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Cynisme et double-bind
 Cynisme et double-bind
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catégorie : politique / social
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Que l'on soit de droite ou de gauche, fier du "patron" (pourquoi ne pas lui donner un surnom comme le « cavaglieri », le « furher », le « caudilho » et j’en passe, si j’emploie les termes « président de la république », je suis immédiatement saisi par un sentiment d’incrédulité face au ridicule de la situation, puis de honte pour mon pays) - que l'on soit donc, fier du personnage, ou révolté par la démagogie fascisante qu'il utilise pour attiser les instincts les plus bas et flatter les racistes, il me semble que nous pouvons malheureusement tous être d'accord sur un point : ce type est d’une intelligence cynique remarquable.

Parmi ces qualités cyniques il en est une que je n’ai jamais vue commentée ni même mentionnée. Il me semble pourtant que c’est celle dans laquelle il excelle peut être plus qu’en toute autre : sa maîtrise de l’art du double bind.

Le double bind est un procédé qui consiste à imposer une contrainte contradictoire. Par exemple, une injonction comme « désobéis-moi ». Elle met l’interlocuteur dans une position intenable. La personne à qui l’injonction s’adresse ne peut pas agir, elle est prise au piège. La seule solution serait de ne pas avoir été là, de ne pas avoir entendu.

Sarko est le génie du piège politique en forme de double-bind.

Premier exemple : Le débauchage à gauche – certes accepté par les intéressés – place des personnalités de gauche dans un gouvernement de droite. Les piégés, ce ne sont pas eux, bien sûr, mais les autres, qui soit approuvent – et considèrent qu’il est possible de collaborer avec le gouvernement – soit désapprouvent et reconnaissent avoir bossé pendant des années avec des gens aux idéaux bien flétris pour ne pas dire avec des faux-culs.

Deuxième exemple : la fameuse lettre à Guy Moquet. Ce coup ci, ce sont les enseignants (présumés majoritairement de gauche) qui sont victimes du doube bind. Soit ils lisent la lettre du jeune communiste et approuvent le grotesque de cette récupération cynique, soit ils refusent de lire un texte auquel il ne peuvent cependant que reconnaître la grandeur symbolique.
Désigner la situation d’aujourd’hui comme polémique, comme le font les médias, me semble impropre. Parce que cette polémique n’est pas du domaine de la pensée, elle est la manifestation panique dasn laquelle tout double bind plonge le sujet qu’elle vise. Le double bind, ça ne fait pas réfléchir, ça rend fou.
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Et voir la gueule de fabius à la télé me file la gerbe !
pure de Kant, où l'on peut démontrer une chose et son contraire, le double lien consiste à te montrer qu'il faut que tu fasses cela et simultanbément, on te démontre que le faire est dangereux, répréhensible, illicite ou bien encore impossible ...
J'en ai connus qui étaient très forts à ce petit jeu "stérile" ... J'attends de voir quand il va finir par se prendre les pieds dans le tapis (volant sur le succès).
 23/10/07 à 14h14
Un commentaire savoureux. Mais le double bind relatif à la lettre de GM n'était pas insurmontable.

Enseignant, je n'ai malheuseusement pas eu l'occasion de faire lire à une classe la lettre de GM. Malheureusement, car j'y voyais l'occasion d'étudier un cas particulièrement intéressant de double énonciation : GM s'adressant à ses parents d'une part ; et Sarkozy s'adressant au Jeune d'autre part, dans un message célébrant les valeurs du patriotisme, du volontarisme, du respect des anciens, du sacrifice (et, je le crois, du respect de règles de grammaire et d'orthographe). Avec cette particularité que le lecteur, sidéré par le contenu héroïque et pathétique de la lettre, était conduit à ignorer le dispositif énonciatif qui supportait sa diffusion.

Cette lecture me donnait donc l'occasion de faire comprendre que le sens d'un texte est toujours indexé sur son énonciation. Evidence à laquelle le Jeune est sensible en présence d'un énoncé proféré oralement (qu'on se souvienne des très saines réactions suscitées par le mot "racaille" dans la bouche du candidat Sarkozy), mais qu'il a tendance à oublier devant un texte écrit (c'est pourquoi il lui arrive de gober sans discernement tout ce qu'il peut lire sur internet).

Bref, je regrette de n'avoir pas eu la possibilité d'effectuer un travail si fructueux.

(Et peut-être aurais-je fait suivre cette lecture par celle du discours de notre aimé président à Dakar, dont les ambiguïtés auraient permis une réflexion tout aussi intéressante, cette fois sur la question du présupposé...)
Il ne me semble pas que Chirac et Sarko soient comparables. Deux différences essentielles (mais il y en a mille autres):
a - Chirac, malgré ses bourdes et ses ratages constants, aspirait à une certaine hauteur, n'était pas insensible à une certaine forme d'élégance dont Mitterand avait tracé la voie (et est tout à fait criticable dans sa dimension monarchiste). Sarko est un pragmatique qui n'a qu'une vision gestionnaire du monde, il n'a aucun sens du symbolique, c'est un patron néolibéral.
b- Chirac s'est installé dans le pouvoir. Sarko poursuit la conquête du pouvoir à l'intérieur même de l'exercice du pouvoir (cf la manière dont il conçoit le rôle de ses ministres).
Attention à ne pas céder trop facilement au "c'est pareil", "tous les mêmes". Bon, je reconnais que Sarko et Le Pen, c'est parfois "presque" pareil.
 23/10/07 à 11h57
PaulTergeist
 23/10/07 à 11h57
PaulTergeist
très fort !
mais je la trouve trés juste, ainsi que la description.
 23/10/07 à 09h05
ce sont les ouailles et les anti-ouailles qui s'y perdent
au jeu de la décrépite et fausse démocratie .
 23/10/07 à 08h57
Et Chirac alors? Personne en parle...Et pourtant, il avait tout compris, le vieux gaillard: pour gouverner le peuple français, il suffit de rester immobile, de ne toucher à rien...
 23/10/07 à 08h52
ellamoll
et tu penses que la dernière election de chirac c'était quoi ?
 23/10/07 à 08h46
calculateur!
 23/10/07 à 08h06
Arbaces
en tout cas le roi du cynisme, de la démagogie et du brouillage des cartes, oui.
Grâce à ces perturbations le bon peuple est paumé et ne voit pas à quelle sauce il est mangé : une bonne vieille sauce ultra- libérale !
Il sera jugé sur ses actes, mais ce sera trop tard, les lois seront passées, et il est plus que rare de revenir sur une loi.
Vae victis...