Escroc ? Rassurer et tenter sans mentir : c'est usant nerveusement de jongler avec la vérité pour qui n’a pas été élevé chez les jésuites ! L’envie s’installe de jouer les illusionnistes, d’inventer un monde merveilleux peuplé de gagnants. Le prospect y incite quand il interroge, implore presque, « Pouvez me garantir une rentabilité de 15% par an? », semblable à une jolie fille prête à se laisser séduire mais qui, faute d'assumer son désir, veut se justifier en extorquant des promesses à son galant et déclenche un processus de mutuelle duperie : le séducteur consent à ce qui lui est demandé, n’y voyant que le passage obligé en vue de son objectif, la jolie fille feint de croire à des engagements d’une spontanéité discutable.
Que faire donc? Introduire de la nuance dans les sophismes, insister sur deux mots, « inflation » pour faire peur, « protéger » pour rasséréner. Défenseur des possédants et assimilés, je viens préserver leur pouvoir d'achat contre l'érosion monétaire, les sauver de la paupérisation.
Escroc, alors ? Claire abuse du mot ; il l’amuse mais il sonne mal. Filou, fripon, larron, charlatan, brigand, entourloupette, arnaque, estamper sont plaisants à l’œil et l’oreille. On leur associe les Pieds Nickelés et leur malice cousue de fil blanc, me rappelant ce distingué, ou prétendu, aristocrate hongrois qui voulait faire acquérir à notre Banque, à titre de placement, le plus gros diamant du monde. Escroc ne suscite pas la même clémence ; il traîne de vils relents de préméditation, de dupes trop naïves, trop fragiles.
Claire ignore ces subtilités sémantiques, elle qui transforme les mots en armes de jet, insouciante d’éventuels effets « collatéraux ». J’allègue les déroutes boursières d’Eurotunnel, d’EuroDisney, le krach de la nouvelle économie, les subprimes.
- Et alors, que crois-tu prouver, qu’il y a pire que toi? Que les financiers sont des voyous ?
La fréquentation des grands barbares tchétchènes n’a pas rompu ma camarade au maniement de la nuance, pourtant, fleur de la civilisation. En mille ans un chef de guerre féodal se transforme en financier courtisan, jamais si brillant que lorsqu’il explique pourquoi la conjoncture n’a pas évolué selon ses prédictions, avec une virtuosité telle que personne n’ose le soupçonner - et a fortiori lui reprocher - de s’être « planté »!
Puisque Claire est imperméable à la nuance, je choisis la provocation :
- L’escroquerie ça n’existe pas. Presque toujours, on retrouve une succession de malentendus. Un mélange de crédulité et de cupidité, d’optimisme et de paranoïa. Tout le monde se méfie, chacun se croît le plus malin. Tiens regarde les petits jeunes de la nouvelle économie, c’étaient les nouveaux go-go boys. Ils croyaient inventer le monde ; ils se sont ruinés aussi bien que leurs aînés. L’argent circule et se redistribue, c’est la seule règle.
- Eh bien si la réalité est telle que tu la décris, une bonne justice à la « Kalach », directement de l’offensé à l’offenseur et du volé au voleur, outre qu’elle économise du temps et des formalités, élimine assez vite le genre de malentendu dont tu parles. Quand tout le monde l’accepte, c’est très efficace - et cela ne manque ni d’allure ni de noblesse. Mais bon, laissons tomber la finance, tu n'es pas obligé de te justifier, je veux bien te croire et de toute manière je m’en fiche. Au retour du Rwanda et de la Tchétchénie et je n’arrive pas à me passionner pour le CAC 40, vos problèmes de frics, vos états d’âme de privilégiés : quand j’entends la chronique Bourse de France-Info, j’ai envie de me sauver en courant et de retourner dans mes montagnes.
Que faire donc? Introduire de la nuance dans les sophismes, insister sur deux mots, « inflation » pour faire peur, « protéger » pour rasséréner. Défenseur des possédants et assimilés, je viens préserver leur pouvoir d'achat contre l'érosion monétaire, les sauver de la paupérisation.
Escroc, alors ? Claire abuse du mot ; il l’amuse mais il sonne mal. Filou, fripon, larron, charlatan, brigand, entourloupette, arnaque, estamper sont plaisants à l’œil et l’oreille. On leur associe les Pieds Nickelés et leur malice cousue de fil blanc, me rappelant ce distingué, ou prétendu, aristocrate hongrois qui voulait faire acquérir à notre Banque, à titre de placement, le plus gros diamant du monde. Escroc ne suscite pas la même clémence ; il traîne de vils relents de préméditation, de dupes trop naïves, trop fragiles.
Claire ignore ces subtilités sémantiques, elle qui transforme les mots en armes de jet, insouciante d’éventuels effets « collatéraux ». J’allègue les déroutes boursières d’Eurotunnel, d’EuroDisney, le krach de la nouvelle économie, les subprimes.
- Et alors, que crois-tu prouver, qu’il y a pire que toi? Que les financiers sont des voyous ?
La fréquentation des grands barbares tchétchènes n’a pas rompu ma camarade au maniement de la nuance, pourtant, fleur de la civilisation. En mille ans un chef de guerre féodal se transforme en financier courtisan, jamais si brillant que lorsqu’il explique pourquoi la conjoncture n’a pas évolué selon ses prédictions, avec une virtuosité telle que personne n’ose le soupçonner - et a fortiori lui reprocher - de s’être « planté »!
Puisque Claire est imperméable à la nuance, je choisis la provocation :
- L’escroquerie ça n’existe pas. Presque toujours, on retrouve une succession de malentendus. Un mélange de crédulité et de cupidité, d’optimisme et de paranoïa. Tout le monde se méfie, chacun se croît le plus malin. Tiens regarde les petits jeunes de la nouvelle économie, c’étaient les nouveaux go-go boys. Ils croyaient inventer le monde ; ils se sont ruinés aussi bien que leurs aînés. L’argent circule et se redistribue, c’est la seule règle.
- Eh bien si la réalité est telle que tu la décris, une bonne justice à la « Kalach », directement de l’offensé à l’offenseur et du volé au voleur, outre qu’elle économise du temps et des formalités, élimine assez vite le genre de malentendu dont tu parles. Quand tout le monde l’accepte, c’est très efficace - et cela ne manque ni d’allure ni de noblesse. Mais bon, laissons tomber la finance, tu n'es pas obligé de te justifier, je veux bien te croire et de toute manière je m’en fiche. Au retour du Rwanda et de la Tchétchénie et je n’arrive pas à me passionner pour le CAC 40, vos problèmes de frics, vos états d’âme de privilégiés : quand j’entends la chronique Bourse de France-Info, j’ai envie de me sauver en courant et de retourner dans mes montagnes.
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Gadji 

"je n’arrive pas à me passionner pour le CAC 40"
http://fr.youtube.com/watch?v=BhmbdtiwqV4
pas trouvé mieux
http://fr.youtube.com/watch?v=BhmbdtiwqV4
pas trouvé mieux

Vas te faire pendre ailleurs ! 

03/09/08 à 21h53
De plus, une escroquerie est quelque chose d'illégal.
Tandis que les banques ne font que des choses légales.
D'ailleurs ne dit on pas "la loi est une putain, chacun la baise à sa façon" ?
Maintenant, il faut être bien naïf pour s'imaginer qu'on va gagner de l'argent à la banque. Le seul placement vraiment sécurisé est le CODEVI ou livret A ou encore un autre nom plus récent (je crois qu'il y a dans son nom la notion de développement durable). Mais ce placement rapporte à peine plus que l'inflation et son montant est plafonné très bas.
Si les gens réfléchissaient, ils sauraient qu'un banquier est payé par sa banque, et que donc il travaille pour elle, pas pour le client qui ne sert qu'à alimenter la machine qui a des ratés.
Et le banquier, lorsqu'il vous aura fait perdre de l'argent (au profit de qui) aura toujours une bonne excuse.
Ah, la nostalgie de la pendaison en place publique pour l'édification des foules...
Tandis que les banques ne font que des choses légales.
D'ailleurs ne dit on pas "la loi est une putain, chacun la baise à sa façon" ?
Maintenant, il faut être bien naïf pour s'imaginer qu'on va gagner de l'argent à la banque. Le seul placement vraiment sécurisé est le CODEVI ou livret A ou encore un autre nom plus récent (je crois qu'il y a dans son nom la notion de développement durable). Mais ce placement rapporte à peine plus que l'inflation et son montant est plafonné très bas.
Si les gens réfléchissaient, ils sauraient qu'un banquier est payé par sa banque, et que donc il travaille pour elle, pas pour le client qui ne sert qu'à alimenter la machine qui a des ratés.
Et le banquier, lorsqu'il vous aura fait perdre de l'argent (au profit de qui) aura toujours une bonne excuse.
Ah, la nostalgie de la pendaison en place publique pour l'édification des foules...


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gadjoalone
publié le 3 sept. 08