Au rayon des anciens dictateurs sanguinaires à la retraite et ne servant plus, il n’y en a plus beaucoup de vivants… et les autres ont eu majoritairement des morts paisibles. Enfin, politiquement parlant.
Si on balance certains noms dans le désordre, on se souvient de Pol Pot, de Bokassa, d’Amin Dada, de Pinochet, de Saddam Hussein (ah, celui-là, il a eu une mort assez violente, comme Ceaucescu), de Duvalier fils (ah non, celui-là, il lézarde toujours à Mougins), de Marcos, de Piete Botha, de Jaruzelski (ah non plus, il est toujours vivant)… (j’en oublie encore plein en Afrique et en Amérique latine).
…et puis… il y avait Suharto.
Je mets au passé car depuis le 27 janvier 2008, 13h10 heure locale, il ne parlera plus jamais javanais.
Suharto, 86 ans, hospitalisé à Jakarta depuis le 4 janvier 2008.
Il a imposé une terrible dictature à l’Indonésie pendant plus de trente années, de 1966 à 1998.
D’une enfance familialement très instable (ses parents se sont séparés et ont fondé d’autres foyers ; il a été ballotté d’un foyer à l’autre), Suharto avait réécrit toute sa biographie. Il se disait fils de paysans, mais sa grande culture le donnerait plutôt pour bâtard d’un grand aristocrate.
Commandant militaire, Suharto, un général, a réprimé dans le sang le ‘mouvement du 30 septembre 1965’ et a procédé à la dissolution du Parti communiste indonésien (PKI) qui en aurait été l’instigateur (il faut se rappeler qu’en 1964, il y avait trois ministres du PKI au gouvernement indonésien). Le massacre fut estimé d’un demi à un millions de victimes.
Fort de cette force armée, Suharto parvint à récupérer dès le 11 mars 1966 le pouvoir de Sukarno, père de l’indépendance de l’Indonésie (ce dernier mourut quelques années plus tard à 69 ans). Et il fut élu officiellement Président de la République indonésienne le 21 mars 1966 par une assemblée vaguement installée par Sukarno en 1959.
Pourquoi un tel coup de force ? Les Américains, qui avaient engagé leurs forces au Vietnam, craignaient l’ouverture d’un second front en Asie du Sud-Est, Sukarno voulant aligner Jakarta avec Pékin, Hanoi et Pyongyang.
Bizarrement, la nouvelle Indonésie de Suharto retrouva des sympathies avec les Occidentaux et fut accueilli de nouveau par l’ONU, le FMI et la Banque mondiale.
Très vite, comme dans toute dictature, l’économie se développa, et les investisseurs se ruèrent vers le potentiel très fort du pays (exploration pétrolière notamment).
Le revenu moyen par habitant passa de $70 à $1300, l’inflation de 600% à 6,5%. Le taux d’analphabétisme chuta, ainsi que le nombre de pauvres (de 56% à 12%).
Les revenus du pétrole (80% des exportations) financèrent les infrastructures, la santé, l’éducation. Beaucoup d’affairistes chinois en profitèrent pour y développer leurs entreprises.
Bref, une bonne dictature assainit toujours l’économie nationale.
Enfin, je plaisante, car c’était au prix fort. La répression contre les communistes et les islamistes coûta la vie à entre 300 000 et deux millions de personnes.
Une répression très musclée contre les émeutes à Jakarta en janvier 1974 à l’occasion de la venue du Premier Ministre japonais Tanaka pour contester les investissements massifs du Japon dans l’économie indonésienne.
200 000 personnes périrent également dans l’occupation du Timor oriental qui proclama son indépendance en décembre 1975 (c’est terrible : l’Indonésie a lutté contre les Pays-Bas pour son indépendance, et elle s’est retrouvée dans leur rôle avec le Timor oriental).
Sans doute longtemps soutenu par des puissances occidentales, Suharto fit partie du cercle très restreint des souverains les plus corrompus du monde : il se serait enrichi jusqu’à 40 milliards de dollars !
Du coup, on ne s’étonne plus du triste sort qui suivit et surtout, de sa cause.
La forte crise financière asiatique du 2 juillet 1997 plaça l’Indonésie dans une crise économique grave et durable (la roupie indonésienne s’effondra en perdant 80% de sa valeur à cause du flottement du baht thaïlandais), générant des émeutes à Jakarta.
Suharto dut démissionner (fut ‘déposé’ par le FMI ?) le 21 mai 1998 et bénéficia d’une très grande clémence par les pouvoirs qui se succédèrent : Habibie d’abord qui organisa en septembre 1999 les premières élections depuis 1955 qui virent la victoire de Wahid dit Gus Dur (face à Megawati Sukarnoputri) lui-même destitué en 2001 par l’assemblée laissant place à Megawati Sukarnoputri, la fille même de Sukarno qui était la vice-présidente de Gus Dur, mais elle perdit l’élection de 2004 face à Susilo Bambang Yudhoyono.
Depuis une dizaine d’années, l’Indonésie fait partie de ces pays où les nouvelles technologies doivent absolument être brevetées pour protéger les innovations et mettre des barrières efficaces à la concurrence mondiale.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Soeharto
Si on balance certains noms dans le désordre, on se souvient de Pol Pot, de Bokassa, d’Amin Dada, de Pinochet, de Saddam Hussein (ah, celui-là, il a eu une mort assez violente, comme Ceaucescu), de Duvalier fils (ah non, celui-là, il lézarde toujours à Mougins), de Marcos, de Piete Botha, de Jaruzelski (ah non plus, il est toujours vivant)… (j’en oublie encore plein en Afrique et en Amérique latine).
…et puis… il y avait Suharto.
Je mets au passé car depuis le 27 janvier 2008, 13h10 heure locale, il ne parlera plus jamais javanais.
Suharto, 86 ans, hospitalisé à Jakarta depuis le 4 janvier 2008.
Il a imposé une terrible dictature à l’Indonésie pendant plus de trente années, de 1966 à 1998.
D’une enfance familialement très instable (ses parents se sont séparés et ont fondé d’autres foyers ; il a été ballotté d’un foyer à l’autre), Suharto avait réécrit toute sa biographie. Il se disait fils de paysans, mais sa grande culture le donnerait plutôt pour bâtard d’un grand aristocrate.
Commandant militaire, Suharto, un général, a réprimé dans le sang le ‘mouvement du 30 septembre 1965’ et a procédé à la dissolution du Parti communiste indonésien (PKI) qui en aurait été l’instigateur (il faut se rappeler qu’en 1964, il y avait trois ministres du PKI au gouvernement indonésien). Le massacre fut estimé d’un demi à un millions de victimes.
Fort de cette force armée, Suharto parvint à récupérer dès le 11 mars 1966 le pouvoir de Sukarno, père de l’indépendance de l’Indonésie (ce dernier mourut quelques années plus tard à 69 ans). Et il fut élu officiellement Président de la République indonésienne le 21 mars 1966 par une assemblée vaguement installée par Sukarno en 1959.
Pourquoi un tel coup de force ? Les Américains, qui avaient engagé leurs forces au Vietnam, craignaient l’ouverture d’un second front en Asie du Sud-Est, Sukarno voulant aligner Jakarta avec Pékin, Hanoi et Pyongyang.
Bizarrement, la nouvelle Indonésie de Suharto retrouva des sympathies avec les Occidentaux et fut accueilli de nouveau par l’ONU, le FMI et la Banque mondiale.
Très vite, comme dans toute dictature, l’économie se développa, et les investisseurs se ruèrent vers le potentiel très fort du pays (exploration pétrolière notamment).
Le revenu moyen par habitant passa de $70 à $1300, l’inflation de 600% à 6,5%. Le taux d’analphabétisme chuta, ainsi que le nombre de pauvres (de 56% à 12%).
Les revenus du pétrole (80% des exportations) financèrent les infrastructures, la santé, l’éducation. Beaucoup d’affairistes chinois en profitèrent pour y développer leurs entreprises.
Bref, une bonne dictature assainit toujours l’économie nationale.
Enfin, je plaisante, car c’était au prix fort. La répression contre les communistes et les islamistes coûta la vie à entre 300 000 et deux millions de personnes.
Une répression très musclée contre les émeutes à Jakarta en janvier 1974 à l’occasion de la venue du Premier Ministre japonais Tanaka pour contester les investissements massifs du Japon dans l’économie indonésienne.
200 000 personnes périrent également dans l’occupation du Timor oriental qui proclama son indépendance en décembre 1975 (c’est terrible : l’Indonésie a lutté contre les Pays-Bas pour son indépendance, et elle s’est retrouvée dans leur rôle avec le Timor oriental).
Sans doute longtemps soutenu par des puissances occidentales, Suharto fit partie du cercle très restreint des souverains les plus corrompus du monde : il se serait enrichi jusqu’à 40 milliards de dollars !
Du coup, on ne s’étonne plus du triste sort qui suivit et surtout, de sa cause.
La forte crise financière asiatique du 2 juillet 1997 plaça l’Indonésie dans une crise économique grave et durable (la roupie indonésienne s’effondra en perdant 80% de sa valeur à cause du flottement du baht thaïlandais), générant des émeutes à Jakarta.
Suharto dut démissionner (fut ‘déposé’ par le FMI ?) le 21 mai 1998 et bénéficia d’une très grande clémence par les pouvoirs qui se succédèrent : Habibie d’abord qui organisa en septembre 1999 les premières élections depuis 1955 qui virent la victoire de Wahid dit Gus Dur (face à Megawati Sukarnoputri) lui-même destitué en 2001 par l’assemblée laissant place à Megawati Sukarnoputri, la fille même de Sukarno qui était la vice-présidente de Gus Dur, mais elle perdit l’élection de 2004 face à Susilo Bambang Yudhoyono.
Depuis une dizaine d’années, l’Indonésie fait partie de ces pays où les nouvelles technologies doivent absolument être brevetées pour protéger les innovations et mettre des barrières efficaces à la concurrence mondiale.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Soeharto
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une dictature confisque toujours des droits, au profit de ceux qui peuvent en faire des affaires...
Celles qui confisquent et celles qui permettent de faire des affaires... Qui croyez nénéficie du soutien du FMI et de la bienveillance de ses voisisn plus riches et plus puissants...?
Comme quoi, en politique, il n'y a que les cigares qui changent de becs...
Oh, mon Dieu, j'ai été politiquement inkorrect...
Comme quoi, en politique, il n'y a que les cigares qui changent de becs...
Oh, mon Dieu, j'ai été politiquement inkorrect...
(enfin, quand on ne casse pas trop la pyramide des âges).
belles photos chez toi
(oui, pub gratuite, c'est les soldes !).
(oui, pub gratuite, c'est les soldes !).
miaou!

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Jules Félix
publié le 30 janvier 08