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catégorie : chronique
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Trois petites notes de musique… Quelques-unes qui fredonnent… « Lalala lala lalalala »
Les deux violons mal accordés, dans une douce dysharmonie plaintive, attaquent la première mesure, la dernière chanson.

Près de deux heures du matin, le petit groupe est fatigué, veut replier, débrancher, clore le bal. Ce sera un air lent, un slow. Que les derniers couples enlacés quittent enfin la piste et les laissent enfin regagner leur petite chambre d’hôtel, une fois que tout le matos aura été mis dans la camionnette.

D’ailleurs, les premières notes de cette dernière chanson produise l’effet escompté : sur la petite dizaine de personnes encore présentes, il n’en reste bientôt plus que trois. Quatre copains s’en vont bras dessus bras dessous : ils imaginent finir la soirée au zinc du troquet voisin, sans se douter que le patron est en train de mettre sous clef la maigre recette de la soirée, difficile de concurrencer un bal sur la place du village… Ils rentreront chez eux, tant pis. Et ils remettront ça demain : l’été ne fait que commencer, après tout.
Trois autres partent aussi, deux plus une, l’éternelle copine qui tient le sac va rentrer seule dans la studette de location pendant que son amie plus chanceuse va raccompagner le saisonnier, qui la raccompagnera à son tour, jusqu’à ce que, lassés de cette marche nocturne, ils s’arrêtent chez lui, pour finir la nuit, sans franchement débuter quoi que ce soit. Une aventure d’un soir d’été qui s’effacera rapidement des mémoires et des cœurs, qui permettra de se dire qu’on a passé de bonnes vacances, que les touristes de cette année étaient « sympathiques » en attendant les suivantes…

Ils sont trois, encore là.
La musique n’est plus que pour eux.
« Lalala lalala lala… »
Deux garçons, une fille. Vu de la scène, les musiciens, fins observateurs des romances et des peines de cœur, ont déjà leur petite idée sur la micro-tragédie en un acte qui s’achève sous leurs yeux : les deux qui dansent, enlacés, sont « ensemble », à la plus grande douleur du troisième personnage, amoureux silencieux et malheureux, pièce de trop dans ce duo.

Mais, à y regarder de plus près, c’est autre chose qui se trame.
En dansant, elle ne quitte pas des yeux, par-dessus l’épaule de son partenaire, le troisième, l’exclus. Et de temps en temps, sa tête vient se poser sur cette épaule, un frisson la parcourt, comme un sanglot. D’ailleurs, à la lumière bleutée des spots qui éclairent encore la place du village, il semblerait qu’on puisse voir une larme couler sur sa joue rose.
Ce n’est pas une danse de séduction.
Ce n’est pas une danse de conquête.

Ce ne sont pas des pas de deux, mais des pas d’adieux. Parce que s’ils ne sont que deux sur la piste, ils sont trois, en ce moment. Deux qui flottent et trébuchent, un qui regarde et protège.
Trois qui s’aiment, sans souci des convenances, mais avec au cœur la dure vérité : c’est impossible. Une telle histoire ne peut continuer.

Cette dernière danse contient toute leur histoire : deux et un, une et deux, ils sont trois, et c’est ainsi.
La rencontre s’est faite par hasard, il y a quelques semaines. Une première soirée à se chercher du regard, invités malgré eux de l’anniversaire d’une amie d’un copain, ou l’inverse… Ils se sont reconnus dans la foule. Leur trio s’est rapidement isolé dans une pièce de l’appart’ de banlieue, à discuter sans gêne, à sentir le cœur battre un peu plus fort, à se frôler.
Ils se sont revus au grand jour : parfois, la lumière solaire est un vaccin contre les passions naissantes. Les yeux s’ouvrent, la brume magique de la nuit s’enfuit et on se retrouve face à des inconnus. Mais entre eux, non : le sortilège était bien vivant.
De jour en jour, d’heure en heure, jusqu’à cette nuit, il y a trois semaines. Leur nuit. Sans même se poser de questions, sans a priori ni tabou. Dans le lit, peu importait qui étreignait qui, qui caressait qui : c’était eux trois. Et le reste du monde derrière les volets.

Ils ont décidé de partir ensemble. La campagne. Pour débuter l’été, loin du bruissement des ragots de leurs « amis ».

Sauf que le reste du monde les rattrape, en ces longues journées estivales. Le reste du monde ne peut pas, ne veut pas comprendre que c’est bien de l’amour, pas un délire pervers, un jeu provocateur.

Serait-elle tombée amoureuse de l’un sans l’autre, elle n’en est pas sûre.
Ils sont incapables de dire s’ils préfèrent sa bouche à lui ou sa peau à elle.
Ils s’aiment, et ce n’est pas possible.

Alors, cette dernière danse, ils l’ont commencée à deux, dans la poussière de la place qui accueillera le marché dès demain.
Et le troisième s’est levé, les a rejoints.

Quand les musiciens ont posé les instruments, ils n’ont pas bougé. Trois corps, un seul cœur et pas d’avenir.

Quand la camionnette a démarré, près d’une heure après, trois silhouettes sont parties chacune de son côté, par une des artères menant à la place centrale, comme des étoiles de ballet quittant la scène, sans se retourner. Il ne faut pas qu’ils se retournent. Il ne faut pas regarder les deux autres.
Le dernier regard, il reste sur cette place, dans cette danse. La dernière.
Celle de la fin de l’amour.
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Voici les 24 dernières réactions à ce commentaire
 Date
Titre (cliquez pour lire)
Rédacteur
César et Rosalie. Un des ménages à trois les plus touchants du cinéma.
Claude Sautet nous manque.
c'est la grande chaîne de l'humanité qui perdure...
 10/02/08 à 14h32
je mets pas de lien....sky a mis celui auquel ce comm me fait penser
amour à trois? je ne pense pas que ce soit humain ça, mais why not?bien à toi
 10/02/08 à 13h29
Should_I_Stay
"Jim près de moi et Jules tout contre moi...."
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oOo

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One

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U2 & Mary J. Blige.

[ Old classic song by U2
in a new remixed version featuring Mary ]
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http://minilien.com/?nhdzye6Qwp
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a que la rareté qui différencie les choses. Comme je l'écrivais sur un autre com : l'amour parfait est comme les gros diamants, rare mais il existe.
à ne pas lire en "amont" !
 10/02/08 à 09h09
cruellement impossible à danser mais il reste une jolie musique "inespérée".
 10/02/08 à 07h26
tout le monde parle du sujet, c'est que la forme est plutôt bien foutue et que l'on est vraiment pris dans l'histoire. finalement ce serait bien de pouvoir en lire beaucoup plus; avec pleins de pages..
 10/02/08 à 01h09
 10/02/08 à 00h32
broken_flowers
 09/02/08 à 22h08
mais quel pessimisme...justifié!
C'est sur qu'a trois ça ne peut pes marcher, quelle que soit l'excitation du début, l'impression de franchir une frontière, d'explorer un autre univers!
Je sais, je l'ai vécu, ça s'est mal fini...
je vais dépendre la crémaillère d'un acrobate, qui change de roulotte...
Bonne soirée à toutes et tous.
 09/02/08 à 20h47
(je ne permettrai pas de dire une grosse c*nnerie)... enfin... pas encore
 09/02/08 à 20h38
 09/02/08 à 20h37
 09/02/08 à 20h27