La rencontre de Tcheckhov, John Irving et Nick Drake ? J'en rêvais et Wes Anderson l'a fait. Ceux qui ont découvert ce cinéaste avec le redondant La vie aquatique seraient inspirés de reculer d'une case (2001) avec La Famille Tenenbaum faute de tout reprendre au début (Bottle Rocket en 1996, Rushmore en 1998). S'appuyant sur l'évidence que pour être drôle il faut être un peu, voire beaucoup, désespéré, Anderson fait de la dépression le ressort principal de ses films. Son allié ? La famille dysfonctionnelle. Ici on est gâté : comme Bill "Cousteau" Murray dans La Vie Aquatique, Gene Hackmann (génial) est un patriarche tyrannique à l'égoïsme flamboyant qui plombe une fratrie foutraque de mélancoliques surdoués (autre leit motiv de l'auteur). Le résultat pourrait être pesamment bergmanien (Intérieur !). Il est en fait irrésistible de fantaisie et de grave légereté. Le film fourmille d'idées culottées, de dialogues savoureux... Surtout il est porté par une distribution épatante (Angelica Huston, Ben Stiller, Gwyneth Paltrow dans son meilleur rôle) boosté par le gang des fidèles (les frères Luke et Owen Wilson, Bill Murray). Et puis qui sait mieux compiler qu'Anderson - fantasme inrockuptible -une BO de pop buissonière (Nico, Elliott Smith, Bob Dylan, Clash...) ? Personne. Une raison parmi d'autres qui fait de ce film un défintif attrape-coeur.
réactions : 1
lectures : 216
votes : 6


Je réagis à ce commentaire en
Je réagis à ce commentaire en 









desmoulins
publié le 1er août 06