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Il est trois heures du matin, ou bien est-ce neuf heures... ou alors six ? Dans ces circonstances, j'attends le "dernier virage" pour remettre ma pendule à l'heure... Mon horloge biologique, elle, attendra un peu plus tard. Je me déplie, courbaturé et aperçois l'hotesse qui s'adresse à moi dans la pénombre de la cabine. J'enlève de mes oreilles les boules de silicone qui atténuent le ronflement des moteurs et celui de mon voisin, puis elle répète sa question: "voulez vous quelque chose monsieur ?". Merci, non, c'est tres aimable, mais je vais juste tenter de reconnecter mes neurones un peu abrutis à 10000 m d'altitude au dessus de la Mer Noire probablement. J'entrouvre alors le rideau du hublot et jette un oeil à l'exterieur. Il fait nuit noire. On devine des milliers d'étoiles qui ponctuent la voute céleste et sur l'horizon à l'Est, une fine lueur diaphane: le soleil prépare son réveil.
Je reste un bon moment le nez au hublot, mon regard circule de l'horizon vers les étoiles en passant par les battements aléatoires de la voilure. Je me dis alors, que l'on vole bien près du sommet d'une montagne... pour m'apercevoir l'instant d'après que c'est en fait une bosse de nuages que l'on commence à distinguer avec l'arrivée du jour. Puis soudain, un flash de lumière transperce la nuit. Ce ne sont pas les feux de position de l'appareil, car bien trop vif. Un deuxieme éclat: c'est un orage sous nos têtes. Ca se déchaine à l'étage du dessous, mais c'est beau à voir dans la tranquilité de l'avion.
La nature produit de jolies choses à cette altitude: la valse des nuages est de celles-là. Ils donnent cette impression paradoxale de vélocité brutale et d'indolence cotonneuse. Ils s'éloignent, se rapprochent, se courent après, se rattrapent, ainsi que des enfants dans une cour d'école. Certains, plus ordonnés, tracent sur ce plancher flotant, des sillons semblablent à ceux d'une charue. D'autres plus accrocheurs s'entrechoquent tels une mêlée agressive. Enfin les derniers, plus légers, plus calmes, que nous croisons ou traversons à notre hauteur, se placent comme des patriarches au dessus de ces voisins bien turbulents. Plutot malins, ils seront les premiers à profiter des premiers rayons solaires... et rosiront de plaisir.
Pour l'heure, je somnole encore quelques temps en pensant à cette mer de nuage que nous survolons, avant de pouvoir admirer le timide lever du soleil. J'ai oublié quelques instant mes courbatures, la fatigue et mon voisin ronflant.
Il est trois heures du matin, ou bien est-ce neuf heures... ou alors six ? Dans ces circonstances, j'attends le "dernier virage" pour remettre ma pendule à l'heure... Mon horloge biologique, elle, attendra un peu plus tard. Je me déplie, courbaturé et aperçois l'hotesse qui s'adresse à moi dans la pénombre de la cabine. J'enlève de mes oreilles les boules de silicone qui atténuent le ronflement des moteurs et celui de mon voisin, puis elle répète sa question: "voulez vous quelque chose monsieur ?". Merci, non, c'est tres aimable, mais je vais juste tenter de reconnecter mes neurones un peu abrutis à 10000 m d'altitude au dessus de la Mer Noire probablement. J'entrouvre alors le rideau du hublot et jette un oeil à l'exterieur. Il fait nuit noire. On devine des milliers d'étoiles qui ponctuent la voute céleste et sur l'horizon à l'Est, une fine lueur diaphane: le soleil prépare son réveil.
Je reste un bon moment le nez au hublot, mon regard circule de l'horizon vers les étoiles en passant par les battements aléatoires de la voilure. Je me dis alors, que l'on vole bien près du sommet d'une montagne... pour m'apercevoir l'instant d'après que c'est en fait une bosse de nuages que l'on commence à distinguer avec l'arrivée du jour. Puis soudain, un flash de lumière transperce la nuit. Ce ne sont pas les feux de position de l'appareil, car bien trop vif. Un deuxieme éclat: c'est un orage sous nos têtes. Ca se déchaine à l'étage du dessous, mais c'est beau à voir dans la tranquilité de l'avion.
La nature produit de jolies choses à cette altitude: la valse des nuages est de celles-là. Ils donnent cette impression paradoxale de vélocité brutale et d'indolence cotonneuse. Ils s'éloignent, se rapprochent, se courent après, se rattrapent, ainsi que des enfants dans une cour d'école. Certains, plus ordonnés, tracent sur ce plancher flotant, des sillons semblablent à ceux d'une charue. D'autres plus accrocheurs s'entrechoquent tels une mêlée agressive. Enfin les derniers, plus légers, plus calmes, que nous croisons ou traversons à notre hauteur, se placent comme des patriarches au dessus de ces voisins bien turbulents. Plutot malins, ils seront les premiers à profiter des premiers rayons solaires... et rosiront de plaisir.
Pour l'heure, je somnole encore quelques temps en pensant à cette mer de nuage que nous survolons, avant de pouvoir admirer le timide lever du soleil. J'ai oublié quelques instant mes courbatures, la fatigue et mon voisin ronflant.
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Voici les 9 dernières réactions à ce commentaire
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ton histoire de voyage en paquebot me trottre dans la tête , d'autant plus depuis que je reviens de la côte Portugaise ....
Faudra qu'on en reparle ....
Faudra qu'on en reparle ....
Moscou ?
Comme la pluie sur les vitres, regarder la vie, regarder la colère de cette nature que nous ne contrôlons pas.
Tiens, à l'heure ou je vous écris un rayon de soleil pointe son museau...Je vous en envoye un bout, pour cette journée et les autres de la semaine.
Merci, de m'avoir porter sur les ailes de cet avion. Je n'ai jamais voyagé, n'ai jamais pris un avion!!
Tiens, à l'heure ou je vous écris un rayon de soleil pointe son museau...Je vous en envoye un bout, pour cette journée et les autres de la semaine.
Merci, de m'avoir porter sur les ailes de cet avion. Je n'ai jamais voyagé, n'ai jamais pris un avion!!
J'ai toujours aimé le fracas assourdissant des orages et la zèbrure luminescente et éphèmère des éclairs qui troue l'horizon. Plein d'images et de sensibilité dans ce texte écrit de haut vol !
en me disant que quelques beaux rêveurs se réjouissent à l'étage du dessus ça devrait peut-être marcher ? 
merci crevette pour le voyage ..

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maintenant je lis

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crevette_bleue
publié le 15 juin 08