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catégorie : chronique
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L'hôtel du Nord, Arletty fleur de macadam, nostalgie des clichés de Doisneau qui aimait y flâner avec son ami Prévert ... Mon canal St Martin !

Je me souviens d'un canal gelé, lors d'un hiver particulièrement froid, où les mouettes s'essayaient au surf sur des congères, je me souviens d'un canal populaire avec ses cafés de mariniers et ses échoppes d'artisans parfois étonnantes, comme ce fabricant d'éponges entièrement naturelles " maison familiale ", j'aime mon canal sombre et mystérieux comme un roman de Léo Malet, la brume du soir esquissée dans les bandes dessinées noir et blanc de Tardi, j'aime regarder ces péniches qui autrefois apportaient du sable aux usines jouxtant les rives, aux noms évocateurs pour les gratteurs de papier : Clairefontaine, Exacompta.

Comment ne pas penser à Georges Simenon qui y situa une intrigue évidemment résolue par Maigret, ou encore Léon-Paul Fargues, qui vécut sur le quai de Jemmapes et qui écrivit un roman quasi-autobiographique ( ses parents tenaient le célèbre hôtel ), adapté ensuite au cinéma par Marcel Carné et si merveilleusement dialogué par Henri Jeanson.

J'aime mon canal au printemps où les colverts de retour, guident fièrement leur première nichée, les premiers bourgeons à l'odeur ambrée sur les arbres près de l'écluse des Récollets, j'aime flâner le long de ses berges, enjamber ses ponts métalliques aux arabesques Art-déco, imaginer les guinguettes d'antan, dont quelques anciens du quartier se souviennent encore. Ou bien encore cette patinoire, au début du siècle, qui faisait la joie des titis.

Quand je m'y suis installée dans les années 90, j'aimais tous les dimanches matin, faire une balade matinale, jetant un oeil sur les pêcheurs de carpes ou de tanches, qui installaient avec méticulosité tout leur attirail, repérer les murs de brique rouge de l'Hôpital Saint-Louis et ses tourelles d'ardoise, qui sous le règne d'Henri IV accueillaient "les femmes de mauvaise vie".
S'installer sur le pont tournant et regarder s'ouvrir lentement les portes des écluses et admirer les gerbes d'eau effervescentes, contempler le passage des saisons par la couleur des feuillages, laisser son regard se perdre dans les courbes et les méandres de l'eau ....

Napoléon 1er eut l'idée de creuser ce canal, afin de pourvoir alimenter en eau, les fontaines parisiennes, mais l'ouvrage ne fut inauguré que sous le règne de Napoléon III. Hortense et Eugène de Beauharnais, enfants de la créole Joséphine, donnèrent leur nom à chacun des quais, tandis que la dénomination Jemmapes et Valmy ne vint que bien plus tard.

Comment ne pas penser au tristement renommé gibet de Montfaucon,à hauteur de la rue Grange-aux-belles, qui inspira la Ballade des pendus à François Villon ; et cette colonie de castors qui s'installa dans les souterrains du boulevard Richard-Lenoir, durant la seconde guerre mondiale, et qui permit de survivre à quelques parisiens qui connaissaient ce secret. Ou encore ce pirate anglais du 19e siècle qui disparut mystérieusement dans les eaux du canal, et dont on ne retrouva jamais le corps. Est-ce parce que la légende raconte qu'il portait sur lui un inestimable trésor ?

Au fil des années, j'ai vu l'endroit se transformer, se moderniser, tout en conservant son cachet de lieu si verdoyant au coeur de la capitale : les vieux bistrots ont des couleurs plus vives, quelques enseignes "hype" ont fait leur apparitions, les quais sont devenus piétonniers le dimanche, et l'on peut y écouter à nouveau le chant des oiseaux.

Lors des plus belles et longues soirées d'été, les berges se remplissent de rires, de joyeuses libations et ripailles, de musiques ; de jeunes couples viennent y célébrer leurs amours, sous le regard éternellement bienveillant de la Grisette du Faubourg-du-Temple. Frédéric Lemaître qui lui fait face, seul dans son square avec pour seule compagnie, quelques pigeons sur ses épaules, semble toujours rêver à sa Garance.
Il est bien loin le boulevard du crime et ses enfants du Paradis, mais ce quartier a su conserver son indéfinissable charme.
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Voici les 44 dernières réactions à ce commentaire
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Rédacteur
 09/02/08 à 20h13
mio hasni brown algerie a oran je cherche une femmes pour maite et' mariage alors donnes moi site emailhasnibrown@ohtmail.com et' tele'phone 0021353699147
mais que voulez-vous, le canal et ses berges sont victimes de leur succès ....
Comment en vouloir aux parisiens privés de verdure et d'eau, enfin pour la plupart ? Oui oui, leur mettre des flèches pour indiquer où se trouve les poubelles !!!! )
Actuellement plein de travaux de rénovation sont en cours, que ce soit de Stalingrad à la rue Poulmarch .... alors bien sûr, cela fait un peu désordre.

Grenadine nostalgique mais pas passéiste
cet arrondissement (le 10 ème depuis aussi longtemps) et bien que j'approuve la réaction de Vinnye : le quartier surtout autour de la gare de l'Est est l'un des plus sales que je connaisse...il s'agit sans aucun doute (mais le charme et la poésie aiment toujours les cours d'eau dans lesquels ils se reflètent ?) du coeur le plus attractif et agréable de cet arrondissement...j'ignorais pour la" Ballade des Pendus" et l'hôpital Saint-Louis à la cour intérieure et à la vieille architecture si belle...Essayons de le nettoyer et de protéger ses eaux, ses arbres, ses rues trop envahies de véhicules à moteur....notamment le long de ce canal unique, qui nous gâchent le plaisir de s'y promener.
:0)
 10/11/07 à 22h00
reste pt'êt un trésor à découvrir ... La cargaison de Black Pearl ? Entre flibustières, on se comprend

Grenadine C.Maltese
 10/11/07 à 16h16
justemement la nostalgie n'est plus ce qu'elle était
Ce qui est intéressant dans ce quartier, c'est la mixité entre le vieux et le nouveau Paris, qui n'a pas que des désavantages.

Grenadine
et il y a aussi les balayeurs pour les rives parce que c'est franchement crade après les pik nik et ça gache bien la beauté du Canal.
Mais c'est bien dommage d'en être arrivé là.
 09/11/07 à 02h06
Mouettes
Chris ++++
Bloom la grenadine rougit ...
Cither y'a pu qu'à embarquer !
Dardanelle next time ?
Pola une petite pendaison ?
Vahiné de quel patin tu causes ? .............
Vin il existe un bateau nettoyeur, sympa le capitaine m'a récupéré u
de mes chapeaux qui s'était envolé ... sur l'eau.
Number five m'enfin et Annabella, qui par la suite, épousa Tyrone Power à
Hollywood.
Heath kiss

.......................

Grenadine
qui y réside, fait que l'équilibre est encore assuré, enfin ... pour le moment.
Il y a les fameux bobos ( comme dit Renaud moi-même hem hem ...) mais ils ne sont pas les seuls à y vivre.

G.
 09/11/07 à 01h03
Tant que les transformations ne lui font pas perdre son âme.
Tiens, un peu comme le Marais, où j'aimais déambuler gamine, essayant de deviner les charmes des hôtels anciens à travers les portes d'entrée vermoulues.
J'ai l'impression qu'il est devenu un temple de la consommation branchée...
C'est le charme d'un endroit où l'on a la délicieuse certitude d'y trouver des amis, qu'on peut dénicher à toute heure, pour rien, pour rire, ou pour fêter .
Comme un port d'attache où l'on peut venir mouiller.

Merci Grenade des berges de Canal
et un clin d'oeil à kikrok !

Grenadine
 08/11/07 à 22h16
vidépleins
et c'est tant mieux ! qu'il continue de nous inonder !.........
 08/11/07 à 21h35
J'y étais encore la semaine dernière ! Ils sont beaux ses quais illuminés le soir, avec ce petit bateau qui passe du quai de la Seine au quai de la Loire, il règne là une belle tranquillité les soirs d'automne...oui, à conseiller, sans modération !
et aux curieux, je vous conseille de découvrir les alentours de la place Stlaingrad, avec la très interessante architecture des cinémas MK2 ;
il y a aussi une petite librairie spécialisée dans le cinéma ....
Et je ne vous parle pas du fondant au chocolat à tomber du quai de la Loire !

Grenadine gourmande et cinéphile
effectivement comment oublier les tentes rouges alignées l'hiver dernier ..................................
En les voyant, je pensais à une photo des années 30, où l'on voyait un pauvre hère remorquer à la seule force de ces bras une péniche aux écluses sur ce qu'on appelait le chemin de halage ;
c'est affreux, mais au tout début du siècle, ce travail était fait par les chevaux.
 08/11/07 à 21h16
Sans oublier que les quais de ton canal ont bien voulu accueillir les Don quichotte l'année dernière... Il a une bien belle âme, ton canal !
..... mais qui écrira en vélo lib' à Paris ?

Grenadine
de Fargue. Texte documenté et plein de charme, merci Grenadine !
 08/11/07 à 19h54
PaulTergeist
moi qui faisais un petit blocage au niveau de l'écriture, me voilà un peu rassurée. Grâce à vous, cela va revenir petit à petit, car cela me manquait ....

Grenadine
j'aime beaucoup ton texte si agréable à lire et intéressant par ses détails : historique, BD ou ciné ou vie tout simplement.
Un détail me manque toutefois celui de toutes ces tentes que j'ai vu en passant un jour et m'ont émue.
 08/11/07 à 19h31
 08/11/07 à 19h13
5 acteurs :
Louis Jouvet
Jean-Pierre Aumont
Bernard Blier
Andrex
François Périer

Réalisé par Marcel Carné
Date de sortie : décembre 1938


 08/11/07 à 19h10
j'révise, j'm'imprègne, j'me fond dans l'personnage ! tu saisis ?
mais... oh lala ! j'crois que j'm'aspphyxie !

 08/11/07 à 19h07
C'est l'image et le son mais pas les odeurs ni le toucher.

En te lisant Grenadine ces sens(ations) sont bien là. Des mots pleins de senteurs, un toucher rare...

qui donne envie d'aller y traîner ses godasses.
un jour de fête de la musique, c'est donc aussi la nuit du solstice d'été, sur le quai du MK2, une ambiance joyeuse et festive. Un orchestre de musiciens traditionnels turcs puis Fatih Akin aux commandes de la sono, en DJ improvisé et tout le monde qui se met à danser. Magique, un peu de Seine qui s'est transformé quelques instants en Bosphore...
Bises.

Zut !!!!!!!

Je ne peux plus voter !!!

Grrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr

C'est quoi cette histoire ?

Bon, attend, je me réabonne et je vote.

5 évidement.

A celle qui à su me faire aimer un "canal", alors que je ne rêvais que de "cap" ou de "péninsule".

Grenadine, je te kisse.....

Take care.....

Heath'
aux lieux ou les amoureux se retrouvent, et pour citer montherland, si les poetes n'avaient pas ecris les mots d'amours personne ne saurait qie ca existe...
mais, oui parce qu'il y un mais, c'est vachement crade, dégueulasse les soirs de week-ends. Bouteilles vides, papiers d'emballage de sandwiches et autres, mégots and Co. Sans compter tout ce qui est balancé au fond, ben oui ça se voit moins
:0))
merci pour les détails du passé, j'aurais bien aimer voir tout ça
merci pour les détails du passé, j'aurais bien aimer voir tout ça
 08/11/07 à 16h47
et ceussent qu'aiment pas, et ben z'ont qu'à y aller tout seul, " à La Varenne, bonne pêche et bonne atmosphère ! "
 08/11/07 à 16h42
Tethys
au ryhtme des patins...merci