Sylvie était secrétaire dans une grosse boite d’immobilier à Paris . Elle revêtait volontairement dans tous les détails les stéréotypes de sa classe socioprofessionnelle .Blonde décolorée, les ongles peints au bout de chaque doigts bagués. Elle commençait à ranger ses affaires à 16h 45 pour partir à 17h juste.
En fait de milieu très modeste , elle avait compris qu’il fallait rester à sa place, ne pas déranger le monde, dans cette carapace là , elle était tranquille , à l’abri des regards . Célibataire , et bien décidée de le rester , la quarantaine ; une photo de son chat Guevara posé en évidence sur son bureau , elle régnait dans son monde du silence . Son jardin secret était tout autre :son enfance difficile et les épreuves de la vie la rapprochèrent de toutes ces expressions de la souffrance dites avec une créativité qu’elle aurait aimé pouvoir lâcher . Autodidacte, elle était passionnée d’art contemporain, de littérature et d’opéra : avouez que ça fait désordre, nul n’avait besoin de le savoir ! Ces passions là elle les vivaient comme une pomme volée aux riches, aux nantis .
Les cadres ne la voyaient même pas , ils déposaient leurs manuscrits pattes de mouche ( ça fait important ) , ou leurs dictaphones où ils marmonnaient leurs courriers à taper sans soucis d’être lisibles ou compréhensibles : les secrétaires se débrouillent , elles sont payées pour ça !
Ce matin Grégoire Coben-Redite , le cadre dit supérieur , cheveux gris longs et hirsutes , pour bien afficher que lui il avait « fait mai 68 », ce qui ne l’empêchait pas d’avoir comme intérêts principaux : le golf et de parader dans sa Ferrari de collection : mais enfin, on est bobo ou on ne l’est pas …. Il avait donc, dit d’un ton désinvolte et comme acquis d’avance : « Sylvie , vous m’apporterez un café sans sucre dans mon bureau, s’il vous plaît « !
En un éclair , dans sa tête fleurit : café : 1665 cafeh, emprunté au turc « kahve, lui même pris de l’arabe : « gähwäh boisson enivrante », et peut être de l’italien de Venise « caffe » .
Ce qui ne l’empêcha pas de répondre du tac au tac : « Mr Coben-Redite, aujourd‘hui , comme pour les pompes à essence , c’est self service , la machine est au fond du couloir à droite ! « . Il la regarda ahuri et marmonna on ne sait quoi d’anti-révolutionnaire , voir tout à fait réac’ qui n’allait pas du tout , mais alors pas du tout avec sa coiffure, et partit à grandes enjambées …
Sa collègue Jennifer lui apprit que le nouveau grand patron nommé avait épluché les fiches de tout le personnel . Tout le monde était sur son 31, dossiers à jour et rangés au cas où, sauf Sylvie qui ignorait superbement tout ce ramdam .
Lorsque tout à coup : Mr de Sangbleumérouge entra et alla directement voir Sylvie, lui dit bonjour courtoisement l’appelant par son nom de famille et lui demanda aimablement de bien vouloir lui régler un RDV professionnel important avec billets de TGV.
Quand Sylvie voulu prendre note , son nez se mit à couler . Elle farfouilla nerveusement dans son sac à la recherche d’un mouchoir en papier, lorsqu’une invitation à un vernissage dans une galerie à l’occasion d’une exposition sur Chu Teh-Chun glissa au sol .
Elle rougit et l’a réenfouit dans son sac en marmonnant : « on est envahit par la pub « . La patron sourit mais ne dit rien, il la regardait . Je veux dire il la regardait vraiment, pas distraitement, pas un regard vide de toute pensée , non, une véritable attention bienveillante .
Sylvie voulu évacuer son trouble comme on chasse une mouche : il ne fallait pas être démasquée . « Bien Mr « dit elle simplement sans rien ajouter .
Suite au prochain épisode .....
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tu reconnais mon style ! 

je sors c'est cela l'expression consacrée?
( et entre nous comment peut on penser que tu n aies pas écrit cela?)
( et entre nous comment peut on penser que tu n aies pas écrit cela?)
très bien senti
mais j'ai pas trop envie de l(histoire d'amour que je sens profiler là ....
à moins qu'il ne soit un faux cadre
et sans bleu
mais j'ai pas trop envie de l(histoire d'amour que je sens profiler là ....
à moins qu'il ne soit un faux cadre
et sans bleusouffler mot de la suite .... Enfin douce86 , je veux bien la suite , mais les modérateurs ne croient pas que c'est moi qui l'ai écrit, alors ils hésitent !!!
Pour moi , c'est un peu flatteur, mais ce serait quand même dommage pour vous de rater le reste ....
voltuan : quel plaisir de donner un grand coup de pied aux préjugés , aux images sociales figées !
Pour moi , c'est un peu flatteur, mais ce serait quand même dommage pour vous de rater le reste ....
voltuan : quel plaisir de donner un grand coup de pied aux préjugés , aux images sociales figées !
05/05/08 à 15h55
nous échappent le plus; où l'on est surpris d'être un autre tout en étant nous-mêmes...

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Y en a bien de soixante-huitards dont il ne reste de leur glorieux passé que la "coiffure".
Et bien Sylvie prouve qu'une secrétaire est autre chose qu'une bonne à tout faire.
Les patrons le comprennent-ils tous?
Allo-oui, merci pour m 'avoir offert la primauté de ce texte .
Et bien Sylvie prouve qu'une secrétaire est autre chose qu'une bonne à tout faire.
Les patrons le comprennent-ils tous?
Allo-oui, merci pour m 'avoir offert la primauté de ce texte .


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allo-oui
publié le 5 mai 08