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Champion, vraiment
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catégorie : chronique
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Avec sa tronche de nerd (ces gens monomaniaques qui préfèrent savourer leurs passions de façon solitaire, à la maison), ce qu’il est vraiment aux dires des gazettes, Devonte Hynes, vingt-deux ans, signe un album formidable. Pourtant, rien n’était gagné d’avance : il sort en effet du groupe test-Icicles, sorte de combo franchement insipide porté par la hype qui a duré ce que durent les roses. On a vu Test-Icicles à la Route du Rock, et au sortir d’un concert pas mémorable, on apprenait qu’on venait d’assister à leur dernier concert. "Quoi, alors c’était un concert historique... au moins à ce titre là ?" se disait-on, imaginant une bagarre entre eux en coulisses, puis le mot de trop qui fait tout basculer. Mais non, apprenait-on : le slip était prévu, annoncé, et c’en était fini du rock couillu. Loin de remballer le matos, Devonte s’est attelé à un premier album truffé de jolies mélodies, et a rangé les hormones au placard pour mieux utiliser son cerveau. Telle la tortue qui gagne sur le lièvre, Lightspeed Champion s’adonne aux joies d’un folk qui -pour une fois- est loin d’être lent et maussade... Entre country dansante ("Let Bitches Die") et chansons pop dignes comme rarement la pop en croise sur son chemin, notre Américain perruqué et affublé d’une tenue qu’on ne souhaite pas à notre pire ennemi signe une musique aussi élégante que son look est inélégant. Et s’il est question de vitesse de la lumière ici, ce n’est pas dans l’interprétation des chansons, toujours empreintes de retenues, mais plutôt dans l’habile synthèse de l’histoire de la musique pop (y compris la pop à cordes des Beatles sur "No Surprise (For Wendela)/Midnight Surprise") que fait Hynes. Et ce faisant, il nous envoûte. Le groupe français Phoenix peut ranger ses instruments : il vient de se faire enfoncer à jamais...

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avec ce qu'il faisait dans son groupe, merçi d'en parler