Lu aujourd'hui cet article sur http://www.angers.maville.com/Valentin-victime-irradiee-de-la-Grande-Muette-/re/
actudet/actu_dep-689762------_actu.html
Je voulais vous en faire part .....
Valentin, victime irradiée de la Grande Muette
Valentin Muntz est un vétéran des essais nucléaires du Sahara algérien. Malade depuis 42 ans, cet Angevin se bat pour faire reconnaître son invalidité.
Son livret militaire est vierge de toute opération dans le Sahara algérien, au début des années soixante. « Regardez, on m'a arraché une page ! », s'exclame Valentin Muntz.
De son passage à la base d'In Anguel, il ne reste à cet Angevin d'adoption que sa valise, décorée par un copain dénommé Joyeux. Et deux photos. « Tout le reste m'a été confisqué à mon retour en France », raconte-t-il.
Mais les souvenirs demeurent ancrés dans sa mémoire. Incorporé au 5e régiment du génie à Versailles en tant que civil, Valentin Muntz débarque dans le désert en 1961. Il a 20 ans. « A l'époque, je ne savais pas où j'étais. Le capitaine de compagnie m'avait juste dit : tu pars car il y a du travail à faire. J'ai pris l'avion au Bourget. Et dès le lendemain, j'étais sur le terrain pour installer des sismographes. »
Irradié en T-shirt
Tenu dans l'ignorance, il fait connaissance avec la bombe atomique, le 7 novembre, lors d'un essai souterrain. « J'étais à 960 m du point zéro en train de faire mon boulot. J'ai entendu un énorme « boum ». J'ai crû que la montagne allait se soulever. Des crevasses se sont creusées autour de moi. C'était impressionnant même si ça a été très court. » De retour à la base, des gradés lui lancent : « Alors, on a connu son baptême du feu ! »
Le 1er mai 1962, rebelote. Présent à moins de 4 kilomètres de l'explosion, Valentin se souvient avoir « admiré un beau nuage noir. C'est cette fois-là que j'ai été irradié. » Il porte un masque à gaz mais... à sa ceinture. « On ne savait pas qu'on en avait besoin ! On ne nous disait rien ! Et puis, il faisait une telle chaleur qu'on était, la plupart, en T-shirt. »
S'ensuit une trentaine de douches supposées supprimer toute radioactivité. « On m'a nettoyé à la brosse en chiendent ! Ca faisait un mal fou ! Et inutile de vous dire que le compteur geiger crépitait toujours autant ! »
Retour à Paris. Valentin n'a pas droit à la visite de libération, d'ordinaire obligatoire.
Devant les tribunaux depuis 2006
Il suit sa soeur à Angers. Fait quelques petits boulots. « Fallait bien croûter », lâche-t-il. La SIEC le recrute.
En 1966, il se marie. Sa nouvelle vie se dessine. Et les premiers ennuis de santé apparaissent. Il n'a que 25 ans. « Ça a commencé par une tâche brunâtre sur la joue et une irritation du cuir chevelu », précise sa femme, Lucienne. Le couple consulte.
Les spécialistes ne trouvent pas. « Ou ne veulent pas dire », pense Valentin.
Il ingurgite médicament sur médicament. « Si j'arrête, je pèle comme une vipère. » Lucienne ne le reconnaît plus : « J'avais l'impression d'avoir épousé un vieillard. » En 2001, il découvre l'Association des vétérans des essais nucléaires. « J'ai compris que tous mes problèmes étaient liés à ce passé. »
Le jeune retraité décide de se battre, soutenu par son épouse. Les archives militaires de Pau mettent en cause ses états de service. 18 mois plus tard, il obtient gain de cause.
Le Tribunal pénal militaire le déboute de sa demande d'indemnisation. Entre-temps, l'hôpital d'Angers refuse étrangement de lui donner son dossier médical.
Qu'importe. Il entame une procédure auprès du tribunal de grande instance d'Angers, le 5 juillet 2006. Sans réponse pour l'instant. « Mais, je ne désespère pas, assure-t-il, sans se faire vraiment d'illusions. Si on dit que l'armée, c'est la Grande Muette, ce n'est pas pour rien. »
Julien RENON.
Ouest-France
actudet/actu_dep-689762------_actu.html
Je voulais vous en faire part .....
Valentin, victime irradiée de la Grande Muette
Valentin Muntz est un vétéran des essais nucléaires du Sahara algérien. Malade depuis 42 ans, cet Angevin se bat pour faire reconnaître son invalidité.
Son livret militaire est vierge de toute opération dans le Sahara algérien, au début des années soixante. « Regardez, on m'a arraché une page ! », s'exclame Valentin Muntz.
De son passage à la base d'In Anguel, il ne reste à cet Angevin d'adoption que sa valise, décorée par un copain dénommé Joyeux. Et deux photos. « Tout le reste m'a été confisqué à mon retour en France », raconte-t-il.
Mais les souvenirs demeurent ancrés dans sa mémoire. Incorporé au 5e régiment du génie à Versailles en tant que civil, Valentin Muntz débarque dans le désert en 1961. Il a 20 ans. « A l'époque, je ne savais pas où j'étais. Le capitaine de compagnie m'avait juste dit : tu pars car il y a du travail à faire. J'ai pris l'avion au Bourget. Et dès le lendemain, j'étais sur le terrain pour installer des sismographes. »
Irradié en T-shirt
Tenu dans l'ignorance, il fait connaissance avec la bombe atomique, le 7 novembre, lors d'un essai souterrain. « J'étais à 960 m du point zéro en train de faire mon boulot. J'ai entendu un énorme « boum ». J'ai crû que la montagne allait se soulever. Des crevasses se sont creusées autour de moi. C'était impressionnant même si ça a été très court. » De retour à la base, des gradés lui lancent : « Alors, on a connu son baptême du feu ! »
Le 1er mai 1962, rebelote. Présent à moins de 4 kilomètres de l'explosion, Valentin se souvient avoir « admiré un beau nuage noir. C'est cette fois-là que j'ai été irradié. » Il porte un masque à gaz mais... à sa ceinture. « On ne savait pas qu'on en avait besoin ! On ne nous disait rien ! Et puis, il faisait une telle chaleur qu'on était, la plupart, en T-shirt. »
S'ensuit une trentaine de douches supposées supprimer toute radioactivité. « On m'a nettoyé à la brosse en chiendent ! Ca faisait un mal fou ! Et inutile de vous dire que le compteur geiger crépitait toujours autant ! »
Retour à Paris. Valentin n'a pas droit à la visite de libération, d'ordinaire obligatoire.
Devant les tribunaux depuis 2006
Il suit sa soeur à Angers. Fait quelques petits boulots. « Fallait bien croûter », lâche-t-il. La SIEC le recrute.
En 1966, il se marie. Sa nouvelle vie se dessine. Et les premiers ennuis de santé apparaissent. Il n'a que 25 ans. « Ça a commencé par une tâche brunâtre sur la joue et une irritation du cuir chevelu », précise sa femme, Lucienne. Le couple consulte.
Les spécialistes ne trouvent pas. « Ou ne veulent pas dire », pense Valentin.
Il ingurgite médicament sur médicament. « Si j'arrête, je pèle comme une vipère. » Lucienne ne le reconnaît plus : « J'avais l'impression d'avoir épousé un vieillard. » En 2001, il découvre l'Association des vétérans des essais nucléaires. « J'ai compris que tous mes problèmes étaient liés à ce passé. »
Le jeune retraité décide de se battre, soutenu par son épouse. Les archives militaires de Pau mettent en cause ses états de service. 18 mois plus tard, il obtient gain de cause.
Le Tribunal pénal militaire le déboute de sa demande d'indemnisation. Entre-temps, l'hôpital d'Angers refuse étrangement de lui donner son dossier médical.
Qu'importe. Il entame une procédure auprès du tribunal de grande instance d'Angers, le 5 juillet 2006. Sans réponse pour l'instant. « Mais, je ne désespère pas, assure-t-il, sans se faire vraiment d'illusions. Si on dit que l'armée, c'est la Grande Muette, ce n'est pas pour rien. »
Julien RENON.
Ouest-France
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Voici les 33 dernières réactions à ce commentaire
Date
Titre (cliquez pour lire)
Rédacteur
11/09/08 à 10h13
(ai même manifesté autrefois en Ecosse avec CND (Campaign for Nuclear Disarmament)
11/09/08 à 10h08
ordre bien heureusement moins grave...
26/08/08 à 23h22
Ce qui me semble plus incroyable encore, c'est que les administrateurs, d'habitude si à cheval sur les critères de mise en ligne des commentaires, et si sourcilleux à l'idée de diffuser un texte écrit par un autre, aient décidé de valider celui-ci.
Cela dit, je les en remercie.
Cela dit, je les en remercie.
merci à tous
Tu as mille fois raison, je pense aussi que l'on a pas fini d'entendre parler des conséquences de Tchernobyl (ou tout au moins, de les subir).
Le nucléaire est un sujet tabou en France.
J'ai vu effectivement début août un débat sur la chaîne parlementaire qui portait sur les fuites récentes de bassins recevant des eaux irradiées dans la vallée du Rhône (l'état du bassin étant connu au moment du déversement de ces eaux). Seule la CRIIRAD est allée faire des mesures.
Pour plus d'info: http://www.criirad.org/
Bien à toi!
Le nucléaire est un sujet tabou en France.
J'ai vu effectivement début août un débat sur la chaîne parlementaire qui portait sur les fuites récentes de bassins recevant des eaux irradiées dans la vallée du Rhône (l'état du bassin étant connu au moment du déversement de ces eaux). Seule la CRIIRAD est allée faire des mesures.
Pour plus d'info: http://www.criirad.org/
Bien à toi!
pour ces renseignements précieux. Je me souvenue en lisant le comm de Chris, un reportage que j'avais vu et qui racontait la fermeture de la base militaire de Mururoa. A l'époque déjà habitants et militaires se posaient des questions d'ordre sanitaire (mais aussi économiques. )
Mais il est vrai qu'un atoll perdu au trou du cul du monde, ça ne fait pas beaucoup de bruits.
Hier encore ai lu sur le net un article, qui parlait de fuites radioactives en France ...... oui oui chez nous aussi.
Je travaillais comme journaliste lors de l'explosion de la centrale de Tchernobyl. Je téléphonais chaque jour à Météo France, pour avoir le taux de radioactivité à Paris. Je savais qu'on me transmettait des infos bidons.
Et l'on s'étonne de la recrudescence entre autres des problèmes thyroïdiens ................
Mais il est vrai qu'un atoll perdu au trou du cul du monde, ça ne fait pas beaucoup de bruits.
Hier encore ai lu sur le net un article, qui parlait de fuites radioactives en France ...... oui oui chez nous aussi.
Je travaillais comme journaliste lors de l'explosion de la centrale de Tchernobyl. Je téléphonais chaque jour à Météo France, pour avoir le taux de radioactivité à Paris. Je savais qu'on me transmettait des infos bidons.
Et l'on s'étonne de la recrudescence entre autres des problèmes thyroïdiens ................
Concernant les essais de Mururoa, ce n'est pas pour rien que l'Australie et la Nouvelle Zélande ne nous portent pas dans leur coeur. L'OMS a d'ailleurs dénoncé il y a quelques années un véritable scandale sanitaire (non relayé en France, mais qui a fait grand bruit de l'autre côté de la Manche).
En effet, les populations civiles des îles environnantes souffrent d'une multitude de cancers (avec des taux records) et de nombreux enfants naissent avec de graves malformations (absence de bras pour certains, d'intestins pour d'autres...). Désolée pour ceux qui en sont encore au p'tit déj à cette heure matinale.
J'imagine que la France (nous donc, chers contribuables) ne tardera pas à être condamnée à réparer (financièrement bien sûr) par une instance internationale.
En effet, les populations civiles des îles environnantes souffrent d'une multitude de cancers (avec des taux records) et de nombreux enfants naissent avec de graves malformations (absence de bras pour certains, d'intestins pour d'autres...). Désolée pour ceux qui en sont encore au p'tit déj à cette heure matinale.
J'imagine que la France (nous donc, chers contribuables) ne tardera pas à être condamnée à réparer (financièrement bien sûr) par une instance internationale.
... on reste sans voix à chaque fois...
et le jour où on s'intéressera aux enfants nés de ces soldats-là 

Ici au bled, j'ai un ami aveugle : il a regardé le champignon losqu'il était militaire ( au temps de la conscription ) et, comme il n'avait pas tourné la tête comme prescrit, n'a jamais perçu le moindre dédommagement...
je me demande en te lisant, si les essais nucléaires de Mururoa ont donné les mêmes effets .... je crains que oui.
21/08/08 à 19h41
que l'homme combat l'homme
Merci de l'écrire Chrisdilou
Merci de l'écrire Chrisdilou
qu'il recevra une médaille à titre posthume.


Et hélas pas si rare 

21/08/08 à 18h54
qu'il s'intéresse au théâtre afghan. 
(mais sans conviction)
(mais sans conviction)
21/08/08 à 18h30
et il n'y a pas que l'armée, les asbestoses (cancer de l'amiante) vont atteindre le chiffre effarant de 100000 en 2010/2015.
Bravo Chris *****
Bravo Chris *****
le maillon faible de la chaine qui paie.
et la vie s'effiloche ,comme une fumée,ou l'éxécution
d'un ordre...
c'est triste...
et la vie s'effiloche ,comme une fumée,ou l'éxécution
d'un ordre...
c'est triste...
"on m'a nettoyé à la brosse au chiendent..."
Pourquoi pas au Karcher ?
Malheureusement, celà n'enlève pas la radioactivité, ce serait trop simple....
Travaillant en milieu hospitalier, je me suis aperçue que le nombre de malades qui sont atteints au niveau de la thyroïde (cancer, nodules....) est de plus en plus nombreux . C'est pour dire que nous sommes tous exposés à la radioactivité.
Le parcours de Valentin sera très long et très dur et j'espère pour lui qu'il sera encore de ce monde quand une décision sera prise
TRISTE REALITE
Pourquoi pas au Karcher ?
Malheureusement, celà n'enlève pas la radioactivité, ce serait trop simple....
Travaillant en milieu hospitalier, je me suis aperçue que le nombre de malades qui sont atteints au niveau de la thyroïde (cancer, nodules....) est de plus en plus nombreux . C'est pour dire que nous sommes tous exposés à la radioactivité.
Le parcours de Valentin sera très long et très dur et j'espère pour lui qu'il sera encore de ce monde quand une décision sera prise
TRISTE REALITE
mauvais goût mais je peux aussi en être capable... désolée)
21/08/08 à 17h24
C'est malheureusement courant. Regardez l'affaire des missiles flèche (à tête d'uranium appauvri) expérimentés dans le golfe puis en yougoslavie. Que ce soit aux Etats Unis, au Royaume Uni, ou en France, tout n'est pas encore réglé.
Cependant dans l'article je relève deux points :
- Il n'existe plus de tribunaux militaires depuis 1982 sauf en temps de guerre
- Le dossier médical de Valentin est SA propriété, l'hopital a l'obligation de le lui remettre à sa demande. C'est là qu'on constate l'omniprésence de l'état dans de nombreux domaines, pas seulement dans la justice.
Cependant dans l'article je relève deux points :
- Il n'existe plus de tribunaux militaires depuis 1982 sauf en temps de guerre
- Le dossier médical de Valentin est SA propriété, l'hopital a l'obligation de le lui remettre à sa demande. C'est là qu'on constate l'omniprésence de l'état dans de nombreux domaines, pas seulement dans la justice.
que cela ne nous effraye point...nous devons mener des combats même perdus ils ne sont jamais inutiles !.Il a raison Valentin Munz ne jamais abandonner.Ces combats d'une vie sont inhumains et honteux pour ceux contre qui ils s'adressent."Tout vol fut-il que d'une vie" !!!!!! mérite réparations.
Et toujours d'actualité: j'ai travaillé sur plusieurs dossiers de militaires affectés à la surveillance et la maintenance d'ogives nucléaires.
Les faits se sont déroulés pour ces cas de 1999 à 2003.
Malades (principalement des cancers du cerveau, du sang et de la thiroide), ils ne peuvent être indemnisés car les experts près les tribunaux administratifs considèrent que la nocivité de ces installations n'est pas prouvée.
Ce n'est pas seulement l'armée qu'il faut faire parler, c'est l'ensemble de l'industrie du nucléaire civil ou militaire, et la horde de scientifiques qui lui est inféodée.
*****
Les faits se sont déroulés pour ces cas de 1999 à 2003.
Malades (principalement des cancers du cerveau, du sang et de la thiroide), ils ne peuvent être indemnisés car les experts près les tribunaux administratifs considèrent que la nocivité de ces installations n'est pas prouvée.
Ce n'est pas seulement l'armée qu'il faut faire parler, c'est l'ensemble de l'industrie du nucléaire civil ou militaire, et la horde de scientifiques qui lui est inféodée.
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Chrisdilou
publié le 21 août 08