Indochine coloniale de l’entre deux guerres, la relation amoureuse entre une bachelière et un homme déjà mûr rentier chinois.
Style simple : phrases très courtes. Un récit autobiographique à l’état brut, sans fioritures. Récit imagé, une énorme sensualité, on ressent la peau, les caresses, l’amour qui est là, la passion entre les personnages et un certain fatalisme quant à l’issue de leur relation. Un peu tourné comme le script d’un film.
Et toujours la répétition du mot enfant qui revient. Une manière de rendre le récit plus imagé.
Une histoire d’amour écrite avec pudeur. On sent que l’instant sera unique que la fin de la liaison est inéluctable, mais que cette liaison était écrite, qu’elle ne pouvait pas ne pas exister.
Plus qu’une communion des corps, il y a également une communion des âmes, par leur silence, leur mots non dit. Il la comprend, elle le comprend. Communion d’autant plus intense qu’ils savent l’un et l’autre que cet instant ne durera pas.
Via cette aventure, l’enfant grandit, elle quitte l’enfance et tourne la page de son adolescence. Apprentissage également de la différence (une autre culture chinoise), de la solitude engendrée par cette différence. Initiation amoureuse, mais également apprentissage de la vie, le tout dans un certain fatalisme, une certaine douleur, mais sans regret parce que cet amour, elle le portera toujours au fond d’elle même et qu’il réchauffera ses vieux jours, d’où la rédaction de ce livre à un âge assez avancé par Marguerite Duras.
Livre destiné également à rétablir la vérité par rapport à son premier roman « L’amant « . le chinois a été un véritable amour voulu et non subi.
- « Elle se retourne, se blottit contre lui. Il l’enlace. Il dit qu’elle est son enfant, sa sœur, son amour. Il ne se souvient pas. Il a éteint la lumière. Il chante en chinois. Puis il pleure. Elle pleure avec lui sans savoir pourquoi »
- « Elle est dans une détresse insurmontable. L’amant est venu près d’elle, il a mis son corps contre le sien. Il dit qu’il sait ce qu’elle a en ce moment, ce désespoir, cette peine. Il dit que c’est comme ça quelque fois à une certaine heure de la nuit, ce désarroi, qu’il sait comme on est perdu. Mais que ce n’est rien. Que c’est comme ça pour tout le monde la nuit, quand on ne dort pas. Il dit que peut-être ils vont s’aimer qu’on ne sait pas tout de suite. »
- "Déjà elle sait, l’enfant, qu’ils resteront séparés, les uns des autres durant toute leur vie, car il e sont déjà dans le présent. Elle ne cherche pas pourquoi. Elle sait seulement que c’est ainsi."
Livre poétique, à fleur de peau... on peut presque sentir la caresse du vent, l'odeur du fleuve, er la chaleur étouffante...
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... d'être venue nous rappeler la petite musique de Duras. Je ne sais pas comment elle faisait.
pour ce beau texte qui donne envie de lire et relire Duras. Femme blessée, sensible, lucide. Qui sculpte sa langue avec une exceptionnelle sobriété.
mais marguerite reste une chienne non par sa morale sexuelle, ni par sa façon d'écrire nulle, mais parce qu'elle était une grande salope dans la vie de tous les jours et surtout avec ces anciens amis
..et c'est tellement vrai, ces quelques minutes qui s'égrennent....tombée du jour...souffrir d'amour n'est pas souffrir...et pourtant, comme nous aimerions les retenir, ces minutes d'intense bonheur, celles qui font déborder nos coeurs...et pleurer...
06/05/08 à 07h18
l'auteur dit "l'enfant" , je ne peux pas faire autrement que d'entendre "les enfants" , son amant malgré la difference d'âge est aussi candide qu'elle, ils sont beaux à voir tous les deux , beaux et tristes .


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nautes
publié le 5 mai 08