Pearly marche, là où il a joué pieds nus dans la rue toujours grise. Aujourd'hui, rien de nouveau sous le soleil blafard. Juste la saveur un peu plus rance qu'à l'ordinaire de ce quartier, ce lieu, son monde à lui : Un monde d'ennui.
Il y a grandi et son regard y a vieilli bien avant que ses joues ne perdent leur couleur rose. Dans cet univers maudit, il a partagé les jeux tristes des autres gosses, des autres ouvriers, des chômeurs. Enfin, de tous ceux qu'ils ne veut plus voir ce soir.
L'esprit embrouillé par du mauvais gin, il déroule et déroule encore le long chapelet des souvenirs grisâtres accumulés ici, dans ce quartier hors duquel il n'est plus rien. Mais ce soir plus que certains autres soirs, il sent qu'ici aussi il n'est pas grand chose. Que ce quartier lui-même n'est pas grand chose. Que sa vie n'incommode personne pas plus que sa mort ne le ferait.
La rue titube sous son regard vague. Il voit bien que cette sale bordure de trottoir ne lui fera pas de cadeau, mais il ne sais plus bien se détourner de sa trajectoire d'emmerde.
Pourquoi s'est-il saoulé la gueule déjà ? il n'en sait plus vraiment la raison. Pour calmer son désespoir, pour sentir quelque chose, pour oublier que son contremaître l'a traité de moins que rien, parce qu'il ne sait pas encore comment il va faire pour payer son loyer, parce que la fille du patron est passée devant lui en riant sans même l'apercevoir, parce que Maguy l'a quitté depuis 4 ans déjà.
Peut-être sans raison après tout. Oui ! ce doit être ça, sans raison, gratuitement et copieusement il a voulu mêler l'amertume de ce breuvage à son ennui.
Ah Cathy ! C'était la promesse du bonheur partagé, une façon de s'évader du quartier au milieu de ses sourires, au contact de ses seins, dans l'antre de ses reins. Et puis, plus rien, elle n'était rien d'autre qu'une autre façon de tromper son ennui. Alors, il était devenu morose, même avec elle et elle était partie.
La bordure de trottoir se rapproche.
Se détourner de la trajectoire, soulever sa jambe à temps. Cette idée vient de germer de son esprit empêtré d'alcool. Trop tard ! Il tombe quand même. Pas assez fort pour se faire vraiment mal. Il se retrouve étalé sur le bitume humide et suintant. Il rampe pour s'appuyer contre un mur et regarde fixement devant lui. Quelque chose d'important vient de lui arriver. Il se sent prodigieusement excité comme il n'a pas souvenir de l'avoir été.
Se détourner de la trajectoire...
Que dire de plus ?
Voilà compañero , voilà mon histoire. Tout le reste n'est qu'histoire d'actes petits ou grands et de bonnes rencontres. Voilà pourquoi je ri si souvent. Depuis ce jour je trouve que ma vie est devenue magique. Voilà pourquoi je combat à tes côtés. Je n'oublie pas la longue nuit de tous ceux qui n'ont pas pu. De ceux qui ont grandi avec comme seule perspective produire ou ne rien faire et surtout : N'être rien.
Nota : texte librement inspiré de la chanson "Day's of Pearly Spencer" http://fr.youtube.com/watch?v=MVBjgCFNr00
Il y a grandi et son regard y a vieilli bien avant que ses joues ne perdent leur couleur rose. Dans cet univers maudit, il a partagé les jeux tristes des autres gosses, des autres ouvriers, des chômeurs. Enfin, de tous ceux qu'ils ne veut plus voir ce soir.
L'esprit embrouillé par du mauvais gin, il déroule et déroule encore le long chapelet des souvenirs grisâtres accumulés ici, dans ce quartier hors duquel il n'est plus rien. Mais ce soir plus que certains autres soirs, il sent qu'ici aussi il n'est pas grand chose. Que ce quartier lui-même n'est pas grand chose. Que sa vie n'incommode personne pas plus que sa mort ne le ferait.
La rue titube sous son regard vague. Il voit bien que cette sale bordure de trottoir ne lui fera pas de cadeau, mais il ne sais plus bien se détourner de sa trajectoire d'emmerde.
Pourquoi s'est-il saoulé la gueule déjà ? il n'en sait plus vraiment la raison. Pour calmer son désespoir, pour sentir quelque chose, pour oublier que son contremaître l'a traité de moins que rien, parce qu'il ne sait pas encore comment il va faire pour payer son loyer, parce que la fille du patron est passée devant lui en riant sans même l'apercevoir, parce que Maguy l'a quitté depuis 4 ans déjà.
Peut-être sans raison après tout. Oui ! ce doit être ça, sans raison, gratuitement et copieusement il a voulu mêler l'amertume de ce breuvage à son ennui.
Ah Cathy ! C'était la promesse du bonheur partagé, une façon de s'évader du quartier au milieu de ses sourires, au contact de ses seins, dans l'antre de ses reins. Et puis, plus rien, elle n'était rien d'autre qu'une autre façon de tromper son ennui. Alors, il était devenu morose, même avec elle et elle était partie.
La bordure de trottoir se rapproche.
Se détourner de la trajectoire, soulever sa jambe à temps. Cette idée vient de germer de son esprit empêtré d'alcool. Trop tard ! Il tombe quand même. Pas assez fort pour se faire vraiment mal. Il se retrouve étalé sur le bitume humide et suintant. Il rampe pour s'appuyer contre un mur et regarde fixement devant lui. Quelque chose d'important vient de lui arriver. Il se sent prodigieusement excité comme il n'a pas souvenir de l'avoir été.
Se détourner de la trajectoire...
Que dire de plus ?
Voilà compañero , voilà mon histoire. Tout le reste n'est qu'histoire d'actes petits ou grands et de bonnes rencontres. Voilà pourquoi je ri si souvent. Depuis ce jour je trouve que ma vie est devenue magique. Voilà pourquoi je combat à tes côtés. Je n'oublie pas la longue nuit de tous ceux qui n'ont pas pu. De ceux qui ont grandi avec comme seule perspective produire ou ne rien faire et surtout : N'être rien.
Nota : texte librement inspiré de la chanson "Day's of Pearly Spencer" http://fr.youtube.com/watch?v=MVBjgCFNr00
réactions : 40
lectures : 374
votes : 16
Voici les 40 dernières réactions à ce commentaire
Date
Titre (cliquez pour lire)
Rédacteur
toujours le même fil rouge : une profonde humanité !
Reste à écouter la chanson, humm !!
Reste à écouter la chanson, humm !!
15/03/08 à 13h32
et ... oui, camio "j'y sens une joie" !! intérieure, indescriptible ... celle du chemin accompli par "amour pour la vie" !!!
"Il volto della vita" !!! un bonheur de dire ! un bonheur d'échanger pour apporter à l'autre un réconfort ... dans son chemin vers la ... liberté ! vers son accomplissement par lui et pour lui ....
Alors .... bonne route ... *****
"Il volto della vita" !!! un bonheur de dire ! un bonheur d'échanger pour apporter à l'autre un réconfort ... dans son chemin vers la ... liberté ! vers son accomplissement par lui et pour lui ....
Alors .... bonne route ... *****
plus...
surtout avec les pierres précieuses ! 
T'es sûr qu'il y aurait pas une place un peu pénard entre le dieu de l'argent et le dieu des arnaqués !
Sinon, chouette pour avril !

T'es sûr qu'il y aurait pas une place un peu pénard entre le dieu de l'argent et le dieu des arnaqués !
Sinon, chouette pour avril !

si tu boutes la religion hors de ton histoire, alors, on verra un grand pont scintillant orné de pierres précieuses illuminer le ciel.
Sinon, pour avril, c'est ok pour moi !
Sinon, pour avril, c'est ok pour moi !
Ce texte ne montre qu'un aspect des choses : l'ennui. Mais les gens dont je parle sont beaux à mes yeux. C'est sans doute la raison qui fait que je ne vois pas bien pourquoi ça tord les tripes.
Les gens sont toujours plus riche que ce qu'ils donnent à voir à priori (ou que ce que nous sommes capable de voir). Enfin, je vois ça comme ça !
Les gens sont toujours plus riche que ce qu'ils donnent à voir à priori (ou que ce que nous sommes capable de voir). Enfin, je vois ça comme ça !
Merci Enoracath !
Il y a trois personnes qui me sont proche dans le personnage principal plus des centaines d'autres dans "la longue nuit" que je connais de près ou de loin. Certains sont même très près.
Les tiers absents peuvent se montrer puissant lorsqu'ils envahissent un texte. C'est du moins ce que semble indiquer ta réaction. Merci pour eux.
Il y a trois personnes qui me sont proche dans le personnage principal plus des centaines d'autres dans "la longue nuit" que je connais de près ou de loin. Certains sont même très près.
Les tiers absents peuvent se montrer puissant lorsqu'ils envahissent un texte. C'est du moins ce que semble indiquer ta réaction. Merci pour eux.
08/03/08 à 14h57
J'imagine du perso, du proche, du connu pour toi.... alors comme Pola ça remue les tripes.


Les réactions sont collectives, tu as très bien fait.
Merci aussi d'évoquer ton plaisir et puis, curieux pour curieux, j'aimerai bien savoir ce qui te titille dans cette nostalgie.
bien à toi !
Merci aussi d'évoquer ton plaisir et puis, curieux pour curieux, j'aimerai bien savoir ce qui te titille dans cette nostalgie.

bien à toi !
Bon je me mèle de ce qui ne me regarde pas ...
Non, pour moi, simple plaisir de lire ce texte, oui, inspiré, avec en fond cette ballade qui titille la nostalgie, quelque chose de l'ordre de l'émotion
Non, pour moi, simple plaisir de lire ce texte, oui, inspiré, avec en fond cette ballade qui titille la nostalgie, quelque chose de l'ordre de l'émotion
Content de vous voir par là ! 
Hein ça soulage Paradoxe d'envoyer promener le bon dieu !

Hein ça soulage Paradoxe d'envoyer promener le bon dieu !

et bien d'accord avec toi.....ras le bol des bondieuseries
bien à toi
Agrion : Enjoy it ! 
Eniii :
Arba : Décidément, je suis surpris par cet effet là ! Une promenade s'impose
Phoshorescente : J'aimerai bien que tu développes sur "christique". De mon point de vue, la référence chrétienne n'est pas nécessaire. Il se trouve que certaines expériences humaines sont de cette nature sans qu'il soit nécessaire de les attacher à une doctrine religieuse. Georg Simmel définit ainsi "l'homme marginal" comme étant celui qui a une rupture de parcours.
Mais pour dire plus sur ces rattachements aux religions, j'incline à penser que les institutions religieuses sont des usurparteurs de l'expérience humaine. Ainsi, celui qui à la foi, celui qui vit le sentiment d'une révélation intérieure, celui qui se sent guidé de l'intérieur ou par une force invisible n'a pas nécessairement besoin de Dieu pour ressentir ce qu'il éprouve. L'expérience se suffit à elle-même. L'institution religieuse se contente de désigner un PROPRIETAIRE de l'expérience vécue et enjoint les individus de se soumettre à son autorité. C'est réellement de l'usurpation comme le sont d'ailleurs les logiques de propriété privée ayant vocation à soumettre d'autres individus. C'est du "mélange des genres" si on veut à l'image de ce qui se produit avec Israel lorsque toute critique envers Israel devient une critique des croyant juifs. Ce genre d'amalgame est extrêmement fréquent. Des pièges à cons dirait Sartre.
Une conséquence facheuse de cette expropriation par le religieux est qu'elle conduit à opposer des choses qui ne devraient pas l'être. Il en va ainsi du désir des choses du monde et du sentiment de plénitude intérieure. Il me parait évident que ces choses ne s'opposent pas, mais se composent. Jouïr du monde n'exclu pas nécessairement de se réjouir en soi-même.
Voilî voilâ ! Je suis pas mécontent, voir carrément content d'avoir bottelé le bon dieu en dehors de mon histoire.
Merci de m'en avoir donné l'occasion.

Eniii :

Arba : Décidément, je suis surpris par cet effet là ! Une promenade s'impose

Phoshorescente : J'aimerai bien que tu développes sur "christique". De mon point de vue, la référence chrétienne n'est pas nécessaire. Il se trouve que certaines expériences humaines sont de cette nature sans qu'il soit nécessaire de les attacher à une doctrine religieuse. Georg Simmel définit ainsi "l'homme marginal" comme étant celui qui a une rupture de parcours.
Mais pour dire plus sur ces rattachements aux religions, j'incline à penser que les institutions religieuses sont des usurparteurs de l'expérience humaine. Ainsi, celui qui à la foi, celui qui vit le sentiment d'une révélation intérieure, celui qui se sent guidé de l'intérieur ou par une force invisible n'a pas nécessairement besoin de Dieu pour ressentir ce qu'il éprouve. L'expérience se suffit à elle-même. L'institution religieuse se contente de désigner un PROPRIETAIRE de l'expérience vécue et enjoint les individus de se soumettre à son autorité. C'est réellement de l'usurpation comme le sont d'ailleurs les logiques de propriété privée ayant vocation à soumettre d'autres individus. C'est du "mélange des genres" si on veut à l'image de ce qui se produit avec Israel lorsque toute critique envers Israel devient une critique des croyant juifs. Ce genre d'amalgame est extrêmement fréquent. Des pièges à cons dirait Sartre.
Une conséquence facheuse de cette expropriation par le religieux est qu'elle conduit à opposer des choses qui ne devraient pas l'être. Il en va ainsi du désir des choses du monde et du sentiment de plénitude intérieure. Il me parait évident que ces choses ne s'opposent pas, mais se composent. Jouïr du monde n'exclu pas nécessairement de se réjouir en soi-même.

Voilî voilâ ! Je suis pas mécontent, voir carrément content d'avoir bottelé le bon dieu en dehors de mon histoire.
Merci de m'en avoir donné l'occasion.

Je venais juste de me la télécharger, un vieux coup de nostalgie !
Allez, on la remet .
Allez, on la remet .
christique...
Trop tard pour faire des recherches !
Adoptes des voisins que se chauffent à bloc !
Good night
Adoptes des voisins que se chauffent à bloc !

Good night
nan, je dis ça car cela accompagnerait mon plat individuel surgelé acheté dans une grande enseigne ...
et en groenlandais, parce que j'ai un peu froid...(pourtant, mon micro-onde fonctionne à bloc)
et en groenlandais, parce que j'ai un peu froid...(pourtant, mon micro-onde fonctionne à bloc)
Des fois j'ai presque honte d'être curieux !
Merci !
Allez-zoup au lit itou !
Merci !

Allez-zoup au lit itou !
08/03/08 à 00h04
et bonne nuit 

Voilà Pola-x, C'est une chose d'écrire et une autre de lire.
Je suis simplement surpris que ce comm te touche comme-ça !
Mais bon, pas forcément facile à décrire dans une réaction
Je suis simplement surpris que ce comm te touche comme-ça !
Mais bon, pas forcément facile à décrire dans une réaction

? quel truc ?
Vas falloir qu'on cause.
Ca me rend curieux ton truc !
Ca me rend curieux ton truc !
Ah la foule en délire !
Bon, celui qui trouve ce comm érotique, Je veux bien savoir ou il voit ça !
Euh non, finalement, je veux pas savoir !
Bon, celui qui trouve ce comm érotique, Je veux bien savoir ou il voit ça !

Euh non, finalement, je veux pas savoir !

07/03/08 à 23h50
Tu dis si ça te châtouille les pieds ! 

je précise pour la foule en délire.
du coup je suis pas sûre d'avoir envie de dire si le texte est joli ou ceci ou cela....ça descend un peu plus bas que ça.
je l'aime trés bien 
bon je lis

bon je lis
Si tu as besoin de reveiller tes voisins :
voilà une version italienne :
http://fr.youtube.com/watch?v=wmu0btsaGa0
voilà une version italienne :
http://fr.youtube.com/watch?v=wmu0btsaGa0
Voila ! J'avais l'humeur à crever un chat, son chat (qui est aussi le mien !) , voire une vieille, mais la rue est déserte, et puis j'ai allumé mon nouvel ordi et j'ai écouté cette chanson, ai mis le son à fond pour les voisins (mais je n'ai pas de voisins !), ai lu ce com, et bien, j'ai plus envie de crever koiquecesoit, merci !
Merci encore ! Dans ma version, il y a trois personnes rassemblées en une seule 
Merci Roland. Simple et concis

Merci Roland. Simple et concis

j
07/03/08 à 22h41
la chanson est magnifique, je la soupçonne d'être quelque peu autobiographique , elle eut dans les années 60 (quand j'apprenais l'anglais au lycée..) un succès immense et européen...la version de Marc Almond est plus poignante que ...jolie, je suis très touchée que tu l'aies ressentie aussi profondément...
Belle balade !
Un grand merci à Lothlorien qui a attiré mon attention sur cette chanson.
Le lien : http://fr.youtube.com/watch?v=MVBjgCFNr00
Le lien : http://fr.youtube.com/watch?v=MVBjgCFNr00

Je réagis à ce commentaire en
Je réagis à ce commentaire en 









camio
publié le 7 mars 08