C’était une route australienne. C’était une Volkswagen confortable. C’était à gauche. C’était Down Under. Il était 11h00 sans doute. C’était ABC Radio National. C’était First Person. Silence. Le paysage est avalé à 90 Km/h. Panneaux de signalisation partout. Collines. Vertes. Rases. Laitières. Silence radiophonique. Puis un discours. Ca commence par : « I am happy to join with you today in what will go down in history as the greatest demonstration for freedom in the history of our nation ». Ca finit par : « Free at last! Free at last! Thank God Almighty, we are free at last! ». Entre-temps. Combien de temps d’ailleurs ? 5 minutes. 30 minutes. Temps suspendu. 16 minutes en fait. Entre-temps, le ton monte. Entre-temps, l’orateur s’emballe. Entre-temps, la foule le porte. Il improvise parfois avec ferveur puis revient au texte. Une femme dans les premiers rangs acquiesce d’un yes it is. Plus loin, un homme crie no we won’t ! anymore. La route est toujours australienne. Mais on est ailleurs. On est toujours aussi confortablement assis. Mais tous les 4, on est comme transbahuté. C’est bien lui. Mais là où on ne l’attend pas. Plutôt qu’une pastille de deux minutes, ce furent 16 minutes d’effervescence. Puis, une historienne australienne remet en contexte : « ce discours a été prononcé par Martin Luther King le 28 août 1963 lors de la Marche sur Washington… » Bien sûr, tout le monde connaît I have a dream. Pour 2 euros, on peut en acheter le poster dans les couloirs du métro. Tout le monde connaît, évidemment, Martin Luther King, icône noire de la non-violence. Selon un sondage, il est considéré, avec Einstein, Gandhi et Mandela, comme l’un des « plus grands personnages de l’histoire ». Mais ici, c’était tout son discours plus que des petites phrases. Là-bas maintenant, j’ai entendu un discours dans toute sa longueur, entendu une archive sonore magistrale, entendu l’histoire par les voix. Et c’était bien. Etait-ce la patine du temps ? Etait-ce de la nostalgie, l’éloignement dans le temps occasionnant une certaine forme de myopie ? La qualité des enceintes acoustiques ? le voyage automobile ? En tout cas, c’était bien.
C’est Paris. C’est un appartement de la rue Saint-Denis. C’est la rumeur de la banlieue par la fenêtre. Il est 19h15 un samedi. C’est l’émission Jeux d’archives d’Antoine Perraud. C’est Sylvain Tesson qui se frotte tour à tour à Monfreid, Doisneau et Dumézil. Grâce à l’INA, un dialogue peut ainsi s’établir entre une ou plusieurs archives et un commentateur. L’archive n’est plus dès lors illustration ou simple décor. C’est véritablement un long fragment brut du passé. Ce sont surtout toutes les Nuits de France Culture au cours desquelles on peut découvrir d’autres fragments bruts. Au hasard.
http://www.americanrhetoric.com/speeches/mlkihaveadream.htm
http://www.abc.net.au/rn/firstperson/
http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/ete2006/jeux_archives/presenta
tion
http://www.ina.fr/
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Merci pour votre commentaire, remarquable, et pour le lien qui renvoie au discours de Martin Luther King.
May his dream come true at long last. It's about time!
May his dream come true at long last. It's about time!
enfin, en partie ...
) la rumeur de la banlieue par la fenêtre peut être ... !
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04/04/08 à 22h09
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phill
publié le 4 avril 08