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catégorie : chronique
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Autant je peux aimer un livre dans lequel l'auteur critique ses parents, autant un livre où l'auteur critique ses enfants (certains Jean-Paul Dubois, "une désolation" de Yasmina Reza, ou le "no kid" de Corinne Maier) me parait douteux. Quelque chose ne passe pas. On est toujours un peu responsable de ses enfants, on ne l'est pas de ses parents. Ecrire sur ses parents, on peut y aller, ça fait du bien. Bon, ça peut les fâcher, mais ils s'en remettront. Ils peuvent même faire figure de victimes d'un môme injuste, mythomane, ambitieux avide de publicité, ou bien même idiot (la mère de Sartre, après avoir lu "les mots" a dit de son fils qu'il n'avait rien compris à son enfance).
Au fond, souvent, le lecteur remercie ces parents terribles. Qui ont peut-être amené leur rejeton à écrire. "Vipère au poing", "la mort du petit cheval"...: merci Folcoche ! On aime la détester. Idem Madame Aupic, pauvre Jules. Et dans "un pedigree", Modiano décrit une mère si dure que le petit chien qu'elle avait a fait un jour une tentative de suicide.
Une mère si dure, un père si peu tendre.
Cette dureté, loin d'avoir tari la source, semble être la genèse de l'oeuvre de l'écrivain. Un mal qui a rendu l'écriture nécessaire.
Mais un écrivain qui critique son enfant, ça vous a un petit air mesquin, c'est nettement moins vivifiant.
Critiquer ses parents, c'est au fond critiquer la vie, toutes les vacheries qu'elle vous a faites et celles qu'elle peut encore vous faire. C'est de bonne guerre, on règle ses comptes, et on s'élance vers d'autres horizons.
Critiquer ses enfants, c'est se condamner, condamner l'avenir. Et critiquer des êtres qu'on a connus si désarmés, si totalement en votre pouvoir, semble bien déloyal. Et un peu irrationnel : si ce qu'est votre enfant vous déplaît, vous en êtes pour partie responsable.

A suivre : l'affrontement entre Houellebecq et sa mère. Qui a décidé d'écrire sur son fils (en mal). Aucune envie de la lire. Ca me serait pénible de voir qu'elle transforme ce qu'il a écrit sur elle en motif de combat, alors qu'elle ne peut pas se mettre sur le même plan que lui. Il a des raisons de lui en vouloir (une femme cultivée, médecin, à qui il ne vient pas un instant à l'idée qu'un enfant que sa mère décide de ne pas élever, et de ne quasiment jamais voir, puisse en concevoir un certain déséquilibre), elle n'en n'a aucune d'écrire à son tour.
D'une certaine façon, elle en a fait un écrivain. Qu'elle assume.
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Voici les 6 dernières réactions à ce commentaire
 Date
Titre (cliquez pour lire)
Rédacteur
 18/09/08 à 22h32
A la lecture, une assez tendre mére, humaine finalement.
Sade l'aurait sans doute assez bien comprise.
 31/08/08 à 22h33
perle-de-pluie
 31/08/08 à 21h33
- enfant de salaud !
- Oui Papa...
Colette a été très aimée de sa mère, qu'elle adorait et sur qui elle a écrit, et pourtant, elle n'a pas été très tendre avec sa propre fille...Très vite mise dans les mains d'une nurse anglaise revêche, puis dans un pensionnat à ST Germain en Laye...Une enfance heureuse ne vous garantit pas de devenir un bon parent.
 31/08/08 à 16h22
euhreka
mais le meilleur moyen de recevoir la bienveillance de ses enfants c'est aussi de manifester de la bienveillance envers ses propres parents.