Du raisin noir pour faire passer le goût du rien. Du rien? Non, pas vraiment. Un moût déjà très riche d'idées et d'émotion, en fait, mais juste quelques grains raflés. Ma soif de consistance doit s'abreuver ailleurs. Ailleurs que dans ma soif.
L'écran. Je suis debout devant l'écran: les yeux d'Henry Fonda rencontrent les miens en rivière et je plonge dans l'histoire des petites gens, guidés par leur seul désespoir et ce désir de vivre qui nous accroche aveuglément. La pile de linge occupe mes mains, tâche mécanique pour mon humilité. Je suis docilement le regard clair et la mâchoire carrée et je me perds dans la beauté des images noires et blanches, prise par le savoir-faire de Ford, mis au service du souffle pour qu'il l'emporte sur la pitié ou la démonstration.
La Terre promise n'existe pas, et c'est tant mieux, Sinon il n'y aurait pas d'histoire, lutte à toujours recommencer. Toujours repasser dans les plis, les défroisser du mieux qu'on peut pour enrayer la crise et sa grande entreprise de démolition. Mon scénario sans fond paraît bien creux au regard de la fresque que l'Irlandais nous peint, sûr de ses outils et de son propos. Le sien est légitime, son histoire et la leur en garants. L'histoire est une suite de faits, réels et fantasmés, rassemblés par un oeil distancié qui lui impose sa vision. Sinon, il n'y a pas d'histoire. Je fais les gestes dans le sens du tissu, le seul qui en ait un. Je construis une pile, j'échafaude dans l'instant, à mesure que la trame se déroule.
Les images dans la tête, sa clarté dans mes yeux, , je vais chercher la bouteille d'eau, vaguement à la tâche quand même. Deux secondes d'absence. Ah, le film est fini. Mais je connais la fin. Je me la repasse en mémoire. Elle est bleue et très claire.
L'écran. Je suis debout devant l'écran: les yeux d'Henry Fonda rencontrent les miens en rivière et je plonge dans l'histoire des petites gens, guidés par leur seul désespoir et ce désir de vivre qui nous accroche aveuglément. La pile de linge occupe mes mains, tâche mécanique pour mon humilité. Je suis docilement le regard clair et la mâchoire carrée et je me perds dans la beauté des images noires et blanches, prise par le savoir-faire de Ford, mis au service du souffle pour qu'il l'emporte sur la pitié ou la démonstration.
La Terre promise n'existe pas, et c'est tant mieux, Sinon il n'y aurait pas d'histoire, lutte à toujours recommencer. Toujours repasser dans les plis, les défroisser du mieux qu'on peut pour enrayer la crise et sa grande entreprise de démolition. Mon scénario sans fond paraît bien creux au regard de la fresque que l'Irlandais nous peint, sûr de ses outils et de son propos. Le sien est légitime, son histoire et la leur en garants. L'histoire est une suite de faits, réels et fantasmés, rassemblés par un oeil distancié qui lui impose sa vision. Sinon, il n'y a pas d'histoire. Je fais les gestes dans le sens du tissu, le seul qui en ait un. Je construis une pile, j'échafaude dans l'instant, à mesure que la trame se déroule.
Les images dans la tête, sa clarté dans mes yeux, , je vais chercher la bouteille d'eau, vaguement à la tâche quand même. Deux secondes d'absence. Ah, le film est fini. Mais je connais la fin. Je me la repasse en mémoire. Elle est bleue et très claire.
réactions : 30
lectures : 134
votes : 25
Voici les 30 dernières réactions à ce commentaire
Date
Titre (cliquez pour lire)
Rédacteur
je vous dois un MP.
ou cinq
bises.
.

.
.
.
.
cinémathèque
javascript
opup('cinema.php?id_cinema=1','','450','400',0)
opup('cinema.php?id_cinema=1','','450','400',0)Tu connais le reste du programme?
Ca a l'air passionnant !
Ca a l'air passionnant !
extrait du CM de Dr Elliott, Maîtresse de Conf invitée à Paris 25
http://www.youtube.com/watch?v=iVMDyJrAyZE
http://www.youtube.com/watch?v=iVMDyJrAyZE
je te trouve un peu élitiste, pour une simple terrine virtuelle, quand même !


Bravo, ma chère!
"je vous auraiT trop manqué", tu n'as pas honte ?!
tin tin tin!!! ...
rétrospective Histoire de l'Amérique (avec Les Rasins de la colère, passage obligé; en plus le bouquin est au programme du CAPES et de l'Agreg d'anglais 2008)
rétrospective Histoire de l'Amérique (avec Les Rasins de la colère, passage obligé; en plus le bouquin est au programme du CAPES et de l'Agreg d'anglais 2008)
têtes de chien (joke!)
"Tout passe, tout casse, tout lasse, tout s'efface"
alors bleu ou rose, finalement...
ce qui importe, ce sont les yeux d'Henry Fonda !
(le film va passer au Ciné en plein air le 5 août à la Villette :
http://www.villette.com/manif/manif.aspx?id=1052 )
alors bleu ou rose, finalement...

ce qui importe, ce sont les yeux d'Henry Fonda !
(le film va passer au Ciné en plein air le 5 août à la Villette :
http://www.villette.com/manif/manif.aspx?id=1052 )
déjà morts!
Il est revenu au rose, le bougre...
Il est revenu au rose, le bougre...
mon clavier est envoûté !
"qui ne veut rien dire" et pas "qui ne veut pas rien dire", ohlala, je vais y arriver ou pas ?

"qui ne veut rien dire" et pas "qui ne veut pas rien dire", ohlala, je vais y arriver ou pas ?

pas "reprérés" qui ne veut pas rien dire, aux dernières nouvelles !
je les avais reprérés, ceux-là... pas très discrets, en même temps !


sans compter l'équipe de rugby du weekend!!!!
PCC va devoir te filer une médaille d'assuidité, Dairine...
et où est Constance, au fait ? je l'ai loupée ou bien ?
et où est Constance, au fait ? je l'ai loupée ou bien ?
1. je n'ai pas dit que "tom joad" n'était pas un album des années 90. juste précisé qu'il n'avait rien à voir avec les daubes springsteeniennes de cette décennie-là.
2. en acquérant récemment cet album, j'en ai profité pour me racheter un album pas trop connu, "tunnel of love", qui amha est l'un de ses [possessif...
] albums des années 80.
3. « éponyme » est un mot que j'aime bien aussi...
2. en acquérant récemment cet album, j'en ai profité pour me racheter un album pas trop connu, "tunnel of love", qui amha est l'un de ses [possessif...
3. « éponyme » est un mot que j'aime bien aussi...
ben pourtant, Scriptural, l'album éponyme (j'adore caser des mots qui font bien, de temps à autre) date de 1995... c'est-y pas en plein milieu des années 90, ça ?


5 !
Film à revoir pour sa superbe photo en noir et blanc, ou à découvrir sur grand écran...
springsteen est redevenu l'un de mes chanteurs préférés grâce à cet album. l'un de ces plus beaux, amha.
(et rien à voir avec ses daubes des années 90.)
(et rien à voir avec ses daubes des années 90.)
Searchin for the ghost of Tom Joad
Now Tom said Mom wherever there's cop beatin' a guy
Wherever a hungry newborn baby cries
Where there's a fight 'gainst blood and hatred in the air
Look for me Mom I'll be there
Wherever there's somebody fightin' for a place to stand
Or decent job or helping hand
Wherever somebody's strugglin' to be free
Look in their eyes, mom you'll see me"
(Bruce Springsteen)

Now Tom said Mom wherever there's cop beatin' a guy
Wherever a hungry newborn baby cries
Where there's a fight 'gainst blood and hatred in the air
Look for me Mom I'll be there
Wherever there's somebody fightin' for a place to stand
Or decent job or helping hand
Wherever somebody's strugglin' to be free
Look in their eyes, mom you'll see me"
(Bruce Springsteen)

Referential failure - Truth-value gap.

Je réagis à ce commentaire en
Je réagis à ce commentaire en 

sissi
publié le 23 juillet 07