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Palpation du sens
 Palpation du sens
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Mon dieu qu'il est bon de partager quelque chose avec quelqu'un.
Et comme pour tout, plus c'est rare, plus c'est cher et plus c'est agréable.

Cela fait tout de même quelques années que j'écris sur certaines questions relatives à la parole, au silence, au sens imposé ou non imposable des mots, sur l'éthique, sur le politique... toujours confrontée à des partis pris, à des barrières infranchissables.

Et j'ai découvert une philosophe, également docteur en psychanalyse et Membre de la Cause freudienne, dont les écrits ne disent pas exactement tout haut ce que j'écris tout bas, mais cernent les mêmes interrogations, ce qui est déjà beaucoup.
Comme si c'était une question de lunettes qui était en cause. Comme si nous regardions la même chose.

Et ça fait un bien inouï.
Elle se nomme Françoise Fonteneau, a notamment écrit "l'éthique du silence" sur Lacan et Wittgenstein.
- Au Seuil, coll « l’ordre philosophique », dirigée par Alain Badiou et Barbara Cassin -

Alors j'ai une envie terrible de me marrer.
D'éclater de rire, car la trouver, c'est comme si je tenais la preuve qui me manquait du bien fondé de mes recherches, puisqu'en plus de légitimer son point de vue, il faut également légitimer du pourquoi de nos recherches.
Elle m'apparaît ce matin, comme la gouttelette de pétrole qui justifiera les constructions de forages.

Elle est en quelque sorte l'excuse, ce que je pourrai renvoyer à la figure, le lien entre les autres et moi.

Ca parait rien, dit ainsi, mais pensez à une chose.
Lorsque le sujet qui reçoit des explications psy sur le langage, lorsqu'un propos vient à heurter une corde qui - consciemment ou pas - lui est sensible, rejettera en bloc le propos. C'est "normal" en quelques sortes.
Exactement comme l'on rejette un plat de pâtes lorsqu'on a vu qu'au milieu roucoulaient des asticots et parce que l'on vit en France.

Mais au-delà, ça permet autre chose, de bien plus important. La dialectique obligatoire.
On ne pourra pas faire comme si l'on ne savait pas. Exactement comme pour la réalité des camps de concentration, il y a quelque chose de l'ordre du réel indéniable. Ce qui ne peut être remis en question, ce qui légitime donc le discours dialectique.

En l'occurrence sur la place du silence, et surtout sur les impositions de sens dont sont souvent porteurs des philosophes en cela dictateurs de sens.

Cela me permettra aussi d'éviter la menace. Oui la grande menace, celle de la non écoute, pire sans doute que celle de la mauvaise écoute ou de la méprise.
La menace est l'arme du pauvre.
Et celui qui n'est pas pauvre d'idées n'a pas besoin de menacer.

C'est donc d'un coeur léger et soulagé que je désirais vous souhaiter un bon week end,
comme quoi, on n'est jamais tout seul à penser ce que l'on pense, et qu'en outre, il faut toujours l'exprimer car d'autres penseront dessus.


Aux liens secrets et imprévisibles,
les plus beaux, à n'en pas douter !
Sarah
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Voici les 24 dernières réactions à ce commentaire
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Rédacteur
 10/09/06 à 17h41
Impression d'avoir devant mes yeux un mauvais ELLE qui veut tremper dans la pensée et dont l'éditrice se croit pertinente.
J'avoue cher "tintin" que grâce à vous il m'aura au moins été permis de rire franchement une fois en cette après midi. Ca fait du bien.
J'ai beaucoup apprécié votre répartie.

Vous savez, je crois que l'agressivité en effet est une chose tres actuelle, très "tendance", on la trouve partout, sous toutes formes. C'est un peu la vie actuelle sans doute qui veut ça.
C'est dommage, il faut semontrer fort et aussi agressif que les autres voire plus pour ne pas se faire bouffer à tous les coins de rue.

Mais, après il y aussi les barrages psychologiques, et ça, on n'y peut pas grand chose. Parce que tout le monde en a, et ils sont situés sur différentes choses, parfois juste sur un mot qui va faire réagir.

D'un coté on pourrait se dire que quand il y a agressivité, d'une certaine façon, c'est qu'on a touché le bon bout !

Reste que pour le bien de la pensée, c'est seulement en sortant de l'agressivité qu'on peut en effet commencer à parler, à parler avec, à parler "de".
C'est peut etre justement la meilleur jouissance possible, la seule où l'on fait "avec".
Celle où l'on construit, celle où on se détourne d'un chemin pour un autre.
L'agressivité comme le meurtre, et tout crime, c'est la définition même de l'echec de la parole.

Ce qui est dur, après, (enfin je parle pour moi) c'est de ramasser sans broncher.
Parfois...
Pouf,
j'avoue en avoir un peu marre, même si la passion des idées me convainct toujours et encore de continuer à argumenter....

Voilà,
cette fois j'ai fini, promis !
Bien à vous,


Ps : estette, vous savez, je crois que ce serait bien une petite trève, non ?

 09/09/06 à 18h03
r-g-tintin
il vous faut un CV pour créditer des écrits?
en quoi ces propos, parce qu'il sont d'une femme seraient incompréhensibles?
vous-mêmes, d'un commentaire à l'autre, changez votre façon de vous exprimer, à preuve que vous n'avez pas tant d'assurance, s'il vous est nécessaire de vous métamorphoser ici.
A moins que ce ne soit aussi une manière de flagornerie masquée?
quel est ce vent d'agressivité ici, chez certains mecs en ce moment?
c'est quoi, votre malaise?
savez vous faire la part des choses, entre se prendre un râteau, et discuter sur un commentaire?
 09/09/06 à 17h53
Oui, mais c'est très bien ce que vous soutenez, et comme je précisais, je suis toujours étonnée qu'on ne fasse pas la distinction entre humour et sérieux.

C'est d'autant plus troublant que justement je suis dans deux disciplines différentes, que je tente de reunir sur certains points.
Ce que je pense est d'ailleurs plutôt en marge de ce que pensent mes collègues.
Je fais des traits d'union entre linguistique, psychanalyse, philosophie et sci de l'info com.

Donc, vraiment en toute honnèteté je ne pense pas être du genre "fermée et close" ne lisant qu'un type de pensées puisqu'à l'inverse je cherche partout, dans la littérature, l'art, et même jusqu'à certains penseurs de psycho, de socio ou d'anthropologie les bases de pensées nouvelles.

Après, si je ne suis pas en accord avec telle ou telle pensée, ou telle ou telle manière de la formuler, c'est souvent - la plupart du temps - lorsque je trouve que ces pensées imposent un sens.
Et c'est là mon plus grand combat.

"Le signifiant maitre ", c'est-à-dire la mnière dont bq de disciplines imposent une vision des choses, et mettent tout nouvel élément de la réalité dans des grilles de lecture pre fabriquées.

Je cherche à l'inverse à faire exploser les sens, et à prendre en compte l'existence de ce qui ne trouve pas de sens, sans le caser dans qq chose qui en donnera une interprétation vaseuse et dictatoriale.

Voilà, bon,
j'espere avoir répondu.
Bien à vous,
c'est en tout cas une des questions qui me tient le plus à coeur.

Sarah
 09/09/06 à 17h44
vous savez bien que vous ne devez discuter ainsi
à l'image du sophisme du vol trop aérien
pourquoi ne répondez vous donc pas aux réactions critiques ?
Est-ce impossible de mettre en mots vos pensées ?
N'y a t il pas de quoi là se remettre en question et progresser ?

Ou enseignez vous Sarah ? Dans un fac ? J'aimerai bien savoir, non pour vous retrouver ne vous en faites pas, mais pour avoir une idée de ce qui est enseigné et où ?
qu'ils ne sentent pas même l'humour, et passent donc à côté de tout.
Tant pis pour vous !
Je sais ce que je propose, mais ce qu'en font les autres ne regarde qu'eux.
Mais vous êtes tellement à côté de la plaque, que ça en devient ausi comique...

Mais je vous souhaite quand même un bon week end,
y a pas de quoi se facher sous prétexte que vous soyez un peu limité !

Bien à vous,
Sarah


C'est incroyable cette auto-complaisance dans la vanité.
Incroyable.
Par curiosité, où enseignez vous Sarah et à qui ?
 09/09/06 à 16h43
comme quoi on prends plus de risque à parler de genre que de politique, ce à quoi je me tiens pour le moment ici
merci, sarah
petit à ceux qui ne savent pas voler..Au plaisir de te lire encore Sarah.
Ah mais j'utilise mon corps en représentation, dans mes cours et mes conf.
Je l'utilise même totalement, pleinement.
C'est pour cela que je parle debout, sans notes auxquelles me référer, que j'utilise les mains, que le corps fait partie intégralement du discours.

De toute manière, c'est toujours le corps qui parle, la parole ne fait que donner un sens social à une ex-pression de ce qui ex-siste.
Je vois pas très bien le reproche qui m'est fait. Ne le comprends guère. Doit-on se masquer sous prétexte de parler ou d'essayer de le faire ?

Comme disait quelqu'un sur ce site, en remarque à un précédant com, "y a déjà assez de femmes voilées", et la remarque était sans appel, criante de vérité.
Si vous ne supportez ni ma tronche, ni mon discours, pourquoi donc me lisez-vous ?

Sur la remarque qui avait été faite sur les compétences de l'auteur que j'ai évoqué ici, en effet, un doctorat en philo et en psy est rien du tout, pff, d'ailleurs, à partir d'aujourd'hui, je ne vais plus lire que Voici, au moins, je comprendrai tout! Qu'est-ce que c'est que ces bonnes femmes qui se prennent pour des penseuses !
Elles peuvent pas se contenter d'être et se taire non ??


Me revient la si poétique phrase de l'un de mes films cultes, L. 627 quand Charlotte C annonce "même quand je taille une pipe, je cause".

Et l'autre grande réplique du film, lorsque Didier Bezace retrouve sa copine prostituée et que celle-ci lui lance sans le voir "100 la pipe, 200 l'amour" et que lui lance "et pour causer c'est combien ?"

Ben oui, pour causer c'est combien ?
C'est p'être la seule question qui mérite qu'on y réponde.
La réponse me semble claire ; c'est à la fois beaucoup, et rien.
C'est dans cette ambivalence que les relations trouvent de quoi naître et mourir, que l'idée qu'on pourra parler et se faire comprendre naît et meurt aussi, souvent déçue.


Sarah
qui noient sur place tous les petits moucherons venus s'y abreuver.
Entre me regarder dans la glace, et me lire, je me demande d'ailleurs ce qui me procure le plus de plaisir ?
Oh, ce serait tellement bien de pouvoir faire les deux : me regarder en train de me lire, ou même : me regarder en train d'écrire et me décrire en train de me lire.
Je m'aime tellement que j'ai d'ailleurs décidé de ne manger que ce qui proviendrait de ma propre chair, j'ai commencé par les jambes, et y avait de quoi faire, est venu le bras gauche, je garde le droit pour pouvoir encore écrire juste un peu.

Les oreilles ont disparu déjà, ce qui rend si sourde à toute idée extérieure, je n'écoute ni ne lis plus aucun penseur, à quoi ça servirait ? Seule ma propre pensée n'a d'intérêt, c'est évident....

Ah vous m'avez perçée et mise à jour, me voilà découverte et mise à nue,
vous êtes le plus redoutable adversaire qu'il m'ait été donné de rencontrer, je m'avoue vaincue !

Sur ma tombe, j'inscrirai ton nom, adversaire adoré, la seule chose que vous ignoriez, c'est à quel point je vous aimais !

Momie Sarah
 09/09/06 à 14h50
certes Frederic a dit ça mais jamais il ne confondit son orgueilleuse poétique avec la vanité académique.

Rateau, modestie, humilité mais vous rêvez jeune fille.....
vous frisez la quantité considérable d'importance nulle.
 09/09/06 à 14h46
Bref, comme disait Nietzsche, "méfions nous des gens modestes, ils ont toujours une très bonne raison de l'être".
un rateau avec moi, que je vous ai rejeté que vous devez systématiquement incriminer chacun de mes propos.
Soyez donc libres de vos propos et de vos pensées, l'acharnement ne mène qu'à la folie !

Bien à vous,
Sarah
 09/09/06 à 14h43
connaître sa honte et assumer sa gloire....

vous avez entièrement raion : le genre n' a rien a y voir.
tout simplement il faut dénoncer la réappropriation entropique de la philosophie par -paradoxe- ceus qui de ses apories font un bavard fond de commerce - comme le café du même nom. Arthur avait raison : au Harrar ou à la table N°3 du Sporting.
 09/09/06 à 14h34
JayGatsby
"Lorsque le sujet qui reçoit des explications psy sur le langage, lorsqu'un propos vient à heurter une corde qui - consciemment ou pas - lui est sensible, rejettera en bloc le propos."
Et si l'on essayait déjà d'écrire correctement le français ! Sujet verbe complément enfin toutes ces sortes de choses. Pourquoi ne pas délaisser quelques temps les philosophes membres de la cause freudienne et rendre une saine visite à Boileau ?
Amicalement.
 09/09/06 à 14h33
Rebonjour à tous,
merci bien pour vos remarques.
ma foi, je sais bien que je n'ai sans doute pas été très claire, mais c'est justement pour tacher de ne pas être encore plus obscure que je ne suis pas rentrée dans les détails, et ai introduit le propos par "Mon dieu qu'il est bon de partager quelque chose avec quelqu'un. "

Ce qui est le thème de mon propos, de mon ressenti adressé et partagé avec vous de manière aussi vive que spontanée, dans l'exaltation d'un moment de joie !
D'une certaine façon, cete petite joie dont je parle, c'est celle qui se rencontre lorsque par exemple un grand amateur de jazz se retrouve dans une soirée "rap" ou "disco", qu'il s'ennuit à mourir, se sent seul et en vient à douter du bien fonder de tout depuis l'origine des temps, lorsque tendant l'oreille il surprend une conversation sur Miles Davis entre deux jeunes gens.
Là il se dit : Enfin !
Comem si tout simplement, il reconnaissait des gens de sa tribu en quelques sortes.


Allez, passez un beau week end, et mes amitiés générales et sincères,
Sarah
 09/09/06 à 13h52
je ne sais à quelle reconnaissance ou légitimation - puisque c'est dans cet unique périmètre, cette ridicule dimension finalement que vous déployez - cette prose aspire.
Mais ces concepts qui n'exprime que l'utopie d'un parler vrai dans le monde du faux - après Deleuze, Guattari sans parler de l'Is par exemple - et en se réclamant de Castoriadis sous une photo surjouant le spectacle de l'écoute... tout ceci est accablant de comique cuistrerie
( j'oubliais la cerise :[.] "Elle aussi docteur en psychanalyse".... Pauvre instance
 09/09/06 à 13h23
L'inconvénient est que ces prétendus pourfendeurs d'idées (Bloy en est un exemple) ne sont souvent que les porte-parole des lieux communs & du ressentiment de leur époque. Incapables de formuler de nouvelles questions, ils se bornent à jouir de positions idéologiques déjà constituées.
Bon, j'avoue, je ne supporte pas L Bloy!
pas tout compris? non, pas à la première lecture, certainement trop rapide, avide, donc pressée de se raccrocher à du concret pour comprendre..
alors, on recommence, et on sort le dico si besoin.
Et, en somme, il s'avère que c'est plutôt simple
La journée de sarah commençait bien! on lui souhaite sincèrement qu'elle continue de même, lorsqu'on a enfin trouvé un écho à ses choix de réflexions, on se sent bien
 09/09/06 à 12h07
Moi aussi, Prunelle, j'ai aimé.
Et moi non plus, je n'ai pas tout compris!
ils essayent de comprendre et retiennent ce qui les interpellent et ce qu'ils pensent comprendre surtout...ben moi, en tant qu'ignare j'ai bien aimé :.)
 09/09/06 à 11h55
Un propos toujours aussi stimulant. Mais n'oublie pas que les PPCistes ne sont pas tous, pour te citer, "également docteurs en psychanalyse et membres de la cause freudienne" ( l'adverbe "égalemenent" me fait sourire), et qu'un souci de clarté à l'attention des ignares serait bienvenu...
Faut-il par exemple comprendre que le silence (mais quel silence? celui de mon interlocuteur, par exemple?) est cette part du réel qui force le sujet à s'engager dans la dialectique? Je trouve l'idée intéressante, en ce qu'elle peut éclairer a contrario l'attitude du philosophe, qui malgré ses pétitions de principes, répugne souvent à s'engager dans la dialectique, faute de consentir à l'épreuve du silence.
C'est en effet cette aversion pour le réel (i.e. le silence) qui semble caractériser les philosophes médiatiques & les profs de philo, dans le genre de Finkielkraut que je viens d'écouter sur F. Culture (j'aime le bonhomme pourtant).
En tout cas, je lirai toujours avec plaisir tes textes à trous!
Stéphane