Chaque année, ce sont plus de 800 millions de touristes qui parcourent désormais la planète.
Et parmi ces 800 millions de personnes, combien sont-elles susceptibles de nous assommer avec leurs récits de voyage ?
Car s’il est un fléau dont on parle peu mais qui fait des ravages dans nos soirées, ce sont bien ces souvenirs à n’en plus finir racontés au retour de périples plus ou moins passionnants.
En effet, on connaît tous une personne (mais rarement plus de trois, sinon cela confine au masochisme) capable de monopoliser la parole et l’attention tout un dîner avec son récit extraordinaire, à grands renforts d’anecdotes interminables et de diaporamas sans fin (on peut dire merci aux clés USB 2 Go et aux ordinateurs portables).
Le fait est que, pour qui souhaite partager avec ses contemporains les joies du voyage, la concurrence se fait de plus en plus vive.
A l’heure à laquelle la télévision fourmille de milliers de documentaires sur des destinations lointaines et au moment où le premier revenu peut longuement s’épancher sur son blog nomade, il ne suffit plus de quelques anecdotes pour impressionner un public désormais blasé.
Dieu merci, Matthias Debureaux, auteur du livre « De l’art d’ennuyer en racontant ses voyages », a pensé à ces globe-trotters.
Et grâce à ses tuyaux, ils auront de nouveau la possibilité de briller de mille feux au retour de leurs congés payés !
Pêle-mêle, j’ai relevé pour vous les conseils suivants :
- Restez énigmatique, en évitant de trop en dire.
Ainsi, on commencera par exemple une discussion par un "l'Afrique, ça se raconte pas... Ca se vit...".
On peut d’ailleurs adapter la formule à toutes les sauces, que l’on parle de l’Argentine, du Bénelux ou de la France profonde. Ceci dit, commencer une discussion par un « La Meurthe-et-Moselle, ça se raconte pas… Ca se vit… » relève tout de même de la gageure.
Bien sûr, une fois cette sentence posée, il convient néanmoins d’enchaîner, après un long silence, par un « Mais je vais quand même essayer… ». Il ne faudrait tout de même pas que l’on en profite pour parler d’un autre sujet ou de quelqu’un d’autre !
- Parlez non de voyage mais "d'aventure spirituelle et humaine", de "moments de grâce" et de "rencontres magiques".
Et peu importe si vous avez surtout passé votre temps à jouer au billard avec un agent d'assurance suisse et un étudiant en informatique poitevin.
- N’'abordez que les moments de bravoure et les moments « authentiques ».
Ainsi, nul besoin d’ennuyer son auditoire avec les détails techniques de votre périple. Et de votre voyage en Indonésie, abordez de préférence votre unique expérience de trajet à l’arrière d’un camion transportant du bétail.
A l’inverse, inutile de préciser que vous avez ensuite passé 10 jours en club avec piscine et soirée disco. Et ce même si vous mourez d’envie d’évoquer LA grande fierté de votre séjour, à savoir votre victoire au concours de karaoké grâce à une mémorable imitation de Gilbert Montagné.
- Captivez votre auditoire.
D’ailleurs, si un impudent ose évoquer son propre voyage, n’hésitez pas à relever les manquements de son périple ainsi que les faiblesses de son récit. On n’est pas là pour entamer un débat ! On n’est là pour vous écouter et éventuellement poser quelques questions.
- Feignez de vouloir donner l’envie à vos interlocuteurs d’entreprendre le même périple fabuleux que vous.
Vous ne manquerez pas au passage de mettre en garde quiconque semblerait intéressé quant aux longs préparatifs et aux risques inhérents à une telle aventure. Terminez en vous montrant néanmoins rassurant et en promettant au jeune impétueux vos précieux conseils.
- Laissez traîner chez vous des indices, tels ce sac du Duty Free de Macao ou les étiquettes d’aéroport négligemment « oubliés » sur vos bagages.
Toutes les occasions sont bonnes pour provoquer les questions.
- Rappelez autour de vous combien vous manquent vos « vrais amis » du bout du monde.
Par exemple, ne loupez aucune occasion d’évoquer Iourg le jeune Mongol, ce « fier fils du vent », qui est devenu plus qu’un frère (euh… un frère et demi ?).
On saluera au passage la performance, vu que vous n’aurez passé que 2 jours dans son village. Et que ledit Iourg était en fait le garagiste chargé de réparer votre 4x4 Toyota, véhicule que vous n’auriez d’ailleurs pas endommagé si vous n’aviez pas percuté une bergerie en conduisant avec 1,4 grammes d’alcool dans le sang (« Hé ho ! C’est les vacances, merde ! »)…
- Expliquez le plus longtemps possible que vous « revenez de » l’endroit dont vous avez tant parlé, même si c’était il y a six mois.
- etc…
N’en jetons plus.
L’ouvrage fourmille de nombreux « conseils » de ce type au voyageur de retour, cet « exploraseur » en puissance comme le nomme l’auteur.
Même si l’on est ici davantage dans la caricature, nombre d’amateurs de voyage pourront en effet se reconnaître en filigrane.
Mais que cela ne nous empêche pas de voyager quand même…
Et parmi ces 800 millions de personnes, combien sont-elles susceptibles de nous assommer avec leurs récits de voyage ?
Car s’il est un fléau dont on parle peu mais qui fait des ravages dans nos soirées, ce sont bien ces souvenirs à n’en plus finir racontés au retour de périples plus ou moins passionnants.
En effet, on connaît tous une personne (mais rarement plus de trois, sinon cela confine au masochisme) capable de monopoliser la parole et l’attention tout un dîner avec son récit extraordinaire, à grands renforts d’anecdotes interminables et de diaporamas sans fin (on peut dire merci aux clés USB 2 Go et aux ordinateurs portables).
Le fait est que, pour qui souhaite partager avec ses contemporains les joies du voyage, la concurrence se fait de plus en plus vive.
A l’heure à laquelle la télévision fourmille de milliers de documentaires sur des destinations lointaines et au moment où le premier revenu peut longuement s’épancher sur son blog nomade, il ne suffit plus de quelques anecdotes pour impressionner un public désormais blasé.
Dieu merci, Matthias Debureaux, auteur du livre « De l’art d’ennuyer en racontant ses voyages », a pensé à ces globe-trotters.
Et grâce à ses tuyaux, ils auront de nouveau la possibilité de briller de mille feux au retour de leurs congés payés !
Pêle-mêle, j’ai relevé pour vous les conseils suivants :
- Restez énigmatique, en évitant de trop en dire.
Ainsi, on commencera par exemple une discussion par un "l'Afrique, ça se raconte pas... Ca se vit...".
On peut d’ailleurs adapter la formule à toutes les sauces, que l’on parle de l’Argentine, du Bénelux ou de la France profonde. Ceci dit, commencer une discussion par un « La Meurthe-et-Moselle, ça se raconte pas… Ca se vit… » relève tout de même de la gageure.
Bien sûr, une fois cette sentence posée, il convient néanmoins d’enchaîner, après un long silence, par un « Mais je vais quand même essayer… ». Il ne faudrait tout de même pas que l’on en profite pour parler d’un autre sujet ou de quelqu’un d’autre !
- Parlez non de voyage mais "d'aventure spirituelle et humaine", de "moments de grâce" et de "rencontres magiques".
Et peu importe si vous avez surtout passé votre temps à jouer au billard avec un agent d'assurance suisse et un étudiant en informatique poitevin.
- N’'abordez que les moments de bravoure et les moments « authentiques ».
Ainsi, nul besoin d’ennuyer son auditoire avec les détails techniques de votre périple. Et de votre voyage en Indonésie, abordez de préférence votre unique expérience de trajet à l’arrière d’un camion transportant du bétail.
A l’inverse, inutile de préciser que vous avez ensuite passé 10 jours en club avec piscine et soirée disco. Et ce même si vous mourez d’envie d’évoquer LA grande fierté de votre séjour, à savoir votre victoire au concours de karaoké grâce à une mémorable imitation de Gilbert Montagné.
- Captivez votre auditoire.
D’ailleurs, si un impudent ose évoquer son propre voyage, n’hésitez pas à relever les manquements de son périple ainsi que les faiblesses de son récit. On n’est pas là pour entamer un débat ! On n’est là pour vous écouter et éventuellement poser quelques questions.
- Feignez de vouloir donner l’envie à vos interlocuteurs d’entreprendre le même périple fabuleux que vous.
Vous ne manquerez pas au passage de mettre en garde quiconque semblerait intéressé quant aux longs préparatifs et aux risques inhérents à une telle aventure. Terminez en vous montrant néanmoins rassurant et en promettant au jeune impétueux vos précieux conseils.
- Laissez traîner chez vous des indices, tels ce sac du Duty Free de Macao ou les étiquettes d’aéroport négligemment « oubliés » sur vos bagages.
Toutes les occasions sont bonnes pour provoquer les questions.
- Rappelez autour de vous combien vous manquent vos « vrais amis » du bout du monde.
Par exemple, ne loupez aucune occasion d’évoquer Iourg le jeune Mongol, ce « fier fils du vent », qui est devenu plus qu’un frère (euh… un frère et demi ?).
On saluera au passage la performance, vu que vous n’aurez passé que 2 jours dans son village. Et que ledit Iourg était en fait le garagiste chargé de réparer votre 4x4 Toyota, véhicule que vous n’auriez d’ailleurs pas endommagé si vous n’aviez pas percuté une bergerie en conduisant avec 1,4 grammes d’alcool dans le sang (« Hé ho ! C’est les vacances, merde ! »)…
- Expliquez le plus longtemps possible que vous « revenez de » l’endroit dont vous avez tant parlé, même si c’était il y a six mois.
- etc…
N’en jetons plus.
L’ouvrage fourmille de nombreux « conseils » de ce type au voyageur de retour, cet « exploraseur » en puissance comme le nomme l’auteur.
Même si l’on est ici davantage dans la caricature, nombre d’amateurs de voyage pourront en effet se reconnaître en filigrane.
Mais que cela ne nous empêche pas de voyager quand même…
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Voici les 4 dernières réactions à ce commentaire
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ayant voyagé seule, c'est le seul point qui m'attriste un peu: les voyageurs rencontrés en cours de route n'habitent pas en france, et je ne peux donc reparler de certains moments, de certaines atmosphères, de certains lieux et rencontres, partagés avec d'autres... mais bon, ça ne m'enpêchera pas pour autant de repartir seule!
c'était hier [enfin il y a cinq ans] et je me souviendrai toujours de cette princesse d'une longue lignée [euh, pétasse longiligne] qui capta mon regard avant de se révéler dans toute sa plénitude [de m'indiquer ses tarifs ] puis de m'emmener vers les limbes stratosphériques [jusqu'au 7e ciel]...
Bin c't'année, j'crois qu'j'vas rester cheu nous, j'étions bin fatigué tout d'un coup...


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willywonka
publié le 5 février 07