah oui, la danse c'est le pied, enfin, deux pieds avec tout ce qui se dresse au dessus.

On devrait plutôt dire les danses. Dans mon parcours, je restais subjugué par la danse classique, par son côté éthéré, par ces pointes et ces bras qui s'élevaient vers le ciel comme si le corps des danseuses flottait angélique dans l'air. Le corps s'exprimait alors avec une expression de visage qui semblait absente tout comme j'avais dû le paraître à mes dix ans. En dansant moi-même, je m'étais rapproché de quelque chose de plus populaire, de plus terrestre, mais toujours avec ce désir d'exprimer mon corps dans une sorte d'autodéfense esthétique qu'il devenait impossible de transgresser. Ce point est très important, la danse me subjuguait parce qu'elle m'offrait un moyen d'exprimer mon corps que la vie ordinaire ne me permettait pas. Ma représentation de l'expression corporelle dans le quotidien, c'était la menace de voir mon corps transgressé. Aussi, la danse était devenue pour moi l'espace dans lequel mon corps pouvait enfin s'exprimer sans être menacé. L'espace dans lequel il pouvait s'offrir sans jamais se donner, l'espace de l'auto-érotisme.
Les formes de la danse ne disent pas toutes la même chose de ce qui s'exprime. Je découvris ainsi toute la sensualité qui pouvais jaillir de la danse moderne et en particulier, des ballets de Maurice Béjart. Durant une année, je suivais un cours avec l'un de ses anciens danseurs. Celui-ci s'était orienté vers la danse africaine. Je découvrais alors l'impact du rythme des percussions sur mon corps et plus tard que cette danse, tout particulièrement, pouvait exprimer une communication entre personnes avec beaucoup de joie. Ainsi, l'expression de mon corps avait trouvé un moyen de rejoindre mes semblables.

Beaucoup d'évènements mériteraient sans doute d'être racontés : des amitiés, des liaisons plus ou moins longues dans lesquelles la danse semble avoir agi comme un aimant. Mais, ce que je veux garder aujourd'hui de cette sorte de carrière de danseur, c'est que lorsque l'expression du corps rejoint le quotidien quelque chose se produit entre les humains. Lorsque le corps trouve son assurance au travers de la danse, son autodéfense esthétique peut se muer en communication joyeuse. La communication d'un corps simplement là et qui se mêle à ses semblables.
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Voici les 108 dernières réactions à ce commentaire
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je l'effleure, je le sonde, je le fais mien... je danse avec lui.

Superbe texte, vraiment, Camio, superbe expérience, quand le corps, la réflexion et l'affectivité concourent à la découverte de soi et des autres.

J'espère que tu es très heureux au Portugal, je vais voir s'il a des photos sur ta galerie...
 03/05/08 à 22h28
Un nouveau papa de sociologie et une petite soeur de socio aussi.

Bah, ca me plais tout ça !
 02/05/08 à 19h23


Bon ,c'est pas tout ca, je viens de me faire afopter par l'universite de Coimbra. Waouuuuhhhhh !
 02/05/08 à 18h40
mais je réponds n'importe quoi parfois, malgré moi, histoire de tourner autour de l'essentiel

camio : je ne fais jamais de remarque ironique.
 02/05/08 à 16h52
je répondais à ton envolée et à ton emphase du 29/04 à 12h28, et je disais, oui, quand on danse, on s'en fout de la mort, de celle des autres et de la nôtre, on est dans une transe, dans un monde entre-deux loin des contingences à la con telles que la mort.
 02/05/08 à 11h26
Bon, je m'interpose quand meme depuis mom petit Lire portugais.
Moi, je les aime bien tes petites envolees ironiques.

Donc, Figo, ne l'influence pas trop, je tiens a conserver mes reperes

Et bisous a vous deux et a tous !
 01/05/08 à 22h58
De rien (de quoi je sais pas, mais de rien )

je suis contente que tu ne me detestes plus : c'est flatteur de la part de certains, mais là ça m'embêtait un peu qd même

 01/05/08 à 17h14
merci pour ce texte plein de sensibilité et de sincérité.

As-tu essayé la danse orientale?
 01/05/08 à 05h49
PolaX : merci.
Ce que tu peux être belle quand tu te débarrasses de l'ironie... quand t'es sérieuse.
 30/04/08 à 22h40
Un peu dans le même ordre d'idée, il ya un auteur actuel qui soutien que c'est en expérimentant des gestes face à ces parents que les bébés établissent leur premier registre de communication avec leur parent. Les fameuses mimiques. Ils ne retiennent de ces mimiques que celles qui retiennent l'attention de leur parents ou proches. C'est Axel Honneth qui décrit ça dans "La réification - Petit traité de Théorie critique"
 30/04/08 à 19h18
Quand j'ai fait mes études, j'avais choisi une UV en ethno esthétique de l'art qui m'amena à suivre un cours sur la danse pendant toute une année. Je vous le concéde : c'était bien théorique. Mais cependant ce cours eut le bénéfice de m'apprendre que "la danse" avaient été la plus ancienne et la première des expressions humaines. A l'époque préhistorique, les hommes se servaient de la danse pour mimer leur entourage, leur peur, leur croyance, à travers des masques qu'ils animaient avec toute l'énergie de leur corps pour communiquer entre eux. Je suis entièrement d'accord avec votre analyse.
 30/04/08 à 18h55
ça heurte sinon
 30/04/08 à 18h54
on surestimes.....

pi tout le monde s'en fout à part une poignée, ceux concernés, ceux avec qui on copine...ça fait peu, en fait
 30/04/08 à 17h54
wwc2f5f7t487ugmlkreuf984gt44h32d7tg !
La prochaine fois emploie un langage crypté ! Pis t'envoies le code à ceux que tu veux ! Là au moins, tu seras sure que tu seras "entre nous" !
Parce que vu que Camio, il est dans le "top com", y a des chances pour que pas mal de gens t'aient lue !
 30/04/08 à 16h31
à part ça fun, perso je trouve ça un peu dégoûtant les mises à nu en public (au sens figuré, et je parle pour moi, les autres font ce qu'ils veulent !)

mais bon là on est plus qu'entre nous ou presque, c pas pareil
le bonheur aussi transpire dans cette danse là.
 30/04/08 à 15h44
j'avais pô vu ! Tu t'es lachée là ! Elle est belle ton histoire avec la danse à toi aussi !
Ce que la sincérité des mots parle au dedans de moi !

Merci à toi Marie Constance
Pola et toi waouh !!
La musique que j'aime je la danse, même immobile. Je danse aussi ces moments où l'on se sent bien au milieu de la nature, juste en fermant les yeux;
Merci à vous deux !
Je veux gagner.
Je veux rien que moi sur le haut du podium de compétition internationale olympique des JAC.

Et voici notre athlète sur lequel aucune mouvement de vie ne se manifeste,
Une prostration parfaite,
Le rouge empourpre son visage.

Nous le déclarons vainqueur par avance des JO de Pékin tant son talent ne peut être égalé dans la discipline des JAC qui malgré la dérogation de limite d'âge qui lui a été accordée garde une fraicheur inégalable.

Camio vainqueur tout catégorie ! Yaouh !
 29/04/08 à 18h26
tu me battras jamais question Jeunes Années Coincées (JAC pour les intimes, donc )

y'a que le quatrième paragraphe où ça conclue, et il evoque un truc pas si vieux
Stairway :Your own streams recreate too much reality for me.

Chrisdilou : Merci !

Arba : coucou

Pola-x : Ben toi qui disais que mon com était généreux, je peux te rendre la pareil. Vraiment, je suis admiratif. Je n'ai pas connu dans mes jeunes années les proximités relationnelles réciproques que tu décris. Qu'elle belle confiance tu laisses apparaître. Dans mes jeunes années, celles qui ont essayé sont tombés sur le renégat relationnel que j'étais. Il y en avait même eu une qui était venue se coller dans mon dos pour m'enlacer pendant que j'étais en pause. Ca avait duré presqu'une minute et elle avait disparu. Je n'ai jamais su qui c'était.Elle avait du me croire insensible, alors que je savourais ses bras mais que je me sentais incapable de la regarder. Lorsque je dansais, les jeux relationnels érotisés me remuaient tant que je ne pouvais pas y répondre. Je me souviens d'une femme dont les ondulations merveilleuses du bassin s'accompagnait d'un jeu farouche de conquète de mon corps. J'en était litterallement paniqué. et je l'avais fuit. Elle m'avait un peu poursuivi et avait fini par trouver un partenaire moins revêche. C'que j'pouvais être couillon en s'temps là ! Bon, depuis, je me suis quand même un peu corrigé.
Encore un grand merci plus plus à toi Pola-x
 29/04/08 à 12h28
danse -combat : on est tous ensemble, à la fac les soirées punk-métal font exploser même les plus introvertis, c'est un défoulement communautaire de grand amour de Jeunesse en expansion

danse-résonnance : on sort avec les copines, j'ai honte de danser, je suis coincée. Si je retournais le gant, on verrait l'intérieur languide et chaud, c'est trop dangereux, c'est encore impossible à maitriser. Laisser la diablesse dans sa boite.

danse-des-îles : je déteste le zouk, le reggae et toute danse qui s'apparente à ça. pourtant un soir on danse ensemble, Christophe et moi, pour rigoler, tout le monde est pété. C'est l'amoureux de ma copine.
Et là sans crier gare, nos corps font connaissance en deux secondes, et ne cessent plus de se parler. Leur conversation s'amplifie, ils se connaissent depuis toujours, les notes ne font qu'accompagner leur mêlée d'harmonie. 5,10, 15 morceaux plus tard ils se sont quitter bons amis, avec regret, mais détenteur d'un grand secret qui dure encore, 12 ans après.

danse en préliminaire : maintenant, je me fous complètement des autres quand je danse, du regard que ça peut générer. C'est une connection entre mon corps et l'espace, entre les gestes et le vide, un grand équilibre dicté par les rythmes, les notes, et les vibrations qui guident les plus subtils changement de place ou de position.
ce que je préfère c'est la techno, pour la transe. Et le rock lyrique aussi, les trucs puissants voire violents et mélodiques en même temps. ça me fait triper complètement, parfois j'ai l'impression d'en avoir des visions ou de partir en transe trés trés loin.
un soir, dans une soirée hype parisienne, un type a commencé à se rapprocher, derrière moi, je le sentais danser tout près. Je me suis tournée pour le regarder, on s'est jaugé une seconde, et puis j'ai repris ma place, et lui s'est rapproché encore davantage, derrière moi.
et puis encore. et encore plus. Ma tête dans son cou, nos corps dans la même mélopée et le même souffle, un truc d'une densité et d'une puissance érotique pas commune...toute la soirée on a fait tous les coins de l'endroit en s'embrassant et s'etreignant sans jamais cesser de danser.
Et surtout sans parler.
Et c'est ce qui décuple le prix de la danse pour moi : pas besoin de parler.

bon, j'ai attendu que la tempête soit passé, ils sont tous ou presque barrés de ton com' c'est un sacré truc que tu me fais écrire camio :
un genre de petit cadeau, parce que je sais comme c'est bon, quand on parle d'un truc pour lequel on espère des retours et des partages, d'en avoir

c'est quand on monte l'escalier... du fantasme
Your Dance is Superb !

Black Eagle !

Superbia Superbia ...

and

Dead can Dance

as well
Je retourne au royaume des ombres
My heart is buried at Wounded Knee
Deep in the earth...
Buffy Sainte-Marie, with one of the last Red Indian Dance

" La blanche Ophélie flotte comme un grand lys..."

along the river, drifted in its streams....
quelque- chose d'universel, car de profondément authentique, humain.
 27/04/08 à 22h25
Merci ! Merci Imari

Y'a un truc qui me subjugue au travers des remarques que vous faites. c'est que je découvre que ma propre sensibilité résonne pour un certain nombre d'entre vous. Le nombre est important, parce que s'il n'y avait qu'une seule personne, je pourrais me dire : "Tien, une coïncidence". mais quand plusieur personne exprime la même chose, alors, la, ça devient une vrai reconnaissance. Quelque chose qui fait que ce que je ressens à vraiment le droit d'exister, que ce n'est pas une sorte de trésor secret. Mais de quelque chose qui peut respirer au grand jour.

Dire merci pour cela, c'est vraiment peu de chose.

Mais merci tout de même

 27/04/08 à 21h02
Même ressenti dans ma pratique de la danse.
"...quelque chose se produit entre les humain", quand un tango est une rencontre d'un instant, sensation de se dévoiler.
 27/04/08 à 18h46
De toute façon, je crois qu'on est un bon paquet à être sans fioritures et boudu que ça fait du bien !

Et puis un scoop : Dieu est une cigogne, Voici un clichet rarissime qui le prouve :
http://www.voyagevirtuel.info/portugal/photo/coimbra_400.php
 27/04/08 à 18h40
vrai, authentique, sans fioritures, et c'est comme ça qu'on l'aime !
et puis...quel érotisme dans tout cela ! Merci Camio !
Bises.
 27/04/08 à 13h44
Ben dis donc, le duo est une rencontre musclée. Ca promet

Sinon, tu sais, je ne crois vraiment pas être hors de moi même. Je me laisse juste prendre par certaines choses. Je crois même que plus je l'accepte, plus je suis en moi-même. N'est-ce pas souvent ainsi. Ce que l'on repousse nous hante, Ce qui nous traverse ne peut plus rien contre nous.
 27/04/08 à 12h25
mais ne rompt pas, d'accord, mais à la longue tu vas te chopper un lumbago !
 27/04/08 à 12h01
C'que t'es pénible par moment !
 27/04/08 à 11h25
tain que c'est bon !
 27/04/08 à 10h36
ton corp est simplement la manifestation lumineuse de ton ame..
..tu es creatif,naturel parlant par tes mouvements , hors de toi meme et hors de quelque chose qui nous depasse tous
 27/04/08 à 10h31
Tu sais bien que quand on me laisse tout seul
Ben des fois, je fais des bêtises et même que j'adore ça !

Quoique des fois, même pas tout seul j'adore !
de faire un 69 sur Camio, hein, je vous le demande ??
 27/04/08 à 10h21
Un duel, des croissant, un 69 !

Quel forme aujourd'hui !
 27/04/08 à 10h20
 27/04/08 à 10h20
 27/04/08 à 10h19
 27/04/08 à 10h14
Je te ferai suivre Echt ! j'ai une petite idée avec quelques fervents catholiques !
 27/04/08 à 10h12
Un grand merci à Pola-x Jehess, Paradizes, Agrion malgré la sueur pour certaines.

Bon, en même temps, pas facile de danser sans y laisser quelques goutelettes qui comme chacun sait ne viennent pas toutes du même endroit. (surenchère tout à fait facultative sur cette partie de la réaction)
 27/04/08 à 09h57
... voilà bien longtemps que je l'ai lâché la barre. D'autres la tiennent bien mieux que moi.

Camio, ce sera un plaisir mais il faudra me dire comment !
 27/04/08 à 09h50
Ce dont tu es capable m'impressionne également.

D'ailleurs, je compte bien réutiliser ton dernier com pour mes petits travaux locaux !
 27/04/08 à 09h25
même après avoir lu ça, vous n'avez pas envie de lacher la rampe?
J'suis sûr que si!
 27/04/08 à 09h23
... Ta conclusion résonne parfaitement avec mon dernier comm...

Bon, je ne vais pas te féliciter de te mettre ainsi à nu, la question du jugement ne se pose pas. Juste que je n'en serai pas capable donc je ne peux qu'admirer.
 27/04/08 à 09h14
Havana, Figolu, Shninkel, j'adore les résonances de ce texte en vous. Je ne m'attendais pas à de tels échos. Merci Figolu pour tes descriptions. Vivement qu'on se revoit.

C'est vrai Filanzane, danser pour oublier, pour dégager son corps ou simplement entrer dans la musique pour laver son esprit dans le courant des ambiances musicales. Quand ça fait du bien, ça fait du bien.

Mon cher Bpienic, j'ai l'honneur de te faire savoir que je me suis rendu ce matin à la prairie et que j'ai remporté tous les croissants à 8h42 :
http://www.pointscommuns.com/perceval-le-gallois-commentaire-cinema-68859.htm
l

Merci quand même pour les exercices dansé

Aragorn, les élites ne meurrent pas, elles croupissent.

Joli Olaf. Staccato staccato, une bonne violence provoquante. Dans l'espace de la danse, tout est possible !

Bonjour Cara

Figurine, je crois que tu as raison






l'esprit c'est : nom de Dieu ! ça c'est un gars qui bluffe pas !
je comprends d'où vient ce parfum d'authenticité qui t'entoure ,avec ce "corps dansé" derrière l'écran on peut voir ta peau collée à la vitre .
 27/04/08 à 04h12
olafgrossebaf
 27/04/08 à 04h07
olafgrossebaf
http://fr.youtube.com/watch?v=Nvd-
MALA7tw&feature=related
 27/04/08 à 03h05
 27/04/08 à 01h39
ou alors ceci, tonique et compatible avec les activités matutinales de notre hote.

Qu'en pensez-vous, témoin ?

http://fr.youtube.com/watch?v=mIM13NmTHaU&feature=related

 27/04/08 à 01h29
http://fr.youtube.com/watch?v=nEUKCL4pqog

Certes c'est plus festif... mais bon...
 27/04/08 à 01h29
 27/04/08 à 01h25
elle est si belle
 27/04/08 à 01h22
 27/04/08 à 01h21
Danse macabre ?

Bon alors on annule la prairie a l'aube demain matin, Camio
merci à toi !
 27/04/08 à 01h07
http://fr.youtube.com/watch?v=csJJIp7jCYA

Et aussi, quand la danse permet d'oublier ce qui est autour, ne faire plus qu'un avec une musique, un rythme, peu importe lequel au fond...

J'aime beaucoup beaucoup ton texte...
Mais c'est aussi parce que ça résonne bien avec ce que je perçois de toi, Camio.
 27/04/08 à 00h11
Mettre des mots sur ces sensations et sentiments comme ça!...ça sonne carrément juste! Bravo, bravo et merci de nous offrir cet extrait de vous!

et Johnny Clegg, dont j'étais fan à 13 ans (mais c'était parce que je découvrais à cette époque les Salif Keita et les Toure Kunda, les César Ewandé et les Ndour)
D'abord j'applaudis. Et pas des pieds.

Ensuite, je vois bien ce que tu veux dire par "...quelque chose se produit entre les humain" : les barrières, si facilement érigées par les codes sociaux, s'effondrent par le biais des mouvements des corps. Lorsqu'on sait exprimer des choses avec son corps, on peut tout dire sans biaiser.
J'ai appris à danser devant d'autres très tard, et par à-coups sauvages. Moi qui me regardait bouger les orteils, qui me sentais me forcer à bouger, j'ai accepté de danser lors de mon premier voyage en Afrique. J'ai davantage dansé en 3 mois là-bas que toute ma vie d'avant en France. C'était l'année où je découvrais les free-parties et ça m'a aussi aidé à lâcher des pulsions par la transe, par la danse, par le lâcher-prise que la danse offrait.

Il m'arrive maintenant depuis quelques années, de danser avec ma fille qui danse elle aussi, ou plutôt de danser mes gestes quotidiens, de les théâtraliser pour les rendre expressifs et drôles... de faire le clown : sans la trivialité que ça implique, mais avec la drôlerie et les interrogations des clowns

Aujourd'hui, c'est bon, je sais me lâcher et il m'arrive de me retrouver seul torse-poil dans un concert, bien jeté, les yeux fermé comme tu dis l'avoir fait toi-même.

Et puis il y a quelques mois j'ai été voir mon premier spectacle de danse, premier d'une série qui m'a fait décider de me lancer dans l'apprentissage. Apprentissage académique, voire. Mais apprentissage des bases d'une expression populaire, d'un moyen de communication, quoi.

Voilà.
 26/04/08 à 22h46

 26/04/08 à 22h29
dé tous les tango dou mooonde cé celoui qué jé danse avec toa
ta ta ta
 26/04/08 à 22h03
GINGA
 26/04/08 à 21h47
Je ne cherches pas à te donner de leçons. Si ça te convient comme ça, je n'ai rien à dire.
Ma remarque ne concerne que ce que j'ai pu observer. Bon, des fois, on m'a botté les fesses, des fois je me suis autoriser à le faire. Mais, il ne me semble pas que ce soit une façon de faire dont il faille abuser. Après, c'est peut-être lié à mon propre tempéremment. Les relations que tu établis avec toi même et avec les autres suscitent sans doute d'autres co-constructions.

Bon, je parle de co-construction parce que je crois que les transformations de nos vies s'opérent essentiellement au travers des échanges que nous nourissons. Ce n'est pas l'autre, mais le lien que nous tissons avec lui qui produit des transformations. et dans ce lien, il ne peut exister une seule persone d'où l'idée de "co"-construction. Enfin là encore, ce n'est qu'un point de vue.
 26/04/08 à 21h40
 26/04/08 à 21h26
donc il faut que je sois grande et que de moi jaillisse la source claire qui est une pure affirmation... la violence de "il faut", refus de ne pas faillir
 26/04/08 à 21h22
elleinad
quel joli comm , tout en rythme ... , je t'ai suivi , à chacun de tes pas ... *****
 26/04/08 à 21h11
Le moment du "il faut" est un point délicat de l'expérience humaine. Le précipiter conduit trop souvent à l'échec et à la mésestime de soi, au sentiment d'impuissance.

Ca ne s'applique pas au choses ordinaires de la vie, quand par exemple, on veut réaliser un voyage et que pour cela, "il faut" faire quelque préparatifs !
de "il faut"?
"falloir" , enfin , on s'inflige tous des injonctions por ne pas "faillir"... ce n'est pas la première fois qu'on me reproche ce "il faut" bulldozer... je ne sais pas
 26/04/08 à 20h43
mais le "au bout du grand fleuve", j'ai l'intuition qu'il est bien loin de la grande bleue
j'ai vu, en vrai comme on dit, la danse qui est dans mon lien de 19h29, prodigieux! dessiner ainsi dans l'espace avec les jeux de lumière(je laisse volontairement au singulier, lumière)...et, comble de bonheur, j'étais très près de la scène
Je ne demande qu'à te regarder faire
 26/04/08 à 20h36
Le narcissisme, il vaut mieux le dépasser que de s'en passer.

Enfin, y sont couillons quand même, y'a quand même pleins de jolis gens à regarder dans une boîte. Enfin, des fois, il vaut mieux pas trop regarder non plus, des fois, c'est par super intéressant. Enfin, ça fait des années que je ne suis plus allé en boîte, je suis parti avant les miroirs. Bon, j'dis ça j'dis rien
Regarde, tu peux aussi décapsuler tes bières ou ouvrir une bonne bouteille:

"l'expression du corps rejoint le quotidien"

http://www.dailymotion.com/video/x4705e_teletubbies-tektonik_fun
les gens dansaient seuls en s'admirant devant un miroir. C'est comme les vitres, alors? Faut les traverser pour retrouver un peu de communion?
 26/04/08 à 20h09
Traverser la vitre !
Vaut peut-être mieux ouvrir la fenêtre !

Mais, dans l'idée je te suis assez bien, sauf le "il faut". Des fois, je me sers de cette expression, mais je me dis qu'elle n'est vraiment pas belle. Enfin, je crois que tu dois être d'accord.

T'as vu ça Ginga : Bon, je promets pas de le refaire aussi bien aujourd'hui
la frontière de soi à soi d'abord: qui est cet autre en moi qui danse et qui me tire ailleurs?
ensuite il faut traverser la vitre et accepter de danser avec l'autre et pour lui.
 26/04/08 à 19h39
On va voir un spectacle de danse ensemble quand tu veux !

Elle est délirante sylvie Guillem. Elle arrive presque à faire disparaître son corps dans ses nerfs !
De la folie pure !
 26/04/08 à 19h32
Ouah ouh !
C'est beau ! Merci Arba !

Et Marci vous ôtres !

dédicacé à une pcciste pas loin de chez moi, avec laquelle j'en parlais y a pas si longtemps, il s'agissait de ça :
http://youtube.com/watch?v=gKk7BmnUGiI
 26/04/08 à 19h27
bien choure.
 26/04/08 à 19h26