1983. J'avais 12 ans et cet été là, j'avais découvert que j'aimais les hommes (pas de garçon, jamais) blonds et minces. Je m'étais par ailleurs découvert une fascination pour l'homosexualité masculine et guettait tout ce qui pouvait m'évoquer une complicité masculine (mes moniteurs de voile faisant semblant de se battre, les plaisanteries salaces des Terminales entre eux)
Ma soeur Elsa avait 19 ans et venait d'entrer dans une grande école, tout en tombant amoureuse d'un jeune homme dont la chambre d'étudiant, nous disait-elle, était recouverte de représentations de David Bowie, à qui, d'après elle toujours, il ressemblait (rien que ça, pffuh...). Elle aimait le jeune homme et admirait le chanteur-acteur. Ele fila donc voir Furyo, et, petite soeur râleuse mais admirative, je fis de même un peu plus tard. je ne pris guère la peine de connaître le sujet précis de l'oeuvre, sachant seulement qu'elle se déroulait pendant la "dernière" guerre et opposaient des Japonais à des Anglo-Saxons.
Je remarquai très vite avec plaisir que l'on ne voyait intervenir pratiquement aucune femme, le contraire ne m'aurait pas gênée mais comme cela signifiait que tous les aspects relationnels allaient concerner des hommes, je devins très attentive...
Donc, très vite, l'action est située : on est vers 42, dans un camp de prisonniers de guerre alliés, en plein Japon, camp tenu de mains de fer par des officiers et soldats nippons, dont un Commandant pétri des notions primordiales d'honneur du soldat japonais, de haut rang, qui plus est. Oshima , égal à lui même (mais cela, je ne le sais pas à l'époque) n'a pas choisi les plus laids des acteurs, pas seulement l'incomparable Bowie et (c'est la première fois que j'ai envie d'un homme typé) le superbe Ryuchy Sakamoto. Il est aisé de comprendre que l'on ne va pas avoir à faire à un fim de guerre traditionnel, pas vraiment mon genre à l'époque! D'ailleurs, Elsa, sans me raconter le film, en a parlé en famille avec des trémolos dans la voix qui ne trompent pas, même "la p'tite".
Face au strict règlement imposé dans la vie quotidienne du camp, face aux brimades, aux coups, aux privations, un bon nombre de prisonniers tentent de faire monter la révolte : à leur tête, l'officier joué par Bowie et le drôle et charmant "Colonel Lawrence". Le Commandant du camp comprend que s'il veut que l'ordre règne, ce sont ces deux là qui doivent être matés. Quand à moi, je comprends peu à peu avec émotion qu'il le fait sans déplaisir avec le personnage de Bowie, sans doute plus souvent que nécessaire, tout en gardant un comportement honorable à toute épreuve...enfin pas complètement.
Lawrence, pas né de la dernière pluie, saisit la direction et l'émotion constantes du regard du Commandant de camp, fixé plus souvent qu'il ne devrait sur le blond officier anglais. Il ne peut s'empêcher, en plein rassemblement impromptu des prisonniers, au 1er rang face au Commandant, de souffler à Bowie dans un semi-rire épuisé : "Je crois que notre Commandant est fou de vous".
Bowie croit pouvoir jouer de cette passion qui se révèle de plus en plus. Il veut faire perdre au Japonais sa superbe, son impact sur ses hommes, amener une quasi anarchie dans le camp et envisage de fuir. Après un acte considéré comme fort répréhensible par l'amoureux frustré, celui-ci demande lors d'un nouveau rasssemblement à l'Anglais de s'approcher, seul. Prévoit-il de le frapper, de lui imposer d'être isolé de ses camarades pour le punir? On ne le saura pas. Bowie s'approche pas à pas de son admirateur et, devant tous ses soldats, humiliation suprême, il le prend doucement par les épaules et l'embrasse, une joue après l'autre. Certes pas un acte sexuel violent, mais peut-être pire.
Le Commandant de camp n'a pas bougé, pas repoussé, frappé, blessé et son visage en sueur évoque une transe de désir. Devant tous ses hommes et face à tous ses prisonniers, il n'est plus rien. Pire! Selon les très égalitaires notions de ce contexte historique et géographique, il s'est conduit de la façon la plus humiliante : comme une femme pétrifiée par son amour.
Il n'a a plus qu'une chose à faire : se débarasser de son objet de désir, en tentant bien de convaincre chacun qu'il n'a aucun problème à le faire souffrir, agoniser d'une façon atroce.
L'officier anglais est alors enterré dans le sable jusqu'au cou, à l'écart des autres qui peuvent quand même l'observer sous un soleil, une chaleur insoutenables.
La dernière scène entre les deux hommes, alors complètement seuls, évoque sans doute pour Oshima la force indépassable de la passion, surtout interdite, même face à plus de 30 ans de principes d'honneur acquis, comme la chose la plus puissante au monde. Ryuchy Sakamoto livide s'approche du visage seml-comateux et écarlate de Bowie pour lui couper une mèche de cheveux... blonds, qu'il cache dans son uniforme.
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ce film à l'epoque aurait merité une palme d'or mais la concurrence etait rude et la ballade de narayama est vraiment un superbe film aussi
Merci pour tous les commentaires, positifs ou non (on apprend toujours). Je voudrais juste 1 p'tite explication : pourquoi des personnes de PPC se servent des pages réactions pour communiquer entre elles sur des sujets qui n'ont rien à voir? Bon, même si inscrite pour la 1ère fois en 2005, quasi pas venue en 2006 et tente de commencer à participer ces dernières semaines (commentaires, oui je sais seulement 2 pour le moment, sorties, inscrites à 2 aussi mais ce n'est qu'un début et je continue le combat. Merci bcp Steed pour tes conseils). Je suis trop sensible, certains le savent un peu et peut-être totalement stupidement, je ne comprends pas qu'on se serve des réactions comme d'un chat. Loopy, tu vas prendre aux "Ed.". Alors toi aussi? Pas grave, peut-être dans 2 jours, je comprendrai et je ferai la même chose. Bises à tous
P.S : Dirkdiggler, je n'ai pas changé de photo!
P.S : Dirkdiggler, je n'ai pas changé de photo!
merci de m'avoir répondu pour le vod...
Vive le beau Bowie!
Vive le beau Bowie!
oui, comme Beau oui, comme Beau oui, comme Beau oui, comme Beau oui, comme Beau oui, comme Beau oui, comme Beau oui, comme Beau oui, comme Beau oui, comme Beau oui, comme Beau oui, comme Beau oui, comme Beau oui, comme Beau oui, comme Beau oui, comme Beau oui, comme Beau oui, comme Beau oui, comme Beau oui, comme Beau oui, comme Beau oui, comme Beau oui, comme Beau oui, comme Beau oui, comme Bowie
Non ?
j'aime bien être en retenue avec vous...
confirmerai à vos parents que vous êtes sur la voie du succès.
Je n'empièterai pas sur les prérogatives de Dardanelle.
Je n'empièterai pas sur les prérogatives de Dardanelle.
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Tu en veux 100, maîtresse ?
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Tu en veux 100, maîtresse ?
Surtout quand j'ai quelque chose d'intéressant à dire 

c'est à toi que l'on parlait...
VOD = Video On Demand = vidéo à la demande, via le Web ou certaines chaînes

= (aussi) pay per view
Tu payes et tu télécharges le film...
ah oui donc la vhs alors?
je crois que je n'ai que tabou dans ce format là
je crois que je n'ai que tabou dans ce format là
Dans ma grande modernité, je n'ai pas de lecteur de DVD de salon...
Tu verras le siècle prochain...
si, si, ça marche
on peut encore le trouver en cassette VHS, rayon "collection"
on peut tjrs te prêter le dvd
mais skyy_walker y'a des fois des rediffs pour rétrospectives, donc... sur grand écran y'a tjrs espoir
mais skyy_walker y'a des fois des rediffs pour rétrospectives, donc... sur grand écran y'a tjrs espoir
ça fait 24 ans qu'il ne passe plus au ciné. t'es un un rapide toi !
à l'occasion, j'irai le voir (mais je vais rarement au cinéma).
Sinon pourrais-tu remettre la photo où tu ressembles à une madone vincienne ?
On venait de découvrir deux films avec Beau-Oui, "Furyo" mais aussi "Les Prédateurs"... et on se déhanchait sur "Let's Dance" en fantasmant sur les beaux garçons anglais...
Petite minute de nostalgie du matin. Worthing, petite station balnéaire du sud de l'angleterre d'un kitsch absolu !
Petite minute de nostalgie du matin. Worthing, petite station balnéaire du sud de l'angleterre d'un kitsch absolu !
Ma première lecture à peine réveillé !
Troublant...
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Ysilde
publié le 9 janvier 07