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Un peu vexé de ne pas trouver l'auteur recherché dans les listes de pointscommuns, me voilà à fureter sur Wikipedia pour voir s'il en est dit quelque chose.

Me voilà donc à Ecrire un commentaire sur un Livre d'Axel Honneth qui s'appelle "La Réification – Petit Traité de théorie critique" Editions Gallimard (2007)

Cet auteur se place dans la lignée de Habermas et de Adorno issus de l'école de Francfort.

L'idée de son livre est très simple. Il pose que la reconnaissance précède la connaissance.

Ainsi, ce que nous savons est étroitement lié aux manières dont nous aurions pu être reconnu par des être plus ou moins chers, que ce soit de façon positive ou négative.

Lorsque j'ai lu se livre, j'ai mal dormi pendant trois jours. Cette idée que la reconnaissance précèderait la connaissance provoquait chez moi une sorte de réaménagement de ce que je comprenais. Et puis, j'essayais d'appliquer de point de vue à quelques situations.

Voilà un exemple qui me parait probant. Il porte sur la fête des conscrits, sujet qui m'intéresse en se moment. La fête des conscrits est une fête de jeunesse très alcoolisée qui se déroulait historiquement avant de partir au service militaire. Voilà comment une personne décrit ce quelle attendait d'une fête de conscrit :

"Bill : ... Et oui voilà, y'avait le collège, parce que nous quand on était au collège, pendant les quatre années de collège, y'avait les conscrits, c'était magnifique, on était content. On avait pas cours pendant la dernière heure, mettons de 10h30 à midi, les profs, ils pouvaient pas faire cours, y'avait tellement de bruit. Les pétards c'était terrible. Les flics ils venaient, ils lançaient des gros pétards dans la cours. Nous on était content, ça foutait le bordel.

Boul : Les flics ils venaient...

Bill : Ben les flics, ils venaient, ils venaient un peu calmer les conscrits, c'était gentil quoi, ça les empêchaient pas de lancer pleins de pétards. ... quand j'étais au collège, quand j'avais entre 12 et 14 ans, c'était bien, c'est ça qui nous donnait envie aussi de faire les conscrits. C'est là qu'on voyait aussi qu'est-ce que c'était les conscrits. Quand ils venaient nous voir au collège. ... Faire plein de bruit. ... Et dans les classes, y'avaient des profs qui détestaient les conscrits, mais, ils pouvaient pas faire cours, y'avait trop de bruit. Et puis des fois, ils balançaient les pétards sous le hangar à vélo et ça résonnait comme y'a pas. Des gros mamouths, des pétards de fou là. Et puis nous on était content, on descendait à la récré et on récupérait les pétards qu'avaient pas explosé. Et puis y'en avait qui rentraient dans le collège et puis alors là, c'était le directeur et le surveillant qui leurs couraient après et puis, ils les foutaient dehors. Et nous, on regardait ça de la classe, on suivait pas le cours... Voilà, mes souvenirs. (d'une voix chantante) A force d'en parler, ça vient. "

Et voilà, un préadolescent découvre une façon très amusante de bousculer la discipline scolaire. Ne connaissant que peu de choses de l'armée ou de l'alcoolisme, il reconnait avec ses copains et copines d'école que voir cette fête lui a procuré du plaisir. Il se dit comme le disait une autre personne face à la même situation "Un jour ce sera notre tour !"

Je crois que souvent, lorsque nous portons un jugement sur des choses qui nous entourent, nous ne considérons que rarement l'histoire personnelle et collective des individus, l'enchaînement des expériences individuelles et collectives qui font que a tel moment faire ceci ou cela prend un sens.

A l'opposé, nous ne percevons pas non plus que le jugement que nous portons fait sens pour nous en raison de l'enchaînement de nos propres expériences de vie.

Bonne journée !!!

Camio


PS : Seconde version avec quelques fautes corrigées. Désolé pour celles qui restent

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Voici les 5 dernières réactions à ce commentaire
 Date
Titre (cliquez pour lire)
Rédacteur
Peut trouver des moments de sa vie qui ont été cruciaux pour savoir se qu'ils avaient envie de connaître.
 28/07/07 à 20h12
oxymores




j'aime cette notion de reconnaissance
qui précèderai la connaissance
chemin curieux que j'ai pu emprunter dans
ma lutte de fille manquée.


 28/07/07 à 17h09
Il y a aussi sans doute en nous même une sorte d'orgue de sensibilité qui peut se mettre à vibrer et chanter son hymne créateur
Voilà un autre exemple personnel cette fois...

J'étais en CE1 et je regardais par la fenêtre de la classe un oiseau sur une branche. J'étais vraiment absorbé par cette contemplation. La maîtresse (institutrice on dit aujourd'hui) me sors de mon spectacle pour me demander ce que je regarde d'une voix légèrement ironique.
Je réponds, toujours rêveur : "un oiseau"
Toute la classe éclate de rire.
Au lieu de me vexer, j'entends une voix qui résonne en moi et qui dit sans animosité, mais avec une fermeté redoutable "C'est moi qui ai raison".
A cet âge, je ne sais pas de quoi j'ai raison, je comprends que ça se rappporte à la situation. Mais, je reconnais en moi quelque chose qui me guidera ensuite pour savoir si une situation me convient ou pas même face aux adultes ou toutes formes d'autorité.
 28/07/07 à 13h53

que tout s'explique!
Le regard que nous portons sur les autres est lié à notre vécu,
ainsi que chacun des actes que l'on pose ?