« Dans cette vie, rien n’est statique... Le seul danger est de ne pas s'adapter, de ne pas voyager, de rester au même endroit, musicalement ou spirituellement. »
Ces mots sont de Wasis Diop. Sans en avoir l’air, ils livrent un des principes de fabrication de « Judu bék », son quatrième album solo. Ce principe, c’est le mouvement. Décliné sous plusieurs formes – le voyage, la diversité, la variation –, il ouvre une fenêtre depuis laquelle considérer et comprendre ce disque singulier.
Car il s’agit avant tout d’un album cohérent. Cohérent, justement, avec cette conception de la vie comme mouvement. « Judu bék » est variations. Très vite on est frappé par les différences de rythme, les changements d’atmosphère d’une chanson à une autre. Au languissant « So la la ! » succèdent ainsi l’aérien « Ndiago diop » et le tendre « L’ange Djibril ». Première conséquence, et effet ordinaire du mouvement sur la pensée : on se trouve bien en peine d’attacher une étiquette à ce disque. – L’appellation « Musique du monde », elle, sonne comme un aveu d’échec : faute de pouvoir cerner une musique de manière positive par son appartenance à une classe, on l'a définie par sa non appartenance aux catégories existantes, et de cette non appartenance on a fait une classe.
Cohérent, « Judu bék » l’est aussi avec le parcours de l’artiste, qui le porta sur trois continents différents, l’amenant à travailler avec Lee Scratch Perry, le saxophoniste japonais Yasuaki Shimizu, et, ces trois dernières années, à sillonner l'Afrique en vue de former un opéra du Sahel. Chez Wasis Diop, la musique et la vie ont le même fondement, elles convergent, se mêlent ; sans que l’on sache au juste laquelle entraîne l’autre.
Fruit du voyage, « Judu bék » est fait de rencontres, de mélanges. Certaines associations, pour le moins inattendues, font un peu penser à Tarantino. On pense à « Juné Ji », d’abord : génial contraste entre la gravité du wolof, aux consonnes gutturales, et la délicatesse de la langue japonaise, tout en voyelles. A « Ndiago Diop », aussi, dont des détails rappellent l’atmosphère de Lost in Translation, le Japon du temps suspendu, de l’harmonie du bois et de l’acier. Ou encore à « Let it go », duo nonchalant avec Grace, jeune chanteuse américaine dont le premier disque est en préparation.
Sans doute on est assez loin de l’image que l’on peut se faire de la musique africaine. Je m’attendais à une musique très rythmée, aux percutions omniprésentes, appel à la danse et message adressé au corps. Or, si les percussions ne sont certes pas absentes de l’album – plusieurs fois on reconnaît la main frappant un tam-tam –, il s’en faut cependant qu’elles aient la première place.
La part belle, en effet, est faite à la guitare sèche. Déroutant l’attente, c’est elle qui emporte l’attention. Tantôt grattées, souvent pincées, les cordes confèrent à certains morceaux une sonorité hispanique, proche parfois d’une sorte de flamenco.
Le résultat, d’un point de vue instrumental, est une ambiance aux accents folk, résolument acoustique, où l’on distingue par moments la présence discrète d’une basse ou l’apparition évanescente d’une guitare électrique qui forme une sorte d’écho, comme une ponctuation. Les chœurs féminins alliés aux arrangements – notamment un effet très présent de réverb – concourent à une impression d’étendue, de profondeur.
Tout résonne, dans « Judu bék ». A l’image de la voix de Wasis Diop. Une voix qui naît du fond de la gorge et qui tire sa force de son cheminement. De ces voix, graves et profondes, qui siéent si bien aux sonorités de la langue wolof et donnent aux chansons des allures de chants de cathédrale.
A l’occasion d’un entretien accordé à Openmag.fr, l’artiste disait se représenter sa musique comme « une goutte d’eau qui renferme tous les océans du monde ». Cette métaphore, très leibnizienne, du détail reflet de l’univers, cette idée que le petit contient en lui l’immense, complète la conception de la vie comme mouvement (en un sens qui, pour le coup, n’a rien de leibnizien). A l’image de la boule de neige qui grossit du chemin parcouru, la musique se développe, se complexifie par le mouvement.
Sur les deux intermèdes musicaux que compte « Judu bék » – lesquels rappellent au passage, par leur format d’une minute environ, que Wasis Diop est un habitué des BO de films –, les arpèges d’une guitare évoquent certaines chansons de Mike Oldfield. Sur « Tuti sop », c’est le son traînant et entêtant de la basse qui rappelle vaguement (très vaguement même, pour être honnête) celle du célèbre slow de de Burgh, « Lady in red ». D’autres chansons, par l’usage de la guitare électrique par petites touches, m’ont ramené au second album de Raphaël.
Les rapprochements musicaux visent plus ou moins juste, tiennent plus ou moins la route, peu importe au fond. Car cela devient vite un jeu de la mémoire et de l’imagination que de trouver au tournant d’un détail musical, des fragments de chansons si diverses, des aperçus d’horizons si éloignés...
« Judu bék » est sorti le 19 mai, dix ans après « Toxu ».
Ces mots sont de Wasis Diop. Sans en avoir l’air, ils livrent un des principes de fabrication de « Judu bék », son quatrième album solo. Ce principe, c’est le mouvement. Décliné sous plusieurs formes – le voyage, la diversité, la variation –, il ouvre une fenêtre depuis laquelle considérer et comprendre ce disque singulier.
Car il s’agit avant tout d’un album cohérent. Cohérent, justement, avec cette conception de la vie comme mouvement. « Judu bék » est variations. Très vite on est frappé par les différences de rythme, les changements d’atmosphère d’une chanson à une autre. Au languissant « So la la ! » succèdent ainsi l’aérien « Ndiago diop » et le tendre « L’ange Djibril ». Première conséquence, et effet ordinaire du mouvement sur la pensée : on se trouve bien en peine d’attacher une étiquette à ce disque. – L’appellation « Musique du monde », elle, sonne comme un aveu d’échec : faute de pouvoir cerner une musique de manière positive par son appartenance à une classe, on l'a définie par sa non appartenance aux catégories existantes, et de cette non appartenance on a fait une classe.
Cohérent, « Judu bék » l’est aussi avec le parcours de l’artiste, qui le porta sur trois continents différents, l’amenant à travailler avec Lee Scratch Perry, le saxophoniste japonais Yasuaki Shimizu, et, ces trois dernières années, à sillonner l'Afrique en vue de former un opéra du Sahel. Chez Wasis Diop, la musique et la vie ont le même fondement, elles convergent, se mêlent ; sans que l’on sache au juste laquelle entraîne l’autre.
Fruit du voyage, « Judu bék » est fait de rencontres, de mélanges. Certaines associations, pour le moins inattendues, font un peu penser à Tarantino. On pense à « Juné Ji », d’abord : génial contraste entre la gravité du wolof, aux consonnes gutturales, et la délicatesse de la langue japonaise, tout en voyelles. A « Ndiago Diop », aussi, dont des détails rappellent l’atmosphère de Lost in Translation, le Japon du temps suspendu, de l’harmonie du bois et de l’acier. Ou encore à « Let it go », duo nonchalant avec Grace, jeune chanteuse américaine dont le premier disque est en préparation.
Sans doute on est assez loin de l’image que l’on peut se faire de la musique africaine. Je m’attendais à une musique très rythmée, aux percutions omniprésentes, appel à la danse et message adressé au corps. Or, si les percussions ne sont certes pas absentes de l’album – plusieurs fois on reconnaît la main frappant un tam-tam –, il s’en faut cependant qu’elles aient la première place.
La part belle, en effet, est faite à la guitare sèche. Déroutant l’attente, c’est elle qui emporte l’attention. Tantôt grattées, souvent pincées, les cordes confèrent à certains morceaux une sonorité hispanique, proche parfois d’une sorte de flamenco.
Le résultat, d’un point de vue instrumental, est une ambiance aux accents folk, résolument acoustique, où l’on distingue par moments la présence discrète d’une basse ou l’apparition évanescente d’une guitare électrique qui forme une sorte d’écho, comme une ponctuation. Les chœurs féminins alliés aux arrangements – notamment un effet très présent de réverb – concourent à une impression d’étendue, de profondeur.
Tout résonne, dans « Judu bék ». A l’image de la voix de Wasis Diop. Une voix qui naît du fond de la gorge et qui tire sa force de son cheminement. De ces voix, graves et profondes, qui siéent si bien aux sonorités de la langue wolof et donnent aux chansons des allures de chants de cathédrale.
A l’occasion d’un entretien accordé à Openmag.fr, l’artiste disait se représenter sa musique comme « une goutte d’eau qui renferme tous les océans du monde ». Cette métaphore, très leibnizienne, du détail reflet de l’univers, cette idée que le petit contient en lui l’immense, complète la conception de la vie comme mouvement (en un sens qui, pour le coup, n’a rien de leibnizien). A l’image de la boule de neige qui grossit du chemin parcouru, la musique se développe, se complexifie par le mouvement.
Sur les deux intermèdes musicaux que compte « Judu bék » – lesquels rappellent au passage, par leur format d’une minute environ, que Wasis Diop est un habitué des BO de films –, les arpèges d’une guitare évoquent certaines chansons de Mike Oldfield. Sur « Tuti sop », c’est le son traînant et entêtant de la basse qui rappelle vaguement (très vaguement même, pour être honnête) celle du célèbre slow de de Burgh, « Lady in red ». D’autres chansons, par l’usage de la guitare électrique par petites touches, m’ont ramené au second album de Raphaël.
Les rapprochements musicaux visent plus ou moins juste, tiennent plus ou moins la route, peu importe au fond. Car cela devient vite un jeu de la mémoire et de l’imagination que de trouver au tournant d’un détail musical, des fragments de chansons si diverses, des aperçus d’horizons si éloignés...
« Judu bék » est sorti le 19 mai, dix ans après « Toxu ».
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une tête de pioche sur mon com et de ne pas l'avoir mal pris car j'ai été le tien de com et j'ai pu ainsi découvrir un groupe qui me plait (noté dans mon petit carnet)
il y a quelque jours j'ai fait paraitre un com sur un griot sénégalais , tente-zy un petit voyage (le fils récompense)
NB : je regarde aussi NS et j'aimais bien Ycare mais j'ai toujours eu un faible pour Amandine dès le début
les gouts et les couleurs
il y a quelque jours j'ai fait paraitre un com sur un griot sénégalais , tente-zy un petit voyage (le fils récompense)
NB : je regarde aussi NS et j'aimais bien Ycare mais j'ai toujours eu un faible pour Amandine dès le début
les gouts et les couleurs

Le prochain, j'annonce, c'est Cédric.
a pus !
^^
OBJET : demande
Paris le XX 05 08
Monsieur,
puis-je obtenir l'autorisation de replacer à bon escient le délicieux terme "collique" en place de "colloque" afin de réactiver le fou-rire total que cela entraine chez les lecteurs, dont je suis ?
en te remerciant par avance de l'examen de ma demande, bla bla bla les meilleures.
Pola-X
Paris le XX 05 08
Monsieur,
puis-je obtenir l'autorisation de replacer à bon escient le délicieux terme "collique" en place de "colloque" afin de réactiver le fou-rire total que cela entraine chez les lecteurs, dont je suis ?
en te remerciant par avance de l'examen de ma demande, bla bla bla les meilleures.
Pola-X
imbécile ! 

je m'en doutais !
http://www.pointscommuns.com/id_img/gal_origine/8/6/2/110862/110862_0_V_08051
4191619.jpg
http://www.pointscommuns.com/id_img/gal_origine/8/6/2/110862/110862_0_V_08051
4191619.jpg
faut inverser les deux dernières phrases, ça fait trés bizarre sinon 

et ça me rassure presque : j'ai bêtement cherché quelque chose qui n'était pas suposé être 
en même temps, la "métaphore très leibnizienne" aurait dû me mettre la puce à euh..l'oreille. (désolée
).
bon, de toute façon j'aime pas du tout la musique africaine le plus souvent, donc je suis pas coeur de cible de ce com', et je vais arrêter là mon inutile bavassage
par contre c'est une bonne idée les "comparaisons evocatives", à défaut de sensation, on a des lignes de fuite et des références sonores dans la tête.

en même temps, la "métaphore très leibnizienne" aurait dû me mettre la puce à euh..l'oreille. (désolée
).bon, de toute façon j'aime pas du tout la musique africaine le plus souvent, donc je suis pas coeur de cible de ce com', et je vais arrêter là mon inutile bavassage
par contre c'est une bonne idée les "comparaisons evocatives", à défaut de sensation, on a des lignes de fuite et des références sonores dans la tête.
heureusement que tu n'écoutes pas du Pierre Boulez dans ton casque 

A vrai dire je ne crois pas que les mots puissent bien rendre une chanson, il manquera toujours quelques chose il me semble (peut-être, tout simplement, la musique).
Après quelques essais infructueux (tant que j'avais Wasis Diop dans les oreilles ça allait, mon texte avait un sens, mais dès que je me lisais sans la musique dans le casque, ce que j'avais écrit me semblait complètement creux, comme sorti de nulle part), j'ai renoncé à communiquer des sensations, à essayer d'évoquer la musique.
J'ai préféré demeurer à un niveau objectif et descriptif, moins aléatoire.
Donc si rien ne se passe, c'est normal, j'ai voulu me risquer le moins possible sur ce terrain de le sensation ; plutôt qu'à la sensibilité, mon texte s'adressait à l'intellect.
(Message transmis ^^)
Après quelques essais infructueux (tant que j'avais Wasis Diop dans les oreilles ça allait, mon texte avait un sens, mais dès que je me lisais sans la musique dans le casque, ce que j'avais écrit me semblait complètement creux, comme sorti de nulle part), j'ai renoncé à communiquer des sensations, à essayer d'évoquer la musique.
J'ai préféré demeurer à un niveau objectif et descriptif, moins aléatoire.
Donc si rien ne se passe, c'est normal, j'ai voulu me risquer le moins possible sur ce terrain de le sensation ; plutôt qu'à la sensibilité, mon texte s'adressait à l'intellect.
(Message transmis ^^)
rien ne se passe quand je lis un truc sur la musique, aussi bien foutu soit il (et je sens bien qu'ici c'est drôlement bien fait) : la musique et les mots ne font pas bons ménage, sauf quand les mots en font (de la musique)
du coup j'admire, parce que ça me dépasse.
et 5, même si tu es un trés mauvais membre de jury alternatif

et en passant, embrasse ta douce pour moi
du coup j'admire, parce que ça me dépasse.
et 5, même si tu es un trés mauvais membre de jury alternatif

et en passant, embrasse ta douce pour moi

Encore un autre regard (oui, bon d'accord, une autre écoute !) et cette impression renouvelée de découvrir quelque chose qui m'avait échappé.
Sinon... Sydney est mort et je sais déjà que je ne résisterai pas à regarder pour la énième fois Robert Redford laver les cheveux de Meryl Streep, ce soir.
Aaahhhhhh....
"Le mythe d'Icare aborde des thèmes comme les relations père-fils, ainsi que le désir de l'Homme d'aller toujours plus loin, au risque de devoir se retrouver face à face avec sa condition de simple être humain.
" il n'a pas pu aller plus loin
" il n'a pas pu aller plus loin
29/05/08 à 08h39
mysteryy
ok, je sors

28/05/08 à 23h09
c'est un yodleur, en somme ?
Après un pur massacre de "Show must go on".
si c'est Benjamin...
précédent com' : 25 mai 2007 !
amandine vire, que des mâles en finale, j'ai dit, pfffff
biz aux deux
je vais commencer à y croire alors qu'il faut l'écouter, Wasis Diop ?
J'vois bien Ycare partir ce soir. Ce s'rait pas trop tôt.
entre Cedric, Amandine, Ycare et Benjamin, tu votes pour qui?
5
merci de cet exposé.
le regard gourmand et gourmet que tu poses sur cet album.
J'aime aussi (mais ce n'est pas vraiment une nouveauté n'est-ce pas ?) le cheminement de ta pensée et sa délicatesse.
Commentaire élégant et qui donne très très envie
J'aime aussi (mais ce n'est pas vraiment une nouveauté n'est-ce pas ?) le cheminement de ta pensée et sa délicatesse.
Commentaire élégant et qui donne très très envie

maintenant je lis,
c'est le rituel non?
c'est le rituel non?

Je réagis à ce commentaire en
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Nérée
publié le 28 mai 08