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Qui sommes nous ? réponse à bashung
 Qui sommes nous ? réponse à bashung
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catégorie : politique / social
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Artiste: Alain Bashung Chanson: Sommes-nous

J'ai tambouriné tambouriné
Au seuil de sa bonté
Un judas m'a lorgné
Et j’ai pris l'hiver en grippe

Seul m'ont laissé
Les jouets par milliers
Seul m’ont laissé
Tes avances

Sommes-nous la sécheresse
Sommes-nous la vaillance
Ou le dernier coquelicot

Nous sommes LE dernier coquelicot, mais nous avons répandu nos graines dans le vent de l’espoir et maintenant dans chaque interstice de murs, dans chaque terre aride où subsiste une goutte de rosée, dans chaque pente, dans chaque recoin, nous sommes présents. Surtout pas vus, surtout pas pris, transparents, pas de reconnaissance, nous puisons notre force dans nos rêves de gosses, dans les jouets de notre enfance, seuls ceux là nous ont laissé comme nous sommes.

J’ai décimé décimé
Des armées de répondeurs
Occupés à se dire
Mes naufrages au saut du lit

Seul m'ont laissé
Nos héros préférés
Seul m'ont laissé
Nos absences

Sommes nous des gonzesses
Sommes-nous de connivence
Ou le dernier coquelicot

Nous ne sommes pas des gonzesses, nous sommes des mâles, mais pas comme elles voudraient que nous soyons pour mieux nous ridiculiser, nous sommes des mecs, des hommes, des lardus, des grossiers bâtisseurs de la suite, nos idées ont des cals pour mieux accrocher la vie, comme ils aident les maçons à agripper la pierre. Nous sommes la vérité de notre sexe avec cette sensibilité si forte qui nous permet de créer des oeuvres magistrales, des musiques, les livres, les tableaux , des ponts, des ports, des statues formidables, des flèches invincibles, des langages parfaits qui construisent une idée du monde.

Terre promise
Redis-moi ton nom
Dis-moi en face
Que tout s'efface

Ma terre promise, je ne sais pas te dire, te définir, mais j’attends de toi l’oubli de ceux qui ont essayé de me faire oublier qui j’étais. Je t’affronte en face, le reste je l’efface. Je te veux, je te bâtirai, je te formerai avec mes désirs, mes envies, mes pulsions, mes intuitions.

Sommes-nous la noblesse
Sommes nous les eaux troubles
Sommes-nous le souvenir

Nous sommes le souvenir d’un temps passé à vouloir influer sur le monde, nous étions tendus vers ce but pour porter le monde vers un avenir qui aurait du sens, pendant que les autres voulaient simplement vivre pour simplement être vivants. Sommes nous la noblesse ou les eaux troubles. Et bien simplement les eaux troubles puisque appelant au sursaut que la nature divine de l’homme nous suggère.

J’ai commandé décommandé
De mes yeux la prunelle
Balancé les jumelles
Pour ne garder que le flou

Nous savons voir ce qui n’est pas ; ce qui paraît une évidence , nous le récusons, parce que nous voyons à travers l’évidence, nous savons que ce qu’on nous montre n’est pas puisque ce n’est pas nous.

Seul m'ont laissé
Les passions immortelles
Seul m'ont laissé
Nos offenses

L’immortalité est ce qui nous guide, nous en assurons la transition avec ceux qui dans le passé ont porté nos valeurs dans une chaîne sans fin. Les offenses qui nous été faites nous ont permis d’exister et de ressourcer notre résistance.

Sommes-nous la sécheresse
Sommes-nous la romance

Sommes-nous la sécheresse
Sommes-nous la noblesse

Sommes-nous les eaux troubles
Sommes-nous le souvenir

Sommes-nous
Sommes nous ...

Nous sommes parce que sommes : nous.

réactions : 7
lectures : 118
votes : 3
Voici les 7 dernières réactions à ce commentaire
 Date
Titre (cliquez pour lire)
Rédacteur
 09/01/08 à 18h34
camilleclaudel
découvre encore... ou je me demande quel est le sens ! Je pense que tu as raison pour les passions immortelles. Il évoque la déception d'un amour passion, comme tu le dis et se pose la question de savoir comment vivre avec ce qui n'est plus ou plutôt - enfin c'est comme cela que je le ressens - comment ces deux personnes qui se sont aimées pensent maintenant à ce "nous" qu'elles formaient : avec "la noblesse", "le souvenir" ou bien avec "la sécheresse", "les eaux troubles" ?
 09/01/08 à 00h18
homotopie
J'ai relu le passage que tu suggères, content que tu m'emmenes quelque part pour me montrer un endroit qui t'a attiré,

Seul m'ont laissé les passions immortelles, se lisent aussi les passions immortelles m'ont laissé seul...

Pour continuer le jeu de Marquise, vos yeux d'amour etc... on pourrait aussi lire

Seul(es) les passions immortelles m'ont laissé, mais laissé quoi comment ?

Le reste du texte suggère quand même que la déception d'un amour passion nous renvoit à ce que nous sommes... et qu'il est probable que cela supportable à condition de se dire qu'on n'est pas seul dans ce cas. D'ou le nous collectif même s'il n'évacue pas ce "nous" à deux dont il se pose la question de savoir de quelle vraie nature il était (sommes nouuuuuss la sécheresse , les eaux troubles ?) Le fait même de se poser la question préjuge qu'avant ce nous était autre chose et qu'il existait. C'est juste sa nature qui est remise en cause par la rupture...
 08/01/08 à 20h20
camilleclaudel
cette idée d'entrecroiser deux textes, deux sensibilités. Je ne suis pas sûre d'avoir compris tout le texte de Bashung et, en particulier, ce qu'il dit des passions immortelles : j'ai l'impression qu'il les associe à la vanité, ou à la trahison... je suis plus proche de ce que tu en dis à travers l'image de la chaîne. Et puis j'ai tendance à "lire" sommes-nous par"puissions-nous être" ... là encore - peut-être - une projection de ma part ...
 08/01/08 à 17h25
homotopie
J'avais bien noté que tu t'étais laissée porter par le désir du nous fusionnel, mais c'est justement toute la beauté du texte de bashung qui à la première lecture peut laisser croire cela, à cause de la substitution d'un nous par l'autre. Je suis tombé dans ce piège au départ, et ce n'est qu'après bien des écoutes que j'ai commencé à analyser le texte et à comprendre que le nous de substitution était autre. Et c'est pour cela que j'ai écrit un autre "nous" entre les strophes. Un nous de rage aussi mais un nous de vie.
 07/01/08 à 22h02
camilleclaudel
Oui quand je parlais de tous les sens du nous, je voyais comme des branches d'étoile, à partir d'un centre, donc avec cette dimension fusionnelle que tu évoques. J'ai bien voulu voir plus le "nous" que la faillite du "nous" que décrit en fait Bashung. Il en suggère les raisons - de ce que j'ai compris - : l'incompréhension, cette absence l'un à l'autre, le fait de ne pas voir l'autre tel qu'il est.
L'entrelacs de tes réponses à Bashung est comme une voix off conjurant l'amertume, la "sécheresse" de son texte. Je l'avais lu trop vite ce matin et j'en ai découvert, grâce à tes remarques, toute la subtilité...
 07/01/08 à 21h10
homotopie
Ce nous que tu soulignes, c'est un appel à un nous....

Mais comme on se couvre sous la couverture quand il fait froid, pour ne pas se sentir isolé dans une démarche ou une incompréhension.

Bashung remplace un nous dévastateur par un autre nous protecteur.

L'ambiguité du texte qui change de nous en cours de route, vise à instaurer un trouble.

D'ou le sens de ce nous que tu soulignes, logitudinal, transversal, vertical, horizontal, qui n'exclut pas le "nous" fusionnel, centré, mais qui le relativise , le positionne, le renvoit dans son champ pour n'avoir pas su imposer sa loi.
 07/01/08 à 10h46
camilleclaudel
un mot magique à sens multiples : un maillon dans une chaîne, un moment dans l'histoire, donc la réminiscence de ce qui a été - la fidélité - et puis ça peut être également une potentialité, à construire, avec tous ces rêves, et là c'est magnifique bien sûr... Sens longitudinal, transversal, vertical, horizontal...ça part dans tous les sens pour dire qui nous sommes.
J'adore.