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Elle va bien, ne vous en faites plus !
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catégorie : tranche de vie
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C'était un samedi de juin 1974, en fin d'après midi.
Le téléphone sonne, son futur beau-frère est en pleurs, ce qui ne lui ressemble guère :" On vient d'avoir un accident ; nous sommes aux urgences de l'hôpital d'Aix. Moi, ça va, mais ta soeur est en salle d'opération. Un semi remorque a grillé un feu en bas de la descente de la route de Nice. Véronique a tout pris sur le côté, la voiture est en miettes ... J'ai appelé bonne maman". Bonne maman est la grand mère paternelle, pas très maternelle.

Il reçoit la nouvelle comme telle, son esprit se met en mode automatique, aucun sentiment ne reflue. Avant d'aller tout de suite à l'hôpital (à 10 minutes à pieds), il téléphone à deux personnes ; sa tante maternelle, il faut qu'elle sache sans l'inquiéter, et sa petite amie, avec qui il avait rendez vous le soir, pour l'annuler.

A l'hôpital, il retrouve Serge, effondré. Sa soeur est toujours au bloc : ils travaillent depuis déjà 2 heures. La foie et le pancréas ont été "explosés" sous l'impact. Plus d'autres broutilles, si on peut dire ...

Vers minuit, alors que la soeur est en salle de réveil depuis 1 heure, bonne maman arrive, indique avoir parlé au chirurgien en chef, qu'elle connait, et essaie de les rassurer en disant que tout s'est bien passé, qu'elle devrait aller mieux. Il y a juste une température élevée persistante sur laquelle ils cherchent encore.

Il rentre chez lui, ou plutôt chez ses parents, qui sont en vacances chez des amis en Allemagne. Il se demande s'il doit déranger ses parents. Si tout va bien, pourquoi les inquiéter ... Mais ne rien leur dire pourrait être mal pris, il faudrait au moins les prévenir ... Oui, mais ça pourrait les inquiéter et gâcher les rares vacances qu'ils prennent ensemble ... Oui mais, si ça devait tourner au drame, ils le lui reprocheront toute leur vie ... Il appelle et après un bref dialogue en allemand avec leur hôtesse, il a son père : " "c'est pour Véronique. Un accident grave. Elle est sortie du bloc il y a peu ... pour l'instant, ça va. Je pense que ce serait mieux que vous rentriez."

A 6 heures du matin, le dimanche, le téléphone le réveille brutalement. "Bonjour, c'est l'hôpital, service du Dr ***. une ambulance transporte tout de suite à l'hôpital S. à Marseille votre soeur qui est atteinte à la plèvre, elle est en train de s'étouffer et doit être opérée le plus vite possible ...".

Il réveille sa tante maternelle. Elle conduit et a une voiture, lui n'a pas encore 18 ans. Il est toujours en mode automatique. Vers 8 heures, ils arrivent à l'hôpital, Véronique est en salle de réanimation, au "chaud" comme ils disent. Ils sont bien une vingtaine, allongés et sous respirateur artificiel. Un ECG et un EEG les contrôlent nuit et jours, le personnel médical est bienveillant. Le taux de mortalité est de l'ordre de 5 % par jour, chaque place libérée est vite occupée.

Un cousin non issu de germain se pointe vers midi. Le seul de la famille qu'il apprécie bien. La grand mère lui a gentiment demandé de bien vouloir se rapprocher de l'équipe médicale qui a opéré. Après un entretien un peu long à son goût, il le prend à part et lui dit doucement : "ta soeur développe une leucémie sans aucune raison apparente ... Prépare toi au pire, c'est tout ce que je peux te dire".

Ses parents arrivèrent à l'hôpital vers 23 heures ... il se sentit soulagé, comme si un poids venait de tomber de ses épaules. Il vit sur le visage de son père qu'il venait de découvrir qu'il avait des enfants, et que certains pouvaient mourir ... il était toujours en mode automatique, qui permettait de tout voir, tout entendre, tout mémoriser, réfléchir et agir sans pensée parasite.

Le début de leucémie disparut au bout de trois jours, comme par enchantement. Certaines bigotes familiales crièrent au miracle. Il appris en même temps que bonne maman avait passé son dimanche avec grand papa, à déjeuner d'une excellente soupe de poissons à Cannes, comme à leur longue habitude.

Après 15 jours en réanimation, on découvrit qu'elle avait les deux vertèbres cervicales fêlées. Elle fut transférée d'urgence à la T., en neurochirurgie ... Après deux ans de rééducation, elle put reprendre le cours d'une vie qu'on qualifiera de normale.

33 ans plus tard, il reste convaincu qu'il faut annoncer aux tiers les mauvaises nouvelles le plus vite possible, surtout la pire de toute. Aux tiers, on doit dire, aux personnes concernées, il faut composer ...
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Voici les 16 dernières réactions à ce commentaire
 Date
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Rédacteur
 11/12/07 à 17h14
c'est juste le contenu qui me "parlait".
Le reste, je m'en tape royal mabelle
Bisoux.
 11/12/07 à 08h03
Frederic 75
non mais, on n'est pas à Roumoules, ici !
faut pas espérer autre chose non plus hein.....
 10/12/07 à 22h27
Frederic 75
 10/12/07 à 21h45
on est des menteuses et des immatures.
Mouarf !
sinon, on lit bien sur nos visages, nos gestes, notre attitude que l'on ment à l'autre.
Ou alors être un excellent comédien !
Mais il est vrai que mentir est un mode de vie couramment pratiqué.
De toute façon, l'autre sait, et sait qu'on lui ment. Il vous en sait gré, car il le demande, mais il connait, au fond de lui, la vérité ...
Quel manque de maturité, quelle trahison !
mais je n'ai pas de mérites, je viens d'y passer pour mon père.
 10/12/07 à 17h32
mais je pense tout comme Vinnye et Catarinetta qu'il n'y a pas de règle absolue dans ce domaine, si ce n'est que la seule chose à faire, à mon sens, est d'adapter son propos à la personne qui est en face de soi....juste par respect et par amour de l'autre. Même si ça parait paradoxal, respecter et aimer l'autre pour moi n'est pas systématiquement tout lui dire, mais le connaître assez pour savoir ce qu'il est capable et a besoinn ou non d'entendre à un moment donné.
 10/12/07 à 13h13
qui me ramène 25 ans en arrière.
Coinçée à des centaines de km, j'avais des nouvelles étranges et contradictoires de mon père, simples migraines, opération, puis non-opération, tumeur, pas tumeur, tuberculose (3 paquets de cig /jour), tout et n'importe quoi...
J'aurai pu savoir, savoir la vérité, à croire que ma mère ne me connaissait pas tant que ça, pour ne pas oser la dire.
on doit composer avec tout le monde...pas qu'avec les tiers...ceux qui veulent vraiment savoir la vérité la cherchent d'eux mêmes...pou rles autres,chacun son cheminement...
ou non, il ne FAUT pas toujours tout dire.
Il y a des gens qui peuvent tout entendre, d'autres non.
Il y a des gens à qui on peut dire, d'autres non.
Il n'y a pas de règles absolues.
Composer avec chacun peut être bien.

(C'est comme l'humour, on peut rire de tout, mais pas avec tout le monde.)