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Ce fut palpitant.
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catégorie : chronique
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Un chuintement à peine perceptible te fait rouvrir les yeux alors que, cette fois, tu allais enfin t’endormir. Au lieu de sombrer dans le sommeil, te voilà bien éveillé. Cette fameuse et si désagréable sensation de louper une marche… Ton cœur bat un peu plus fort, l’espace d’un instant.
L’espace d’un instant qui dure un peu trop.
Qu’est-ce qu’il a, ce palpitant, à ne pas se remettre en mode d’économie d’énergie ? Tu as loupé la marche, ça arrive, il faut dormir maintenant. Calme-toi, le myocarde.
Il ne se calme pas.
Il aurait même plutôt tendance à cogner de plus en plus fort, de plus en plus vite. Il se passe quoi, là ? Tu te retournes une fois, deux fois, trop de fois, et te précipites sur l’interrupteur : il faut de la lumière pour que ton cœur se calme.
Lumière.
Et ça ne se calme pas.
Merde.
Ton cœur tape à la porte de ta poitrine.
Tu inspires un bon coup, attrapes la bouteille d’eau. Qui t’échappe des mains tandis que la bouffée d’air reste coincée dans ta gorge. Tu n’expires pas. C’est bloqué, là. Au creux du ventre. Le cœur doit prendre trop de place, à taper si fort. Y’a un truc qui ne va pas.
Qui ne va pas du tout.
Le cœur qui va exploser.
Les poumons qui vont étouffer.
Tu te lèves. Vite. Debout. Ça tourne un peu. Les jambes engourdies, forcément, mais qui ne demandent qu’à bouger. Tant que tu bouges, c’est que ça va, non ? Sauf qu’en fait ça ne va pas du tout.
Tu te concentres sur ta respiration pour contrôler l’asphyxie. Inspirer. Expirer. Doucement. Ça se bloque toujours en en sanglot, et ça n’aide pas ton cœur à retrouver son rythme de croisière.
Tu te concentres sur ton cœur pour contrôler l’emballement. Poum poum… Poum poum… T’es trop jeune pour l’infarctus, arrête ton délire ! Sans doute. Mais t’es tellement concentré sur ton cœur que tu ne respires plus.
Tachycardie.
Apnée.
Tu ne t’en es pas rendu compte mais tu fais les cent pas dans la pièce. Tu ne te souviens pas avoir quitté la chambre mais t’es dans le salon. Tes yeux courent le long des murs, recherchant un objet familier auquel se raccrocher. Histoire de se rassurer. C’est la nuit, peut-être, t’es tout seul mais ça va. Faut pas paniquer comme ça.
Sauf que si, justement, tu paniques. Tu perds tout contrôle. Toute notion du temps qui s’écoule. Impossible de savoir si ça fait une minute ou une éternité que t’es planté là.
Poum poum poum poum… Les battements de ton cœur accélèrent encore, si c’est possible, leur rythme saccadé. Ton souffle court reste désespérément coincé dans ta gorge. Tu vas crever là, étouffé, le cœur brisé, c’est sûr, ça peut arriver, ça arrive sans doute toutes les nuits, à des gens aussi seuls que toi, avec personne autour.
Comment t’es arrivé sur le palier, t’en sais rien. Mais tu ne pouvais pas rester enfermé à crever dans cette baraque.
Un sursaut de lucidité, d’aveuglement. Tu rentres chez toi. Tu ressors. T’es prêt à aller réveiller les voisins. Tu sais pas ce que tu vas leur dire mais au moins, tu agoniseras pas seul. T’auras une main à serrer dans la tienne.
Poum poum… Dans ta tête, les pensées affolées cognent aussi fort que ton cœur dans ta poitrine. MerdemerdemerdemerdeMERDE ! Tu veux pas mourir comme ça, c’est pas possible.
Respire !
Respire !
Respire…
Calme-toi.
Plus tu veux te calmer, plus tu flippes. Plus tu crois que ça va passer, plus c’est pire.
Nan, tu vas pas aller chez tes voisins. Mais t’as ton portable dans la main, prêt à appeler au secours la terre entière. Ton esprit terrorisé est tellement obnubilé par les pulsations de ce fichu muscle cardiaque que tu ne sais même pas qui appeler. Pour dire quoi ?
« Je suis seul et je crois que je vais crever… J’ai peur… »
Il est une heure du mat’.
T’as toujours ton portable, tu le regardes, t’en oublies de respirer. Tu suffoques. L’adrénaline te brûle, te glace, te démange. Tu pourrais presque pleurer mais t’oses pas, t’as la trouille de gaspiller ton énergie dans les larmes. Tu te sens ridicule, pitoyable, tellement seul surtout. T’es mort de trouille avant même d’être mort tout court. C’est horrible. Un recoin cynique de ta cervelle te souffle que ça serait presque mieux d’être dingue, tu te rendrais compte de rien… T’es pathétique avec ton palpitant qui tape. T’es minable avec ta respiration d’asthmatique. Et tu vas crever, t’en es sûr maintenant.
Tu marches. Tu fais les cent pas. Tu t’assieds. Te relèves. Repars. Ouvres la porte. La refermes. Puis la fenêtre. La nuit, dehors… Pas de bruit. T’es seul, t’as pas compris ?
T’arrives à fermer les yeux. Une seconde. T’es assis par terre. L’angoisse t’étreint de ses bras squelettiques. Tu lâches un sanglot. Une larme coule.
Ton cœur bat. Un peu moins fort.

« Attaque de panique, ça s’appelle… Vous m’en avez décrit tous les symptômes… Un joli cas d’école, allez ! Mais bon… on va peut-être se revoir plus souvent, non ? Histoire d’éviter une prochaine crise… »
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Voici les 44 dernières réactions à ce commentaire
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Rédacteur
... création littéraire. Mais puisque ta modestie naturelle s'y oppose, je m'incline.


J'ai eu une seule attaque de panique à ce jour et j'espère qu'elle restera unique. J'ai bien cru que j'avais une crise cardiaque et que ma dernière heure était arrivée.

J'ai ressenti une douleur intense au niveau des clavicules qui a fini par me porter au coeur et m'enserrer le cou dans un étau. C'est une expérience effrayante que je ne souhaite à personne. J'ai bien dit à personne.
J'adore l'expression "claque-beignets". Connais-tu celle "Bouquet de violettes" qui fait allusion à un oeil au beurre noir ? Elle date au moins du début du siècle dernier.
 12/06/08 à 15h29
Moi aussi !
 10/06/08 à 21h39
olafgrossebaf
Je t'invite !
Des baffes, des gnons, des beignes, des pruneaux, des mandales....
Plein de fruits de saison !
Je veux y habiter !

La bonne vieille beigne, la mornifle, le claque-beignets , la mandale à chaque coin de rue, le rêve !
http://fr.youtube.com/watch?v=Tvzo-MYrEpw
je n'ai pas de cœur.
 10/06/08 à 12h41
Non, rien .
 10/06/08 à 11h31
Eniii
à la deuxième personne et quand le masculin est employé : "C’est la nuit, peut-être, t’es tout seul mais ça va" ou encore là : "une minute ou une éternité que t’es planté là.", j'aurai penché pour un masculin neutre genre le on

vala vala
je crois bien que c'est "on"

je relis...

si j'ai dit une connerie d'accord pour les 10 coups de fouet aux orties
Joli texte à coeur ouvert !
 10/06/08 à 10h41
Handy Capt
d'où te vient cette assurance

...c'est la tremblote du mouton qui commence.

Enfin, je crois que c'est ce qui se passerait si jamais ça m'arrivait, hein...
 10/06/08 à 10h12
Handy Capt
"Ton cœur bat. Un peu moins fort."
Parle nous de toi :-9


 10/06/08 à 10h06
olafgrossebaf
bonne journée...
quand ça s'adresse à lui et qui ne doute jamais.
Rassuré ?
 10/06/08 à 09h49
olafgrossebaf
hum... tu m'as l'air bien renseignée !
Dis, toi qui sais tout... rassure-moi encore... c'est pas moi le crétin dont parle Echtelion?
 10/06/08 à 09h39
Elle cache bien son jeu.
C'est la plus célèbre homosexuelle refoulée du site
 10/06/08 à 09h26
incorrigible
Tu m'étonnes, dedans, y a même pas Georges !
 10/06/08 à 09h07
ouaich, mytho !

 10/06/08 à 09h02
Handy Capt
Je préfère la lecture au cinéma.
je vais te donner un coup de main pour la suite de chiffres !
 10/06/08 à 08h33
 10/06/08 à 08h32
Ce genre de petits machins, ça s'appelle des alertes.
La Pif.ine a beau faire un boulot de feignasse grassement payé, elle est à elle toute seule une catégorie-socio-professionnelle particulièrement exposée au stress, ceux que je retrouve en ce moment à la rééducation cardiaque .
Donc, Mademoiselle Princessedézécoles, tu donnes un grand coup de frein à tou.
Et si n'est toi, c'est donc ton frère .
 10/06/08 à 08h26
... par lui porter la poisse déjà qu'un crétin vient a réagi... Il est écrit au masculin ce texte donc c'est pas elle ou alors elle cache bien son jeu...
ils appellent ça un "raptus anxieux" ... j'ai trouvé ça rassurant... c'est beau la science!
parce que moi... si ça m'arrivait, un truc pareil...
ben j'hésiterais pas à appeler mon chéri alors en déplacement, ma môman pas si loin, et même le gentil monsieur du SAMU qui sourit en répondant, ça s'entend quand il parle...
Et puis évidemment que j'irais voir le docteur ensuite.
Et que ça irait bien mieux, vu que je me soignerais...
Si jamais ça m'arrivait, un truc pareil...
 10/06/08 à 07h31
... une histoire de coeur qui n'est pas à mourir d'ennui. J'ose pas imaginer la façon dont tu nous raconterais une histoire de cul ! Prends soin de toi, Pif, remets-toi bien et écoute ton toubib !
respire Pif .ine , respire et calme toi , un coeur ça peut crever de rire aussi surtout de l'intérieur , pas de panique là c'est normal que ça te fasse ça.
Faisons une trève à nos contentieux qui demeurent.
Ton écrit me touche au plus haut point. Euphémisme.
J' ai aussi une compagne. Je l'aime, elle m'aime. Elle écrit sur moi. Y aurais-je accès, prè- mortem ?
Que cela soit aussi beau que tes propos...

Tu sais, Pif_ine, un coeur crève tjs de l'intérieur.

Bien à toi
 10/06/08 à 00h11
 10/06/08 à 00h10
Eniii
d'abord c'est JAMAIS une connerie d'appeler à l'aide quand ça va pas, tu risques de déranger ? ouais bah on les emmerde, même la fille la mieux élevée du monde peut avoir besoin d'aide, point

deux, si tu penses aux pompiers, fais le aussi, notre corps a des ressources, écoute le ! Ce sont des professionnels, il sauront quoi faire.

Trois, des amis, des gens auxquels tu penses et qui pensent à toi, si si y'en a, et parfois pas les plus évidents, use, abuse de tes amis et rends leur la pareille au besoin !

Quatre, arrête de sourire, t'as aussi le droit de pleurer

Cinq, t'en as marre de cette leçon de morale ? gnierk, je continue !

Six, y'a pas d'âge pour une attaque... Le cas d'un ami, alors... on se fait aider même si c'est juste une crise d'angoisse !

Sept, tu ne parles peut être pas de toi, mais peut être que si... bah si non je ne retire rien, si oui j'ajoute, viens danser un de ces quatre, vider son esprit passe aussi par la fatigue physique ;°)

Octave : Je t'embrasse bien fort Pifinette.
Ouvre-le, comme ici par exemple, plus ça sort et moins il sera lourd
bisous et bonne nuit Pif.inette !
....et le vent emporte le cri du grand chef buffalo gris ......kissdulundiminuit
 09/06/08 à 23h37
olafgrossebaf
tu joues à cache-cache ou c'est mon ordi qui perd la boule...
Un coup t'es là, un coup t'es pas là...
J'minquiétais, moi !
 09/06/08 à 23h23
T'as toujours ton portable et cette fois le coeur plus calme, tu peux prendre le temps d'appeler des gens qui tiennent à toi et qui sauront t'écouter parce qu'eux aussi peuvent comprendre sans être diplomé de divantologie. On force personne hein mais ça peut décharger un peu même si on se sent souvent bête de penser ou de ressentir ces choses. Mine de rien, de savoir qu'on est vraiment pas seul, ça peut faire du bien. Alors... respire
Biz Pif
 09/06/08 à 23h20
 09/06/08 à 23h14
un peu comme Arba.
ça fait la même chose quand j'ai une crise d'asthme carabinée qui passe pas malgré la Vento, les anti-inflammatoires, les exercices de kiné respiratoire. Tu te dis "merde, cette fois, c'est la bonne, j'vais y reste"... pour le moment, suis encore parmi les vivants, toi aussi, Arba aussi donc Mazel Tov!
 09/06/08 à 22h31
Je ne sais pas si je vais bien dormir ce soir....
Dans ces cas là, une bonne petite douche, ... pour changer de film.
scouic scouic scouic
 09/06/08 à 20h59
A un moment, j'ai eu besoin de prendre une profonde respiration, juste pour vérifier, hein...
Attaque de panique, oui, la salope!!
paisiblement mon lapin nain, ça ressemble à ça, j'ai appelé le SAMU dans les 5 minutes et j'ai récupéré aux urgences : tu aurais peut- être dû en faire autant ? Ne reste pas seule dans cet état, petite Pif !