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catégorie : tranche de vie
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Je redoutais ce matin, de le revoir, là. J’ai tourné, traversé la rue, bifurqué à nouveau. Trois portes cochères, avec un renfoncement très prononcé. Une, deux, la troisième cachée plus longuement par le tronc d’un énorme platane. Vide, rien, aucune trace. Pourtant les larmes me sont montées aux yeux immédiatement.

Ce matin, tout comme hier, le givre recouvrait les toits, ma voiture a eu du mal à démarrer, j’ai dégivré le pare-brise avec de l’eau chaude, et j’ai pesté car le chauffage commence seulement à être efficace lorsque j’ai fait les 3⁄4 du parcours.

Ce matin, tout comme hier, j’ai garé ma voiture et j’ai marché 10 mn dans la ville, à pas vifs, les mains gantées dans les poches, l’écharpe remontée sur la bouche, les nerfs crispés par le froid, pressée d’arriver au bureau, de faire tourner le chauffage à fond et de préparer un café brûlant en attendant mes copines.

Il n’était pas là, j’ai pleuré quand même.

Hier, recroquevillé dans l’encoignure de la troisième porte cochère, recouvert de cartons, d’un amas de tissus, le visage tourné, collé vers le mur pour se protéger au mieux des morsures du froid, il était là. Mes jambes ont failli me lâcher. Dans la rue encore déserte, j’entendais mes talons résonner, le silence autour, lui immobile. Je n’ose même pas imaginer les morsures du froid sur son corps, l’engourdissement, la douleur, la perte des perceptions aussi.

J’ai bredouillé au téléphone, n’arrivais pas à indiquer l’adresse exacte. Le 115. Au bout du fil un homme m’a aidé à parler, rassurée (le monde à l’envers !), et m’a dit « on y va tout de suite, j’envoie une équipe ».

Ce matin, il n’était pas là. J’espère qu’il a trouvé un abri chaud pour les nuits à venir, qu’il n’est pas aller se réfugier dans une autre rue glacée.
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Voici les 32 dernières réactions à ce commentaire
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Rédacteur
... et ça ne fait qu'empirer !
... et bien sûr, tout tout d'accord... quand je pense que ce gars se "scandalisait" sur France Culture de ce qui profitent de ces logements, avec quel cynisme ces gens nous envoie leur mépris à la figure !!

Heureusement, Le canard enchainé, une fois encore...

 21/12/07 à 11h18
C'est tout à fait ça, occuper les esprits (et les écrans) par des faits divers pour ne pas voir la réalité !

bises à toi !
 21/12/07 à 06h24
mistic
n'ont plus de "chez- eux"...p...de société, côté "montagne", à l'opposé du côté "mer"...ça me rend amère...ne pas occulter, penser à tous ceux ....merci*****
 20/12/07 à 19h31
aux infos on nous parle de la love story de nico....un mort de froid hier à Nice, une femme de 45 ans......merci pour ce commbien à toi
 20/12/07 à 18h34
Idée pas mauvaise au départ mais bien entendu, totalement pervertie par nos chers politiques.
Le plafond pour une personne seule dans un F1 est de moins de 1200 €, ici en Dauphiné.
Ce qu'on considère comme la richesse opulente.
Et si on se décidait ENFIN à réquisitionner les très nombreux logements vides, au bout de quelques années : par exemple des héritiers pas foutus de se mettre d'accord, ça pourrait les secouer un peu...
La réhabilitation de ces logements coûterait infiniment moins cher que les hébergements d'urgence ( en hôtel bien souvent ! ), le coût du SAMU social, des centres d'accueil, etc.
Mais encore une fois, on est là devant une volonté politique, ou plus exactement une ABSENCE TOTALE de volonté politique.
Et non, je ne suis idéaliste, cela se fait dans d'autres pays.
 20/12/07 à 17h59
Arbaces
 20/12/07 à 17h57
"Mais selon le président de l'Union nationale de la propriété immobilière, Jean Perrin, 200.000 foyers «occupent indûment des logements dans le parc social alors que leurs ressources dépassent les plafonds». A Paris plus spécifiquement où «le scandale des HLM» a marqué l'ère Chirac, 224 logements gérés par des bailleurs sociaux sont attribués à des élus et des collaborateurs d'élus, selon un rapport de l'inspection de la Ville de Paris de 2006. Une commission centrale d'attribution pluraliste a toutefois été mise en place par Bertrand Delanoë pour gérer le contingent du maire de Paris à son arrivée au pouvoir.
D'autres personnalités du monde politique, comme Jean-Pierre Chevènement, habiteraient des HLM."

ça en ferait, des familles relogées...

http://www.20minutes.fr/article/202405/France-Le-scandale-Jean-Paul-Bolufer-q
ueue-de-comete-de-la-chiraquie.php

 20/12/07 à 17h42
Arbaces
Les "miens" ne sont plus dehors la nuit, heureusement.
Dans un monde aussi riche, n'y a-t-il vraiment pas moyen de les héberger 365 nuits par an ??
vraiment !


 20/12/07 à 17h10
je ne "découvre" pas la misère, je la voie autour de moi, y suis sensible depuis longtemps, pourtant je ne sais pourquoi là c'était plus insoutenable qu'une autre fois...
mais je les ai écrit dans mon coin, à mon rythme avec mes mots...
Le plus difficile a été de répondre aux premières réactions, de passer le cap, d'en discuter...
 20/12/07 à 17h03
Un jour je racontais mes petits probleme bidons existentiels, a une personne qui a vécut le pire: un ami irannien, il a vu sa petite soeur se faire égorger et ses 2 meilleurs amis pendus...Il est exilé depuis 5 ans, sa mere est handicapée, il n'a plus vu son pere depuis son départ et son petit frere est diabetique aigüe...Pourtant, quand je me suis excusée de lui prendre le choux avec mes miseres a 2 balles, il m'a répondu que non, que chaque histoire etait propre a chacun, et qu'il comprenait mes détresses...
C'est ça, la clé: se dissocier de ses problemes, meme si ils sont minables, et accepter d'entendre des temoignages de vie plus durs que les tiens, s'oublier soit meme et ressentir les douleurs de l'autre...Sans être psy ou specialiste de la question, si tu montre de l'intéret et du respect, tu fera déjà beaucoup de bien autour de toi...
Mais bon, il n'empeche que tu peux aussi tres bien (sa m'est arrivé d'ailleurs!) te faire envoyer chier parce que tu dérange!
Se sont les aléas, mais il suffit de s'en foutre, ne pas faire une démarche pour avoir en retour mais uniquement pour servir sa conscience.
extrême abandonnée dans les rues, c'est courageux déjà de l'exprimer...
tu vois, j'arrive à retrouver un sourire... merci pour tes mots réconfortants, ton expérience livrée ici... comprendre avant d'aider, c'est à méditer, oui...

Ecouter, c'est bien le plus dur lorsqu'un monde nous sépare, d'une cloison pourtant si mince, passer de l'autre côté est si vite arrivé... il m'arrive de donner quelques pieces, comme d'autres, de sourire mais cela doit ressembler davantage à une grimace, d'avoir envie de partir en courant, comme une voleuse tellement on manque de naturel... mais comment peut on être naturel devant la détresse ? à part la cotoyer comme tu l'as fait ?
Avant, je trainais avec des SDF, avant...
Pas que j'étais malheureuse, non, juste attirée par la detresse humaine, envie de donner, une oreille ou une chaleur, montrer de l'intéret a des gens transparents, oubliés, inaperçus...
Parmis les pauvres âmes qui squattaient le parvis de la gare, il était là, beurré comme 15 hommes, hurlants un jargon incomprehensible, la bouille rouge et maigre, la barbes graisseuse et les chaussures déchiquettées...Et puis un jour, IL s'est exprimé, pour de vrai, il avait un peu moins bu, et son discourt etait celui-ci: il avait une maison, un grande, parce que l'heritage et tout et tout...mais pas d'enfants, pas de femme, et puis, "l'argent plus on en a plus on lui court apres sans jamais être heureux"...Alors il avait choisi.
Et sa maison etait vide, lui, dans la rue, 50 ans.
Ils n'ont pas tous choisis, mais peut importe, il faut avant tout ecouter, comprendre, avant d'aider.
Mais tu as agis, tu n'est pas passé a côté du corps endormis sans le voir, c'est ton coeur qui a parlé, pas ton porte-monnaie ou autre, et c'est déjà enorme.
merci pour lui.

de Jean-Paul Bolufer et le combat des enfants de Don Quichotte !!!

un scandale parmi tant d'autres...


http://www.liberation.fr/actualite/societe/299293.FR.php

me trotte dans la tête depuis deux jours, et que j'en ai un peu perdu mon humour... faut pas m'en vouloir...
 20/12/07 à 15h36
il m'arrive de me dire que je pleure parfois trop facilement, qu'il faudrait arriver à maitriser un peu tout ça, ce flot d'émotions, parfois...
où alors le transformer en énergie, ne pas tarir la source mais l'orienter vers une réaction plus concrète, il m'arrive d'y arriver aussi, c'est plus difficile...
merci FA pour ce partage avec moi...
 20/12/07 à 15h31
je sais que j ai un gros défaut mais quand même!
... et ça pèse sur la conscience... faire juste le minimum citoyen...


merci pour ton mp
et je sais cela, et je comprends aussi,
refuser une aide,
quelle qu'elle soit.
Oui, je me suis posée la question avant d'appeler.
Mais là je n'ai pas hésité longtemps.
Là, c'était vital.

Tu as raison sur la détresse aussi forte en été qu'en hiver. La faim, la rue, la maladie... ne s'arrêtent pas au début du printemps, je lirai Deroo, je connaissais son livre de nom seulement. Merci.

c'est un choc insupportable, oh oui.
 20/12/07 à 13h30
les larmes aux yeux en te lisant. C'est con, les larmes. Mais on serait encore plus cons si on pleurait pas.
 20/12/07 à 13h26
ton com' et ton action sont citoyens nin'. faute de mieux, soyons ces gouttes d'eau dans la mer et amplifions ces paroles...
 20/12/07 à 13h08
le bénévolat n'est pas à teinter de militantisme idéologique.
de sdf.

et
Il meurt autant de S.D.F. en été qu'en hiver, mais il ne faut pas gâcher les vacances des futurs bronzés.
Lire le livre de Jacques Deroo, " Salauds de pauvres", pour comprendre que certains d'entre eux ne veulent pas entendre parler de secours, quels qu'ils soient.
Relativiser " les fêtes passés en solitaire", là encore il existe des personnes pour qui c'est un choix.
Ce qui n'enlève rien aux combats à mener avec les associations d'accueil.
et de ces fêtes..Opulence et détresse.