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Le banc, la vue sur le pont, le contre-jour
 Le banc, la vue sur le pont, le contre-jour
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catégorie : Non classé
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Je ne me souviens pas bien de ce film. Un Woody Allen, c'est sur. Bavard, surement. Melant avec un naturel siderant le grave et le superficiel, certainement. Je ne sais pas si j'ai vraiment envie de le revoir. Mais il y a la photo de l'affiche: le banc, la vue sur le pont, le contre-jour sur les deux personnages assis.

Arrivee a New York, j'ai trouve la pluie et le froid, et suivi les adresses du Routard. J'ai deambule sous la pluie battante pour aller revasser dans la plus grande librairie de bouquins d'occasions du monde: les livres d'art a 2,5 dollars et les editions originales a 35000. En anglais, en francais, en espagnol, les best-sellers des annees 50 et les moitie prix des annees 2000, des metres et des metres de rayonnage... Une ile paradisiaque sur cette autre ile qu'est Manhattan, et la sensation qui montait en puissance de n'etre ni aux Etats-Unis, ni dans un autre pays.
Alors il y a eu ce petit guide "Manhattan on film, walking tours of Hollywood's fabled front lot". Et la photo de l'affiche avec l'adresse precise. C'est sur le 59th street bridge. Le banc n'existe plus, et il y a des travaux pour ammenager la berge. La seule chose qui n'a pas change, c'est la vue sur le pont. Et c'est grace a lui qu'on peut retrouver l'endroit exact. D'ailleurs celui-ci n'a rien de spectaculaire. On voit les terrains vagues en face, quelques entrepots et immeubles peteux. Pas de quoi contempler cela pendant des heures et des heures, pas de quoi rester si longtemps, sauf si on est pris par une conversation. On parlerait de tout et de rien, du dernier resto a la mode et de la fragilite du bonheur, de politique ou de finances, d'architecture et meme de felafels. On serait a New York, le refuge de tous les exiles de la terre et celui des plus cyniques des financiers. C'est comme ca depuis le debut, en 1624. Pour moi c'est ce melange la qui fait cette ville, toujours et encore.
Le long de la berge, le soir venu, il y a des pecheurs a la ligne. On dit que les poissons peches dans l'east river se reincarnent en gratte-ciels. Je crois bien que c'est vrai.
réactions : 7
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Voici les 7 dernières réactions à ce commentaire
 Date
Titre (cliquez pour lire)
Rédacteur
 03/05/06 à 17h34
Oui, la vie...
 01/05/06 à 23h18
geneses
Pour moi un choc. Celui à peine débarqué à New York, d'être amené, les yeux bandés, au détour d'une rue face à Manhattan, depuis Brookin. Non loin du pont du même nom. Un instant magique. Les twins étaient encore là...
 01/05/06 à 22h55
peu de souvenirs visuels, mais une bande son extraordinaire, Rhapsody in blue, la musique de Gershwin et les rumeurs de la big apple - puis un magnétophone - pourquoi la vie vaut-elle la peine d'être vécue ?

Suit une énumération à la Prévert (Groucho Marx, Jupiter symphony, Potato head blues d'Armstrong, Cézanne....) qui vient s'échouer sur le visage de Tracy...

Je me l'étais enregistrée sur une cassette audio, il y a longtemps, entre deux morceaux de jazz/ rock. Je viens de retrouver le texte sur le net - imaginez la voix hésitante de Woody...
Well....

Play!




" Well, all right, why is life worth living ? That's a very good question. Um.
Well, there are certain things I -- I guess that make it worthwhile. Uh, like what ? Okay. Um, for me ... oh, I would say ... what, Groucho Marx, to name one thing ... uh ummmm and Willie Mays, and um, uh, the second movement of the Jupiter Symphony, and ummmm ... Louie Armstrong's recording of "Potatohead Blues" ... umm, Swedish movies, naturally ... Sentimental Education by Flaubert ... uh, Marlon Brando, Frank Sinatra ... ummm, those incredible apples and pears by Cézanne ... uh, the crabs at Sam Wo's ... tsch, uh, Tracy's face ... "

 01/05/06 à 10h16
tu veux dire, la vie ???
Merci de vos reactions qui me font tres plaisir !
Et si c'était ça, tout simplement ?
de pêcher des poissons volants, des idées qui lui grattent le ciel.
 30/04/06 à 19h17
Très très heureuse de te relire.
Pour des raisons personnelles, ton texte me touche infiniment. Merci.