Le public de Jarmusch, c'est certain, compte peu de caféinomanes... Le reproche qui, à ma connaissance, lui est le plus souvent adressé, même par des personnes se définissant comme cinéphiles, est celui de la lenteur presque hypnotique de ses films... Si, bien qu'inconditionnel du cinéaste, j'ai moi aussi été quelquefois refroidi par la léthargie de certains d'entre eux, notamment Stranger than paradise, ce Dead Man mériterait, précisément, que l'on consacre un livre entier à sa maîtrise du rythme.
Un peu comme un concert de Keith Jarrett, ou comme un bon morceau de Minilogue, la progression y est inversée: le fil des actions se déroule de plus en plus lentement, les péripéties en chaîne du début du film laissant rapidement place à une virée contemplative puis à une extinction progressive des intrigues. Quoi de plus normal lorsqu'il s'agit d'accompagner le spectateur vers la mort... Reste que savoir le rendre avec autant de poésie et de profondeur ne peut être que l'oeuvre d'un grand cinéaste.
Jarmusch nous sert invariablement (bon d'accord, souvent...) le même road-movie, mettant en scène de sympathiques et atypiques exclus, sur fond de poésie humaniste et de fable introspective. Mais à chaque nouveau film, et c'est là le génie du bonhomme, l'immersion est telle que l'on pense redécouvrir ce modèle répété à l'identique, bien aidé il faut le dire par une interprétation toujours parfaite (que ce soient Farmer et Depp ici, ou Benigni, Murray, Whitaker... sans oublier les seconds rôles souvent mémorables).
Mais Dead Man, selon moi, reste clairement à part, tout road-movie humaniste qu'il est... Les riffs lancinants de Neil Young, déclinant le même thème sous tous les caractères, les contrastes stupéfiants sur les paysages de l'Ouest américain en noir et blanc, la philosophie et la poésie de Nobody, celle du cheminement spirituel auquel il invite William Blake... Ce film, en plus de la poésie inhérente à tout Jarmusch qui se respecte, renferme quelque chose de purement mystique, d'à cheval entre deux mondes. Et c'est précisément cette impression qui est approfondie, presque matérialisée, par ce rythme qui semble lui aussi mourir au fil des minutes.
Mais j'en ai sans doute beaucoup trop dit, car il y a une dernière chose, une chose certaine: c'est un film qui ne peut s'aborder que par un seul et unique biais, celui de la contemplation. Un film à voir dans les moments cyniques, pour retrouver un peu d'âme...
Un peu comme un concert de Keith Jarrett, ou comme un bon morceau de Minilogue, la progression y est inversée: le fil des actions se déroule de plus en plus lentement, les péripéties en chaîne du début du film laissant rapidement place à une virée contemplative puis à une extinction progressive des intrigues. Quoi de plus normal lorsqu'il s'agit d'accompagner le spectateur vers la mort... Reste que savoir le rendre avec autant de poésie et de profondeur ne peut être que l'oeuvre d'un grand cinéaste.
Jarmusch nous sert invariablement (bon d'accord, souvent...) le même road-movie, mettant en scène de sympathiques et atypiques exclus, sur fond de poésie humaniste et de fable introspective. Mais à chaque nouveau film, et c'est là le génie du bonhomme, l'immersion est telle que l'on pense redécouvrir ce modèle répété à l'identique, bien aidé il faut le dire par une interprétation toujours parfaite (que ce soient Farmer et Depp ici, ou Benigni, Murray, Whitaker... sans oublier les seconds rôles souvent mémorables).
Mais Dead Man, selon moi, reste clairement à part, tout road-movie humaniste qu'il est... Les riffs lancinants de Neil Young, déclinant le même thème sous tous les caractères, les contrastes stupéfiants sur les paysages de l'Ouest américain en noir et blanc, la philosophie et la poésie de Nobody, celle du cheminement spirituel auquel il invite William Blake... Ce film, en plus de la poésie inhérente à tout Jarmusch qui se respecte, renferme quelque chose de purement mystique, d'à cheval entre deux mondes. Et c'est précisément cette impression qui est approfondie, presque matérialisée, par ce rythme qui semble lui aussi mourir au fil des minutes.
Mais j'en ai sans doute beaucoup trop dit, car il y a une dernière chose, une chose certaine: c'est un film qui ne peut s'aborder que par un seul et unique biais, celui de la contemplation. Un film à voir dans les moments cyniques, pour retrouver un peu d'âme...
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pourtant avec un de mes acteurs préférés car il sait transmettre sans parler
je le verrai ce film car le commentaire en donne vraiment envie
je le verrai ce film car le commentaire en donne vraiment envie
En effet, ça fait partie de ces films magiques, qui peuvent convertir une humeur, de cynique à mystique.
Trop de choses à dire sur ce film, tellement il m'a plu et je le trouve riche en thème de réflexion, en poésie en beauté...
Merci de ton commentaire qui m'a un peu éclairé sur l'attrait (voir l'envoutement tellement j'y suis aspiré par moment, je l'ai déjà vu plusieurs fois) de ce film pour moi.
Merci de ton commentaire qui m'a un peu éclairé sur l'attrait (voir l'envoutement tellement j'y suis aspiré par moment, je l'ai déjà vu plusieurs fois) de ce film pour moi.
26/02/08 à 23h34
Neil Young et de certaines images qui s'étendent vers la fin jusqu'aux élargissements de la mer et des cieux...comme si la mort en arrivant lentement ouvrait vers des horizons illimités où nous nous coulerons tous...je l'ai revu plusieurs fois toujours envoûtée...la grandeur et gravité du sujet étant souvent adoucies par l'humour récurrent ...contemplation, certainement et mystique aussi...

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publié le 26 février 08