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On se plaît à suivre les aventures de Yuri. Il nous raconte sur un ton cynique comment il a démarré comme petit restaurateur de Brooklin pour finir grand nabab du trafic d'armes. Pour lui, après tout, marchand d'armes, c'est un " métier comme un autre ". Dans le fond, Yuri n'est qu'un minable. Malgré sa version des faits, il agit sur nous comme un répulsif. Lord of War est donc un film brillamment filmé. brillamment raconté.

Malheureusement, le scénario n'est pas à la hauteur des ambitions de Niccol.

D'abord, il nous propose une vision caricaturale du monde :
- Africain = crétin sanguinaire, genre caricature de rappeur gangsta,
- ex-Soviétique = alcoolique,
- mannequin = belle mais naïve.

Franchement, si j'avais été Africain, je serais parti au milieu du film. Pourquoi, le film ne montre-t-il pas Yuri en train de vendre des armes en Bosnie ? Quant à sa femme, comment aurait-elle pu ignorer les activités de son mari pendant tant d'années ? C'est difficile à croire !

De plus, il nous assène quelques contre-vérités : la Côte d'Ivoire n'était pas encore en guerre dans les années 90.

Et pour clôturer son film, Yuri est sommé de se remette en cause. Attention, le message arrive, suivez-le bien : " vendre des armes : c'est mal " ! Quel idée de finir sur un ton moraliste alors que le dégoût qu'inspirait Yuri était tellement convaincant ! Visiblement, Niccol n'a pas confiance en l'esprit critique du spectateur. C'est bien dommage.

Deux moments marquants méritent quand même notre attention. Au début du film, une séquence suit le parcours d'une balle de sa fabrication jusqu'à ce quelle atteigne sa cible : la tête d'un enfant noir. A la fin du film, un texte rappelle que les plus grand fabricants d'armes sont les cinq membres du conseil de sécurité de l'ONU.
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