Lost Highway est certainement le film de Lynch le plus hermétique, le plus difficile à critiquer qui soit, dans la mesure où il fait voler en éclats les codes conventionnels de la narration cinématographique. Le scénario nous oriente sur une piste, puis sur une autre, puis nous amène de nouveau ailleurs, sans aucune pitié pour nos méninges. Mais au bout du compte, quoi de mieux pour tenter de nous évoquer la démence hallucinatoire qui ferait de notre réalité délimitée un jeu de chausse-trappes inquiétant, dangereux pour nous même et pour les autres.
Si Fred Madison est schizophrène, le film l'est donc également. Cela afin de nous faire effleurer cette sensation que l'on pourrait avoir en étant sujet aux mêmes troubles psychiatriques. Vivre dans une désorientation permanente, une peur constante de ce qu'il y a en soi et à l'extérieur de notre conscience. Ne jamais savoir si notre interlocuteur est réel, ou bien s'avère être une projection de notre subconscient...
Lynch a tenté ici de mettre en forme ce qu’il définit comme une fugue psychogénique. Madison s’immerge dans une autre personnalité, ultime recours avant le passage à la chaise électrique qui le rattrapera inéluctablement.
On se retrouve ainsi immergé au sein de la folie, dans un film dichotomique construit en deux parties bien distinctes, elles mêmes orchestrées par des personnages doubles, réels ou fantasmés. Tout s'y catapulte et s'entremêle, comme perdu au sein de deux lobes cérébraux asynchrones, ne pouvant plus correctement communiquer l'un avec l'autre. Et nous pauvres spectateurs que nous sommes, nous nous retrouvons finalement aussi désorientés que ce personnage central, déchiré entre plusieurs personnalités jouées par Bill Pullman, Balthazar Getty et Robert Blake (vraiment flippant). Notre (anti-)héros a perdu quelque chose, une autoroute droite où les pensées et les perceptions étaient encore structurées, où les codes étaient bien définis et connus de tous.
Cette route maintenant, le fait tourner en boucle dans son esprit, dans un cauchemar sans issue et sans objectif.
Cette histoire, malgré quelques touches d’humour en faibles éclaircies, porte en elle un désespoir immense. Celui d’une vie dont il ne reste que des lambeaux, car qu’est ce que notre vie sinon une accumulation de souvenirs.
Ainsi cette autoroute perdue, c’est aussi et toujours selon Lynch une zone de sa mémoire que Fred cherche à occulter dans sa fuite mentale et qui finit malgré tout par le ramener à son point de départ, face à lui même et à ses actes.
La mise en scène toujours aussi maîtrisée, dégageant une ambiance à la fois feutrée et glauque dont seul Lynch a le secret et une bande-son tout bonnement exceptionnelle, contribuent à nous faire entrer de grès ou de force dans le mental de Fred Madison. Inutile de préciser que les acteurs sont tous très bons avec une mention spéciale pour Robert Loggia (Mr Eddy / Dick Laurens) qui s'en donne à cœur joie, nous rappelant par certains aspects, Denis Hopper dans le personnage de Frank Booth (Blue Velvet).
Lost Highway est un mystère, une œuvre qui nous laisse abasourdis sans qu'on sache exactement pourquoi... Après visionnage, on en garde un lot d'impressions, de spéculations et d'associations, un peu comme au sortir d'un mauvais rêve où persisterait l'image obsédante d'une boîte crânienne sectionnée contre une table en verre.
Pour moi, David Lynch a signé ici son film le plus abouti, et sans doute le plus sombre également. Du génie, avez-vous dit ?…
Si Fred Madison est schizophrène, le film l'est donc également. Cela afin de nous faire effleurer cette sensation que l'on pourrait avoir en étant sujet aux mêmes troubles psychiatriques. Vivre dans une désorientation permanente, une peur constante de ce qu'il y a en soi et à l'extérieur de notre conscience. Ne jamais savoir si notre interlocuteur est réel, ou bien s'avère être une projection de notre subconscient...
Lynch a tenté ici de mettre en forme ce qu’il définit comme une fugue psychogénique. Madison s’immerge dans une autre personnalité, ultime recours avant le passage à la chaise électrique qui le rattrapera inéluctablement.
On se retrouve ainsi immergé au sein de la folie, dans un film dichotomique construit en deux parties bien distinctes, elles mêmes orchestrées par des personnages doubles, réels ou fantasmés. Tout s'y catapulte et s'entremêle, comme perdu au sein de deux lobes cérébraux asynchrones, ne pouvant plus correctement communiquer l'un avec l'autre. Et nous pauvres spectateurs que nous sommes, nous nous retrouvons finalement aussi désorientés que ce personnage central, déchiré entre plusieurs personnalités jouées par Bill Pullman, Balthazar Getty et Robert Blake (vraiment flippant). Notre (anti-)héros a perdu quelque chose, une autoroute droite où les pensées et les perceptions étaient encore structurées, où les codes étaient bien définis et connus de tous.
Cette route maintenant, le fait tourner en boucle dans son esprit, dans un cauchemar sans issue et sans objectif.
Cette histoire, malgré quelques touches d’humour en faibles éclaircies, porte en elle un désespoir immense. Celui d’une vie dont il ne reste que des lambeaux, car qu’est ce que notre vie sinon une accumulation de souvenirs.
Ainsi cette autoroute perdue, c’est aussi et toujours selon Lynch une zone de sa mémoire que Fred cherche à occulter dans sa fuite mentale et qui finit malgré tout par le ramener à son point de départ, face à lui même et à ses actes.
La mise en scène toujours aussi maîtrisée, dégageant une ambiance à la fois feutrée et glauque dont seul Lynch a le secret et une bande-son tout bonnement exceptionnelle, contribuent à nous faire entrer de grès ou de force dans le mental de Fred Madison. Inutile de préciser que les acteurs sont tous très bons avec une mention spéciale pour Robert Loggia (Mr Eddy / Dick Laurens) qui s'en donne à cœur joie, nous rappelant par certains aspects, Denis Hopper dans le personnage de Frank Booth (Blue Velvet).
Lost Highway est un mystère, une œuvre qui nous laisse abasourdis sans qu'on sache exactement pourquoi... Après visionnage, on en garde un lot d'impressions, de spéculations et d'associations, un peu comme au sortir d'un mauvais rêve où persisterait l'image obsédante d'une boîte crânienne sectionnée contre une table en verre.
Pour moi, David Lynch a signé ici son film le plus abouti, et sans doute le plus sombre également. Du génie, avez-vous dit ?…
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Pour la suite, j'ai pas encore reçu le nouvel agenda...
Attends, j'ai Dieu le père au bout du fil je lui demande. Tu as un siècle ou deux devant toi?
... mais l'ensemble qui est une illusion.
Il y a une image que j'aime assez de ce concept, c'est la boule de verre à facettes. Elle reflète toujours le même environnement, mais jamais de la même manière. Et cependant, une des facettes révèle-t-elle plus la réalité que les autres ?
Il y a une image que j'aime assez de ce concept, c'est la boule de verre à facettes. Elle reflète toujours le même environnement, mais jamais de la même manière. Et cependant, une des facettes révèle-t-elle plus la réalité que les autres ?
la première phrase de ma réponse précedente... chercher situer la lucidité, c'est admettre qu'elle dans le fond relative à chacun donc... illusoire.
c'était d'accepter que le tic-tac de la mécanique ne soit qu'une illusion ?
Cela pourrait revenir à dire... où la véritable lucidité est_elle située?
Il suffit que notre mécanique cérébrale dévie un peu de son tic_tac pour être susceptible de voir le sol s'ouvrir sous nos pieds et d'être désigné fou.
Il suffit que notre mécanique cérébrale dévie un peu de son tic_tac pour être susceptible de voir le sol s'ouvrir sous nos pieds et d'être désigné fou.
Ne sommes-nous pas souvent ballotés dans des situations schizophréniques ? Et cela ne fait pas de nous des schizophrènes, n'est-ce pas ?
Si... ?
Si... ?
Mk2 a eu l'excellente initiative de sortir une version remasterisée du film avec un guides explicatif (sous forme d'index) où nombre de précisions sont apportées au film. De la même façon que 'Mulholland Drive', il est à mon avis utile de récolter quelques explications préalables avant de revoir le film.
Enfin c'est évidemment une question de choix mais je l'ai toujours trouvé plus hermétique que 'Mulholland'.
En même temps, essayez de voir 'Twin Peaks', le film, sans avoir engrangé les épisodes de la série, et vous allez vous trouver devant un ovni méchament barré.
Enfin c'est évidemment une question de choix mais je l'ai toujours trouvé plus hermétique que 'Mulholland'.
En même temps, essayez de voir 'Twin Peaks', le film, sans avoir engrangé les épisodes de la série, et vous allez vous trouver devant un ovni méchament barré.

... et d'ailleurs j'apprécie tout autant "Mulholland Drive" qui propose aussi une construction atypique, pour mieux cerner les vertiges de l'esprit. Deux rêves ou réalités qui se confrontent, encore des personnages doubles.
J'ai vraiment hâte de savoir ce que va donner le prochain : Inland empire annoncé par Lynch comme l'histoire d'une femme ayant des problèmes et d'un mystère...
J'ai vraiment hâte de savoir ce que va donner le prochain : Inland empire annoncé par Lynch comme l'histoire d'une femme ayant des problèmes et d'un mystère...
sur un film magistral, déstructuré, éprouvant, angoissant, écrasant, qui échappe à la raison et plonge hors du champ de la conscience !


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phoenix_IV
publié le 20 août 06