Oui alors ce fim est un vrai bon film d'action, blam blam pounk, super montage et bonhomme attachant. En plus, Matt Damon est super-entraîné et le spectacle est efficace, à donf. Sans blague j'aime bien ce film.
Mais, autre chose.
On parle beaucoup du devoir de mémoire, devoir citoyen qu'on doit cultiver pour éviter que l'histoire se répète, dit-on à l'envi.
"devoir de mémoire", ce concept est inventé pour évoquer l'horreur de la shoah. Ce devoir c'est une prévention, on prémunit les peuples contre les pièges qui pourraient les mener à la répétition de telless horreurs.
Mais le "devoir de mémoire" m'a toujours posé un problème : comment peut-on "devoir" se souvenir ? On apprend toujours de sa propre expérience et de ce qu'on porte affectivement, en soi, dans sa chair. Le devoir citoyen de traverser sur les clous, ça se tient. En ce qui concerne la connaissance de certains épisodes de l'histoire, je parlerai plutôt d'un "devoir de connaître". Il faut savoir que des manipulations idéologiques ont conduit des peuples à réprimer telle ou telle ethnie, à organiser la mort industrielle, il faut "connaître" comment on construit les mécanismes de la déshumanisation et de l'horreur.
Le devoir de mémoire, lui, ressemble à une injonction inopportune : l'injonction de se souvenir de quelque chose que l'on n'a pas vécu, ni ressenti. La mémoire, ça ne s'invente pas. Dans ces conditions, le devoir de mémoire est contre-productif : il nous met dans une sorte d'hébétude, comme je l'ai parfois ressenti, quand on me dit que j'ai un devoir de mémoire pour ceci ou cela.
Dans certains cas, user de cette notion peut même être contre-productif. il peut confronter certains à une réalité qu'ils n'ont pas appréhendée et du coup les braquer contre cette réalité qu'ils ne comprennent pas.
Pour plus d'éclaircisements, je renvoie aux propos de Finkielkraut surr l'apprentissage de la mémoire de la Shoah à des gamins descendants des peuples colonisés : comment peuvent-ils intégrer cela sinon en confrontant leur propres affects à cette autre tragédie ? Et donc en "réaction" ? C'est souvent, l'ai-je entendu dire (comme quoi il dit pas que des conneries), en demandant à des enfants d'Algériens de se souvenir du drame des juifs d'Europe, qu'ils se braquent face aux Juifs, demandant qu'on fasse plus de cas de la mémoire de leurs propres familles. Et c'est la concurrence des "devoirs de mémoire".
Quant à moi : si je peux, par exemple, concevoir le génocide arménien et que même je soutiens ceux qui demandent sa reconnaissance par la Turquie, comment puis-je m'obliger à avoir cette "mémoire" ?
J'userai donc dorénavant du devoir de connaissance.
Dans une époque où la politique, les idées, la littérature, s'organisent autour des affects, rétablissons d'autant plus fort la supériorité universelle de la connaissance de l'histoire sur la mémoire.
Mais, autre chose.
On parle beaucoup du devoir de mémoire, devoir citoyen qu'on doit cultiver pour éviter que l'histoire se répète, dit-on à l'envi.
"devoir de mémoire", ce concept est inventé pour évoquer l'horreur de la shoah. Ce devoir c'est une prévention, on prémunit les peuples contre les pièges qui pourraient les mener à la répétition de telless horreurs.
Mais le "devoir de mémoire" m'a toujours posé un problème : comment peut-on "devoir" se souvenir ? On apprend toujours de sa propre expérience et de ce qu'on porte affectivement, en soi, dans sa chair. Le devoir citoyen de traverser sur les clous, ça se tient. En ce qui concerne la connaissance de certains épisodes de l'histoire, je parlerai plutôt d'un "devoir de connaître". Il faut savoir que des manipulations idéologiques ont conduit des peuples à réprimer telle ou telle ethnie, à organiser la mort industrielle, il faut "connaître" comment on construit les mécanismes de la déshumanisation et de l'horreur.
Le devoir de mémoire, lui, ressemble à une injonction inopportune : l'injonction de se souvenir de quelque chose que l'on n'a pas vécu, ni ressenti. La mémoire, ça ne s'invente pas. Dans ces conditions, le devoir de mémoire est contre-productif : il nous met dans une sorte d'hébétude, comme je l'ai parfois ressenti, quand on me dit que j'ai un devoir de mémoire pour ceci ou cela.
Dans certains cas, user de cette notion peut même être contre-productif. il peut confronter certains à une réalité qu'ils n'ont pas appréhendée et du coup les braquer contre cette réalité qu'ils ne comprennent pas.
Pour plus d'éclaircisements, je renvoie aux propos de Finkielkraut surr l'apprentissage de la mémoire de la Shoah à des gamins descendants des peuples colonisés : comment peuvent-ils intégrer cela sinon en confrontant leur propres affects à cette autre tragédie ? Et donc en "réaction" ? C'est souvent, l'ai-je entendu dire (comme quoi il dit pas que des conneries), en demandant à des enfants d'Algériens de se souvenir du drame des juifs d'Europe, qu'ils se braquent face aux Juifs, demandant qu'on fasse plus de cas de la mémoire de leurs propres familles. Et c'est la concurrence des "devoirs de mémoire".
Quant à moi : si je peux, par exemple, concevoir le génocide arménien et que même je soutiens ceux qui demandent sa reconnaissance par la Turquie, comment puis-je m'obliger à avoir cette "mémoire" ?
J'userai donc dorénavant du devoir de connaissance.
Dans une époque où la politique, les idées, la littérature, s'organisent autour des affects, rétablissons d'autant plus fort la supériorité universelle de la connaissance de l'histoire sur la mémoire.
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Voici les 19 dernières réactions à ce commentaire
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18/05/08 à 09h09
devoir de mémoire ou pas l'important c'est d'œuvrer pour éviter que ce reproduisent à l'infini les actes de crime contre l'humanité (seul terme juridique que je connaisse). Bravo pour ton com il mérite 5
nous sommes assaillis de devoir, devoir se lever le matin, devoir travailler, devoir être poli, devoir de réussir, devoir d'être le meilleur, et maintenant devoir de mémoire (notre société franchit encore un pas dans sa volonté d'uniformisation et de lissage de l'individu)...
J'adhére toutefois plus à un devoir de connaisance, quoiqu'àprès réflexion, si certains préfèrent ne pas élargir leur horizon, c'est leur libre arbitre qui prévaut)...
mais si nous nous laissions guider par nos instincts, nos envies, si nous écoutions notre moi, si nous nous permettions d'être nous.. Celui-ci nous pousserait certainement à être plus vrais, plus tolérant, plus curieux
J'adhére toutefois plus à un devoir de connaisance, quoiqu'àprès réflexion, si certains préfèrent ne pas élargir leur horizon, c'est leur libre arbitre qui prévaut)...
mais si nous nous laissions guider par nos instincts, nos envies, si nous écoutions notre moi, si nous nous permettions d'être nous.. Celui-ci nous pousserait certainement à être plus vrais, plus tolérant, plus curieux
c'est d'être généreux
généreux en actes et généreux en pensées
De temps en temps il y a des ratés
il y a des génocides et l'on fige les choses en droit
mais il ne faut pas trop se désoler
et faire mieux la prochaine fois
généreux en actes et généreux en pensées
De temps en temps il y a des ratés
il y a des génocides et l'on fige les choses en droit
mais il ne faut pas trop se désoler
et faire mieux la prochaine fois
c'est d'être heureux.
De toute façon je suis la première à gueueler qu'on fait trop de différences entre mâles et femelles, alors...c'est bien fait pour ma pomme!


... on va dire pour se rattraper que "il" reprenait "pseudo", le pseudo, d'ac ?
mais je suis uneuh filleuh.
aussi!
aussi!
... mais à partir de quand l'histoire, entendu comme connaissance du fait historique, se construit-elle ?
Si l'on prend l'exemple de la guerre d'Algérie, puisque l'on vit en France, ben, l'histoire de cette période, presque 50 ans après l'indépendance, elle n'est toujours pas construite
Et je rejoins goldsoundz dans ce qu'il dit. Qu'on puisse parler de devoir de mémoire alors qu'au même moment, des horreurs du même genre se répètent et qu'on laisse faire, décrédibilise complètement l'idée que ce devoir de mémoire puisse servir à prévenir de telles actes.
Si donc, ici en France, on commençait par montrer une réelle volonté de faire la lumière, toute la lumière sur ce que l'Etat français a commis de condamnable, que ce soit au Rwanda, dans les dictatures sud-américaines ou encore la guerre d'Algérie, parler du devoir de mémoire aurait déjà plus de crédibilité.
Si l'on prend l'exemple de la guerre d'Algérie, puisque l'on vit en France, ben, l'histoire de cette période, presque 50 ans après l'indépendance, elle n'est toujours pas construite
Et je rejoins goldsoundz dans ce qu'il dit. Qu'on puisse parler de devoir de mémoire alors qu'au même moment, des horreurs du même genre se répètent et qu'on laisse faire, décrédibilise complètement l'idée que ce devoir de mémoire puisse servir à prévenir de telles actes.
Si donc, ici en France, on commençait par montrer une réelle volonté de faire la lumière, toute la lumière sur ce que l'Etat français a commis de condamnable, que ce soit au Rwanda, dans les dictatures sud-américaines ou encore la guerre d'Algérie, parler du devoir de mémoire aurait déjà plus de crédibilité.
dans cette expression, je ne l'entends pas comme une injonction.
Pour moi, le devoir de mémoire correspond à maintenir et transmettre la connaissance de ce qui s'est passé et à essayer de comprendre les faits et l'Histoire afin d'éviter la multiplication de ce genre d'abominations
Pour moi, le devoir de mémoire correspond à maintenir et transmettre la connaissance de ce qui s'est passé et à essayer de comprendre les faits et l'Histoire afin d'éviter la multiplication de ce genre d'abominations
t'as pas compris ou quoi ?
Pour ma part, je pense que le devoir de mémoire est une coquille vide, un devoir de commémoration, une garantie de chiffre pour les vendeurs de couronnes florales.
On fige l'histoire (cf. la protection juridique des conclusions du Tribunal de Nuremberg, pourtant partiellement invalidées par les historiens), on regarde en arrière.
A mon sens, le devoir de mémoire devrait supposer d'apprendre du passé pour ne pas revoir les mêmes horreurs.
ça doit d'abord servir à réagir sur ce qui se passe actuellement, à reconnaitre les signes annonciateurs des génocides et de toutes les saloperies du même genre.
Quand je vois l'énergie et le temps de paroles (notamment politique et journalistique) accordé à la shoa et au génocide arménien comparé à celui accordé à ce qui se passe à Grozni ou en Afrique actuelllement, ça me fout les boules!
ça prouve qu'on a rien retenu de la shoa!
On fige l'histoire (cf. la protection juridique des conclusions du Tribunal de Nuremberg, pourtant partiellement invalidées par les historiens), on regarde en arrière.
A mon sens, le devoir de mémoire devrait supposer d'apprendre du passé pour ne pas revoir les mêmes horreurs.
ça doit d'abord servir à réagir sur ce qui se passe actuellement, à reconnaitre les signes annonciateurs des génocides et de toutes les saloperies du même genre.
Quand je vois l'énergie et le temps de paroles (notamment politique et journalistique) accordé à la shoa et au génocide arménien comparé à celui accordé à ce qui se passe à Grozni ou en Afrique actuelllement, ça me fout les boules!
ça prouve qu'on a rien retenu de la shoa!
Va dans la rue plutôt, comme hier.
et le bouquin de Ludlum est infiniment plus complexe et fort que le film.
Et bravo Damon
Et bravo Damon
ce serait le consensus amnésique. A ce jour, je regrette beaucoup que jusqu'au bac l'école de la république ne m'ait pas parlé une seule fois de la Guerre d'Algérie. Cela dit, Jason Bourne est un personnage bien foutu, bien joué , par un des rares acteurs américains qui soit discret et pas imbécile; dans Ripley, il est Kolossal.


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Figolu71
publié le 16 mai 08