« Je me souviens de ce retour en taxi dans la nuit. La radio diffusait Rainy day women de Dylan, et ce bruit de fanfare malade me faisait mal plus que de raison. Toi tu tournais la tête du côté de la vitre, c’est plus pratique. Le chauffeur roulait lentement et j’avais envie de pleurer, mais tu ne me connaissais pas suffisamment pour le savoir.
Si tu m’avais connu suffisamment, tu aurais su que cette chanson, c’est comme les chevaux agonisants qui traversent le premier album de Cocorosie, ou bien le dernier chapitre de Bonjour tristesse : des trucs à déclencher la nausée. Tu m’aurais pris dans tes bras et j’aurais pu me sentir au chaud. Je ne sais pas s’il est trop tard, je m’ouvre en grand comme j’aurais dû le faire bien plus tôt.
Quand j’étais plus jeune et plus con, j’ai craqué pour une fille trop belle pour moi, et malheureusement je l’ai eu, brièvement. Depuis, deux démons s’affrontent. Cette putain d’absence de confiance, et puis cette ambition idiote, sournoise. Je n’y crois pas et pourtant j’espère l’inaccessible. C’est un peu le problème de tout le monde, sans doute. Mais parfois j’ai peur de ne jamais le régler. Quand tu me prends la main et que ressurgit l’idée, ça veut dire que je pense du mal de toi, au fond. Et cela arrive régulièrement.
Je n’ai jamais eu de gros problèmes avec mes parents, parce que j’ai toujours gardé une distance. C’est ce que j’ai voulu. J’ai l’impression d’être un adulte équilibré. Mais je ne sais pas combien de temps va s’écouler avant que je ne sois plus anesthésié par ce manque de relation familiale passionnelle.
Je n'en reviens pas que tu ne possèdes pas l’album de Jeff Buckley. J’ai beau me répéter l’absurdité de ce problème, il s'accroche comme une impureté. Je ne sais pas ce qui est dérisoire et ce qui ne l’est pas. Je ne parviendrais pas à éviter de citer des disques ou des livres quand je me raconte, ils m’ont construit tout autant que la plupart des gens qui m’ont entouré. Tu ne m’as jamais écrit de petit mot sur la page de garde d’un roman. Je le regrette.
Je me trouve parfois beau, mais l’instant d’après je doute. Je n’ai pas assez embrassé de filles à 15 ans, je n’ai pas assez fait l’amour à 20 ans. Je crois que c’est irrémédiable, mais pourtant je cours après. Mes oreilles sont trop grandes, et quand je croise des photos de moi gamin, je ne vois plus que ces deux pointes qui surgissent. J'ai eu envie de les couper aux ciseux, compulsivement. Les gens m’ont toujours rassuré, on dirait que ça n’a pas suffit. Il faudrait sans doute qu’un paquet de filles trop belles pour moi me rassurent à leur tour, mais là encore je crois que c’est irrémédiable, au fond. J’ai appris à penser à autre chose, quand je regarde mes pieds en présence intimidante.
J’aurais voulu être Holden Caulfield, mais j’ai toujours été bon élève. Jamais sorti du rang. Quand je relis mes rédactions de lycéen, j’ai envie de les déchirer. Leur manque de sincérité me transperce, je me jure de ne plus jamais écrire rien d’autre que ce que je ressens profondément.
Les gens de notre âge considèrent le célibat comme une maladie, j'ai l'impression, parfois. J'ai l'impression, et pourtant, parfois aussi, je pense comme eux.
Un jour, j’ai envoyé une lettre d’amour très maladroite à une fille que je n’avais vue qu’une fois, mais qui m'avait ému avec ses pieds nus. Elle m’a répondu gentiment, mais froidement. J’ai repensé aux mots que j’avais choisis, je les ai trouvé justes, drôles. Je lui en ai voulu, au lieu de lui réécrire. Je ne sais pas comment font certaines personnes pour oser affirmer aux autres qu’elles ne s’attardent pas sur leurs regrets. Comme si c’était possible. Moi, cette lettre, je la connais encore par cœur. Et la deuxième, celle restée dans ma tête, aussi.
Je ne suis pas toujours sûr de comprendre ce que tu fais avec moi, et ça me fout les boules. Quand je croise d’autres types qui ont l’air de bien t’aimer, j’ai n’ai plus confiance en mon humour absurde. Au téléphone, il m’arrive souvent de trembloter quand je te parle après un flottement. Il y a des silences qui sonnent comme des coups de poing. Et je n’ai pas beaucoup grandi, car je ne sais pas encore les gérer.
Quand j'étais à l'école primaire, j'avais envie de me suicider. Moins, maintenant.
Tous mes amis ne possèdent pas un dictionnaire chez eux, et je ne suis même pas capable de réparer un rétroviseur cassé. J’aime bien la théorie des dominos à l’envers, je l’ai expérimentée avec plusieurs personnes. Mais nous n’étions pas complètement à terre, c’était plus facile. Je ne sais pas si je pourrais la réaliser avec toi. Ta fêlure reste bien cachée, tandis que je me dévoile. Il est dangereux de se mettre à nu tout seul, alors j’attends ton geste en retour. »
Si tu m’avais connu suffisamment, tu aurais su que cette chanson, c’est comme les chevaux agonisants qui traversent le premier album de Cocorosie, ou bien le dernier chapitre de Bonjour tristesse : des trucs à déclencher la nausée. Tu m’aurais pris dans tes bras et j’aurais pu me sentir au chaud. Je ne sais pas s’il est trop tard, je m’ouvre en grand comme j’aurais dû le faire bien plus tôt.
Quand j’étais plus jeune et plus con, j’ai craqué pour une fille trop belle pour moi, et malheureusement je l’ai eu, brièvement. Depuis, deux démons s’affrontent. Cette putain d’absence de confiance, et puis cette ambition idiote, sournoise. Je n’y crois pas et pourtant j’espère l’inaccessible. C’est un peu le problème de tout le monde, sans doute. Mais parfois j’ai peur de ne jamais le régler. Quand tu me prends la main et que ressurgit l’idée, ça veut dire que je pense du mal de toi, au fond. Et cela arrive régulièrement.
Je n’ai jamais eu de gros problèmes avec mes parents, parce que j’ai toujours gardé une distance. C’est ce que j’ai voulu. J’ai l’impression d’être un adulte équilibré. Mais je ne sais pas combien de temps va s’écouler avant que je ne sois plus anesthésié par ce manque de relation familiale passionnelle.
Je n'en reviens pas que tu ne possèdes pas l’album de Jeff Buckley. J’ai beau me répéter l’absurdité de ce problème, il s'accroche comme une impureté. Je ne sais pas ce qui est dérisoire et ce qui ne l’est pas. Je ne parviendrais pas à éviter de citer des disques ou des livres quand je me raconte, ils m’ont construit tout autant que la plupart des gens qui m’ont entouré. Tu ne m’as jamais écrit de petit mot sur la page de garde d’un roman. Je le regrette.
Je me trouve parfois beau, mais l’instant d’après je doute. Je n’ai pas assez embrassé de filles à 15 ans, je n’ai pas assez fait l’amour à 20 ans. Je crois que c’est irrémédiable, mais pourtant je cours après. Mes oreilles sont trop grandes, et quand je croise des photos de moi gamin, je ne vois plus que ces deux pointes qui surgissent. J'ai eu envie de les couper aux ciseux, compulsivement. Les gens m’ont toujours rassuré, on dirait que ça n’a pas suffit. Il faudrait sans doute qu’un paquet de filles trop belles pour moi me rassurent à leur tour, mais là encore je crois que c’est irrémédiable, au fond. J’ai appris à penser à autre chose, quand je regarde mes pieds en présence intimidante.
J’aurais voulu être Holden Caulfield, mais j’ai toujours été bon élève. Jamais sorti du rang. Quand je relis mes rédactions de lycéen, j’ai envie de les déchirer. Leur manque de sincérité me transperce, je me jure de ne plus jamais écrire rien d’autre que ce que je ressens profondément.
Les gens de notre âge considèrent le célibat comme une maladie, j'ai l'impression, parfois. J'ai l'impression, et pourtant, parfois aussi, je pense comme eux.
Un jour, j’ai envoyé une lettre d’amour très maladroite à une fille que je n’avais vue qu’une fois, mais qui m'avait ému avec ses pieds nus. Elle m’a répondu gentiment, mais froidement. J’ai repensé aux mots que j’avais choisis, je les ai trouvé justes, drôles. Je lui en ai voulu, au lieu de lui réécrire. Je ne sais pas comment font certaines personnes pour oser affirmer aux autres qu’elles ne s’attardent pas sur leurs regrets. Comme si c’était possible. Moi, cette lettre, je la connais encore par cœur. Et la deuxième, celle restée dans ma tête, aussi.
Je ne suis pas toujours sûr de comprendre ce que tu fais avec moi, et ça me fout les boules. Quand je croise d’autres types qui ont l’air de bien t’aimer, j’ai n’ai plus confiance en mon humour absurde. Au téléphone, il m’arrive souvent de trembloter quand je te parle après un flottement. Il y a des silences qui sonnent comme des coups de poing. Et je n’ai pas beaucoup grandi, car je ne sais pas encore les gérer.
Quand j'étais à l'école primaire, j'avais envie de me suicider. Moins, maintenant.
Tous mes amis ne possèdent pas un dictionnaire chez eux, et je ne suis même pas capable de réparer un rétroviseur cassé. J’aime bien la théorie des dominos à l’envers, je l’ai expérimentée avec plusieurs personnes. Mais nous n’étions pas complètement à terre, c’était plus facile. Je ne sais pas si je pourrais la réaliser avec toi. Ta fêlure reste bien cachée, tandis que je me dévoile. Il est dangereux de se mettre à nu tout seul, alors j’attends ton geste en retour. »
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C'est quoi son pseudo ?
pas de dico sous le coude, mais je te mets 5 car tu le vaux bien, la photo la plus monstrueuse de PCC.
Je vois que V sais comment s'y prendre pour évincer ses rivaux !
Je vois que V sais comment s'y prendre pour évincer ses rivaux !
Très sensible. Trop sensible? Sensible, pour tout dire.
beaucoup perdu. Et jusqu'à la conscience de la perte.
Nouvelle communication du CCVAT
Nouvelle communication du CCVAT
prince de mélancolie, le Chav!
Idem pour moi et c'est vrai. Quelle bêtise quand on y pense ! On aurait perdu beaucoup.
J'ai mis un 5.
J'étais nulle en rédac au lycée. C'est sans doute parce que je n'étais pas sincère. J'avais envie de me déchirer. Je l'ai fait. ça ne m'a pas réussi. Ou plutôt si, quelque vingt ans plus tard, j'en suis là. Je n'ai jamais perdu espoir.
Beau comm bravo
Beau comm bravo
Et c'est unc ompliment ! lol
Ca fait parti des textes que je lis en me disant : "et merde, j'aurais bien voulu l'écrire moi-même".
Ca fait parti des textes que je lis en me disant : "et merde, j'aurais bien voulu l'écrire moi-même".
C'est chiant ces journaleux qui refusent le débat contradictoire 

c'est la vie.
Soyons pragmatiques et résolvons le problème à la racine.
C'était un communiqué du CCVAT
(Comité Contre la Vie et Autres Tracasseries)
Soyons pragmatiques et résolvons le problème à la racine.
C'était un communiqué du CCVAT
(Comité Contre la Vie et Autres Tracasseries)
ça me fait un peu comme toi dans le taxi...
"Quand j'étais à l'école primaire, j'avais envie de me suicider."
J'ai appris récemment que la lutte contre le suicide sera une priorité d'un candidat à la présidence de la République, s'il est élu. C'est un Hongrois. Or la chanson hongroise n'est pas la mieux indiquée pour... Donc heureusement que la chanson hongroise n'était pas au programme scolaire quand tu étais petit, sinon on n'aurait pas lu ce comm'.
Hmm... bref.
Encore une bonne raison de voter Giscard.
J'ai appris récemment que la lutte contre le suicide sera une priorité d'un candidat à la présidence de la République, s'il est élu. C'est un Hongrois. Or la chanson hongroise n'est pas la mieux indiquée pour... Donc heureusement que la chanson hongroise n'était pas au programme scolaire quand tu étais petit, sinon on n'aurait pas lu ce comm'.
Hmm... bref.
Encore une bonne raison de voter Giscard.
10
aller je re-vote
chav : encore !!!
chav : encore !!!
Mais non.
Je m'y reconnais trop.
Je ne m'y reconnais plus du tout.
Le temps passe, on survis et on apprend.
bon com' d'hab'.
Je m'y reconnais trop.
Je ne m'y reconnais plus du tout.
Le temps passe, on survis et on apprend.
bon com' d'hab'.
11/04/07 à 15h17
l'aimeras-tu encore, à terre ?..
de te faire raboter ces vilaines canines stp. En même temps je comprend, les filles trop belles sont plus dociles après une ptite morsure 

(en même temps, quelle peut être la force d'une lettre pour la faire changer d'avis ?
J'ai de gros doutes là-dessus...)
ça fait un peu vieux con quand je dis ça mais on dirait moi y'a 20 ans, Jeff Buckley en moins... En tous cas j'aurais aimé être aussi lucide que toi au même âge et écrire aussi bien.
• sirba, le corps est une chaudière thermostatique. simple question d'habitude.
comme lorsque tu vas à la mer : le premier jour, l'eau te semble glaciale ; les jours suivants, tu finis par la trouver chaude.
• oui, dom ! et tim avait sur son fils jeff un énorme avantage : l'exceptionnelle qualité de ses textes.
• zucchini, cette peur-là s'arrête lorsque le cerveau se repose -- autant dire jamais !
•
comme lorsque tu vas à la mer : le premier jour, l'eau te semble glaciale ; les jours suivants, tu finis par la trouver chaude.
• oui, dom ! et tim avait sur son fils jeff un énorme avantage : l'exceptionnelle qualité de ses textes.
• zucchini, cette peur-là s'arrête lorsque le cerveau se repose -- autant dire jamais !
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Ronronron...
"bien sur tu ne penses qu'à elle, bien sûr c'est la plus belle, comme la vie est cruelle, mais elle n'est pas pour toi..."
Pour la lettre d'amour j'ai testé aussi..... on devrait apprendre dès l'ecole primaire qu'une fille ne doit jamais faire ça
Pour la lettre d'amour j'ai testé aussi..... on devrait apprendre dès l'ecole primaire qu'une fille ne doit jamais faire ça

est ce qu'un jour ça s'arrête cette impression là, cette peur qui bouffe en permanence ?
Est ce qu'un jour on comprend enfin que c'est avec ces barrières là qu'on s'empêche de vivre une belle histoire ?
Que c'est du sabotage pur et simple ?
Je ne sais pas non plus comment ils font, mais quand on se met à nu, souvent l'autre se sent un peu ridicule tout emmitouflé et il se désappe aussi.
Est ce qu'un jour on comprend enfin que c'est avec ces barrières là qu'on s'empêche de vivre une belle histoire ?
Que c'est du sabotage pur et simple ?
Je ne sais pas non plus comment ils font, mais quand on se met à nu, souvent l'autre se sent un peu ridicule tout emmitouflé et il se désappe aussi.
mais je l'ai été de Tim Buckley, son père, début des années 80 (album "greetings from LA)
Ton texte est vraiment beau et attendrissant,
j'espère qu'elle saura faire le geste que tu attends d'elle.
Bisous et très belle journée
dom
Ton texte est vraiment beau et attendrissant,
j'espère qu'elle saura faire le geste que tu attends d'elle.
Bisous et très belle journée
dom
Jeff Buckley, des fois çà antidécoiffe, grave... des fois pas
( http://minilien.com/?LBefEAvTRA )
une 2e couche de bleu, pour le nuancier
Ma cabane au Canada (... le garde manger est vide, faut diversifier...
) : on ne se refait pas, que veux-tu... Mais bon t'étais prévenue, hein... Ah bah non, même pas, c'est vrai... Désolé !
Horty : Jeff Buckley c'est un chanteur mort noyé du début des années 90's, unanimement considéré comme un pur génie tué dans l'oeuf... J'ai souvent essayé de l'écouter, j'avais même son disque... mais il m'a surtout fait copieusement ronfler. Mais bon, chacun sait ici que j'ai largement des goûts de chiotte !
Horty : Jeff Buckley c'est un chanteur mort noyé du début des années 90's, unanimement considéré comme un pur génie tué dans l'oeuf... J'ai souvent essayé de l'écouter, j'avais même son disque... mais il m'a surtout fait copieusement ronfler. Mais bon, chacun sait ici que j'ai largement des goûts de chiotte !

Et en plus il blasphème... Pfff...
11/04/07 à 10h31
... parce que Jeff Buckley m'a toujours saoulé, pour continer dans le blasphématoire, j'avoue... 
et ça repart !
11/04/07 à 09h57
so I'll wait for you and I'll burn
will I ever see your sweet return
oh will I ever learn....
Mais fais tout de même attention, tu vas finir par attraper froid à te balader tout nu....
Merci Mr Chav'
will I ever see your sweet return
oh will I ever learn....
Mais fais tout de même attention, tu vas finir par attraper froid à te balader tout nu....
Merci Mr Chav'
Ca donne de la douceur à la journée qui s'annonce. Change rien...

Je réagis à ce commentaire en
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chaveriat
publié le 11 avril 07