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Ce film est apparemment passé inaperçu à sa sortie et quelque part je comprends. Son passage de temps à autre sur arte n'en fait pas non plus et pour autant un incontournable du cinéma. Alors pourquoi vous en parler ? Patience !
D'abord le sujet.
C'est un film sur la danse. Il ouvre sur la jeune fille et la mort une chorégraphie de Roland Petit dansée par Mikhail Barishnikov qui donne le ton. Le film est ensuite l'opposition de deux styles : Barishnikov passé du bolchoï à la danse moderne et Gregory Hines danseur de claquettes plutôt Porgie & Bess.
Le scénario est d'un anticommunisme assez primaire. Le danseur soviétique passé à l'ouest et revenu par accident dans le monde soviétique est capturé et confié à un danseur américain passé à l'est. La seule inconnue est : comment vont-ils tous les deux repasser à l'ouest ?
Ce scénario bien mince et bien conventionnel est toutefois confié à des acteurs solides : Isabella Rosselini, Hélène Mirren et surtout Jerzy Skolymovsky que je trouve là formidable.
De la danse on voit surtout le travail de préparation, dans un studio, au son d'un poste radio-lecteur de CD. De ce travail opiniâtre je garde aujourd'hui encore quelques frissons. Du travail et de la lutte des corps, du respect mutuel qui bientôt ouvre la voie de l'amitié entre les deux danseurs.
Mais voilà, tout cela est bien linéaire. Et le film est désormais brisé en deux pour moi par une scène où Barishnikov danse pour Mirren. Et ma vie n'a plus jamais été la même. J'ai découvert une voix. De celles qui te prennent au ventre, à la gorge et te laissent tremblant sur le bas-coté de la vie. J'avais découvert vladimir vissotsky. LE vissotsky comme on dit LA callas.
Ce petit film, qui vient loin derrière fame ou flashdance au box office des films de danse restera le film de cette découverte.
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