Dans un A340, il y a tout plein de passagers. Près de trois cents.
Sur une seule rangée, il y a, de gauche à droite, un hublot, deux sièges, un couloir de gauche, quatre sièges, un couloir de droite, deux sièges et un hublot. Pour les quatre passagers de gauche, une jolie hôtesse que nous nommerons Cléopâtre pour son nez inénarrable (en fait, joliment pointu) et sa coupe au carré (cercle aux coins aigus), et pour les quatre de droite, une jeune gourde.
Embarquement immédiat.
Malgré le surbooking, deux places demeurent stoïquement inoccupées du côté d’un hublot droit.
Jalousie donc des passagers centraux. Surtout, les centraux du milieu, immanquablement prisonniers des fauteuils bleus.
Trois comptages sont réalisés.
Au bout de trois quarts d’heure :
« Nous sommes désolés de notre retard. En raison de l’absence de deux passagers qui ont été enregistrés ce matin, nous sommes en train de rechercher leurs bagages dans la soute pour les retirer du vol. »
J’imagine le travail. Un à un, les mille et uns sacs pris puis remis. Nan, pas celui-là. Et celui-ci ? Nan plus. Pfff… Travail de forçat pendant que les passagers s’impatientent.
Bêtise humaine ?
Un gars se pointe à l’aéroport et se fait enregistrer pour prendre son vol, laisse ses bagages et ne rapplique pas à l’embarquement. Négligence ? Distraction ? Montre arrêtée ?
Sait-il au moins que les bagages des non-passagers sont indubitablement enlevés de l’appareil avant son décollage ? Histoire de sécurité ?
– Excusez-moi Mademoiselle, pourrions-nous changer nos places et aller sur cette banquette vide ?
– Je ne sais pas si ces places sont libres, Monsieur, je vous dirai tout à l’heure.
Les réacteurs se mettent à pétarader.
Escaliers désarmés.
Ok.
Portes fermées.
Ok.
L’appareil bouge. Il roule vers sa piste d’envol.
Un speech en off explique dans l’indifférence totale pourquoi il est utile d’avoir un gilet de sauvetage en cas d’incident dans les airs. Et comment le gonfler.
Speech en direct live et pas enregistré, j’en ai la preuve.
Cléopâtre s’agite avec sa ceinture de sécurité. Elle est concentrée. Plus tard, elle sera mime. C’est sa minute de gloire. Personne ne la regarde. Sauf moi, bien sûr. Son nez, il est trop joli.
L’appareil s’arrête et commence à vrombir.
Une jeune demoiselle à la corpulence non négligeable se lève. Je l’appellerai, disons, Big Baby. Avec elle, non pas un enfant, mais un gigantesque ours en peluche.
Sans rien demander, elle envahit les deux places vides. Et dresse la peluche géante du côté du hublot. Quelle …asse !
Raté pour cette fois ! Bonjour la gourde ! Jamais je n’aurais dû lui demander. Demander une autorisation, c’est encourager la possibilité d’une interdiction. Ne jamais demander, agir. Cela marche tant à tant de monde. Grrrr…
Les stewards passent dans les couloirs en regardant le bas-ventre des passagers. Rien de lubrique. Les ceintures doivent être bouclées. Et visibles.
Prêt pour le décollage.
Vrrrrrrrrrrrrr…
Flopflop…
Toujours un miracle, miracle de la technologie… au principe pourtant bourrin et basique. Mais qui fonctionne toujours à merveille.
Impossible de voir Paris de haut.
Au même moment, Big Baby ronfle affalée sur la peluche. Elle s’en moque des beaux paysages. Elle ronfle. …asse !
Franchement, la tentation délatoire me fait gigoter les orteils. La peluche a-t-elle payé son billet, oui ou non ?
Onze heures après, l’ours a bien dormi. Le voici dans un nouveau monde.
(30 juin 2008)
Sur une seule rangée, il y a, de gauche à droite, un hublot, deux sièges, un couloir de gauche, quatre sièges, un couloir de droite, deux sièges et un hublot. Pour les quatre passagers de gauche, une jolie hôtesse que nous nommerons Cléopâtre pour son nez inénarrable (en fait, joliment pointu) et sa coupe au carré (cercle aux coins aigus), et pour les quatre de droite, une jeune gourde.
Embarquement immédiat.
Malgré le surbooking, deux places demeurent stoïquement inoccupées du côté d’un hublot droit.
Jalousie donc des passagers centraux. Surtout, les centraux du milieu, immanquablement prisonniers des fauteuils bleus.
Trois comptages sont réalisés.
Au bout de trois quarts d’heure :
« Nous sommes désolés de notre retard. En raison de l’absence de deux passagers qui ont été enregistrés ce matin, nous sommes en train de rechercher leurs bagages dans la soute pour les retirer du vol. »
J’imagine le travail. Un à un, les mille et uns sacs pris puis remis. Nan, pas celui-là. Et celui-ci ? Nan plus. Pfff… Travail de forçat pendant que les passagers s’impatientent.
Bêtise humaine ?
Un gars se pointe à l’aéroport et se fait enregistrer pour prendre son vol, laisse ses bagages et ne rapplique pas à l’embarquement. Négligence ? Distraction ? Montre arrêtée ?
Sait-il au moins que les bagages des non-passagers sont indubitablement enlevés de l’appareil avant son décollage ? Histoire de sécurité ?
– Excusez-moi Mademoiselle, pourrions-nous changer nos places et aller sur cette banquette vide ?
– Je ne sais pas si ces places sont libres, Monsieur, je vous dirai tout à l’heure.
Les réacteurs se mettent à pétarader.
Escaliers désarmés.
Ok.
Portes fermées.
Ok.
L’appareil bouge. Il roule vers sa piste d’envol.
Un speech en off explique dans l’indifférence totale pourquoi il est utile d’avoir un gilet de sauvetage en cas d’incident dans les airs. Et comment le gonfler.
Speech en direct live et pas enregistré, j’en ai la preuve.
Cléopâtre s’agite avec sa ceinture de sécurité. Elle est concentrée. Plus tard, elle sera mime. C’est sa minute de gloire. Personne ne la regarde. Sauf moi, bien sûr. Son nez, il est trop joli.
L’appareil s’arrête et commence à vrombir.
Une jeune demoiselle à la corpulence non négligeable se lève. Je l’appellerai, disons, Big Baby. Avec elle, non pas un enfant, mais un gigantesque ours en peluche.
Sans rien demander, elle envahit les deux places vides. Et dresse la peluche géante du côté du hublot. Quelle …asse !
Raté pour cette fois ! Bonjour la gourde ! Jamais je n’aurais dû lui demander. Demander une autorisation, c’est encourager la possibilité d’une interdiction. Ne jamais demander, agir. Cela marche tant à tant de monde. Grrrr…
Les stewards passent dans les couloirs en regardant le bas-ventre des passagers. Rien de lubrique. Les ceintures doivent être bouclées. Et visibles.
Prêt pour le décollage.
Vrrrrrrrrrrrrr…
Flopflop…
Toujours un miracle, miracle de la technologie… au principe pourtant bourrin et basique. Mais qui fonctionne toujours à merveille.
Impossible de voir Paris de haut.
Au même moment, Big Baby ronfle affalée sur la peluche. Elle s’en moque des beaux paysages. Elle ronfle. …asse !
Franchement, la tentation délatoire me fait gigoter les orteils. La peluche a-t-elle payé son billet, oui ou non ?
Onze heures après, l’ours a bien dormi. Le voici dans un nouveau monde.
(30 juin 2008)
réactions : 13
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Voici les 13 dernières réactions à ce commentaire
Date
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Rédacteur
1) je ne critiquais pas le texte de miaouman
2) je ne me place - hélas - pas au dessus du panier

3) assez parlé de moi !
mais lorsque l'on lance les "y'a des cons sur terre"... on se dit que celui ou celle qui le dit se met souverainement hors circuit : il n'en fait pas partie ! et je trouve du coup que c'est toujours un brin culotté ... nous savons que l'on est toujours le con de quelqu'un 

je ne risque rien à affirmer qu'il y a des cons sur terre, si ?

Ca s'appelle une tautologie
ce doit être reposant de détenir la vérité et savoir dire courageusement aux uns et aux autres ce qui beugue dans leurs écrits ou leurs réac....
Remarque tu peux te le permettre, c'est vrai que la qualité de ce que tu produis allié à la grande culture qui sous-tend tes réflexions te donnent tous les droits
.. et ça pèse TRES lourd ! 
Remarque tu peux te le permettre, c'est vrai que la qualité de ce que tu produis allié à la grande culture qui sous-tend tes réflexions te donnent tous les droits
.. et ça pèse TRES lourd ! 
cette impression de devenir un troupeau de ruminants parqués, menés ("guidés" serait beaucoup trop fort) et je déteste, de toute façon, toutes les salles d'attente...
ça peut peser TRÈS lourd !

01/07/08 à 11h50
quid des personnes en surpoids de conner:e ?

j'aurais été celle qui, dès le décollage de l'avion aurait sauté sur les places vacantes... 11 heures d'avion au milieu d'une rangée ! je meurs ! C'est pourquoi je suis l'angoissée qui arrive toujours très en avance pour les longs courriers pour assurer ma place sur rangée du côté, couloir.. ou mieux, devant les portes pour allonger les guibolles.
Et fi des couples arrivés en retard... qui se retrouvent "odieusement" séparés et te demandent si tu veux bien changer pour qu'ils se tiennent la mimine...fallait y penser plus tôt. Ah mais !
Et fi des couples arrivés en retard... qui se retrouvent "odieusement" séparés et te demandent si tu veux bien changer pour qu'ils se tiennent la mimine...fallait y penser plus tôt. Ah mais !
c'est pas donné à tout le monde. *****
merci d'être passé, vous m'avez fait rire ! Ainsi l'ours vous a bien énervé ! Trés belle description de vos reflexions ... j'aimerai tant avoir une rose rouge ...
où il y a de la gène, il n'y a pas de plaisir...


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Jules Félix
publié le 1er juillet 08