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En 1989 je travaillais dans un établissement financier dont le patron, outre ses talents de gestionnaire, avait deux amours, l’équipe de football de la région dont il était originaire et Léo Ferré.

A l’occasion de la sortie d’un livre de dessins consacré au chanteur, il avait invité dans les très chics salons de l’Automobile Club, la fine fleur de la banque et de l’assurance parisienne. Plus de trois cents personnes se retrouvèrent ainsi dans un salon surpeuplé et surchauffé.

Léo Ferré chanta pendant deux heures et demi avec un plaisir visible devant un public ravi, descendant de la petite estrade lui servant de scène, dialoguant sans gêne avec ces financiers. Pour moi, qui avait plusieurs fois déjà été l’écouter dans des salles parisiennes, cette proximité reste le plus grand souvenir que j’ai de lui.

J’imagine – de fait, je suis sûr, que beaucoup de ces spectateurs votaient et on continué de voter à droite. De son côté, Léo Ferré ne nous avait pas quittés converti aux beautés du libéralisme intégral.

Moralité, si je puis me permettre : vive les « contradictions internes », non du capitalisme, mais de chacun de nous ; un vote politique n’induit ni n’exclut des goûts artistiques, littéraires, musicaux – et c’est ainsi que l’Homme est grand ! pour paraphraser Alexandre Vialatte.

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Voici les 23 dernières réactions à ce commentaire
 Date
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Rédacteur
 13/05/07 à 23h43
myriam78
 13/05/07 à 21h48
populaires de Brassens l'émeuvent pourquoi pas. Le problème est que la personnalisation accrue de la politique conduit les politiques à mettre en avant leurs goûts littéraires, artistiques, dont, à la limite, nous nous fichons. De Gaulle ne tombait pas dans ce travers, Chirac non plus!
Faîtes-nous une bonne politique et aimez qui vous voulez, devrions-nous leur dire.
 13/05/07 à 21h15
oxymores

car mis à part sa brève participation chez les anars,il ne militait
et c'était un passionné de la liberté individuelle qui s'accordait mal avec un appareil de parti....
 13/05/07 à 21h02
Gadjoalone, je ferais pour ma part une distinction supplémentaire, au sens où l'idéologie n'est pas le coeur de métier des financiers dont tu parles contrairement à nos hommes politiques.
Je ne porte d'ailleurs pas ici de jugement sur les thèmes développés par NS.

Mais l'idéologie développée par NS ces derniers mois ne me parait pas compatible avec une passion déclarée pour Brassens. C'est tout ce que je veux souligner.
réponse ; aprsè tout, NS aime peut-être Brassens, comme des banquiers admiraient Léo dont les valeurs étaient opposées aux leurs. J'ai entendu NS parler avec émotion de "Belle du Seigneur" chez Giesbert, je crois. C'était peut-être préparé, et tout et tout, mais pourquoi ne pas donner crédit aux gens, y compris lui, de ce qu'il dise. FM était socialiste (?) et aimait Chardonne, bon, ne soyons pas monobloc - et ne "sectarisons" point.
Cela posé, ni B ni Léo n'eussent été à la Concorde, c'est évident.
 13/05/07 à 20h38
oxymores

cela fait avancer en s'amusant

de soi - même.et en emmerdant

la pensée unique. Tout bénef
 13/05/07 à 20h32
... d'enfoncer les portes ouvertes avec de gros sabots.
Oui, on a tout a fait le droit de travailler dans la finance et d'aimer Léo Ferré (j'en sais quelque chose, soit dit en passant).
Et on peut même avoir une orientation politique différente de celle de l'artiste que l'on admire, heureusement.

Par contre, je suis plus géné par les "contradictions externes", quand on communique à tout va sur certaines valeurs et que l'on affirme être un grand admirateur d'un pourfendeur de ces valeurs.

Bien sûr, je reconnais qu'il reste délicat de tracer un parallèle entre des époques différentes. Mais je reste persuadé que vivants, ni Brassens ni Ferré ne seraient allés chanter place de la Concorde le 6 mai...
évidente - mais, bon....
 13/05/07 à 20h25
sister ray
C'est supposé être un compliment ?
 13/05/07 à 19h33
sister ray
Je pense que la méchanceté que vous croyez voir dans mon commentaire est dans la lecture que vous en faites.
Mais si vous avez des choses à dire, je vous invite bien volontiers à les exprimer dans les réactions juste en dessous.
 13/05/07 à 19h09
sister ray
réponse à votre MP : j'ai mis ça parce qu'il n'y avait pas de case "méchante".
 13/05/07 à 18h46
sister ray
Gimme five !
que ne ferait pas hyppie.
Sacré Léo, quand même!
 13/05/07 à 18h19
le grand léo, moi je ne l'ai vu qu'une fois, à la fête de l'huma (ou de LO, ou de la Ligue si ça se trouve, je ne me souviens plus trop bien, ne soyons pas sectaire), bien vieux, tenant à peine debout...
et tu vois, ben tous ces cocos pleuraient presque en écoutant "ni dieu ni maitre"
et ça aussi, c'était beau.
les contradictions y en a aussi dans chaque camp (j'en sais qqchose!)
salut, beatnik!