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Si l’on croit encore que la photo est « l’ombre d’un cheveu volée à la lumière», comme soutenait sans rire D. Arbus, alors ça vaut le coup d’aller voire l’expo de Weegee.

Weegee était un photographe techniquement médiocre, mais il savait comme personne capter ce cheveux. Le figer.

Pas le peigner. Le figer, ai-je dit.

Ses photos sont dépourvues de raffinement, prises dans le feu de l’action, rapides, comme dictées par l’urgence morbide d'un quotidien en déroute.

Notre héros, qui avait besoin de beaucoup de fric pour assouvir ses passions inavouables (les cheveux très noirs et soyeux des femmes asiatiques, l’opium, et j’en passe) , il avait une vraie prédilection pour les cadavres et les bas-fonds puants. Tout cela se défend très bien.

Dans le temps libre, il s’amusait à jouer au croque-mort avec sa progéniture. Un de ses enfants était mongolien, et, d’après les témoignages, cela le faisait rire très peu, un père qui se déguisait en reporter des pompes funèbres.

Il aimait beaucoup les nains de jardin aussi, mais il ne les a jamais photographiés (à ma connaissance, au moins). Trop statiques, peut-être ? Trop liés à un contexte provincial, voire rural? On l’ignore.

D’après Barthes, Wegee a représenté “le point de rupture de l’interdit iconique”.

Cela veut dire, si je comprends bien, que le vieil renard polonais (un vrai « renard de surface », pour employer une expression sportive un peu douteuse) a brisé certaines règles que tout le monde respectait à l’époque.

Puis il y eu le discours légalisant autour de son œuvre, et le voilà Artiste. Et pour toujours ! Et quel artiste !

A son arrivé dans le Nouveau Monde, Mr Fellig travailla comme croque-mort, tout comme son oncle. Cela vient peut-être de ça, son goût pour… Fin, je ne sais pas.

En tout cas, c’est toujours beau – et surtout quand il pleut – d’aller voir ses photos.

Cela rappelle la phrase d’Anna Gavalda (à vérifier !) : « Plus de photo sans toi, peut-être, mais encore et toujours des photos sans moi, j’espère ».

J’aime assez Wegee, mais c’était une brute pas possible. Un mec qui avait brisé, dans un terrible accès de rage, tous les dents devant de W. Faulkner (pour la chronique, le vieil écrivain du sud lui avait demandé beaucoup trop d’oseille pour écrire sa bio…).

Il l’écrivit tout seul, sa bio, et c’est un grand livre.

Ses photos? Cela dépend beaucoup de l’éclairage. Comme l’amour.



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Tout amateur de photographie connais Weegee, au moins de nom, du point de vue de la légende : celui qui écoutait la fréquence de la radio de la Police, et qui arrivait sur les lieux, parfois, avant elle, pour prendre des photos des morts de la ville.

C'est plus par la nature de l'oeuvre, par sa spécialité, que Weegee a construit sa réputation et sa postérité. Personne avant, ni après, n'a autant photographié de victimes de crimes violents, de suicides, d'overdoses, de règlements de comptes...

Merci pour cet éclairage peu conformiste de l'exposition, qui remet ainsi en perspective, des photos rare en France.

Cheers
_le tiroir à cheveux_, d'emmanuelle pagano.

connaissais pas cet artiste. merci pour l'info.
 26/09/07 à 13h48
Arbaces
l'ombre du cheveu !
mais ton commentaire me rend très curieuse.

merci