Terminé la passante du sans souci,
Je peux dire que ce livre, de par sa puissance et l’émotion qu’il dégage a été la cause de 2 nuits blanches... Lovée dans mon canapé, je n’ai pu me détacher de celui-ci… difficile effectivement de rejoindre Morphée après en avoir refermé les pages... Il m’a poursuivie... Rares sont les livres qui vous emportent à ce point.
Le portrait d’Elsa, attachant et troublant... On est séduit par ce qu’elle est et on a envie de la protéger du malheur et de cette fin que l’on sent dès le début inéluctable... peut-être le fait que son portrait, son histoire soient brossés par un narrateur, à la fois spectateur mais aussi acteur...
Elle a un charme fou. insouciante, adolescente, vivante, puérile, à la fois secrète et mystérieuse, mais on sent une sensibilité à fleur de peau et on pressent que derrière l’éclat de ses yeux, se cache une fêlure, une blessure, sa faiblesse...
On voudrait empêcher sa déchéance tout en sachant que celle-ci est écrite dans ses gènes... il ne peut en être autrement...
Ce portrait est rehaussé par sa relation avec Max... Dans le malheur, ils se sont choisi. Espèce d’amour filial fusionnel, un lien indissoluble d’organique dépendance. Toutefois, Max devra commencer à exister pour son propre compte pour échapper lui aussi à cette chute.
Mais ce portrait ne peut faire oublier le thème essentiel du roman : l’amour... et son absurde ironie...
Elsa n’éprouve pas d’amour ni de désir pour son mari, c’est le sentiment de celui-ci qui l’a retenue, le fait qu’il l’aime inconditionnellement... une certaine tendresse
Lui à son retour des camps ne l’aime plus... non par la déchéance où elle est tombée, ni par sa flétrissure, mais simplement en raison de l’amour inconditionnel qu’elle nourrit maintenant pour lui. C’est en l’aimant comme une inférieure qu’elle l’a perdu...
Effectivement l’amour se nourrit de mystère et de distance... on peut éprouver une certaine tendresse, de l’attachement pour quelqu’un qui vous aime, mais on a besoin de plus... l’amour pour perdurer a besoin de nourriture, de folie... ce qui est peut-être transcendant c’est de se « battre » pour garder l’autre ou le conquérir... La nature humaine fait que ce sont les choses qui nous sont le plus inaccessibles, les plus mystérieuses, les plus étonnantes que l’on désire le plus...
Question posée à la fin du livre : « Et comment faut-il donc aimer pour en même temps être heureux et rendre heureux ? « Vaste débat...auquel je n’ai aucune réponse
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nautes
publié le 14 avril 08