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A propos du livre-film le parfum
 A propos du livre-film le parfum
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catégorie : critique ou information sur l'oeuvre ou l'artiste
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C'est un livre qui m'a à la fois fasciné et dérangé . Fascination dans le développement de l'art de capter, traquer les odeurs. Dérangée par le développement insidieux de la folie du personnage. Néanmoins la narration de l'histoire de celui-ci dés sa naissance nous permet de comprendre comment elle s'organise et peut-être comment elle devient, paradoxalement, vitale pour le héro. Quant à la réalisation, elle restitue complètement l'étrangeté du personnage et la fascination qui s'exerce sur nous pourrait nous faire basculer dans le fait d'apprécier "ce monstre" qui va naitre devant nous au fil des pages et de l'histoire, mais qui n'a aucune conscience de sa cruauté. C'est vraiment une création littéraire pour moi.
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Rédacteur
« A l'époque dont nous parlons, il régnait dans les villes une puanteur à peine imaginable pour les modernes que nous sommes. Les rues puaient le fumier, les arrière-cours puaient l'urine, les cages d'escalier puaient le bois moisi et la crotte de rat, les cuisines le chou pourri et la graisse de mouton; les pièces d'habitation mal aérées puaient la poussière renfermée, les chambres à coucher puaient les draps graisseux, les courtepointes moites et le remugle âcre des pots de chambre. Les cheminées crachaient une puanteur de soufre, les tanneries la puanteur de leurs bains corrosifs, et les abattoirs la puanteur du sang caillé. Les gens puaient la sueur et les vêtements non lavés; leurs bouches puaient les dents gâtées, leurs estomacs puaient le jus d'oignons, et leurs corps, dès qu'ils n'étaient plus tout jeunes, puaient le vieux fromage et le lait aigre et les tumeurs éruptives. Les rivières puaient, les places puaient, les églises puaient, cela puait sous les ponts et dans les palais. Le paysan puait comme le prêtre, le compagnon tout comme l'épouse de son maître artisan, la noblesse puait du haut jusqu'en bas, et le roi lui-même puait, il puait comme un fauve, et la reine comme une vieille chèvre, été comme hiver. Car en ce XVIIIe siècle, l'activité délétère des bactéries ne rencontrait encore aucune limite, aussi n'y avait-il aucune activité humaine, qu'elle fût constructive ou destructive, aucune manifestation de la vie en germe ou bien à son déclin, qui ne fût accompagnée de puanteur. Et c'est naturellement à Paris que la puanteur était la plus grande, car Paris était la plus grande ville de France. Et au sein de la capitale il était un endroit où la puanteur régnait de façon particulièrement infernale entre la rue aux Fers et la rue de la Ferronnerie, c'était le cimetière des Innocents. (...) Or c'est là, à l'endroit le plus puant de tout le royaume, que vit le jour, le 17 juillet 1738, Jean-Baptiste Grenouille. »
 07/07/08 à 00h05
Le livre dit peut-être mieux que le film à quel point il s'agit, à travers le comportement intriguant du personnage de Grenouille, d'une métaphore. La métaphore, du moins je peux le supposer, il m'est possible de me tromper, la métaphore d'une fragilité. Le personnage est perpétuellemnt en danger, il échappe à ce danger en absorbant, en captivant l'élergie des autres, ici matérialisée par les odeurs. Ce sont les autres qui, jusqu'à la fin où il se livre aux pauvres, ce sont les autres qui s'abandonnent là où ils pensaient le prendre ou le lâcher.
L'écriture est particulièreemnt fine et intelligente, interprétable à plusieurs niveaux, parfois contradictoires. Il y a dans ce style ce que pour ma part je nomme de la "poésie", c'est-à-dire, à mon sens, la capacité de dégager par les mots, une infinité de significations possibles, ouvertes, parfois excitantes et joyeuses (comme une revanche ou le fait d'échapper à un danger) et, parfois, mélancolisantes, si l'on ose employer ce néologisme. Pour ma part, c'est un des meilleurs livres de la fin du XXe siècle. Le film est plus discutable sur le plan cinématographique, justement parce qu'il ne peut pas parvenir à la capacité imaginaire du livre. Le contraire aurait été étonnant.
 06/07/08 à 22h52
on te reçoit
 06/07/08 à 22h14
Handy Capt
un texte, un livre (son auteur) éveille mes sens avec un grand S ma vie prend tout le sien, de sens