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La frontière
 La frontière
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Terra incognita, horizon de la nostalgie, de la mélancolie et du voyage intérieur, terre des chers disparus, descendus en terre à jamais ou dispersés en cendres sur la mer, eden perdu, frontière intime, terre d'exil, tu es le lieu auquel j'aspire.

Il y a la pensée flottante où leurs visages et leurs gestes renaissent à l'infini, peuplant la chambre de vagues et doux souvenirs.
Il y a les lettres : présence ferme et enjouée de leur écriture ;
il y a les sensations qu'ils vivent à travers nous : tel parfum, telle fleur, tel goût, le thé dans cette tasse avec un chateau bleu au fond.
Et tous ces objets, hérités, déplacés, qui trimballent leur vie dans la nôtre, un masque qui nous fixe avec le même sourire énigmatique, de leur mur à nos murs.
Il y a notre enfance indissociable de leurs voix, persistant écho dans notre cerveau,
la lumière de les retrouver le matin dans la cuisine, préparant les tartines un jour d'été, et
les caresses qu'ils nous donnaient sans y penser...

Et puis il y a ces coups de dague aussi soudains que cruels, qui nous plient en deux sans prévenir, par un jour bleu et ensoleillé.
On surfe sur le net, on visite les villes de notre enfance avec la webcam, c'est léger, ludique, on retrouve la rue des dimanches, quand on allait en procession manger la sacro-sainte tarte aux fraises chez Tatie, "la tarte aux fraises de chez Chamart", annonce-t-elle avec la même invariable fierté, et les quatre frères et soeurs de se pousser du coude en pouffant, et les adultes de sourire discrètement, la webcam enfile la rue, tiens, voici le coin de l'immeuble, on pressent l'ombre des frênes qui rafraîchit ce dimanche d'août, le 15 août c'était LA fête de famille, la webcam s'arrête là mais le souvenir se déroule, la porte s'ouvre, l'odeur vous envahit, le décor se précise, les voix, les rires...
Les larmes : tout a disparu.
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La journée s'est poursuivie en famille et terminée joyeusement, si PCC veut bien je vous en ferai un comm, pour prouver qu'on peut être bipolaire DANS LA MEME JOURNEE !
J'espère que pour vous tous aussi ce fut un jour de fête, plus ou moins discrète, sinon pas d'alarme le meilleur est pour demain...
 15/08/07 à 23h56
Tethys
ce qui reste vivant en nous de ce qu'ils ont été, ne pas les fuir mais les apprivoiser
 15/08/07 à 23h53
je suis beaucoup plus lâche que toi: je fuis les souvenirs comme la peste. Trop lourd... Mais certaines fois, ils parviennent tout de même à me rattraper au-travers de quelque chose qui me rappelle ce dont je ne veux pas me souvenir. Trop dur.. Vacheté de Loi des Choses.
Très poétique. Persévère.
 15/08/07 à 22h56
et même s'il neige sur notre peau
notre coeur palpite à l'évocation des souvenirs d'enfance
C'est un très joli texte!
 15/08/07 à 22h15
mais luminosité de la plume !

Grenadine
 15/08/07 à 21h57
vidépleins
tu es accro à PCC ! Et c'est un plaisir pour nous de te lire !

C'est sûre les rassemblements familiaux ,ne peuvent être remplacés par le PC et Webcam !!! Il n'y a pas les gros smack de la tante Gertrude, l'oncle Bernard qui pince les joues des enfants ...Les fous rires ...
... et le brouillard fraternel qui s'abat sur l'âpreté de la douleur du partir et sur la moitié d'un ciel qui perdit ses étoiles amortit la solitude...
merci !
 15/08/07 à 19h31
Ils sont beaux, tes souvenirs ! Merci à toi !
 15/08/07 à 19h21
d'ouvrir les images du souvenir. . Voir défiler la route pour se préparer à l'émotion . Prendre le temps de partir pour les vivre, fermer l'ordi, c'est bien aussi. .le temps s'écoule.