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Naissance d'une ânesse
 Naissance d'une ânesse
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Il y a des choix de vie. Parfois des choix de mort.
Il y a des choix d'amour ou de rupture.
Il y a les non choix.
Il y a les choix forcés.

Mais lorsque les personnes ne sont pas enchaînées, menottées aux montants d'un lit à baldaquins, contraintes sous l'impulsion de fouets hagards de dire ce que nous désirons entendre, on peut supposer que ce qui sortira de leur bouche sera de leur propre fait.

Donc de leur propre choix.
Il est donc possible dès lors de tabler sur un taux non négligeable d'EPO, à savoir un taux d'Envie de Parole Emise.

Miser sur la liberté de parole pose le problème de la responsabilité de la parole dès lors émise.
Puisqu'en toute logique, une parole idiote, insensée, mal pensée, diffamatoire ou cruelle n'aura plus alors la société, le monde, les autres, le bon dieu ou l'air du temps comme seul et unique responsable, comme seul et unique auteur.

Mais si l'on devient responsable de ses mots, comment continuer d'ouvrir la bouche ?
Ne va-t-on pas tourner notre langue à jamais, sans jamais oser et se déterminer à la plaquer enfin, et à émettre quelques sonorités distinctes ?

Il est certain que cela ferait sans doute du bien à nos oreilles si tous, nous prenions la peine de réfléchir un tant soit peu avant de parler.


Les paroles émises n'en seraient pas moins personnelles, elles ne dévoileraient pas moins nos desiderata.
Mais il serait alors plus facile de miser sur la prise en compte par l'autre de notre petite personne.

Et oui, puisque si par peur de notre jugement, la langue de l'un tournait quelques secondes de plus en bouche, c'est que pendant ce temps, notre identité se serait un peu plus imprimée dans son esprit vagabond.


Mais, si toute parole émise était véritablement pensée, mûrie, ressassée, lorsque celle-ci tombe telle un couperet et nous foudroie, ce ne serait alors plus une simple baffe qui nous frôlerait la joue. Ce serait l'ouragan Katrina dans toute sa force et sa splendeur nous ravageant la gueule jusqu'à y effacer point par point nos petites taches de rousseur estivales.

Que choisir alors ?
Une parole réfléchie et responsable, un nectar de pensée, 100 pour 100 brut de décoffrage ? Ou bien une parole ou reste une part d'inconnu, de précipitation, d'erreur possible ?
Faut-il laisser une marge d'erreur à l'autre, quitte à ne rien prendre de ce qu'il dira au sérieux, mais offrant la possibilité rassurante de pouvoir se tromper soi-même sans être fusillé au pilori ?

Je suppose que l'esprit vacancier et libertaire devrait m'inciter à prôner un peu de souplesse. Quitte à tomber dans le vaseux et la gélatine blougi- blouga.

Pourtant, je dois avouer un certain penchant pour une petite dose de fermeté. Et préférer les personnes ne disant mot plutôt que celles déballant ânerie sur ânerie, au point de me croire moi-même parfois devenue ânesse.
D'ailleurs, je cherche toujours ma carotte.
Le silence n'est pas d'or, il est seulement l'indication que la parole n'est jamais facile d'utilisation. Il serait si bon d'en tenir compte, un peu, parfois.



Toutes nos pensées au regretté Ulrich Mühe.
Et belle soirée à tous,
Sarah


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Voici les 31 dernières réactions à ce commentaire
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Rédacteur
 10/09/07 à 09h29
est ce un hasard , la parole
la parole n est rien d autre qu une facon detourner de deguiser nos pensees
ce n est pas de moi mais de young
toujours est il qu il n y a rien de plus futil et de plus necesaire que la parole
meme si comme tu dis le silence est preferable a la palabre ,
il n en reste pas moins que la parole est le prolongement de la pensee,
de meme que la main et le prolongement du bras et qu on ne saisit pas tout avec la main
mais on essaye de l ateindre, tant bien que mal
de meme pour quelqun qui parle on ne sait pas tout de lui, ni meme si il dit vrai ,mais on essaye de comprendre
et puis c est aussi sans compter avec l esprit de curiosite qui nous anime tous et qui echappe a toute logique
parler de soi ,pour soi,pour le plaisir
peut etre que je me trompe mais il y a chez toi
comme une volonte de parfaire le discours(je ne sais meme pas si ca se dit) mais pourquoi ne laisse tu pas l incoscient parler , qu importe si la phrase est brutal ou irreverencieuse , tout n est pas calculer et c est justement pour ca qu elle est peut etre revelatrice et meme salvatrice
l inconscient a cette particularite qui en fait ce qu il est , c est a dire incontrolable parce que libere de son carcan , de ses tabou , il hurle la brimade et le refoulement
mais bon tu t y connais mieux que moi en psychologie
 27/07/07 à 10h19
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Heureux de vous lire à nouveau, liitlle_by...
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répondre aux messages, mais si l'adresse n'est pas la bonne, y a comme un soucis !
Oui, les silences sont aussi éloquents que les paroles.

Quand on négocie (salaire, prix d'achat etc.), faire un silence, un très long silence juste après une proposition, et l'interlocuteur, gêné, améliore son offre. Quasi-automatiquement.

Ce n'est pas difficile... encore que tenir sa langue, parfois, si.
 26/07/07 à 08h25
cocorosa
Dire, même maladroitement, fait se découvrir l'autre.
meuh nan ! ouragan c'était Stéphanie de Monaco. Va falloir réviser tes classiques Saratoga
a +... sur la pointe des pieds...

... non-contredites par la suite du texte... (Non, je me relis, ça va... )

Mais de toute façon, son avis, on y tient, en général...
Alors voilà juste des mots comme ça, (comme les histoires de Kipling... Y'en a des siennes qui sont juste "comme ça..." traduction du titre... J'aimais bien quand j'étais petite...)

ça va recouper, mes trucs, certains propos déjà tenus en réactions, également, mais sa formulation propre, on y tient aussi.
ça permet de se définir ??

Ëtre responsable de se qu'on dit mais relativiser ?
Pour se permettre de continuer de poser des mots, dépasser la peur, le manque d'assurance, prendre le risque de parler, d'écrire..; sans savoir, sans être sûr, au préalable, de ce que ça va donner...

En général on est comptant de son audace, on se découvre...

On peut le faire sans forcément manquer de respect à autruit... Tant qu'on est pas bourré, en général... On est capable, de modérer, atténuer, en fin de phrase... par des : "je ne sais pas ce que toi tu en penses ?" Etc...

Non ?
 26/07/07 à 01h16

il y a de bonne vannes ?

 26/07/07 à 00h58
C'est dans les mémoires de Julien Green. Nan mais !

avec un rabbin.

Proust n'arrêtait pas de parler...
Oui, je sais, je cite peut-être un être exceptionnel, mais il est bon d'avoir ce genre de personnage sans sa ligne de mire.

Etant allé à l'opéra une fois avec des amis, il n'avait arr^été de parler, critiquant l'un, l'autre, diversant sociéte et politique.

Le lendemain , un de ses amis lui dit ouvertement qu'il le soupçonnait de ne s'être pas interessé de ce qu'il s'était passé sur scène.

Alors Proust, raconta dans les menus détails tout des décors, des habits, des prouesses et défaillances de l'un ou l'autre soliste.

Il est bon de parler. Cela n'empêche pas de vivre et ressentir. Au contraire.

ce n'est pas un critère qui permet de dire si l'un est bête ou pas. Dans les deux camps il y a de tout.

La responsabilité n'est-elle pas partout ? Paroles, actes, regards... Mais aussi dans les silences et les non actes...
... Et humilité devant l'aveu... Chapeau...

J'avoue... J'avais beaucoup de mal, moi aussi... :0p ...

Excellent exercice de diction somme toute... La baronne de Rothschild et les meilleures écoles de théâtre devrait l'inscrire à leurs programmes.
Hug.

je trouvais ses silences et la pose qu'elle prenait alors absolument charmants.
Jusqu'à ce que je me rende compte qu'elle était, disons, "gentille", et qu'elle ne parlait pas parce qu'elle ne pensait pas (j'exagère à peine).

La parole m'aurait fait, sinon éviter mon premier chagrin d'amour, au moins décaler celui-ci dans le temps…
...entre ceux qui parlent et ceux qui se taisent.

Mais l'enjeu est plutôt sur quelles paroles.

On peut beaucoup écouter tout en parlant beaucoup. Mais aussi parler peu mais uniquement de soi, tourné sur soi, et se moquer de l'autre.

Faut-il cliver entre langue de bois et langue de vipère ?

La spontanéité me paraît plus fraîche car faillible, plus humaine. Et celle-ci empêche l'expression lisse et parfaite de la pensée. D'ailleurs, si les mots précèdent la pensée, sont-ils pour autant moins authentiques ?
Devant l'île aux enfants, à 6 ans, j'ai mis du temps mais j'y suis arrivé... On prononce Gloubi-boulga.

Mais je ne suis pas sûre de l'orthographe en revanche.
...si nous savions ce que nous allions dire, nous ne prendrions sans doute pas la Parole.

Qui parle quand je parle? Il faut arriver à s'entendre pour le savoir... et mieux faire connaissance avec soi.
Petit bémol à votre enrichissant commentaire: le silence qui soutient la Parole est bien du métal le plus précieux!
C'est toujours un plaisir de vous lire.

 25/07/07 à 23h12
kedma
merci,me taire et bronzer,de vrais vacances
euh non je ne crois pas
 25/07/07 à 22h58
Bronze Kedma bronze !
Boh... Si je devais me contredire, je dirais que parfois un trait d'esprit, un jeu de mots, une parole dite dans l'immédiateté présente bien plus de beauté, d'intérêt, qu'un long discours fermenté des heures durant comme de la bière à 4 sous.

Bref... Tout est question de pression.

Petit mot pour Kedma : si je comprenais ce que j'écris, je ne l'écrirais sans doute pas.

Belle soirée à vous,
Sarah
 25/07/07 à 22h53
cherche pas, bronze et tais toi, c'est fait pour ç auassi les vacances
mais c'est peut-être parce que je suis en vacances

...

et merde.


 25/07/07 à 22h39
je me suis toujours demandée si je devais me taire ou parler, peur de me devoiler peur d'etre mal comprise, je ne sais pas, et puis j'ai decouvert pcc, où on n'est pas obligé de parler mais où on peut le faire aussi en toute liberté, dire ce qu'on pense et meme dire des betises, avoir le droit à l'erreur, etre leger ou lourd à l'envie
je crois aussi que la parole n'a de valeur que dans l'instant, elle est vraie au moment où on l'exprime meme si elle n'est pas juste
trop reflechir avant deparler denature la pensee, le sentiment fugace, l'impression premiere
plus je reflechis moins j'ai envie de parler, alors faut il ceder à son instinct et dire ce qui passe par la tete ou reflechir, peser, hesiter, choisir les mots, et finalement choisir de ne rien dire
 25/07/07 à 22h31
jéhess
comme tu m'connais bien!!!
j'écris, j'écris pas. je vote, je vote pas parce que
Je me sens trop âne pour vous parler
dans ce cas là je n’aurais même pas du vous l’écrire
Je me sens pas vraiment âne mais vous pensez que j’en suis un .
Les choix sont difficiles et dans une situation générale je me tais, c’est peut etre ce que j’aurais du faire depuis le début
 25/07/07 à 22h20
mais des fois, faudrait réfléchir un peu avant de se taire...
 25/07/07 à 22h13
jéhess
tout le temps, deviner à laquelle de tes questions se rapporte ce que tu viens d'entendre.
Et pour ça, faut pas toujours parler, mais écouter (ou lire )
A quoi s'ajuste notre parole ?
- A notre ressenti profond ?
- A une perception plus fine de l'autre ?
- A notre intérêt pour tel ou tel effet à produire sur d'autres ?
- A une opinion courante consensuel ou conflictuelle ?
- A un sentiment d'harmonie avec une ambiance, une situation ?