Ce film de Klimov, cinéaste soviétique acteur de la perestroïka à la fin des années 80, vient de sortir en DVD. Le titre original signifie "Viens voir". Je suis allée le voir sur grand écran à Londres dans années 80 avec mon ancien mari, Anglais communiste qui effectuait déjà une sorte d'évolution politque qui allait l'amener au blairisme et au PS (il vit en France). Etant tous deux amoureux de la langue russe et actifs politiquement à l'époque, mais également englués dans un manque de communication à l'intérieur de notre couple, nous sommes allés voir ce film le coeur haletant et les yeux grands ouverts. Voilà pour le contexte personnel dans lequel j'ai vu ce film. Nous attendions une sorte de miracle; nous étions ouverts à quelque chose: il s'est effectivement passé quelque chose au point de vue esthétique et intellectuel.
Requiem pour un massacre dépasse de très loin toutes les productions, en particulier hollywoodiennes, sur ce que c'est que d'être des civils et une petite communauté dans une guerre qui piétine. Il y a aussi ce regard à la fois historique et incarné que le réalisateur propose sur le nazisme (images d'archives qui viennent en point d'orgue, à la fin: rien de plaqué, de lourdement illustratif, ici).
Le film se passe en Biélorussie pendant la seconde guerre mondiale. Il nous montre les massacres perpétrés par les nazis sur des communautés villageoises , avec en parallèle, l'évolution d'un jeune partisan qui va perdre son innocence d'enfant dans l'histoire (l'Histoire).
Rien ne nous est épargné sur les horreurs de ces Oradours-sur-Glane à répétition, sans que le film ne sombre pour autant dans l'hémoglobine. Les sens et l'imagination sont sollicités d'une manière beaucoup moins frontale, mais sans que cela nous laisse indemnes. J'ai le souvenir du bruit des balles (de vraies balles utilisées pour les besoins du film) et surtout cette vision d'un avion volant à basse altitude, revenant toujours annoncer le prochain massacre, chape trapue à la masse noire et au bruit sourd, oppressant, qui masque le ciel. Cette image est restée très profondément ancrée en moi car elle s'est surajoutée à un souvenir d'enfant, une visite à Paris avec ma grand-mère, soudain tétanisée dans la rue par un bruit de sirène qui lui rappelait les alertes de la dernière guerre: j'ai ressenti son effroi comme sans filtre, mais sans tout à fait comprendre, et ce film a réactivé ce moment de traumatisme étrange.
Certaines scènes sont cependant difficilement soutenables: viol, bébés jetés par la fenêtre, un animal exécuté ( eh oui, des mammifères en extrême souffrance, un sacrilège permanent et reconduit sans cesse, d'où peut-être le titre français, grandiloquent par comparaison au titre russe ou anglais). On peut se demander s'il n'y a pas une obscénité de propagande ici. Je ne le crois pas; je n'en ai pas le souvenir Le son assourdissant, les cris mais aussi le silence (la bande son est une histoire à elle seule), les visages terreux à force d'épuisement, l'absence de héros dans cette horrible Histoire, une maîtrise que j'ai du mal à analyser, avec l'effacement des années et mon ignorance des techniques cinématographiques: tout cela me semble attester que ce film n'est ni une oeuvre de propagande ni un acte pornographique.
Si vous aimez la Russie, grande ou petite, si les guerres autour de nous vous effraient, si les conventions du genre du film de guerre vous laissent une certaine insatisfaction et si vous voulez échapper pour un instant aux représentations et à la transfiguration que nous offrent le cinéma français et surtout américain ( qui ont leur place, certes, et leur utilité) sur le sujet de la guerre, allez voir ce film via votre lecteur DVD, en toute confiance: il évite de gros ecueils, nous dit une réalité intime et historique et renouvelle le genre. Idi i smotri.
Requiem pour un massacre dépasse de très loin toutes les productions, en particulier hollywoodiennes, sur ce que c'est que d'être des civils et une petite communauté dans une guerre qui piétine. Il y a aussi ce regard à la fois historique et incarné que le réalisateur propose sur le nazisme (images d'archives qui viennent en point d'orgue, à la fin: rien de plaqué, de lourdement illustratif, ici).
Le film se passe en Biélorussie pendant la seconde guerre mondiale. Il nous montre les massacres perpétrés par les nazis sur des communautés villageoises , avec en parallèle, l'évolution d'un jeune partisan qui va perdre son innocence d'enfant dans l'histoire (l'Histoire).
Rien ne nous est épargné sur les horreurs de ces Oradours-sur-Glane à répétition, sans que le film ne sombre pour autant dans l'hémoglobine. Les sens et l'imagination sont sollicités d'une manière beaucoup moins frontale, mais sans que cela nous laisse indemnes. J'ai le souvenir du bruit des balles (de vraies balles utilisées pour les besoins du film) et surtout cette vision d'un avion volant à basse altitude, revenant toujours annoncer le prochain massacre, chape trapue à la masse noire et au bruit sourd, oppressant, qui masque le ciel. Cette image est restée très profondément ancrée en moi car elle s'est surajoutée à un souvenir d'enfant, une visite à Paris avec ma grand-mère, soudain tétanisée dans la rue par un bruit de sirène qui lui rappelait les alertes de la dernière guerre: j'ai ressenti son effroi comme sans filtre, mais sans tout à fait comprendre, et ce film a réactivé ce moment de traumatisme étrange.
Certaines scènes sont cependant difficilement soutenables: viol, bébés jetés par la fenêtre, un animal exécuté ( eh oui, des mammifères en extrême souffrance, un sacrilège permanent et reconduit sans cesse, d'où peut-être le titre français, grandiloquent par comparaison au titre russe ou anglais). On peut se demander s'il n'y a pas une obscénité de propagande ici. Je ne le crois pas; je n'en ai pas le souvenir Le son assourdissant, les cris mais aussi le silence (la bande son est une histoire à elle seule), les visages terreux à force d'épuisement, l'absence de héros dans cette horrible Histoire, une maîtrise que j'ai du mal à analyser, avec l'effacement des années et mon ignorance des techniques cinématographiques: tout cela me semble attester que ce film n'est ni une oeuvre de propagande ni un acte pornographique.
Si vous aimez la Russie, grande ou petite, si les guerres autour de nous vous effraient, si les conventions du genre du film de guerre vous laissent une certaine insatisfaction et si vous voulez échapper pour un instant aux représentations et à la transfiguration que nous offrent le cinéma français et surtout américain ( qui ont leur place, certes, et leur utilité) sur le sujet de la guerre, allez voir ce film via votre lecteur DVD, en toute confiance: il évite de gros ecueils, nous dit une réalité intime et historique et renouvelle le genre. Idi i smotri.
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Voici les 25 dernières réactions à ce commentaire
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Rédacteur
j'ai du mal à suivre vos réactions!!
19/09/07 à 18h56
BlackCatWhiteNight
décodeur, stp?
(là dedans les parenthèses on dirait que je sais faire un smiley "sourire entendu", c'est joli ça "sourire entendu")
très beau!!
.

.
Sibelius Violin Concerto:
.
2nd mov.
.
Christian Ferras
Christian Ferras plays
Sibelius Violin Concerto
in D minor, Op. 47: II.
Adagio di molto
Conductor: Zubin Mehta
This is
my favorite rendition
of the Sibelius Violin Concerto
From: SamLee0519
.
http://minilien.com/?IiCmgrqAwt
.
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Sibelius Violin Concerto:
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2nd mov.
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Christian Ferras
Christian Ferras plays
Sibelius Violin Concerto
in D minor, Op. 47: II.
Adagio di molto
Conductor: Zubin Mehta
This is
my favorite rendition
of the Sibelius Violin Concerto
From: SamLee0519
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http://minilien.com/?IiCmgrqAwt
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... à comprendre les survivants.
oui, parce qu'une trace du souvenir est indispensable, qu'il faut savoir que la guerre est terrifiante et n'est pas la bonne réponse. Et non, parce que les images de guerre, aussi bien faites soient-elles, sans parler des images réelles qui passent sur le petit écran, sont aussi une violence que l'on est pas en droit d'imposer à tous. Qu'elles deviennent banales aussi et que jamais la force d'une image n'est aussi terrifiante qu'une réalité. Parfois je me demande, si je devais vivre une guerre, si le souvenir de ces images ne me rendrait pas encore plus insupportable la réalité? Ces images me renvoient toujours à la même question, comment l'homme peut-il en arriver là, à pire que la bestialité? question naïve s'il en est et j'aimerais être certaine que ces images pourraient nous éloigner d'un quelconque danger... pas certaine.
Jeu de mots en vue. Bon, je sors pour de vrais, t'as l'air énervée.
ma remarque ne te concernait pas personnellement. elle est d'ordre général.
La brosse à chiendent me regarde.
La brosse à chiendent me regarde.
ce film est une oeuvre terrifiante, comme la guerre.
ça m'arrive peut-être de ménager des sensibilités mais sur ton comm', j'exprime un point de vue.
C'est con, hein.
Je sors... (sans "T", grâce à toi je fais des progrès. :0)
Et en particulier, si je cherchais la brosse à reluire, j'irais voir ailleurs :0)
C'est con, hein.
Je sors... (sans "T", grâce à toi je fais des progrès. :0)
Et en particulier, si je cherchais la brosse à reluire, j'irais voir ailleurs :0)
j'ai mis cinq à ce texte parce qu'il parle bien d'un film qui me terrifie, qui me cloue le bec et aussi parce que je l'ai compris (le texte, pas le film!)
Je dois t'avouer que parfois je ne comprends ce que tu écris, mais pas grave, ça m'empêche pas de continuer à te lire et parfois c'est un réel plaisir
Maintenant, on n'a pas toujours une réaction à mettre sous le texte...
Je dois t'avouer que parfois je ne comprends ce que tu écris, mais pas grave, ça m'empêche pas de continuer à te lire et parfois c'est un réel plaisir
Maintenant, on n'a pas toujours une réaction à mettre sous le texte...
beaucoup. 

En général, c'est ça ? :0)
C'est pas forcément ce qui est demandé non plus.
C'est pas forcément ce qui est demandé non plus.
j'ai égaré ma brosse à reluire, voici bien des années. 

même si j'aime pas forcément tes réactions ailleurs, un peu partout...
Peu importe me diras-tu.
Ok.
:0)
Peu importe me diras-tu.
Ok.
:0)
Il vient du fond de moi. Bisous.
depuis le temps, tu devrais savoir que les notations pécécistes sont inversement proportionnelles à la qualité des coms, dont elles servent uniquement à jauger la popularité des auteurs... 
visiblement, ça ne plaît pas à tout le monde! Ras le cul de ces tirs groupés, quoi que j'écrive, et dans quelque genre que ce soit.
mais merci à toi!!
mais merci à toi!!
de ces « coms » cinématographiques de trois lignes dont j'ai horreur... 

Je réagis à ce commentaire en
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sissi
publié le 19 sept. 07