Ils étaient inséparables depuis que les parents du petit Pierrot, 11 mois plus tôt, avaient emménagé dans la maison d’à côté, une vieille bâtisse longtemps laissée à l’abandon.
Ces voisins avaient été bienvenus. Les Durand se sentaient désormais moins isolés dans leur ferme érigée au milieu de nulle part.
Ils s’étaient d’abord observés et salués, puis avaient sympathisé et se rendaient de menus services. La maman de Marie avait même proposé de garder Pierre en l’absence de sa mère et chaque jour se réjouissait de la présence du petit garçon auprès de sa fille.
Marie avait huit ans, c’était une enfant solitaire, pas indocile mais un peu sauvageonne. Elle ne s’était jamais liée, depuis le début de sa scolarité, avec ses camarades de classe. Ses difficultés relationnelles n’avaient pas manqué d’alerter parents et maîtres, mais enfin elle ne posait pas de problème et ses résultats scolaires étaient satisfaisants.
Pierrot avait le même âge, bien qu’il semblât plus petit tant il était fragile, chétif et timoré. Pourtant cette dissemblance n’avait pas nui à leur entente. Marie devenait sociable et Pierre plus dégourdi à son contact.
La campagne alentour offrait un fabuleux terrain de jeux, et l’imagination de Marie débordait. C’était jeux de piste, courses autour du monde, voyages dans l’espace… Marie la meneuse, l’initiatrice n’avait pas son pareil pour débusquer la violette sous les touffes d’herbe tendre, le nid de mésanges dans un taillis et le caillou magique. Elle nommait les fleurs, les arbres, l’oiseau et le garenne.
Cet après-midi de février, l’air avait le goût et la transparence du printemps. Un printemps offensif, tapageur et insolent. Et malgré la fraîcheur, le soleil rayonnant mordait.
Ils avaient eu l’autorisation de jouer dehors.
M - on va à la rivière ?
P - non, on n’a pas le droit
M - pff on leur dira pas
Ce n’était pas une rivière, tout au plus un ruisseau qui serpentait à 800 m des maisons, un petit ru de rien du tout sauf au lieudit Le Glacis où par une bizarrerie géologique son lit formait une cuvette, très profonde.
M - Oh le trouillard, oh le trouillard ! T’es même pas cap’
P - Bon d’accord, on y va mais on revient tout de suite.
A proximité du lieu interdit, Marie décida que Pierrot serait un aveugle et qu’elle le guiderait..
M - Et après ce sera moi.
Pierrot les yeux bandés de son écharpe avançait précautionneusement, dirigé par Marie.
M - Tu avances tout droit. A droite, maintenant. A gauche, tout droit , tourne un peu à gauche, c’est bon … tout droit ! plus vite ! encore un pas !
L’enfant instinctivement tendait ses bras devant lui quand sous son pied le sol se déroba. Il disparut aussitôt dans les eaux du glacis. Il se débattait, sa tête émergea une fois, deux fois, ses bras frappèrent l’air encore un peu puis il fut englouti.
Marie s’était éloignée, elle ne voulait plus regarder l’eau. La surface était redevenue plane et noire malgré les rayons dardés à travers les arbres dénudés.
Elle s’allongea sur l’herbe, ventre contre terre, les bras en croix, le visage enfoui dans l‘humus. Son cœur battait la chamade.
Après de longues minutes, elle se décida à rentrer. Elle sautillait, s’arrêtait un instant pour regarder une sauterelle, écouter un chant d’oiseau puis à proximité des maisons elle se prit à courir.
Dans son essoufflement, elle criait ‘’au secours, au secours, Pierre est tombé dans l’eau’’
Une petite voix lui soufflait qu’elle allait se faire gronder mais elle se dit que ce n’était pas grave, que ce serait comme chaque fois, que de toute façon dès qu’une bêtise était faite, c’était toujours elle qui prenait…
Ces voisins avaient été bienvenus. Les Durand se sentaient désormais moins isolés dans leur ferme érigée au milieu de nulle part.
Ils s’étaient d’abord observés et salués, puis avaient sympathisé et se rendaient de menus services. La maman de Marie avait même proposé de garder Pierre en l’absence de sa mère et chaque jour se réjouissait de la présence du petit garçon auprès de sa fille.
Marie avait huit ans, c’était une enfant solitaire, pas indocile mais un peu sauvageonne. Elle ne s’était jamais liée, depuis le début de sa scolarité, avec ses camarades de classe. Ses difficultés relationnelles n’avaient pas manqué d’alerter parents et maîtres, mais enfin elle ne posait pas de problème et ses résultats scolaires étaient satisfaisants.
Pierrot avait le même âge, bien qu’il semblât plus petit tant il était fragile, chétif et timoré. Pourtant cette dissemblance n’avait pas nui à leur entente. Marie devenait sociable et Pierre plus dégourdi à son contact.
La campagne alentour offrait un fabuleux terrain de jeux, et l’imagination de Marie débordait. C’était jeux de piste, courses autour du monde, voyages dans l’espace… Marie la meneuse, l’initiatrice n’avait pas son pareil pour débusquer la violette sous les touffes d’herbe tendre, le nid de mésanges dans un taillis et le caillou magique. Elle nommait les fleurs, les arbres, l’oiseau et le garenne.
Cet après-midi de février, l’air avait le goût et la transparence du printemps. Un printemps offensif, tapageur et insolent. Et malgré la fraîcheur, le soleil rayonnant mordait.
Ils avaient eu l’autorisation de jouer dehors.
M - on va à la rivière ?
P - non, on n’a pas le droit
M - pff on leur dira pas
Ce n’était pas une rivière, tout au plus un ruisseau qui serpentait à 800 m des maisons, un petit ru de rien du tout sauf au lieudit Le Glacis où par une bizarrerie géologique son lit formait une cuvette, très profonde.
M - Oh le trouillard, oh le trouillard ! T’es même pas cap’
P - Bon d’accord, on y va mais on revient tout de suite.
A proximité du lieu interdit, Marie décida que Pierrot serait un aveugle et qu’elle le guiderait..
M - Et après ce sera moi.
Pierrot les yeux bandés de son écharpe avançait précautionneusement, dirigé par Marie.
M - Tu avances tout droit. A droite, maintenant. A gauche, tout droit , tourne un peu à gauche, c’est bon … tout droit ! plus vite ! encore un pas !
L’enfant instinctivement tendait ses bras devant lui quand sous son pied le sol se déroba. Il disparut aussitôt dans les eaux du glacis. Il se débattait, sa tête émergea une fois, deux fois, ses bras frappèrent l’air encore un peu puis il fut englouti.
Marie s’était éloignée, elle ne voulait plus regarder l’eau. La surface était redevenue plane et noire malgré les rayons dardés à travers les arbres dénudés.
Elle s’allongea sur l’herbe, ventre contre terre, les bras en croix, le visage enfoui dans l‘humus. Son cœur battait la chamade.
Après de longues minutes, elle se décida à rentrer. Elle sautillait, s’arrêtait un instant pour regarder une sauterelle, écouter un chant d’oiseau puis à proximité des maisons elle se prit à courir.
Dans son essoufflement, elle criait ‘’au secours, au secours, Pierre est tombé dans l’eau’’
Une petite voix lui soufflait qu’elle allait se faire gronder mais elle se dit que ce n’était pas grave, que ce serait comme chaque fois, que de toute façon dès qu’une bêtise était faite, c’était toujours elle qui prenait…
réactions : 39
lectures : 1260
votes : 12
Voici les 39 dernières réactions à ce commentaire
Date
Titre (cliquez pour lire)
Rédacteur

A NE PAS LIRE avant de s'endormir ! ! !
une Pierre ça coule....à pic
*****
*****
tous mieux choisis les uns que les autres 
Bonne journée

Bonne journée
.
Riviera Paradise
.
Stevie Ray Vaughan & "Big Tex Blues"
.
http://fr.youtube.com/watch?v=4_uuU81cwVw
.
.
Riviera Paradise
.
Stevie Ray Vaughan & "Big Tex Blues"
.
http://fr.youtube.com/watch?v=4_uuU81cwVw
.
.
Plus convenu :
http://fr.youtube.com/watch?v=SCw201tKUDY&feature=related
http://fr.youtube.com/watch?v=SCw201tKUDY&feature=related
Rien à foutre d'un rôle dans l'épisode 3 !
Nan, paske j'suis pas un écureuil moi !
.
Champagne & Reefer
.
Rolling Stones w. Buddy Guy [ live 2006 ]
.
http://fr.youtube.com/watch?v=1mujaxzs3X4
.
.
Champagne & Reefer
.
Rolling Stones w. Buddy Guy [ live 2006 ]
.
http://fr.youtube.com/watch?v=1mujaxzs3X4
.
.
ni trop tôt d'ailleurs, j'adore le champ' au lever
Mais vous connaissez bien mes goûts... une coincidence sans doute !
Mais vous connaissez bien mes goûts... une coincidence sans doute !
18/11/08 à 20h52
ASANFROI
une petite pintade perdue
dans un labour de boeuf
tirez lui la courte queue
et elle pondra des oeufs
dans un labour de boeuf
tirez lui la courte queue
et elle pondra des oeufs
j'ai pas qu'ça à faire, me pavaner chez PCC
Remarquez, si y'a un p'tit apéro ce soir, j'dirai pas non ...
Remarquez, si y'a un p'tit apéro ce soir, j'dirai pas non ...
faudrait peut-être pas trop m'en demander ... naméo


18/11/08 à 13h26
ASANFROI
juste un petit coucou et puis s'en va !
faudrait quand même faire gaffe à vous !
faudrait quand même faire gaffe à vous !
Bel après-midi à vous



18/11/08 à 12h22
d'Henri Bosco ).
*****

*****

18/11/08 à 11h45
5 prières 

18/11/08 à 08h47
ASANFROI
alors à vos bandeaux !
j'aime bien cette petite fille qui prend son temps pour être en accord avec la nature...cela part d'un bon sentiment!
on est aveugle..Cela change quelque chose à la confiance ?
pas le temps de regarder les liens, je travaille moä
http://www.ina.fr/archivespourtous/index.php?vue=notice&id_notice=I07146749
http://www.deezer.com/track/879761

http://www.deezer.com/track/879761

je redors alors

et n'avait pas encore compris qu'il ne fallait jamais suivre une femme les yeux fermés (l'inverse est tout aussi valable)
Sinon, l'écriture de de ton commentaire me fait penser aux nouvelles d'Annie Saumont

Je réagis à ce commentaire en
Je réagis à ce commentaire en 









mieh-mieh
publié le 17 nov. 08