" La nuit je mens...."
Alain Bashung
Un fiacre noir, dans la pénombre hivernale, glisse sur les pavés usés par tant de siècles maudits.
Ces temps immémoriaux ont été façonnés dans la cruauté des destins, moussus d'obscur.
Bohémiene, vêtue de noblesse blessée, je pense à ma foi perdue.
Je suis mutante des nouveaux esprits féconds,
et j''annonce:
L'oracle de la nuit.
Lorsque, tendrement, le crépuscule d'argent s'avance.
lorsque le flou sucré chasse le réel indompté,
mon être destructuré, chargé de ses souffrances,
s'abandonne avec mélancolie,
au charme abyssin de la nuit.
Lorsque le jour mutin s'efface,
mon âme agonisante déploie ses flammes, nimbées de l'Orient,
pour m'éclairer jusqu'à l'aveuglement.
La nuit est source de mon rêve.
Je bois son eau pure et je plonge dans cet infini.
Pluie de forêts profondes,
Soleil d'océans incertains,
trouble de mes instants, crucifiés à la croix des souvenirs.
Je succombe avec nostalgie,
au pouvoir primitif de la nuit.
Je vogue dans le silence pur,
sur les vagues de ma folie.
Je prends tous les replis de ma vie,
je les enferme,
je les dénie.
Je divague d'abolir toute frontière,
libérer et chérir ma belle liberté,
mélanger le pourpre et le miel de ma chair,
cueillir tous les interdits et les jetter,
dans le vent sauvage d'obscurité.
Dans le voyage de ce parfum noir,
je suis recouverte d'une rivière d'étoiles boueuses.
Je danse sur les mirages insoummis,
je suis torturée par les ombres.
J'offre au silence de l'espace tous mes cris.
Dans ma fièvre, j'appelle la nuit et m'élève vers sa magie.
J'ouvre tous les tiroirs, je saisis les grimoires.
Je découds les secrets,
je fais exploser les regrets.
Je vois mon enfance en raccourci
et ne la renie.
La nuit, miroir glaçé de l'aurore, m'engloutit.
je pleure, je crache sur l'encens, je m'évanouis.
Je me noie dans l'orgie barbare de mes sanglots perlés.
Puis, je saisis la fleur de mon esprit,
pour retrouver l'innocence, merveille de ma vie.
La nuit m'enlace et me séduit.
J'adopte sa saison, où pousse l'arbre inconscient.
Brasier ardent de ma vie,
château de mes désirs enfouis,
gardienne du temple de la poésie.
Je m'enfonce, avec la nuit, dans le trouble.
Le voile s'opacifit.
Je suis clouée sur le divan pourpre des disparus.
Le diable arrache mon âme sans regret.
Mille tourments m'emportent dans la tornade assassine.
Je suis anéantie.
Enfin, si limpide, la nuit m'accueille dans son mystère.
J'écoute sa musique lointaine d'orgue mystique.
Je prie, je prends ma croix et me lascère.
La nuit n'obscurcit pas mon ciel,
mais elle l'éclaire de ses relents brillants,
au bord du torrent des extases.
Alors l'étrangeté de la nuit m'enrobe de son souffle nacré.
Je supplie.
Elle me purifit, me guérit, miraculeuse métamorphose de l'oubli.
Et lorsqu'à l'aube la nuit me quitte, avec décence,
chrysalide laiteuse, nonchalente,
j'apparais en pleine lumière.
C'est une ultime renaissance.
Botticella
Alain Bashung:
http://fr.youtube.com/watch?v=4SR_ygICDKE
http://fr.youtube.com/watch?v=-YFJZE5BiKU
http://fr.youtube.com/watch?v=NiOHAlkNZa8
http://fr.youtube.com/watch?v=tI0Te4oGVgs
Alain Bashung
Un fiacre noir, dans la pénombre hivernale, glisse sur les pavés usés par tant de siècles maudits.
Ces temps immémoriaux ont été façonnés dans la cruauté des destins, moussus d'obscur.
Bohémiene, vêtue de noblesse blessée, je pense à ma foi perdue.
Je suis mutante des nouveaux esprits féconds,
et j''annonce:
L'oracle de la nuit.
Lorsque, tendrement, le crépuscule d'argent s'avance.
lorsque le flou sucré chasse le réel indompté,
mon être destructuré, chargé de ses souffrances,
s'abandonne avec mélancolie,
au charme abyssin de la nuit.
Lorsque le jour mutin s'efface,
mon âme agonisante déploie ses flammes, nimbées de l'Orient,
pour m'éclairer jusqu'à l'aveuglement.
La nuit est source de mon rêve.
Je bois son eau pure et je plonge dans cet infini.
Pluie de forêts profondes,
Soleil d'océans incertains,
trouble de mes instants, crucifiés à la croix des souvenirs.
Je succombe avec nostalgie,
au pouvoir primitif de la nuit.
Je vogue dans le silence pur,
sur les vagues de ma folie.
Je prends tous les replis de ma vie,
je les enferme,
je les dénie.
Je divague d'abolir toute frontière,
libérer et chérir ma belle liberté,
mélanger le pourpre et le miel de ma chair,
cueillir tous les interdits et les jetter,
dans le vent sauvage d'obscurité.
Dans le voyage de ce parfum noir,
je suis recouverte d'une rivière d'étoiles boueuses.
Je danse sur les mirages insoummis,
je suis torturée par les ombres.
J'offre au silence de l'espace tous mes cris.
Dans ma fièvre, j'appelle la nuit et m'élève vers sa magie.
J'ouvre tous les tiroirs, je saisis les grimoires.
Je découds les secrets,
je fais exploser les regrets.
Je vois mon enfance en raccourci
et ne la renie.
La nuit, miroir glaçé de l'aurore, m'engloutit.
je pleure, je crache sur l'encens, je m'évanouis.
Je me noie dans l'orgie barbare de mes sanglots perlés.
Puis, je saisis la fleur de mon esprit,
pour retrouver l'innocence, merveille de ma vie.
La nuit m'enlace et me séduit.
J'adopte sa saison, où pousse l'arbre inconscient.
Brasier ardent de ma vie,
château de mes désirs enfouis,
gardienne du temple de la poésie.
Je m'enfonce, avec la nuit, dans le trouble.
Le voile s'opacifit.
Je suis clouée sur le divan pourpre des disparus.
Le diable arrache mon âme sans regret.
Mille tourments m'emportent dans la tornade assassine.
Je suis anéantie.
Enfin, si limpide, la nuit m'accueille dans son mystère.
J'écoute sa musique lointaine d'orgue mystique.
Je prie, je prends ma croix et me lascère.
La nuit n'obscurcit pas mon ciel,
mais elle l'éclaire de ses relents brillants,
au bord du torrent des extases.
Alors l'étrangeté de la nuit m'enrobe de son souffle nacré.
Je supplie.
Elle me purifit, me guérit, miraculeuse métamorphose de l'oubli.
Et lorsqu'à l'aube la nuit me quitte, avec décence,
chrysalide laiteuse, nonchalente,
j'apparais en pleine lumière.
C'est une ultime renaissance.
Botticella
Alain Bashung:
http://fr.youtube.com/watch?v=4SR_ygICDKE
http://fr.youtube.com/watch?v=-YFJZE5BiKU
http://fr.youtube.com/watch?v=NiOHAlkNZa8
http://fr.youtube.com/watch?v=tI0Te4oGVgs
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Voici les 20 dernières réactions à ce commentaire
Date
Titre (cliquez pour lire)
Rédacteur
26/06/08 à 20h13
connaissais pas NOvalis???
euuuuhhhhh
euuuuhhhhh
T'as raison, les laisse pas dire comment tu dois faire les choses. On dirait qu'ils ont les pieds posés sur la table dans ton salon
la sobriété...
Comme toujours,tu nous transportes,vers les cimes
de la poèsie...
tu exprimes si bien ce qu'on aime écouter...
merci
de la poèsie...
tu exprimes si bien ce qu'on aime écouter...
merci
Sois sage, ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille.
Tu réclamais le Soir; il descend; le voici:
Une atmosphère obscure enveloppe la ville,
Aux uns portant la paix, aux autres le souci.
Pendant que des mortels la multitude vile,
Sous le fouet du Plaisir, ce bourreau sans merci,
Va cueillir des remords dans la fête servile,
Ma Douleur, donne-moi la main; viens par ici,
Loin d'eux. Vois se pencher les défuntes Années,
Sur les balcons du ciel, en robes surannées;
Surgir du fond des eaux le Regret souriant;
Le Soleil moribond s'endormir sous une arche,
Et, comme un long linceul traînant à l'Orient,
Entends, ma chère, entends la douce Nuit qui marche.
Tu réclamais le Soir; il descend; le voici:
Une atmosphère obscure enveloppe la ville,
Aux uns portant la paix, aux autres le souci.
Pendant que des mortels la multitude vile,
Sous le fouet du Plaisir, ce bourreau sans merci,
Va cueillir des remords dans la fête servile,
Ma Douleur, donne-moi la main; viens par ici,
Loin d'eux. Vois se pencher les défuntes Années,
Sur les balcons du ciel, en robes surannées;
Surgir du fond des eaux le Regret souriant;
Le Soleil moribond s'endormir sous une arche,
Et, comme un long linceul traînant à l'Orient,
Entends, ma chère, entends la douce Nuit qui marche.

*****
( clin d'oeil à ce sacré Novalis...).
26/06/08 à 16h15
"au bord du torrent des extases"
la nuit éclairera de ses relants brillants .... la chysalide laiteuse, nonchalante" ...
Paroles un peu tourmentée ... mais dans la douceur .... je te souhaite une soirée et une nuit étoilée et paisible !
la nuit éclairera de ses relants brillants .... la chysalide laiteuse, nonchalante" ...
Paroles un peu tourmentée ... mais dans la douceur .... je te souhaite une soirée et une nuit étoilée et paisible !
26/06/08 à 15h46
Madame Rêve !
La croix c'est gothique ! eh !
La croix c'est gothique ! eh !
mais je ne peux plus écouter Bashung, parce que le notes de l'intro de Madame Rêve ont le pouvoir de me transformer en loup hurlant en vain à l'amour, mais Fiacre Noir, c'est quand même beau. Avec la croix, vas-y doucement quand même.


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botticella
publié le 26 juin 08