Asphaltisation, ce mot qui sonne comme une condamnation ! Un glas !
Asphaltisation, territoire de vie qui s’est un jour réduit à un bout de trottoir, là où des « êtres » survivent comme soudés au sol, les pieds pris dans le goudron au point de ne plus repérer s’ils tiennent encore debout…
Un monde assommé de souffrance, là où la violence et l’alcool sont l’ordinaire de jours alignés, inutiles, usés ! Un univers où l’inutilité sociale, la honte et la relégation produisent une atroce déshumanisation en osmose avec la ville cannibale.
Frères humains contaminés par l’informe et sabordés à jamais ! Etres de chair pourvus d’une histoire, d’une enfance traversée de désirs allant vers un avenir et aujourd’hui, gueules sans yeux et sans voix !
Habitants de la Nuit, empêtrés de vous-même, la parole mutilée jusqu’à la béance du terrible. Femmes et hommes en crise perpétuelle, abandonnés par une société obscène et qui glose… Société contrebandière de mots !
Dans le grand encombrement du réel, comment éradiquer ses mensonges, ses promesses avortées au nom d’une fraternité posthume ?
La perte de soi est terrible, il y a pire encore, la perte de soi qui n’existe que par les autres !
Voix des silencieux, votre mutisme est assourdissant. Peut-on articuler votre inarticulé dans un monde qui vous disqualifie et qui tout à la fois vous fait « être » en vous déniant un droit d’exister…
Rassurez-vous les hirsutes, par ces temps irrespirables, l’indignation bien pensante n’en a cure, elle ne vous promet que soupirs et un jour des bulldozers alors que vous êtes la densité effrayante de ce début de siècle déjà pourrissant !
Fantomatique armée des mutiques, vitrifiée sur les trottoirs de Paris ou d’ailleurs, avant d’ouvrir votre gueule putride, fermez-la ! N’êtes-vous pas l’honneur d’un capitalisme triomphant aux bras chargés de rapines et lumineuse éjaculation d’une pensée impensable !
Quelle chance que la votre, 12 mois d’hivers, le reste c’est l’été !
Seriez vous d’un autre hémisphère perdu dans les recoins les plus mornes du monde ? Une communauté imaginaire qui « anomise » nos sociétés couleur de cendre…
Ô vous, lutte de crasse peuplant le vide, chats de gouttière, zombies esseulés, mutilés, fusillés, écoutez les hennissements de la ville grossière, cet espace « démocratique » et si urbain…
A l’orée des frimas, des tavelures aux mains, qu’avez-vous donc à attendre puisque rien à donner ?
Vie de gens qui n’en ont pas, engeance pour sale d’anatomie, en vous voyant, les carabins équarrisseurs imaginent déjà un protocole de dissection, d’ailleurs la mort ne travaille-t-elle pas déjà à l’intérieur de vos corps…
Frères de sang, dans cette flaque de vomi, je suis des vôtres, nous chanterons notre désenchantement… Alors par ces climats médiévaux et brûlants, quand les coquelicots auront fuit les fossés, nous n’auront plus qu’à nous y étendre avec la force agonisante du désespoir et dans une odeur de fosse commune, là où il n’y a plus de différence entre la vie et les rêves…
Au fond, ce monde n’est qu’une anomalie douteuse !
Asphaltés sortis d’une toile du Bosch, dans l’amertume de ce présent, Je vous aime !
Asphaltisation, territoire de vie qui s’est un jour réduit à un bout de trottoir, là où des « êtres » survivent comme soudés au sol, les pieds pris dans le goudron au point de ne plus repérer s’ils tiennent encore debout…
Un monde assommé de souffrance, là où la violence et l’alcool sont l’ordinaire de jours alignés, inutiles, usés ! Un univers où l’inutilité sociale, la honte et la relégation produisent une atroce déshumanisation en osmose avec la ville cannibale.
Frères humains contaminés par l’informe et sabordés à jamais ! Etres de chair pourvus d’une histoire, d’une enfance traversée de désirs allant vers un avenir et aujourd’hui, gueules sans yeux et sans voix !
Habitants de la Nuit, empêtrés de vous-même, la parole mutilée jusqu’à la béance du terrible. Femmes et hommes en crise perpétuelle, abandonnés par une société obscène et qui glose… Société contrebandière de mots !
Dans le grand encombrement du réel, comment éradiquer ses mensonges, ses promesses avortées au nom d’une fraternité posthume ?
La perte de soi est terrible, il y a pire encore, la perte de soi qui n’existe que par les autres !
Voix des silencieux, votre mutisme est assourdissant. Peut-on articuler votre inarticulé dans un monde qui vous disqualifie et qui tout à la fois vous fait « être » en vous déniant un droit d’exister…
Rassurez-vous les hirsutes, par ces temps irrespirables, l’indignation bien pensante n’en a cure, elle ne vous promet que soupirs et un jour des bulldozers alors que vous êtes la densité effrayante de ce début de siècle déjà pourrissant !
Fantomatique armée des mutiques, vitrifiée sur les trottoirs de Paris ou d’ailleurs, avant d’ouvrir votre gueule putride, fermez-la ! N’êtes-vous pas l’honneur d’un capitalisme triomphant aux bras chargés de rapines et lumineuse éjaculation d’une pensée impensable !
Quelle chance que la votre, 12 mois d’hivers, le reste c’est l’été !
Seriez vous d’un autre hémisphère perdu dans les recoins les plus mornes du monde ? Une communauté imaginaire qui « anomise » nos sociétés couleur de cendre…
Ô vous, lutte de crasse peuplant le vide, chats de gouttière, zombies esseulés, mutilés, fusillés, écoutez les hennissements de la ville grossière, cet espace « démocratique » et si urbain…
A l’orée des frimas, des tavelures aux mains, qu’avez-vous donc à attendre puisque rien à donner ?
Vie de gens qui n’en ont pas, engeance pour sale d’anatomie, en vous voyant, les carabins équarrisseurs imaginent déjà un protocole de dissection, d’ailleurs la mort ne travaille-t-elle pas déjà à l’intérieur de vos corps…
Frères de sang, dans cette flaque de vomi, je suis des vôtres, nous chanterons notre désenchantement… Alors par ces climats médiévaux et brûlants, quand les coquelicots auront fuit les fossés, nous n’auront plus qu’à nous y étendre avec la force agonisante du désespoir et dans une odeur de fosse commune, là où il n’y a plus de différence entre la vie et les rêves…
Au fond, ce monde n’est qu’une anomalie douteuse !
Asphaltés sortis d’une toile du Bosch, dans l’amertume de ce présent, Je vous aime !
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Date
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Rédacteur
21/09/07 à 18h05
21/09/07 à 17h41
merci aussi à Chrisdilou pour le poème de Verlaine si approprié...
Je pensais aussi à lui en lisant votre diatribe poignante et à la déchéance alcoolique et sociale de ses dernières années...
Quelles que soient leurs raisons profondes, la société accepte l'inacceptable pour ces êtres - cas sociaux ou mentaux désespérés, trop déprimés, abandonnés ou qui lui sont inadaptés de diverses manières.
Que dire aussi de tous les malades mentaux laissés sans soin dans nos rues ?
Un 5 bien mérité en tous cas
Je pensais aussi à lui en lisant votre diatribe poignante et à la déchéance alcoolique et sociale de ses dernières années...
Quelles que soient leurs raisons profondes, la société accepte l'inacceptable pour ces êtres - cas sociaux ou mentaux désespérés, trop déprimés, abandonnés ou qui lui sont inadaptés de diverses manières.
Que dire aussi de tous les malades mentaux laissés sans soin dans nos rues ?
Un 5 bien mérité en tous cas
Les Vaincus
Extrait De Jadis et naguères
I
La Vie est triomphante et l'Idéal est mort,
Et voilà que, criant sa joie au vent qui passe,
Le cheval enivré du vainqueur broie et mord
Nos frères, qui du moins tombèrent avec grâce,
Et nous que la déroute a fait survivre, hélas !
Les pieds meurtris, les yeux troubles, la tête lourde,
Saignants, veules, fangeux, déshonorés et las,
Nous allons, étouffant mal une plainte sourde,
Nous allons, au hasard du soir et du chemin,
Comme les meurtriers et comme les infâmes,
Veufs, orphelins, sans toit, ni fils, ni lendemain,
Aux lueurs des forêts familières en flammes !
Ah ! puisque notre sort est bien complet, qu'enfin
L'espoir est aboli, la défaite certaine,
Et que l'effort le plus énorme serait vain,
Et puisque c'en est fait, même de notre haine,
Nous n'avons plus, à l'heure où tombera la nuit,
Abjurant tout risible espoir de funérailles,
Qu'à nous laisser mourir obscurément, sans bruit,
Comme il sied aux vaincus des suprêmes batailles.
II
Une faible lueur palpite à l'horizon
Et le vent glacial qui s'élève redresse
Le feuillage des bois et les fleurs du gazon ;
C'est l'aube ! tout renaît sous sa froide caresse.
De fauve l'Orient devient rose, et l'argent
Des astres va bleuir dans l'azur qui se dore ;
Le coq chante, veilleur exact et diligent ;
L'alouette a volé stridente : c'est l'aurore !
Éclatant, le soleil surgit : c'est le matin !
Amis, c'est le matin splendide dont la joie
Heurte ainsi notre lourd sommeil, et le festin
Horrible des oiseaux et des bêtes de proie.
Ô prodige ! en nos coeurs le frisson radieux
Met à travers l'éclat subit de nos cuirasses,
Avec un violent désir de mourir mieux,
La colère et l'orgueil anciens des bonnes races.
Allons, debout ! allons, allons ! debout, debout !
Assez comme cela de hontes et de trêves !
Au combat, au combat ! car notre sang qui bout
A besoin de fumer sur la pointe des glaives !
... de parler d'eux de si belle et forte façon. On peut être un jour à leur place.
Surtout, ils ont besoin de nous mais comment leur prendre la main pour un bout de chemin ? On sait qu'on n'est jamais dans la rue par choix...
Enigme, tu es notre frère !
Surtout, ils ont besoin de nous mais comment leur prendre la main pour un bout de chemin ? On sait qu'on n'est jamais dans la rue par choix...
Enigme, tu es notre frère !
non, pas de délit d'initié, ma réflexion ne concernait en rien ce
ping-pong là.
pour une fois je suis d'accord avec toi 

au courant des règles de la partie qui est en train de se jouer ? je n'ai pas vu de com traitant d'économie chez heathcliff pourtant....
Et si c'est la dernière manche, le prochain sujet c'est quoi ?

Et si c'est la dernière manche, le prochain sujet c'est quoi ?
20/09/07 à 18h46
complexes ? Non ?
sous cette défroque.
Le complexe de Peau d'âne ?
Le complexe de Peau d'âne ?
20/09/07 à 17h48
que je les baptise "frères"... Je crois que tu me comprends !
20/09/07 à 17h23
interiora terrae
mais une fois qu'ils sont dans la rue, il n' ya plus rien, plus de schéma de vie, plus de repères qui permettent de se rattacher à un espoir, plus respect d'autrui, une seule loi la rue, dormir, manger, boire, pisser, chier; excuses la trivialité mais c'est pourtant la réalité. par contre il y a des perles de lumière parmi eux et il faut savoir les trouver.Une petite anecdote! j'ai le souvenir d'avoir fait venir au cours d'une réunion de ses (je passe les détails) gars (il n'y avait que des mecs, les filles n'ont pas osé se montrer et je le dit avec intention) qui essayaient, tant bien que mal, de suivre des ateliers dit de réinsertion (c'est comme ça que cela s'appellait) donc j'ai fait venir deux personnes du monde extérieur (employé aussi à dessin), un très grand designer et le DG d'une grosse boite parisienne. Deux choses les gars étaient propres comme des sous neufs et au cours de la réunion le designer me pris a part en me disant " le type qui est au fond la bas je suis sur de le connaitre"
après discussion (3 heures) j'ai fini par apprendre qu'il avait fait partie d'une équipe de designers sous la directive de mon ami il s'agissait d'une bouteille d'eau bien connue. voial c'est tout donc nous sommes tous un jour ou l'autre d'un côté ou de lautre de la barrière.
excuses la longueur
après discussion (3 heures) j'ai fini par apprendre qu'il avait fait partie d'une équipe de designers sous la directive de mon ami il s'agissait d'une bouteille d'eau bien connue. voial c'est tout donc nous sommes tous un jour ou l'autre d'un côté ou de lautre de la barrière.
excuses la longueur
Je n'en suis pas sur. et nous ne pouvons pas être des leurs si nous ne sommes pas avec eux dans le sens d'être parmi eux! je ne polémique pas, mais j'ai fait assez de chemin avec eux pour savoir ce qu'ils sont et pourquoi (pour certains) ils sont dans la rue.
20/09/07 à 15h52
interiora terrae
20/09/07 à 14h50
20/09/07 à 14h47
carandache
20/09/07 à 14h34
carandache
je vous le rends dans 5 minutes,c'est promis!
pour moi le vote sur ce comm devrait être aboli........tu comprends pourquoi.
20/09/07 à 14h24
interiora terrae
5 pour ce texte qui m 'a donné la chaire de poule.
Tout n 'est pas perdu, il y a encore Enigme et ses compagnons de lutte
.
Je rejoins Soupalafraise: écrire c 'est un peu agir, mais ça ne doit s'arrêter là.
Merci Enigme pour tant d'humanité.
Tout n 'est pas perdu, il y a encore Enigme et ses compagnons de lutte
.Je rejoins Soupalafraise: écrire c 'est un peu agir, mais ça ne doit s'arrêter là.
Merci Enigme pour tant d'humanité.
Je cryogénise mes pensées les plus abusives...
Et je crie ô Génie !!!! Sans abuser.
Mais qu'est ce que tu fous encore ici ???
A l'Olympe, au Panthéon au Parthénon !!!
Je te cannonise !!!!
Ton Dauphin...

Ah bon, tu n'es pas un séducteur ? Ah! je croyais ...
20/09/07 à 13h27
entreprises, au redressement des comptes de l'Etat ; le lendemain, exercice d'empathie avec les "damnés de l'asphalte"! Bravo l'artiste!
être une action ...
J'ai juste besoin de savoir si c'est sa seule ...
Si c'est " gratuit " .
J'ai juste besoin de savoir si c'est sa seule ...
Si c'est " gratuit " .
déjà, écrire ce qu'il a écrit, n'est-ce-pas agir ?
Et puis je suis certaine qu'il le fait de toute façon "dans la vraie vie".
Et puis je suis certaine qu'il le fait de toute façon "dans la vraie vie".
Monsieur enigme, j'ai tout lu! 

du talent littéraire dans ce texte .
De l'indignation : oui . Mais ...Ne pas s'en suffir...Agir !
Et ne pas s'en servir comme moyen de séduction ...
Oh ! que je suis sévère !
Beau texte : oui !
De l'indignation : oui . Mais ...Ne pas s'en suffir...Agir !
Et ne pas s'en servir comme moyen de séduction ...
Oh ! que je suis sévère !
Beau texte : oui !
le Dormeur du Val
20/09/07 à 11h46
20/09/07 à 11h38
soupalafraise
On peut en mettre deux, alors ??
Merci pour eux, merci de te souvenir de l'enfant en eux, merci de ta colère, de ta rage, contre cette société inhumaine qui se paye de beaux concepts et de bonnes paroles, ta prose est forte, qu'elle nous donne la force d'agir...
Merci pour eux, merci de te souvenir de l'enfant en eux, merci de ta colère, de ta rage, contre cette société inhumaine qui se paye de beaux concepts et de bonnes paroles, ta prose est forte, qu'elle nous donne la force d'agir...
les braises ardentes de la mémoire !
Du vent érotique de ton intimité, soulève le voile, sensualise ton âme et rallume ta présence !
Ah, c'est pas ça ? J'ai rien compris ?... mes excuses, c'est le soleil qui m'a éblouie !
20/09/07 à 10h49


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enigme
publié le 20 sept. 07